L'avancée fulgurante de la science dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA) soulève des questions éthiques fondamentales. Nina, comme beaucoup d'autres, s'interroge sur la possibilité future pour les parents de sélectionner l'ADN de leur enfant à naître. Choix du sexe, couleur des yeux, ou éviction d'une maladie génétique : où se situe la limite ? Evelyne Heyer, professeure en anthropologie génétique, nous éclaire sur les pratiques actuelles et les enjeux de cette révolution biotechnologique.

La Procréation Médicalement Assistée : Un Essor Incontestable

En 1978, le premier bébé-éprouvette voyait le jour au Royaume-Uni, déclenchant une tempête de polémiques. Moins de quarante ans plus tard, la fécondation in vitro (FIV) représente 3 % des naissances dans les pays occidentaux. Les couples stériles, homosexuels ou atteints de maladies héréditaires se tournent vers la PMA, voire la gestation pour autrui, pour réaliser leur désir d'enfant.

La Sélection Embryonnaire : Une Pratique Encadrée

Evelyne Heyer précise qu'à l'heure actuelle, on sélectionne les embryons sans qu'il n'y ait pour autant de manipulation de l'ADN. L'anthropologue comprend l'utilité de la sélection dans le cas de parents porteurs d'une maladie génétique « pour éviter à l'enfant une maladie génétique connue, on va trier dans les embryons et on va prendre celui qui a l'ADN qui ne porte pas la maladie ». Cette dernière précise d'ailleurs qu'il s'agit du seul cas de tri d'embryons autorisé par la loi de la bioéthique en France. En revanche dans d'autres pays, il est possible de choisir le sexe de l'enfant « Il y a des pays où l’on va choisir de garder plutôt les garçons que les filles donc on choisit parmi les embryons possibles, certains embryons en fonction de leur ADN ».

Le diagnostic préimplantatoire (DPI) est une technique qui permet d'analyser le profil génétique d'embryons conçus par fécondation in vitro (FIV) avant leur implantation dans l'utérus de la mère. Cette procédure consiste à prélever une ou deux cellules de l'embryon afin de détecter d'éventuelles anomalies génétiques ou chromosomiques.

Bien que le DPI soit autorisé en France dans le seul but d'éviter la transmission d'une maladie génétique grave à l'enfant, d'autres pays autorisent la sélection du sexe de l'enfant pour des raisons non médicales. Cette pratique, bien que légale dans certains contextes, soulève des questions éthiques importantes concernant l'égalité des sexes et le risque de déséquilibre démographique.

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La Couleur des Yeux : Un Choix Déjà Possible ?

Plus étonnant, il est même possible aux Etats Unis de choisir la couleur des yeux de votre futur enfant, mais pour cela, vous devrez payer ! Le Dr Jeffrey Steinberg, fondateur des Fertility Institutes, explique que la sélection génétique des embryons issus d'une FIV offre, en option, la possibilité de choisir la couleur des yeux. A condition, bien sûr, que les géniteurs disposent dans leur génome des packs de gènes ad hoc, ce qui peut être vérifié par des tests génétiques.

Cette possibilité, bien que réelle, est soumise à des conditions génétiques et financières. Elle marque une étape supplémentaire vers le "bébé à la carte" et soulève des questions sur les limites de l'intervention humaine dans la procréation.

Les Enjeux Éthiques et Sociétaux

Le choix du sexe, de la couleur des yeux, et potentiellement d'autres caractéristiques physiques ou intellectuelles, pose des questions fondamentales sur la nature humaine et la société que nous voulons construire.

Vers un Eugénisme Déguisé ?

Laurent Tellier, chercheur au Cognitive Genomics Lab de Shenzhen, en Chine, exprime une vision utilitariste de la sélection embryonnaire : « Le but n’est pas d’encourager les couples intelligents à avoir des enfants. Il est d’encourager tous les futurs parents à avoir les enfants le plus performants possible. » Cette conception, qui vise à optimiser le potentiel de chaque individu, s'apparente à un eugénisme qui ne dit pas son nom.

La Nécessité d'un Débat de Société

Face à ces avancées technologiques, il est impératif d'engager un vaste débat de société. La procréation médicalement assistée, entre avancées et dérives, nécessite une réflexion approfondie sur les valeurs que nous souhaitons promouvoir et les limites que nous devons nous fixer.

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Le Don d'Ovocytes : Une Alternative et Ses Questions

Le don d'ovocytes est une option pour les femmes qui ne peuvent pas concevoir avec leurs propres ovocytes. Cette technique soulève des questions spécifiques concernant l'héritage génétique et l'influence de la mère porteuse sur le développement de l'enfant.

L'Héritage Génétique et l'Épigénétique

Le code génétique de base du bébé est hérité de la donneuse d'ovocytes et du partenaire de la receveuse. Cela signifie que tout, de la couleur des yeux à la taille adulte en passant par le groupe sanguin, est déterminé par leurs gènes. Cependant, l'épigénétique, qui étudie les changements dans l'expression des gènes qui ne sont pas causés par des modifications de la séquence d'ADN, joue également un rôle important.

Helder Filipe, neuroscientifique basé à Los Angeles, affirme que les scientifiques ont découvert que certains microARN étaient exprimés dans la muqueuse utérine et apparaissaient dans le liquide endométrial. « L’idée que l’environnement utérin puisse modifier l’expression des gènes dans l’embryon semble valable et pas vraiment surprenante. Cette étude révèle simplement un mécanisme possible pour ce changement - ​​cela vaut la peine d’être pris en compte », a déclaré Filipe. De plus, la receveuse d’ovocytes affecte la façon dont les gènes sont exprimés à travers ses choix de santé et de mode de vie. La nutrition est d’une importance cruciale pour la création de la muqueuse utérine et la formation du placenta.

Ainsi, même si l'enfant hérite du patrimoine génétique de la donneuse et du père, l'environnement utérin de la mère porteuse peut influencer l'expression de ces gènes.

L'Importance du Phénotype et de la Synchronisation

Lors de la sélection de la donneuse d'ovocytes, les cliniques de fertilité tiennent compte des caractéristiques physiques de la receveuse, telles que la couleur de la peau, des yeux et des cheveux, afin d'assurer une certaine ressemblance entre la mère et l'enfant. De plus, la synchronisation du cycle de menstruation de la donneuse et de la receveuse est essentielle pour optimiser les chances de succès de la FIV.

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La FIV à Chypre : Une Destination en Essor

Chypre est devenue une destination prisée pour la FIV avec don d'ovocytes, en raison de sa législation permissive, de ses coûts compétitifs et de ses taux de réussite élevés. La Clinique de Fertilité Dogus, par exemple, offre un taux de réussite de 85% pour les patientes entre 20 et 29 ans et de 75% pour les 30-34 ans.

Les Avantages du Don d'Ovocytes à Chypre

  • Absence de liste d'attente : Les patientes peuvent commencer le traitement rapidement.
  • Coûts avantageux : Les prix sont plus compétitifs qu'en Espagne ou dans d'autres pays européens.
  • Ovocytes non congelés : La Clinique de Fertilité Dogus utilise des ovocytes frais, ce qui augmente les chances de succès.
  • Suivi personnalisé : Les patientes bénéficient d'un suivi médicamenteux pour optimiser l'implantation.

Les Risques et les Précautions

Bien que le don d'ovocytes offre de nombreux avantages, il est important de prendre en compte les risques potentiels, tels que les fausses couches et les grossesses multiples. De plus, il est essentiel de choisir une clinique de fertilité expérimentée et de suivre les recommandations médicales pour minimiser les risques.

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