L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un acte médical courant auquel des millions de personnes ont recours chaque année. Des femmes marchent pour demander la décriminalisation de l'avortement, à Buenos Aires en Argentine, car l’avortement est un droit fondamental. Pourtant, il continue d’être questionné, stigmatisé et criminalisé. En France, l’IVG est dépénalisée depuis le 17 janvier 1975, grâce à la loi Veil. Cependant, des mouvements « pro-vie » souhaitent revenir sur ces progrès, diffusant la peur et la désinformation pour faire reculer l’accès à l’avortement et l’égalité.

L'IVG : Un Droit Humain Fondamental

Pouvoir prendre soi-même les décisions concernant sa santé, son corps et sa vie sexuelle est un droit humain fondamental. Il est constitutif de l’égalité entre les femmes et les hommes et d’une société plus juste.

L'IVG : Une Intervention Médicale Sûre

L’avortement, qu'il soit médicamenteux ou chirurgical, est une intervention simple qui peut être effectuée sans risque par un large éventail de professionnel·les de santé. Lorsqu’ils sont pratiqués ou accompagnés par un·e professionnel·le de santé qualifié·e dans de bonnes conditions d’hygiène, les avortements sont les actes médicaux les plus sûrs disponibles.

Les Conséquences de la Criminalisation de l'IVG

La criminalisation de l’avortement entraîne une tendance à le considérer comme une exception, artificiellement placée hors du champ des soins médicaux classiques. Les soins liés à l’avortement sont pourtant des soins de santé essentiels. Quand l’accès à l’avortement est restreint, les personnes sont contraintes de recourir à des avortements clandestins et dangereux. Aujourd’hui, environ 45 % des avortements sont pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité selon l’OMS. Le manque d’accès, en temps opportun, à un avortement sécurisé, abordable et respectueux est un problème majeur de santé publique. En effet, les avortements pratiqués dans des conditions dangereuses sont la 3e cause de mortalité maternelle au monde. Les décès sont particulièrement courants dans les pays où le recours à l’avortement sûr est limité ou complètement interdit.

L'Impact de l'Interdiction sur le Nombre d'Avortements

Interdire ce droit ne fait pas baisser le nombre d’avortements. D’après l’Institut Guttmacher, le nombre d’avortements est significativement le même dans les pays qui l’interdisent ou le restreignent et dans ceux qui l’autorisent : 37 personnes sur 1 000 y ont recours dans le premier cas contre 34 sur 1000 dans le second.

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Les Avancées et les Obstacles au Droit à l'IVG en Europe

Ces dix dernières années, il y a eu des avancées législatives majeures en faveur du droit à l’avortement en Europe. Cependant, dans la pratique, l’accès à l’avortement est loin d’être une réalité pour tout le monde.

L'IVG et les Populations Marginalisées

La criminalisation de l’avortement et les obstacles persistants au droit à l’avortement touche de manière disproportionnée les groupes et les personnes déjà marginalisées, notamment celles qui ont de faibles revenus, les personnes réfugiées ou migrantes, les personnes LGBTIQ+ ainsi que les communautés racisées ou autochtones. C’est pourquoi nous appelons les États du monde entier à honorer leurs obligations de garantir le droit à l’avortement pour toutes les personnes, et à respecter et protéger le droit de toutes les personnes qui défendent le droit à l’avortement.

L'IVG en France : Prise en Charge et Conditions d'Accès

En France, une interruption volontaire de grossesse peut être demandée par toute femme estimant que sa grossesse la place dans une situation de détresse. L’intervention peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles. La consultation de demande d’IVG est réalisée par un médecin ou une sage-femme. Un entretien psychosocial sera également proposé. Il n’y a pas de condition d’âge à respecter pour demander une IVG. Cependant si vous souhaitez garder le secret, l’IVG est pratiquée à votre seule demande.

Techniques et Examens Pratiqués

Il existe 2 méthodes d’IVG : médicamenteuse ou chirurgicale. Le service de gynécologie de l’hôpital St-Louis assure la prise en charge des Interruptions Volontaires de Grossesses (IVG) dans le Centre d’orthogénie. L’IVG concerne toute femme, majeure ou mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse. Pour les mineures, l’autorisation parentale n’est pas nécessaire mais il est demandé d’être accompagnée par une personne majeure de son choix. En France, un avortement se fait dans des conditions sûres, protégé par le secret, voire anonymement si la femme le souhaite, et sans frais. Notre équipe accueille, conformément à la loi française, toutes les femmes, majeures et mineures, jusqu’à 14 semaines de grossesse (ou 16 semaines d’aménorrhées, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles).

Démarches pour une IVG

La demande d’IVG se fait en deux temps :

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  1. Consultation d’information: La 1ère consultation est réalisée sur rendez-vous avec une sage-femme. Elle vous informera sur les différentes méthodes d’IVG (instrumentale et médicamenteuse), sur les lieux de réalisation et sur les risques et les troubles qui peuvent survenir lors d’une IVG. Elle peut également être réalisée auprès de votre médecin traitant, sage-femme ou gynécologue, qui vous remettra alors une attestation de première demande d’ivg, qu’il conviendra de nous rapporter pour la deuxième consultation qui pourra avoir lieu à l’hôpital. Un lien vers le dossier guide vous sera donné reprenant l’ensemble de ces informations pour que vous puissiez vous y référer à tout moment. Cette consultation est l’occasion pour vous de poser toutes les questions que vous pouvez avoir.
  2. Remise de votre consentement écrit de demande d’avortement: Il n’existe plus de délai de réflexion minimal entre le premier et le deuxième temps. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse).

Services Complémentaires Proposés

Le centre d’orthogénie prévoit également :

  • Des consultations gynécologiques
  • Prescription de contraception
  • Dépistage des IST
  • Consultations sur la sexualité
  • Des entretiens avec une conseillère conjugale

Prise en Charge Psychologique et Sociale

Votre prise en charge Ils peuvent intervenir dans le service PsychologueMme Myriam GUIBERT05 46 45 67 25Service social

Questions Fréquemment Posées sur l'IVG

  • Quel est le délai pour une interruption volontaire de grossesse ? En France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles. Afin que les délais soient respectés, il est important, lorsque la décision de recourir à une IVG est prise, d’engager les démarches rapidement car elles peuvent prendre du temps.
  • Je suis mineure, puis-je avorter ? Les mineures n’ont pas besoin d’une autorisation parentale pour avorter, mais elles doivent être accompagnées d’une personne majeure de leur choix.
  • Combien coûte une IVG ? L’IVG est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie quelle que soit la méthode (médicamenteuse ou instrumentale), avec dispense totale d’avance de frais pour : toutes les femmes assurées sociales ; les mineures qui sont ayant-droit d’un assuré social ou d’une assurée sociale ; les femmes bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME).
  • Quelle est la différence entre IVG et IMG ? L’IMG est l’interruption d’une grossesse réalisée, sans restriction de délai, pour un motif médical : soit parce que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la mère, soit s’il y a une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

Ressources et Informations Utiles

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit pour toutes les femmes. Il est nécessaire d’être vigilant lors de la recherche d’informations en ligne relatives à l’IVG. En effet, certains sites internet peuvent indiquer qu’ils proposent une information sur l’IVG mais sont en réalité édités par des militants contre le droit à l’avortement. Dans ce contexte, le site ivg.gouv.fr met à disposition du grand public une information fiable et complète sur l’IVG. Il propose également un annuaire des centres de santé sexuelle (ex-centres de planification et d’éducation familiale - CPEF) et des EVARS (Espaces vie affective, relationnelle et sexuelle). Gratuit, anonyme et accessible en métropole et dans les DOM, ce numéro est disponible pour répondre à toutes les questions sur les sexualités, la contraception et l’IVG.

Évolutions Législatives Récentes

Il y a tout juste un an, la loi du 2 mars 2022 visant à renforcer le droit à l’avortement a allongé le délai légal de l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse. Elle a également ouvert l’IVG médicamenteuse à la téléconsultation et a supprimé le délai légal minimum de réflexion, pour les mineures comme pour les majeures, entre la consultation d’information et l’entretien psycho-social. Enfin elle autorise les sages-femmes à pratiquer des IVG instrumentales en établissement de santé, dans le cadre défini par un décret à paraître.

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