Cet article explore l'impact dévastateur de la perte d'un enfant sur les influenceuses, en s'appuyant sur des témoignages récents et en soulevant des questions cruciales sur les limites de la vie privée des enfants exposés en ligne. La tragédie personnelle, amplifiée par la présence constante sur les réseaux sociaux, met en lumière les défis uniques auxquels ces mères sont confrontées.

La tragédie d'Emilie Kiser : un deuil exposé

Le 12 mai dernier, l'influenceuse Emilie Kiser a vécu un drame inimaginable. Son fils de 3 ans, Trigg, a été retrouvé sans vie dans la piscine familiale en Arizona. Transporté d'urgence à l'hôpital pédiatrique de Phoenix, il a lutté pendant six jours avant de décéder le 18 mai. Suivie par des millions de personnes, la jeune femme s'est volatilisée des réseaux sociaux après l'annonce de ce drame. Plus aucune vidéo, plus aucune publication, son quotidien de maman influenceuse avait basculé dans le silence. Un silence qui a longtemps nourri les interrogations.

Quelques semaines après la noyade, les rapports officiels ont éclairci les circonstances. Ce jour-là, Emilie Kiser n'était pas à la maison. Son mari, Brady, gardait seul les enfants. Occupé, il a précisé à la police qu'il avait perdu Trigg de vue cinq minutes. Cependant, sur la vidéo surveillance, l'enfant est seul dans le jardin pendant près de dix minutes, dont sept fatales passées dans la piscine. Malgré des soupçons de négligence, aucune charge pénale n'a été retenue contre lui.

Face à cette tempête médiatique, l'influenceuse avait choisi de disparaître, jusqu'au 28 août. Dans une longue lettre poignante, elle confie avoir mis des mois à trouver la force d'écrire. "Une perte d'une telle ampleur est impossible à exprimer avec des mots. J'ai passé des jours, des semaines, des mois à essayer de trouver les mots justes et à prendre le temps nécessaire pour digérer la perte de mon bébé", a-t-elle écrit.

Et d'évoquer la difficulté à faire son deuil : "Trigg est notre bébé et notre meilleur ami. La lumière et l'esprit qu'il a apportés à ce monde étaient brillants, purs, joyeux et indéniables. Il nous manque à chaque seconde de chaque jour et continuer à avancer est souvent insupportable." Elle a ensuite évoqué l'accident de Trigg, se blâmant directement. "En tant que mère de Trigg, j'assume l'entière responsabilité de ce drame et je sais que j'aurais dû faire davantage pour le protéger. L'une des leçons les plus difficiles que j'ai retenues est qu'une clôture de piscine permanente aurait pu lui sauver la vie, et c'est quelque chose que je n'oublierai plus jamais", a-t-elle précisé.

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Mais au-delà de la confession, la jeune femme fixe aussi de nouvelles règles pour sa vie en ligne. "J'ai pu constater avec cette tragédie, que les relations en ligne manquent de limites, notamment en matière de protection de la vie privée des enfants. À l'avenir, je fixerai davantage de limites à ce que je partage en ligne", a-t-elle conclu.

Liam Di Benedetto : un livre pour survivre à la mort subite du nourrisson

Un autre témoignage poignant est celui de Liam Di Benedetto, influenceuse confrontée à la perte de son jumeau Jude, victime de la mort subite du nourrisson en août 2024. Âgé d’à peine quelques mois, il a malheureusement été victime de la mort subite du nourrisson. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’année 2024 n’aura pas été de tout repos pour le couple, puisque son mari Christophe vient tout juste de sortir de prison après avoir été condamné pour plusieurs affaires liées au trafic de stupéfiants à Nice. Un an après le drame, elle a souhaité s’exprimer dans un livre autobiographique Les gens qui m’appellent Liam ne me connaissent pas, paru ce jeudi 2 octobre 2025. En larmes, Liam Di Benedetto a raconté ce jour où elle a découvert son bébé sans vie. Le nourrisson dormait dans son cododo aux côtés de son frère jumeau. La maman qui avait accouché un mois et demi plus tôt a aussitôt compris que quelque chose d’anormal se passait. La raison ? Malgré les tentatives de Liam pour sauver son enfant, il était déjà trop tard avant même l’arrivée des secours, qui n’ont rien pu faire pour sauver le petit nourrisson.

Retirée des réseaux sociaux depuis cette tragédie, la mère de famille est sortie du silence ce jeudi 7 août 2025, avec une vidéo témoignant de son chagrin infini, un an jour pour jour après la disparition brutale de son bébé. "En quelques jours, je suis passée du bonheur absolu à la douleur la plus indicible. Des félicitations aux condoléances. Et moi, je croyais que j'allais mourir aussi. Pas au sens figuré, mais physiquement, littéralement", peut-on l'entendre commenter en voix-off d'une vidéo où elle apparaît avec son fils dans les bras. L'occasion pour Liam di Benedetto - Léa Dicranian de son vrai nom - de revenir sur son retrait des réseaux sociaux cette année écoulée. "Les messages continuaient d'arriver, alors que moi, j'étais incapable de parler, de respirer. Je n'avais plus la force, plus les mots. Je voulais juste disparaître, me terrer, me couper du bruit, des regards, des notifications. Alors, j'ai éteint mon téléphone. J'avais besoin de silence, de temps."

Face au deuil impossible de la perte d'un enfant, la jeune femme de 31 ans a traversé une période très sombre. "J'ai pleuré, beaucoup. J'ai été en colère, j'ai été vide, j'ai été debout, parfois couchée, souvent. J'ai essayé de comprendre, puis j'ai accepté de ne rien comprendre. Et je me suis raccrochée à ceux qui restaient. À mes enfants, à ma famille, à ce qui ne faisait pas mal. Parfois, pour survivre, il faut s'éloigner. Les réseaux, aussi présents soient-ils dans nos vies, ne sont pas faits pour contenir une douleur pareille".

Coucher sur papier son traumatisme l'a "tenue en vie". "Je crois que sans ce livre, je ne serais pas ici aujourd'hui. Je ne serais pas revenue", a-t-elle ajouté, elle qui souhaite retrouver ses abonnés avec "quelque chose de vrai, de profond, et de fragile, aussi". Un an après le terrible drame qui a meurtri sa famille, Liam di Benedetto se dit désormais prête à partager ce chemin parcouru. "Merci à ceux qui ont compris mon silence", a-t-elle conclu.

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Nacima Kidadi : la reconstruction après la perte d'un enfant

Depuis la mort de sa petite Zendaya, âgée d'à peine un an, l'influenceuse Nacima Kidadi traverse une épreuve dont aucune mère ne devrait porter le poids. Dans un premier message, sa sœur avait d'abord pris la parole. Puis Nacima Kidadi, à son tour, avait dû s'exprimer en story, dépassée par le flot de rumeurs et de commentaires. Quelques jours plus tard, le 29 octobre, elle avait publié un texte bouleversant, accompagné d'une photo en noir et blanc où l'on voyait les mains de sa famille unie. "C'est avec le cœur meurtri et une énorme souffrance que je vous annonce la perte de notre fille Zendaya…", avait-elle écrit.

Ce dimanche 23 novembre 2025, Nacima Kidadi a repris la plume, cette fois pour annoncer une nouvelle inattendue, chargée de tremblements et d'espoir. "C’est avec un cœur tremblant… que je vous annonce que je porte à nouveau la vie…", a-t-elle révélé. Cette grossesse, explique-t-elle, n'a rien de semblable aux précédentes. Elle est tissée de larmes, de peurs et de souvenirs qui brûlent encore. Pourtant, entre ces fissures s'invite une lumière nouvelle. Ce cinquième enfant représente une reconstruction, non un remplacement : "Chaque âme est unique, éternelle, sacrée." Nacima Kidadi avance, portée par la certitude que leur famille, aujourd'hui meurtrie, se retrouvera un jour "au complet au Paradis".

Le deuil périnatal : un tabou brisé

À l’occasion de la journée du deuil périnatal ce mardi 15 octobre 2024, Priscillia, 34 ans, raconte son histoire et la perte d’un nouveau-né. À l’occasion de la Journée mondiale du deuil périnatal, Priscillia Maunay brise un tabou et parle de la douleur de perdre un nouveau-né. Pour elle et sa famille. À l’occasion de la Journée mondiale du deuil périnatal, Priscillia Maunay brise un tabou et parle de la douleur de perdre un nouveau-né. Pour elle et sa famille. Le 15 octobre est la Journée mondiale de la sensibilisation au deuil périnatal. La vie de Priscillia Maunay et de sa famille a basculé le 5 juin 2022. Ce jour-là, Priscillia, Jean et leurs deux garçons se rendent chez des amis pour profiter du dimanche de la Pentecôte . Priscillia est enceinte de 36 semaines. Par expérience, elle le sait : l’accouchement ne devrait pas tarder. Dans deux semaines tout au plus. C’est une petite fille. Puis, il y a eu l’accident. On était tous les quatre dans la voiture quand une autre voiture est venue les percuter. Priscillia se souvient de n’avoir plus senti sa fille bouger après le choc.

Les dérives de l'influence : entre deuil et impératifs commerciaux

L'histoire de Brooklyn Larsen, influenceuse ayant perdu son bébé à 40 semaines de grossesse, illustre les dérives potentielles du monde de l'influence. Alors qu'elle était enceinte de son deuxième enfant, un garçon nommé Rocky, Brooklyn Larsen était enceinte de son deuxième enfant, un garçon nommé Rocky, lorsqu’elle a accepté de promouvoir un berceau contre un cadeau d’une valeur de 1 500 euros. En échange, l’influenceuse s’engageait à partager ce produit avec ses 100 000 abonnés sur ses réseaux sociaux. Seulement, la grossesse n’a malheureusement jamais pu aller à son terme. La jeune mère, connue pour sa participation à l’émission « So You Think You Can Dance », a tragiquement perdu son bébé à 40 semaines de grossesse. « Nos cœurs sont brisés. Un drame qui n’a pourtant pas empêché l’entreprise de berceaux « Happiest Baby » de demander à Brooklyn de lui retourner le produit. Face à la polémique qui a suivi, « Happiest Baby » a réagi dans les pages de Sky News. « Lorsque nous avons appris la perte de Rocky en décembre, nous avons été dévastés pour Brooklyn et sa famille. Nous lui avons immédiatement envoyé des fleurs et présenté nos sincères condoléances », a expliqué un porte-parole de la marque. « Nous savons que de nombreux parents, confrontés à une telle tragédie, trouvent que la présence d’un berceau est un douloureux rappel de leur chagrin, et ils souhaitent parfois s’en séparer.

Négligence et responsabilité : le cas de Soraya S.

Le cas de Soraya S., influenceuse belge condamnée à deux ans de prison pour négligence ayant entraîné la mort de son bébé, met en lumière les responsabilités parentales, même dans le contexte d'une vie exposée en ligne. Une jeune femme de 31 ans a été condamnée à deux ans de prison pour négligence. C’était un verdict qui était attendu de l’autre côté de la frontière : en Belgique lundi 16 septembre dernier, la cour d’assises de Bruxelles a condamné une influenceuse belge de 31 ans à deux ans de prison ferme pour "négligence". Soraya S. a en effet été reconnue coupable de la mort de son bébé survenue en 2019 alors qu’elle regardait la télévision. Les faits s’étaient déroulés dans une chambre d’hôtel en Belgique, en février 2019. C’est dans cette chambre que Soraya S. - aussi connue sous le pseudonyme "DS MakeUp" - s’occupait de ses deux enfants, âgés de deux mois et de trois ans. L’intéressée était alors en instance de séparation avec son conjoint. Dans son témoignage, celle-ci affirme avoir laissé seuls ses deux enfants pendant 40 minutes pour regarder un épisode de téléréalité dans sa salle de bains. Dans le même laps de temps, la fillette de trois ans aurait posé un coussin sur le visage du bébé de deux mois, avant de s’asseoir dessus. À la barre, l’influenceuse a plaidé coupable pour les faits de "négligence" qui lui étaient reprochés. Dans le milieu de la téléréalité, celle-ci était spécialisée dans l’organisation d’événements pour les influenceurs français. Sur Snapchat, la jeune femme avait rassemblé pas moins de 100 000 abonnés.

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