La politique de l'enfant unique en Chine a eu des conséquences profondes et durables sur la société chinoise, allant des déséquilibres démographiques aux implications psychologiques. Parallèlement, la question de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) suscite des débats éthiques complexes, notamment en ce qui concerne le statut moral de l'embryon et du fœtus. Cet article explore ces deux aspects, en mettant en lumière les enjeux juridiques, sociaux et éthiques qui les sous-tendent.
La Politique de l'Enfant Unique en Chine : Genèse et Conséquences
L'Origine de la Politique
Pour comprendre la politique de l'enfant unique, il faut remonter à l'époque de Mao. Après l'arrivée au pouvoir du Parti communiste en 1949, Mao a initialement lancé un programme nataliste, interdisant l'avortement et l'usage des contraceptifs. L'objectif était de renforcer l'Armée populaire de libération. Cette politique a conduit à une natalité record dans les années 1960, avec un taux de fécondité supérieur à six enfants par femme. La population chinoise est ainsi passée de 540 millions en 1949 à 940 millions en 1976.
C'est à ce moment-là que des inquiétudes ont commencé à surgir. Deng Xiaoping, arrivé au pouvoir en 1978, a été convaincu par Song Jian, un mathématicien spécialiste de cybernétique et d'armement, que la taille optimale de la population chinoise, compte tenu de ses ressources, était de 700 millions de personnes, avec un maximum de 1,2 milliard. C'est ainsi que la politique de l'enfant unique a été lancée, limitant le droit des femmes à un seul enfant, ou à deux dans les zones rurales si le premier était une fille.
Les Conséquences Démographiques
La politique de l'enfant unique, mise en place de façon très autoritaire avec force sanctions dissuasives, a eu des conséquences démographiques majeures. Elle a été poussée à son paroxysme avec des politiques de stérilisation ou d'avortements forcés, pour permettre à certaines provinces de rentrer dans les quotas imposés.
L'un des effets les plus visibles est le déséquilibre entre les sexes. Dans la Chine confucéenne, avoir un descendant mâle est crucial, car c'est lui qui doit s'occuper de ses parents âgés. De plus, la famille doit constituer une dot importante pour sa fille, qui quitte ensuite le domicile familial pour rejoindre sa belle-famille. Cette tradition a conduit à des pratiques telles que la "noyade de filles", où les nourrissons de sexe féminin étaient noyés. Avec la politique de l'enfant unique, la nécessité d'avoir un garçon a conduit à un sacrifice des filles, entraînant un manque de près de 60 millions de femmes.
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Ce déséquilibre a des répercussions sur le marché matrimonial. Un quart des hommes sont condamnés au célibat faute de partenaires potentielles, ce qui peut générer des frustrations et des violences.
Les Conséquences Sociales et Psychologiques
Les enfants uniques, souvent des garçons, sont généralement extrêmement choyés et élevés comme de petits rois. Si certains craignent une génération de "bons à rien", il ne faut pas oublier que ces enfants sont soumis à une forte pression scolaire pour obtenir un bon poste et s'occuper de leurs parents et grands-parents.
La politique de l'enfant unique a également créé des "enfants noirs", des enfants dont la naissance n'est pas officiellement déclarée, voire cachée. En 2002, il est devenu possible d'avoir un deuxième enfant en payant une somme importante.
L'Assouplissement de la Politique
La Chine se voyait tellement mal partie avec une population en augmentation constante qu'en 1979, il fut interdit d'avoir plus d'un seul enfant. D’abord très stricte, cette loi s’est légèrement assouplie en 2013 avant d'être officiellement abolie le 29 octobre 2015.
L'IVG et le Statut Moral de l'Embryon : Un Débat Éthique Complexe
Le Problème Éthique de l'Avortement
L'avortement, défini comme l'interruption délibérée d'une grossesse, soulève des questions éthiques fondamentales concernant le statut moral de l'embryon/fœtus humain. Le désaccord entre partisans et opposants à l'avortement porte sur les questions suivantes : l'embryon est-il un être humain ? Est-il une personne humaine ? A partir de quel moment ? Est-il nécessaire et suffisant d'être un être humain pour avoir un statut moral et avoir le droit de vivre ?
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La notion de personne renvoie traditionnellement à une entité capable de manifester certaines propriétés mentales : être conscient de soi, vouloir, prendre des décisions, communiquer, etc. Ces critères excluent les jeunes enfants, les individus dans le coma ou ayant un handicap cognitif sévère. D'autres critères, comme la conscience et la sensibilité à la douleur, posent également problème.
Aspects Juridiques de l'Avortement en France
La législation française distingue l'IVG (interruption volontaire de grossesse) de l'IMG (interruption médicale de grossesse). L'IVG est autorisée dans un délai de douze semaines de grossesse, tandis que l'IMG est autorisée sans restriction de délai pour motif médical.
Du point de vue légal, l'avortement est toujours réputé volontaire. En cas d'erreur médicale, de violences ou d'accident entraînant la mort de l'enfant à naître, aucune poursuite pénale ne sera encourue pour homicide. La raison est que les entités anténatales ne jouissent pas de droits civiques puisque la personnalité juridique ne s'octroie qu'à la naissance.
Le fait que la vie de l'embryon/fœtus dépende de celle de sa mère empêche de lui conférer le statut juridique de personne et les droits civils qui en découlent. Une femme peut donc prendre la décision d'avorter sans l'accord du père de l'enfant.
Arguments et Contre-Arguments
Le débat sur l'avortement oppose des arguments complexes. Les partisans de l'avortement mettent en avant le droit des femmes à disposer de leur corps et à choisir si elles veulent ou non mener une grossesse à terme. Ils soulignent également les difficultés économiques et sociales que peuvent rencontrer les femmes qui ne souhaitent pas avoir d'enfant.
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Les opposants à l'avortement, quant à eux, mettent en avant le droit à la vie de l'embryon/fœtus, qu'ils considèrent comme un être humain dès la conception. Ils soulignent également les conséquences psychologiques négatives que peut avoir l'avortement sur les femmes.
La Douleur Morale Liée à la Perte du Fœtus
Les femmes qui perdent un enfant avant terme peuvent en concevoir une grande culpabilité et le vivre comme un échec personnel. Un deuil non fait peut être inoculé à son enfant. Il faut légitimer la douleur morale liée à la perte du foetus. Dans le cas de fausses couches tardives, de mort in utero, ou d'interruptions médicales de grossesse à partir de 5 mois, il est possible d'inscrire l'être à l'état civil ou sur le livret de famille. Mais il reste à mettre en place des rituels laïques ou religieux pour ceux qui le souhaitent. Dans le cas de fausses couches plus précoces, il faut aider la mère à se détacher de son enfant perdu en lui proposant systématiquement une consultation psychologique.
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