Introduction
La santé sexuelle et reproductive est un aspect essentiel du bien-être général. Elle englobe un éventail de sujets, notamment la contraception, la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), l'éducation à la sexualité et l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de l'IVG, en abordant sa définition, les aspects légaux et les ressources disponibles, tout en explorant le rôle crucial du conseiller conjugal et familial (CCF) dans ce domaine. L'objectif est de promouvoir une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, en mettant l'accent sur l'importance de l'information, du consentement et de l'accès aux soins.
Le rôle du conseiller conjugal et familial (CCF)
Le conseiller conjugal et familial (CCF) joue un rôle essentiel dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. Sa fonction est définie par le décret n° 93-454 du 23 mars 1993 et l'arrêté de la même date, qui précisent que sa mission s'exerce spécifiquement dans le champ de la sexualité dans ses dimensions affectives, relationnelles et sociales.
Contexte d'intervention du CCF
Le CCF intervient auprès d'une personne (quel que soit l'âge), d'un couple, d'une famille ou d'un groupe, avec comme finalité l'éducation à la sexualité ainsi que l'aide aux personnes en situation de conflit ou victimes de violences intrafamiliales, sexistes, sexuelles. Son action s'inscrit aussi en prévention dans le cadre de la promotion de la santé. Il intervient plus particulièrement dans le domaine de la vie affective et sexuelle (aide au respect de soi, de l'autre, dans un lien amoureux, aide au choix contraceptif, préparation à la parentalité, etc.).
Le CCF intervient à la demande des personnes (individu-couple-familles), des professionnels ou des institutions. En fonction de la nature de la demande, il engage une intervention individuelle et/ ou collective. Il peut aussi mettre en œuvre une fonction d'orientation.
Les activités du CCF
Dans le cadre de ses consultations, le CCF conduit des entretiens. Dans ce cadre, il exerce une fonction d'aide basée sur l'écoute et le counseling. Il favorise l'ouverture d'une réflexion, accompagne la personne dans la prise des décisions les mieux adaptées à sa situation et à son mieux-être. Son intervention vise à permettre à la personne de se (re) situer dans son contexte sociétal, social, familial et personnel.
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Dans les situations de violences physiques et/ ou morales, il aide la personne à revaloriser sa propre estime et à se situer en tant que sujet et non comme objet de discrimination ou de maltraitance. En complément aux conduites d'entretien, le CCF déploie différentes actions collectives favorisant l'information, les échanges et l'éducation à la vie sexuelle et relationnelle (auprès des enfants, des adolescents, de groupes de femmes en situation de vulnérabilité par exemple). Il réalise alors des animations de groupe, met en place des groupes de parole, aide les professionnels à acquérir les comportements adaptés (par exemple dans la prise en compte de la sexualité des personnes en situation de handicap ou des personnes âgées).
Compétences du CCF
Le CCF construit une relation de confiance avec la personne, le couple, la famille. Il exerce son activité dans un cadre éthique, de neutralité, de respect des personnes et de leur anonymat. Il intervient de façon régulière dans un cadre partenarial qu'il contribue à construire ; il est amené à développer des partenariats afin d'inscrire son intervention dans un registre d'échanges et d'actions pluridisciplinaires. Il participe à un travail d'équipe. Il réalise des diagnostics du territoire où il exerce, qui permettent de poser l'évolution des demandes dans son domaine d'intervention et d'adapter, le cas échéant, les réponses et les propositions.
Le CCF exerce dans les établissements d'information pour le conseil conjugal (EICCF), dans les centres de planification (CPEF), dans les associations, les établissements de santé pratiquant des IVG, les CAF et en libéral. Il peut partager son temps de travail entre plusieurs sites et différents employeurs.
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) : un droit fondamental
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour toutes les femmes. En France, la loi autorise l'IVG jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines d'aménorrhée). L'IVG est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie et nécessite un délai de réflexion entre chaque rendez-vous.
Accès à l'IVG
L'accès à l'IVG est un enjeu majeur de santé publique. La loi prévoit différentes dispositions afin de garantir cet accès, notamment la création d'un délit d'entrave à l'IVG qui sanctionne toute action ayant pour objectif d'empêcher ou de tenter d'empêcher les femmes d'accéder à l'IVG. Ce délit a été élargi à la lutte contre la désinformation en sanctionnant le fait d'empêcher ou de tenter d'empêcher les femmes de s'informer sur l'IVG par tout moyen, y compris en ligne, et par la diffusion ou la transmission d'informations erronées.
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Les différentes méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes d'IVG :
- L'IVG médicamenteuse : elle peut être pratiquée jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée). Elle consiste en la prise de deux médicaments à 48 heures d'intervalle.
- L'IVG chirurgicale : elle peut être pratiquée jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines d'aménorrhée). Elle consiste en une aspiration de l'œuf par voie vaginale.
Les lieux où pratiquer une IVG
L'IVG peut être pratiquée dans différents lieux :
- Les établissements de santé (hôpitaux, cliniques)
- Les centres de planification ou d'éducation familiale (CPEF)
- Les centres de santé sexuelle
Éducation à la sexualité : un pilier de la santé sexuelle
L'éducation à la sexualité est un élément essentiel de la santé sexuelle et reproductive. Elle permet aux individus d'acquérir les connaissances, les compétences et les valeurs nécessaires pour prendre des décisions éclairées et responsables concernant leur sexualité.
L'éducation à la sexualité à l'école
La loi impose qu'une information et une éducation à la sexualité soient dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d'au moins trois séances annuelles. Cette éducation doit contribuer, dans un cadre positif et bienveillant, à l'apprentissage d'un comportement responsable, dans le respect de soit et des autres. Notamment par :
- L'apport d'informations objectives et scientifiques
- L'identification des différentes dimensions de la sexualité
- Le développement de l'esprit critique
- L'identification des comportements responsables, individuels et collectifs
- La connaissance des ressources d'information, d'aide et de soutien
Les thèmes abordés dans l'éducation à la sexualité
L'éducation à la sexualité aborde de nombreux thèmes, tels que :
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- L'anatomie et la physiologie sexuelles
- La contraception
- Les infections sexuellement transmissibles (IST)
- Le consentement
- Les relations affectives et sexuelles
- La diversité sexuelle
- L'égalité entre les femmes et les hommes
- La lutte contre les discriminations
La contraception : un moyen de maîtriser sa fertilité
La contraception est l'ensemble des méthodes utilisées pour empêcher une grossesse. Elle permet aux individus de maîtriser leur fertilité et de choisir le moment où ils souhaitent avoir un enfant.
Les différentes méthodes de contraception
Il existe de nombreuses méthodes de contraception, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. Les principales méthodes sont :
- La pilule contraceptive : c'est la méthode la plus utilisée en France. Elle contient des hormones qui empêchent l'ovulation.
- Le préservatif : c'est la seule méthode qui protège à la fois contre les grossesses et les IST.
- Le stérilet : c'est un dispositif inséré dans l'utérus qui empêche la nidation de l'œuf.
- L'implant contraceptif : c'est un petit bâtonnet inséré sous la peau du bras qui libère des hormones.
- L'anneau vaginal : c'est un anneau inséré dans le vagin qui libère des hormones.
- Le patch contraceptif : c'est un patch collé sur la peau qui libère des hormones.
- Les méthodes naturelles : elles consistent à surveiller son cycle menstruel et à éviter les rapports sexuels pendant la période fertile.
L'accès à la contraception
L'accès à la contraception est un droit pour toutes et tous. En France, la sécurité sociale prend en charge l'intégralité des frais liés à la contraception pour toutes les femmes jusqu'à l'âge de 26 ans. La contraception d'urgence est également prise en charge à 100% pour toutes et tous sans condition d’âge. De plus, plusieurs marques de préservatifs externes et internes sont pris en charge à 100% et sans ordonnance pour toutes et tous jusqu'à 26 ans, et à 60% sur ordonnance pour les personnes de 26 ans et plus.
Prévention des infections sexuellement transmissibles (IST)
La prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) est un enjeu majeur de santé publique. Les IST peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, telles que l'infertilité, les cancers et les maladies chroniques.
Les principales IST
Les principales IST sont :
- Le VIH/SIDA
- La chlamydia
- La gonorrhée
- La syphilis
- L'herpès génital
- Les verrues génitales
- L'hépatite B
- L'hépatite C
Les moyens de prévention des IST
Les principaux moyens de prévention des IST sont :
- Le préservatif : c'est la seule méthode qui protège à la fois contre les grossesses et les IST.
- Le dépistage : il permet de détecter les IST et de les traiter précocement.
- La vaccination : elle permet de se protéger contre certaines IST, comme l'hépatite B et le papillomavirus humain (HPV).
Le dépistage des IST
Le dépistage du VIH est gratuit et sans ordonnance dans tous les laboratoires de biologie médicale. Il existe également des CeGIDD (centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic) pour le dépistage anonyme et gratuit des IST.
Consentement et violences sexuelles
Le consentement est un élément fondamental de toute relation sexuelle. Il signifie donner son accord de manière libre, éclairée et réversible.
Définition du consentement
Consentir, c’est donner son accord. Un accord qui doit être libre, c’est-à-dire sans contrainte, libre de menace et de manipulation, mais aussi éclairé, c’est-à-dire sans les effets de la drogue ou de l’alcool. Donner son consentement est un acte réversible, on peut changer d’avis et dire oui, ce n’est pas forcément dire oui pour tout. Une personne qui dort ou inconsciente, ne sera jamais consentante même si elle avait dit oui lorsqu’elle était consciente. De plus, un silence ou une absence de réponse n’est pas égal à un consentement, c’est aussi le cas pour un accord obtenu après avoir insisté.
L'absence de consentement
Ne pas tenir compte du consentement de la personne, c’est commettre un viol. En France, 1 femme sur 10 sera violée au cours de sa vie, 91% des victimes de viol sont des femmes. Selon la Loi française, l’absence de consentement ne rentre pas dans la définition du viol. La loi la définit le viol lorsqu’il y a une pénétration de nature sexuelle (vaginale, anale, buccale…), avec violence, contrainte, menace ou surprise. Une victime ne sera jamais en faute quel que soit la tenue, l’attitude ou encore ce qu’avait dit la victime par le passé. Rien ne peut justifier une agression sexuelle et le seul coupable est la personne qui l’a imposé.
Ressources et acteurs clés
De nombreuses ressources et acteurs clés sont disponibles pour accompagner les individus dans leur santé sexuelle et reproductive.
Acteurs nationaux experts/préventions
- Choisir sa contraception : Site propulsé par le gouvernement, c’est une rubrique du site “question sexualité”. Il comporte une multitude de réponse aux questions sur la contraception, les IST mais aussi sur l’IVG.
- IVG.gouv : Un site du gouvernement dédié à l’interruption volontaire de grossesse. On y trouve des ressources essentielles sur les démarches de l’IVG mais aussi un annuaire et un numéro vert pour les démarches et renseignements nécessaires à son parcours.
- Planning familial : C'est une association française créée en 1960 et engagée pour l’éducation sexuelle et affective, mais aussi engagée pour la lutte à la contraception et de l’IVG. L'association organise des sessions de formation, des préventions, de préventions. Elle offre aussi des consultations médicales (notamment pour du dépistage, la contraception et l’avortement) et du soutien psychologique.
Autres ressources
- Les centres de santé sexuelle, publics ou associatifs (ex-centre de planification et d'éducation familiale - CPEF)
- Les permanences d'accès aux soins (PASS) pour les personnes en situation de précarité
- Les CeGIDD (centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic) pour le dépistage anonyme et gratuit des infections sexuellement transmissibles (IST)
- Les Espaces vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS)
- Les actions mobiles d'associations sur tout le territoire, proposant de l'écoute, du conseil mais également du dépistage
- Le tchat "Les Pipelettes"
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