L'accès à la santé sexuelle et reproductive, incluant l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et la contraception, est un droit fondamental. En France, bien que l'IVG soit légalisée et même constitutionnalisée, des défis persistent et des mobilisations sont nécessaires pour garantir son accès effectif et contrer les mouvements anti-IVG.
Le Planning Familial : Un Pilier de la Santé Sexuelle depuis 70 Ans
Mouvement féministe et d’éducation populaire, le Planning familial œuvre pour la santé sexuelle depuis 70 ans. Les centres du Planning Familial sont présents un peu partout sur le territoire. Connus de nom, une petite présentation des missions s’impose. Tout d’abord différencions les structures appartenant au Mouvement Français du Planning Familial (MFPF) des lieux gérés par les villes, communes ou intercommunalités.
Le Planning familial joue un rôle crucial dans l'information, l'orientation et l'accompagnement des personnes concernant leur santé sexuelle. Non seulement, vous êtes légitimes à avoir une sexualité ou non, à désirer ou non un rapport ou une pratique, à poursuivre ou non une grossesse, à avoir ou ne pas avoir d’enfant mais il est important d’avoir une information sur vos droits. Les écoutantes du Planning familial sont formées à l’écoute en santé sexuelle. Nous vous orientons vers des services compétents dans vos parcours de soin, administratif ou juridique.
L'association met à disposition un numéro vert unique, confidentiel, anonyme et gratuit depuis la France, portables et fixes, joignable du lundi au vendredi de 8h à 18h dans l’Océan Indien. Le tchat est un outil interactif, gratuit et anonyme. Les écoutantes du Planning familial sont formées à l’écoute en santé sexuelle. Nous vous orientons vers des services compétents dans vos parcours de soin, administratif ou juridique.
Les CeGIDD : Centres Gratuits d'Information, de Dépistage et de Diagnostic
Ca veut dire quoi CeGIDD ? C’est un acronyme qui veut dire Centre Gratuit d’information, de Dépistage et de Diagnostic, CeGIDD. Ces structures existent depuis 2016 et sont gérées par les ARS (Agences Régionales de Santé) avec un financement public venant des fonds d’intervention régionaux (FIR).
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On y fait quoi dans ces centres ?
L'Endométriose : Une Maladie Peu Prise en Compte
Un mal peu pris en compte L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle des cellules, telles que celles présentes dans l’endomètre, se développent en dehors de l’utérus. L’endomètre est la paroi intérieure de l’utérus qui se gorge de sang et s’évacue sous la forme des règles. L’endométriose est une maladie assez courante cependant mal diagnostiquée.
Menaces sur les Financements du Planning Familial
L'association craint pour ses financements, et particulièrement pour la pérennité de son numéro vert national et de son tchat consacrés à l'écoute et l'orientation des personnes ayant des questions sur l’IVG, la contraception et les sexualités. Le numéro vert avait été lancé il y a dix ans par Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, et renforcé depuis 2023 par un tchat sur internet. Mais cette activité est menacée, selon l'association, qui craint des coupes financières en pleine incertitude sur l'ampleur des coupes budgétaires de l'État pour 2026. Chaque année, plus de 35 000 personnes, majoritairement des femmes de moins de 35 ans, souvent déboussolées, appellent le 0800 08 11 11. Au bout du fil, Bénédicte Paoli, du planning familial, et plus de 200 écoutantes les orientent vers des structures locales. "Ces femmes savent que le droit à l'avortement est quelque chose qui est évident mais le jour où ça leur arrive, elles ne savent plus quoi faire." Elle dit que certaines "tombent sur des professionnels qui ne savent pas quoi faire avec l'IVG, qui demandent plusieurs rendez-vous, et c'est vraiment un parcours de la combattante. Donc elles appellent le numéro vert." Sans augmentation budgétaire, il faudra arrêter le "tchat" lancé il y a deux ans.
En Nouvelle-Aquitaine par exemple, les équipes craignent une baisse du budget alloué par l'Agence régionale de santé. L'ARS nous répond ne pas disposer des enveloppes pour l'an prochain. Quant au tchat, la version en ligne lancée il y a deux ans, son financement par la Fondation des femmes s'arrête fin décembre, alerte Sarah Durocher, la présidente du planning familial. "Il nous manque 100 000 euros pour que ce dispositif tienne encore. On sera sûrement obligé de le stopper si jamais on n'a pas d'augmentation budgétaire."
La Mobilisation Anti-IVG et la Nécessité de la Vigilance
Ce serait "abandonner les femmes", pour Bénédicte Paoli, alors que les anti-IVG se mobilisent. "Si elles ne peuvent plus nous appeler ou aller sur notre chat, elles iront sur les numéros d'appel des personnes anti-choix, où elles auront de fausses informations." Le planning familial demande la pérennisation des financements et une campagne nationale pour diffuser le numéro vert.
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Face à cette fronde anti-IVG qui ne montre pas son nom, le collectif bordelais pour les droits des femmes se posera là. « Nous ne laisserons personne remettre en cause les droits à l'avortement et à la contraception », clament les militantes du Planning familial, d'Osez le féminisme, SOS Racisme, CGT, Attac, Maison des femmes…« Vision archaïque »Samedi, elles battront le pavé de Bordeaux, à la semelle des Oui pour la vie. « Ils portent une vision archaïque de la femme, assène Monique Nicolas, directrice du Planning. « Ils prônent un modèle familial patriarcal et homophobe. Défendent le salaire des mères pour qu'elles restent à la maison. Un retour en arrière inouï. » Pascale Bousquet-Pitt, pour Osez le féminisme ajoute : « Cette manif aura une tonalité particulière, du fait des déclarations de l'extrême droite. Même si ça a été repris par les autres candidats, par rapport à l'IVG, personne n'est clair. Des centaines de centres d'IVG ont fermé en France. »Nicole Blet, Présidente du Planning enchaîne : « L'IVG aujourd'hui est mal remboursé pour les femmes qui n'ont pas une bonne mutuelle, la loi Bachelot a réduit les moyens, l'IVG n'est plus rentable, alors l'hôpital public envoie les femmes dans les relais IVG en ville. On n'y pratique que la pilule abortive, parce que c'est moins cher. Quel confort ? De plus en plus les femmes n'auront plus le choix, le RU 486 n'est possible que jusqu'à 9 semaines de grossesse. Depuis la loi Veil, le nombre d'avortements en France est stable, certes. À un détail près : la population elle, a augmenté. » « Il est hors de question qu'on retrouve la trouille au ventre de l'avant 1975 ! », ajoute Jacqueline Voisin de la Maison des femmes.
En revanche, il se félicite du « soutien de certaines personnalités locales dont Monseigneur Ricard ». Réf.
Deux cortèges défileront demain samedi en ville. D'un côté, Oui à la vie veut proscrire l'avortement. Le président de l'association Oui à la vie, qui rassemble un bon millier de familles dans l'Aquitaine, ne veut pas donner son nom. « Je ne souhaite pas que ma femme ou mon enfant soient ennuyés », concède-t-il pudiquement. Le ton est donné. La pudeur frise l'excès. Donc, Oui à la vie organise pour la quatrième année, et en pleine campagne électorale, une manifestation, ce samedi (voir par ailleurs) à Bordeaux sur le thème « nous demandons une véritable politique au service des familles : enfants à naître, handicapés, personnes en fin de vie ». Le président sans nom ajoute : « Ce n'est pas une manif anti, mais pour. S'il revendique cette nuance positive, le président n'en demeure pas moins ferme quant à ses convictions… contre l'avortement. « Est-il admissible qu'en France aujourd'hui, il y ait 200 000 avortements par an. La loi Veil a-t-elle été faite pour ça ? C'est un échec total. Dans son discours à l'assemblée, Madame Simone Veil avait dit que l'IVG devait être une exception. Il y a des femmes qui avortent quatre ou cinq fois. C'est devenu un moyen de contraception. »2 000 manifestants en 2011Le discours de l'association Oui à la vie est parfaitement rodé. Il est question du droit au respect des handicapés (qui s'en plaindrait), de la reconnaissance des grands-parents, avec cet appel consensuel « Papi et mami, on vous aime ». Mais derrière cette pommade, le président rajoute : « Je ne commente pas les interventions des candidats en campagne, à propos de l'IVG. Sur la formule IVG de confort, je ne dirai rien. Je ne fais pas le service après-vente de Madame Le Pen. Mais enfin, on déploie des milliers d'euros pour créer des pass contraceptifs dans les lycées, mis à disposition pour les jeunes filles, sans même informer les parents ? Pourtant, qui est responsable de l'éducation, sinon les parents ? Nous défendons la vie de sa conception naturelle à sa mort naturelle. »Ils étaient près de 2 000 dans les rues de Bordeaux l'année dernière, le président compte sur une mobilisation plus forte encore, en raison de la campagne.
Augmentation du Recours à l'IVG en France
Le recours à l'IVG a augmenté en France l'an passé, avec plus de 250 000 IVG pratiquées en 2024. C'est 7 000 de plus qu'en 2023, selon les chiffres publiés ce jeudi par la DREES, la direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques.
La Journée Internationale pour le Droit à l'Avortement et la Mobilisation de la FSU
À l’appel du collectif "Avortement en Europe, les femmes décident", et en cette journée internationale pour le droit à l’avortement du 28 septembre 2025, la FSU participera à la manifestation pour exprimer sa solidarité avec les femmes du monde entier qui n’ont pas accès à ce droit. La manifestation partira à 13h de la Place de la République en direction de la Gare du Nord. Les manifestations pour le climat et pour le droit à l’avortement devraient se rejoindre à la Gare du Nord. Le 28 septembre est la journée internationale pour le droit à l’avortement. Si la France est le premier pays à inscrire ce droit dans la Constitution, l’accès à l’IVG reste fragile. La FSU-SNUipp appelle à se mobiliser !
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Selon l’OMS, 22 millions d’avortements dangereux sont pratiqués chaque année dans le monde, là où l’accès à l’avortement et à la contraception est loin d’être effectif voire est illégal. 89% des personnes interrogées reconnaissent que des freins persistent dans l’accès à l’IVG selon le baromètre d’accès à l’avortement du planning familial. Des difficultés liés notamment à des disparités d’accessibilité territoriale, un nombre d’établissements effectuant des IVG en baisse constante ou encore un défaut de formation des équipes hospitalières à la technique instrumentale. L’accès effectif au droit à l’IVG et à la contraception, partout et pour toutes, nécessite de mieux former les professionnel-les, de développer des nouveaux centres de santé notamment dans les zones rurales et les déserts médicaux. l’EVAR-S doit être effective dans tous les niveaux de la scolarité avec des personnels qui doivent être formés, des équipes pluridisciplinaires complètes dans les écoles et les établissements. La FSU-SNUipp avec la FSU appelle aux côtés de nombreuses organisations à participer aux initiatives qui auront lieu sur tout le territoire le 28 septembre prochain pour exprimer la solidarité avec les femmes du monde entier qui n’ont pas accès à ce droit.
L'Histoire de la Lutte pour l'Avortement : L'Exemple de Grenoble
Une manifestation s'est tenue à Grenoble pour la liberté de l'avortement et de la contraception. Plus d'une décennie après l'ouverture du premier centre de Planning familial (juin 1961), le scandale vient encore de Grenoble. Le terrain s'est déplacé du contrôle des naissances à l'avortement. Le 8 mai 1973, une anesthésiste de l'hôpital - membre d'un collectif grenoblois qui s'est créé en 1972 pour obtenir l'abrogation de textes répressifs sur l'avortement (loi de 1923) et s'est affilié à l'association Choisir - est inculpée pour avoir pratiqué, à la demande de la mère, un avortement sur une jeune fille de 17 ans. La doctoresse Annie Ferrey-Martin revendique son acte militant et bénévole. Le responsable de l'association, le Docteur Manent, a signé en février 1973 le manifeste des 331 médecins qui déclarent avoir pratiqué des avortements. A Grenoble, puis à Paris et à Lyon, la réaction est immédiate après l'arrestation de l'anesthésiste : meetings, manifestations et prises de positions se succèdent. Le conseil de l'Ordre des médecins de l'Isère se déclare favorable à une réforme de la loi de 1920, mais hostile à la liberté de l'avortement. Le maire de Grenoble, Hubert Dubedout, se dit à titre personnel, peu favorable à l'avortement, mais adopte un point de vue moraliste en dénonçant le séducteur de la jeune fille, un homme d'âge mûr, marié, qui lui n'est pas inquiété. De nouveau, l'action illégale active le débat public, en particulier à l'Assemblée nationale ; ces coups de boutoir accentuent la mise en cause des lois de 1920 qui réprime la propagande anticonceptionnelle et celle de 1923 qui sanctionne plus lourdement l'avortement.A la suite des manifestations publiques déclenchées par l'inculpation du docteur Ferrey Martin - le reportage montre celle de Grenoble le 12 mai 1973 classiquement ouverte par une banderole, la doctoresse inculpée étant en première ligne avec sa famille - la demande d'avortements s'est développée dans l'Isère.Dans la région Rhône-Alpes, 2500 interruptions de grossesse auraient été pratiquées depuis 1972 : le chiffre est donné lors d'une conférence de presse le 13 septembre 1973 et déclenche l'ouverture d'une information judiciaire. En décembre 1973, Huguette Bouchardeau, alors professeur de philosophie à Saint-Étienne et responsable du GLACS (Groupe pour la liberté de l'avortement et de la contraception), fait le bilan de son action : mille avortements dans la Loire sur des femmes dont l'âge, la profession et le statut matrimonial sont divers. La loi est donc ouvertement bafouée. L'illégalité est devenue légitime et publique. Le film interdit de Marielle Issartel et Charles Belmont, Histoires d'A., qui donne à voir un avortement effectué par la méthode Karman, a aussi contribué à diffuser l'information. Un an plus tard, le Planning familial grenoblois ouvre publiquement, le 4 avril 1974, un centre d'orthogénie afin d'instaurer une situation de fait, sans aucune réaction des autorités judiciaires. Cet événement est passé !
Les Menaces de l'Extrême Droite sur les Droits des Femmes
Partout où elle arrive au pouvoir l’extrême droite n’a de cesse de vouloir restreindre voire interdire les droits des femmes. C’est le cas dans différents pays européens comme en Italie, en Hongrie ou en Pologne. Les Polonaises en paient encore le prix fort malgré un changement politique qui peine à rétablir le droit à l’avortement. En France, parmi les député.e.s du RN il y a de farouches militant.e.s anti avortement ! Le nouveau gouvernement doit pénaliser les activistes anti-IVG qui notamment attaquent des locaux du Planning familial, propagent de fausses informations sur le net, dénigrent les séances d’Éducation à la vie affective et sexuelle à l’école, essaient de dissuader les femmes d’avorter.
La Constitutionnalisation de l'IVG en France : Une Victoire à Consolider
En mars 2024, la « liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse » a été inscrite dans la Constitution française, ce dont nous nous réjouissons. Cependant, cette avancée ne suffit pas. Les conditions dans lesquelles s’exerce la « liberté garantie » pourraient toujours être revues à la baisse.
Revendications et Actions Nécessaires
- une politique de production publique des médicaments essentiels, incluant ceux nécessaires à l’IVG, pour éviter toute pénurie. Cela passe par la création d’établissements pharmaceutiques nationaux et européens financés par des fonds publics pour produire, diffuser et gérer les stocks de médicaments.
Liste des organisations
APEL-Egalité, Association féministe CULTURE ÉGALITÉ, Association Mémoire traumatique et victimologie, Association nationale des centres d’interruption volontaire de grossesse, Association nationale des sages femmes orthogénistes, ATTAC, CFDT, CGT, Collectif national pour les droits des femmes, Collectif 65 Droits des Femmes, Collectif CIVG Tenon, Coordination des associations pour le droit à l’avortement et la contraception, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, Les Ecologistes 06, ENSEMBLE !
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