L'invagination intestinale aiguë (IIA), parfois appelée "intussusception intestinale", est une affection où une partie de l'intestin se replie sur elle-même et pénètre dans une autre partie, à la manière d'un télescope. Cette condition touche principalement les jeunes enfants et peut entraîner une occlusion intestinale. Il s'agit d'une urgence médico-chirurgicale nécessitant une intervention rapide pour éviter des complications graves.

Définition et Épidémiologie

L'invagination intestinale aiguë (IIA) correspond au retournement de l’intestin sur lui-même. Elle se manifeste par la pénétration d’un segment intestinal dans une autre partie située plus bas. En d’autres termes, il s’agit du « télescopage » de l’intestin en lui-même.

L’invagination intestinale aiguë intervient dans 65% des cas chez les bébés ayant entre 3 mois et trois ans et touche 2 fois sur 3 les garçons. Elle se manifeste le plus souvent chez l’enfant de moins de 3 ans, et plus particulièrement chez les petits garçons (deux cas sur trois) au cours de la première année de vie, avec un pic entre les 6 et 9 mois de bébé. Bien que rare, elle constitue la cause la plus fréquente d'occlusion intestinale chez l'enfant de moins de 1 an.

Causes

Dans la majorité des cas, l'invagination intestinale aiguë est idiopathique, ce qui signifie qu'il n'existe pas de causes avérées. Elle survient souvent chez un enfant en bonne santé. On distingue deux formes principales :

  • IIA primitive : il s’agit de la forme la plus fréquente, dont la cause exacte reste inconnue.
  • IIA secondaire : elle est en rapport avec une lésion locale ou survient dans un contexte particulier. Moins de 10 % des invaginations sont liées à une lésion anatomique locale.

Parfois, une infection virale ou ORL est retrouvée en amont et aurait provoqué le développement de ganglions lymphoïdes sur le mésentère, provoquant cette invagination. En avril 2015, 7 cas d'invagination intestinale aiguë avaient été retrouvés après la vaccination au Rotarix et au Rotateq, contre les gastro-entérites dues à rotavirus selon la Haute Autorité de Santé.

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Symptômes

L’invagination intestinale se manifeste par de violentes douleurs intestinales qui apparaissent de manière très soudaine et peuvent durer quelques minutes avant de disparaître. Les symptômes peuvent varier, mais les signes courants incluent :

  • Douleurs abdominales paroxystiques : L'enfant se plie en deux, crie très fort, est très agité et pâlit. Chez le bébé, des pleurs, des cris, une pâleur, un malaise et une agitation peuvent durer quelques minutes, disparaître puis réapparaître quelques minutes plus tard alors que jusque-là tout allait bien. Les intervalles séparant chaque crise se font de plus en plus courts.
  • Vomissements : Les vomissements sont fréquents pendant la crise.
  • Selles anormales : Les selles sont parfois teintées de sang. Il n'est pas rare de retrouver du sang dans ses selles.
  • Refus de s'alimenter : Dans le même temps, le bébé refuse de s'alimenter.
  • Constipation : L’invagination intestinale aiguë entraîne de violentes douleurs abdominales avec une constipation.
  • Signes d'occlusion intestinale : En l'absence de traitement, l'invagination peut entraîner une occlusion intestinale, puis une perforation de l’intestin.

Diagnostic

"L'invagination doit être évoquée chez tout enfant entre 3 mois et 3 ans avec douleurs abdominales aiguës", remarque le Dr Quillard. Le diagnostic d'une invagination intestinale aiguë repose essentiellement sur l'imagerie médicale.

  • Examen clinique : Le diagnostic de cette maladie fait souvent intervenir un toucher rectal.
  • Échographie abdominale : "L''échographie abdominale est l'examen de première intention, d'autant qu'elle permet d'exclure d'autres pathologies comme l'appendicite aiguë", remarque la pédiatre. Une échographie abdominale est réalisée pour mettre en évidence le retournement de l’intestin. Cet examen non invasif affirme et localise l’invagination.
  • Lavement opaque : Parfois, un lavement avec un produit opaque est nécessaire avant la radiographie pour localiser précisément la zone de l’invagination intestinale. Très souvent, un lavement opaque (injection de produits radio-opaques) est nécessaire avant les radiographies pour confirmer le diagnostic et permettre un geste thérapeutique (désinvagination sous pression) sans avoir besoin de recourir à la chirurgie. Parfois, un lavement (injection d'une solution) ou pneumatiques (insufflation d'air) par voie anale sous contrôle radiologique permet de confirmer le diagnostic.
  • Prise de sang et radiographie : Différents examens permettent de poser le diagnostic : prise de sang, radiographie.

Traitement

Il est essentiel de réduire l'invagination le plus rapidement possible. Le pronostic est lié en grande partie à la rapidité du diagnostic et de la prise en charge. Le mieux est de se rendre aux urgences de l’hôpital où votre enfant sera pris en charge par une équipe médicale.

  • Lavement thérapeutique : Le premier moyen qu’on utilise pour réduire l’invagination est le lavement rectal à la baryte ou au sérum physiologique, ou l’insufflation d’air par l’anus. Le lavement opaque ou pneumatique se révèle un traitement efficace dans 90% des cas. En effet, la partie invaginée va progressivement être remise en place par la pression d'injection du liquide. Cette technique ne présente aucune contre-indication et s’avère des plus efficaces. Votre enfant sera hospitalisé afin de réaliser un lavement. L’invagination intestinalesera alors réduite sous l’effet de la pression du liquide. Dans environ 90 % des cas, cette méthode est efficace et suffisante.
  • Surveillance post-lavement : Il faut néanmoins continuer à surveiller le patient durant les 24 heures qui suivent au cas où ce traitement resterait insuffisant. Toutefois, il est important de surveiller le patient dans les heures suivant ce traitement au cas où il serait insuffisant. Votre enfant restera toutefois en surveillance pendant quelques heures.
  • Intervention chirurgicale : En cas d’échec de celui-ci ou de diagnostic tardif, une intervention chirurgicale s’impose. En cas d’échec ou s’il y a déjà des complications, il faut réduire l’invagination chirurgicalement et enlever, éventuellement, un morceau d’intestin abîmé. Cette dernière consiste à réduire le plus rapidement possible l’invagination. Parfois, l’ablation d’une partie du tube digestif est nécessaire. Dans des cas plus rares, l’opération chirurgicale est nécessaire pour réduire l’invagination ou, dans les cas extrêmes, procéder à une ablation d’une petite partie de l’intestin. En cas d'échec ou de contre-indication du lavement, une intervention chirurgicale est indiquée. Elle réalise une réduction simple de l'invagination ou une résection intestinale en fonction du degré d'ischémie. L'intervention permet par ailleurs l'exérèse d'une lésion anatomique locale qui est en cause dans moins de 10 % des invaginations.

Risque de Récidive

L’invagination intestinale aiguë présente un risque de récidive, mais il est relativement rare. Si les récidives de l’invagination intestinale sont assez rares, il est toutefois recommandé d’être vigilant au cours des premières années de l’enfant, et de consulter au moindre doute.

Invaginations intestinales aiguës post-vaccinales

bien que le taux de notification des invaginations intestinales aiguës survenant dans les 7 jours après la vaccination par Rotarix® ou RotaTeq® soit proche de celui attendu, au vu des données de la littérature, c'est la gravité de ces cas qui est à souligner. En effet, les invaginations intestinales aiguës post-vaccinales identifiées durant ce suivi national semblent plus sévères que les invaginations intestinales aiguës spontanées.

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