Introduction

Ivanne Trippenbach est une journaliste française qui s'est spécialisée dans le suivi de la droite et de l'extrême droite. Son parcours, marqué par des enquêtes percutantes et des controverses, témoigne d'un engagement profond envers le journalisme d'investigation.

Jeunesse et Formation

Ivanne Trippenbach a effectué ses études secondaires au lycée Albert Camus de Bois-Colombes, la ville où elle a grandi. Discrète sur sa vie privée, on sait qu'une partie de sa famille serait d'origine indochinoise. Elle a ensuite intégré Sciences Po, où elle a obtenu un master en affaires publiques en 2015.

Durant ses études à Sciences Po, elle a co-fondé le Comité de Réflexion pour la qualité de la loi. Ce comité a organisé un colloque à l'Assemblée Nationale en 2013 sur le thème « Agir pour la qualité de la loi en France », rassemblant des parlementaires et des professeurs de droit. Cette expérience associative lui a permis d'établir des contacts dans les sphères du pouvoir. Un an plus tard, elle a participé à la rédaction du discours d'introduction de Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d'État, lors d'un cycle de conférences intitulé « Où va l'État ? ». Elle a brillamment réussi ses études, obtenant une mention Cum Laude et étant admissible aux concours de l'ENA et de l'Assemblée.

Son intérêt pour le journalisme s'est manifesté dès ses années universitaires. Lors d'un séjour à l'université pontificale catholique du Chili, elle a couvert les émeutes étudiantes pour un journal local.

Carrière Professionnelle

Débuts à L'Opinion (2016-2021)

Ivanne Trippenbach a commencé sa carrière de journaliste à L'Opinion en 2016, tout en poursuivant ses études au Centre de Formation des Journalistes (CFJ). Elle s'est spécialisée dans le suivi de l'extrême droite et des questions régaliennes. Son travail consistait à traquer l'islamisation et, surtout, l'extrême droite anti-immigration.

Lire aussi: Retour sur le parcours de Fernando Alonso

Elle a participé à l'enquête "Inch'Allah", publiée en 2018 chez Fayard sous la direction de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. La même année, elle a signé un article dénonçant les liens supposés du Front National avec le groupe militant Génération Identitaire, se basant sur les réactions des deux vice-présidents du FN, Louis Aliot et Nicolas Bay, au blocage mené par le groupe contre l'immigration de masse dans les Hautes-Alpes.

En juin 2019, elle a publié une enquête sur les « dérives extrémistes » du club Saint-Hubert, le plus vieux club de chasse de France, en raison de ses liens avec la Russie et la Serbie. Elle a notamment souligné que des membres du club auraient dormi à Berchtesgaden, ville de villégiature d'Hitler, lors d'un voyage en Serbie.

Passage au Monde (2021-2024)

En septembre 2021, Ivanne Trippenbach a rejoint la rédaction du Monde, où elle a continué à suivre la droite et l'extrême droite. Elle a ensuite été nommée chef du service politique, un poste qu'elle a dû quitter précipitamment en janvier 2024 en raison de la nomination de son compagnon, Rayan Nezzar, au cabinet du Premier ministre Gabriel Attal.

Affaire Jean-Marie Le Pen et Accusations de Fake News

Le 11 janvier 2025, Ivanne Trippenbach a assisté aux obsèques de Jean-Marie Le Pen à La Trinité-sur-Mer. Elle a été accusée de s'être introduite « de force », sans l'accord de la famille et du service de sécurité du Rassemblement National (RN), ce qu'elle a démenti. Le 16 septembre 2025, elle a été accusée de fake news sur France Inter.

Il est important de noter que Jean-Marie Le Pen avait admis, le 4 décembre 2019, auprès de cette journaliste, avoir pratiqué la torture en Algérie, sans utiliser le mot, selon des déclarations publiées par le journal. Il avait déclaré : « Moi je trouve ça tout à fait normal, naturel, que l’on extorque le renseignement de tueurs organisés » et « Je le fais sous les ordres de mon capitaine. »

Lire aussi: Thibault Rabiet : son engagement dans l'édition

Controverses et Critiques

Ivanne Trippenbach a été impliquée dans plusieurs controverses au cours de sa carrière. Elle est souvent accusée de diaboliser son adversaire idéologique et de recourir à des approximations, voire à de fausses informations, dans ses enquêtes sur l'extrême droite.

Son article du 11 février 2019 sur L'Opinion, « Emmanuelle Gave, la nouvelle droite dure de Nicolas Dupont-Aignan », a suscité un scandale. Elle y décrivait une caricature soviétique anti-capitaliste présente dans le bureau d'Emmanuelle Gave comme étant antisémite et critiquait l'opposition de la candidate aux lois mémorielles. Suite à ce scandale, ni Emmanuelle Gave ni son père, Charles Gave, n'ont été investis sur les listes pour les élections européennes.

En septembre 2019, elle s'est vu refuser l'accréditation de journaliste pour couvrir la Convention de la droite, en raison de sa mauvaise foi et de sa volonté de nuire.

Son travail sur l'enquête "Inch'Allah" a également été critiqué. Certains l'ont jugé « islamophobe » et inutilement alarmiste. Mediapart et le Bondy Blog ont publié un article commun critiquant l'ouvrage comme une collection d'anecdotes dénuée d'analyse.

D'autre part, elle est accusée de partialité idéologique. Pour certains, elle semble minimiser la gravité de la pédophilie lorsqu'elle est perpétrée à gauche, la réduisant à un simple quiproquo, tandis qu'elle la condamne fermement lorsqu'elle est associée à l'extrême droite.

Lire aussi: Le pilier de la vie de Julien Courbet

Soutien et Menaces

Suite à certaines de ses publications, Ivanne Trippenbach a été victime de menaces et d'injures sexistes, antisémites et racistes. Le quotidien Le Monde a dénoncé une « violente campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux nourrie par plusieurs contre-vérités » et a annoncé qu'il poursuivrait systématiquement les auteurs de ces propos en justice. Parmi les personnes à l'origine de ces messages haineux figurait notamment le député UDR Alexandre Allegret-Pilot.

De nombreux soutiens se sont manifestés pour défendre la journaliste face à ces attaques.

Publications

Outre ses articles dans L'Opinion et Le Monde, Ivanne Trippenbach a co-écrit, avec Philippe Brun, une "Présentation de la problématique de la qualité de la loi" suite au colloque qu'elle a organisé sur le même thème à Sciences Po. Elle a également participé à l'écriture de l'enquête "Inch'Allah", publiée en 2018 chez Fayard.

tags: #Ivanne #Trippenbach #biographie

Articles populaires: