L'Interruption Volontaire de Grossesse, plus communément appelée IVG ou avortement, est un droit fondamental pour toutes les femmes en France, qu'elles soient majeures ou mineures. Ce droit, acquis de haute lutte, est un pilier de l'égalité entre les femmes et les hommes, leur permettant de disposer librement de leur corps. La loi "Veil" du 17 janvier 1975 a dépénalisé l'avortement, marquant une étape cruciale dans la reconnaissance de ce droit. En 2022, 234 300 IVG ont été réalisées en France, témoignant de l'importance de l'accès à cette procédure.
Qui est concerné par l'IVG ?
L'IVG concerne toute femme, majeure ou mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse. La demande d'IVG est un choix personnel qui ne peut être fait que par la femme enceinte elle-même. En France, il n'y a pas d'âge limite pour pratiquer une IVG, et les mineures n'ont pas besoin d'en informer leurs parents ni d'obtenir leur accord. Les professionnels de santé sont tenus au secret médical, garantissant ainsi la confidentialité de la démarche.
Délais légaux pour l'IVG
En France, l'IVG est possible jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles (ou 16 semaines d'aménorrhée). Ce délai maximal peut varier selon la méthode choisie :
- IVG médicamenteuse: Possible jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines après le premier jour des dernières règles ou 9 semaines d'aménorrhée).
- IVG instrumentale: Possible jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles ou 16 semaines d'aménorrhée).
Il est important d'engager les démarches rapidement une fois la décision prise, car les délais de prise en charge peuvent être longs.
Les deux méthodes d'IVG
Deux méthodes d'IVG sont pratiquées en France : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale (ou chirurgicale). Chaque femme peut choisir sa méthode en fonction de l'avancement de la grossesse, de ses préférences et de son état de santé.
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L'IVG médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments à 24 ou 48 heures d'intervalle. Le premier médicament (mifépristone) arrête la grossesse, tandis que le second (misoprostol) provoque des contractions utérines pour expulser l'œuf. Cette méthode est possible jusqu'à 7 semaines de grossesse. Elle peut être réalisée :
- À domicile, si la femme le souhaite, accompagnée d'un proche et à proximité d'un établissement de santé.
- Dans un cabinet de ville (avec un médecin ou une sage-femme ayant signé une convention avec un établissement de santé).
- Dans un centre de santé sexuelle (ex centre de planification familiale) ou un centre de santé ayant également conclu une convention avec un établissement de santé.
- Dans un établissement de santé : hôpital, clinique.
Si cela est proposé, il est possible de réaliser l'ensemble ou une partie des différentes étapes de la procédure d'IVG en téléconsultation avec un médecin ou une sage-femme.
Avantages : Évite l'intervention chirurgicale et peut être réalisée à domicile.
Inconvénients : Douleurs liées aux contractions de l'utérus et saignements qui peuvent durer plusieurs jours. Des nausées, des vomissements et des diarrhées peuvent survenir.
L'IVG instrumentale (ou chirurgicale)
L'IVG instrumentale est une intervention consistant à aspirer l'œuf dans l'utérus. Elle se déroule en hôpital ou clinique, ou bien dans certains centres de santé autorisés. Elle est pratiquée sous anesthésie générale ou locale. Elle est possible jusqu'à 14 semaines de grossesse. Une courte hospitalisation (souvent seulement de quelques heures) est nécessaire pour pratiquer l'intervention. L'intervention en elle-même dure de 10 à 20 minutes.
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Avantages : Rapide et réalisée sous anesthésie.
Inconvénients : Nécessite une brève hospitalisation.
Étapes préalables à l'IVG
Avant de procéder à une IVG, deux temps sont nécessaires avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme : un temps d'information et un temps de recueil de votre consentement. Il n’y a pas de délai minimal de réflexion entre le premier et le second temps (ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous le souhaitez). Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant en compte du délai légal pour la réalisation de l'IVG (14 semaines de grossesse).
Premier temps : information
Lors de ce premier temps, vous faites votre demande d’IVG au médecin ou à la sage-femme. C’est le bon moment pour poser toutes vos questions. Le professionnel de santé vous donnera les informations sur :
- Les deux types d’IVG : médicamenteuse et instrumentale (ou chirurgicale).
- Les risques et les effets indésirables possibles.
- La liste des lieux qui pratiquent l’IVG.
- Les coûts.
Second temps : votre consentement écrit
Cette seconde étape avec votre médecin ou votre sage-femme est l’occasion de :
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- Confirmer votre demande d’IVG par la signature d'un consentement écrit.
- Choisir la méthode d'intervention en fonction de votre situation.
Si le professionnel de santé ne pratique pas lui-même l’IVG, il doit vous orienter vers des professionnels ou structures qui réalisent des IVG et vous remettre une attestation prouvant que vous avez bien suivi les étapes préalables obligatoires.
Consultation psychosociale
Une consultation psycho-sociale est ensuite proposée, obligatoire pour les mineures et optionnelle pour les majeures. Cette consultation est confidentielle et permet d'obtenir un soutien psychologique, une assistance sur le plan social et des conseils appropriés à votre situation. Elle a lieu avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial, dans un centre de santé sexuelle, un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), un service social ou autre organisme agréé. Après cet éventuel entretien, une attestation d'entretien vous sera délivrée. Cette attestation sera à remettre au professionnel de santé qui pratiquera l'IVG.
Consultation de suivi après l'IVG
14 à 21 jours après l'IVG, une consultation de suivi est nécessaire pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et que vous ne présentez aucune complication.
Confidentialité et prise en charge financière
L’IVG est toujours confidentielle. Tous les professionnels de santé sont tenus par le secret professionnel. Aucun acte de la procédure n’apparaîtra sur votre relevé de sécurité sociale. La prise en charge de l’interruption volontaire de grossesse est légalement protégée par le secret afin de pouvoir préserver, si vous le souhaitez, votre anonymat. L’anonymat doit être proposé à toutes les femmes (majeures, mineures, femmes bénéficiaires de l’aide médicale de l’État, …). La prise en charge est à 100% par l’Assurance maladie, la pratique du tiers payant obligatoire et l’absence de décompte envoyé à l’assurée garantissent l’anonymat.
L'IVG pour les mineures
En tant que mineure, vous avez le droit de réaliser une IVG. Votre anonymat est respecté. Vous pouvez demander cette intervention vous-même. Vous devez être accompagnée par une personne majeure de votre choix. L’autorisation des parents n’est pas obligatoire. Vous aurez obligatoirement un entretien psychosocial. L’IVG est gratuite : vous bénéficiez de la couverture de vos parents si vous avez leur consentement. Sinon l’IVG est prise en charge à 100 % sans avance de frais.
Contre-indications à l'IVG
Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe).
Effets secondaires et complications possibles
Dans le cas d’une IVG médicamenteuse, les douleurs peuvent être très intenses (entre 8 et 10 sur une échelle de 10) avec un pic au troisième jour après la prise du premier médicament. Pour soulager la douleur, il est possible d’avoir recours à un antalgique ou à des antispasmodiques prescrits par le médecin. Les saignements peuvent être importants au moment de l’expulsion de l’œuf et ne pas être compatibles avec les activités professionnelles.
En cas d’IVG chirurgicale, les principaux effets indésirables observés dans les jours qui suivent l’intervention sont : fièvre, douleurs, saignements. Comme pour toute intervention des complications, rares mais graves, sont possibles : perforation de l’utérus, infection, hémorragie, etc. En cas de fièvre, de pertes de sang importantes ou de fortes douleurs abdominales dans les jours qui suivent l’IVG chirurgicale, il est recommandé d’appeler rapidement l’établissement où a eu lieu l’IVG.
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