La salpingite est une infection inflammatoire des trompes de Fallope, des organes essentiels du système reproducteur féminin. Situées entre les ovaires et l’utérus, ces trompes jouent un rôle crucial dans la fertilité. Cet article explore en profondeur les causes, les symptômes, les méthodes de diagnostic et les traitements disponibles pour cette affection.
Qu'est-ce que la Salpingite ?
La salpingite est une infection d’une ou des deux trompes utérines, aussi appelées trompes de Fallope. Elle se définit par une inflammation de ces trompes, qui relient l’utérus aux ovaires. Les ovaires, localisés de part et d’autre de l’utérus, sont impliqués dans la production de cellules reproductrices (ou ovules) et dans la régulation hormonale. L’utérus est situé en arrière de la vessie et en avant du rectum. C’est un organe creux et extensible destiné à accueillir le fœtus. Il est prolongé par deux conduits de quelques millimètres de diamètre et d’une dizaine de centimètres de long : ce sont les trompes utérines ou les trompes de Fallope. Cette pathologie est fréquente chez les femmes, particulièrement chez les jeunes, et résulte généralement d’une infection par une bactérie transmise sexuellement.
Causes de la Salpingite
L’inflammation peut avoir plusieurs origines. La bactérie la plus souvent en cause est Chlamydia trachomatis, vient ensuite le gonocoque. Le plus souvent, elle résulte d’une contamination lors d’un rapport sexuel non protégé ; il s’agit donc d’une IST (infection sexuellement transmissible). En effet, les bactéries remontent le vagin, traversent le col de l’utérus pour atteindre l’utérus puis arrivent au niveau des trompes. On parle d’infection génitale « haute ».
Les germes les plus souvent responsables de la salpingite sont les bactéries, en particulier la bactérie Chlamydiae trachomatis (60 % des cas). Dans cette situation, la contamination a lieu lors des rapports sexuels non protégés. D'autres germes bactériens peuvent être en cause, comme le gonocoque, les mycoplasmes ou encore le bacille de la tuberculose. Les entérobactéries (bactéries du tube digestif) peuvent également causer la salpingite.
Parfois, il arrive aussi que la salpingite se développe à la suite d’un curetage utérin (dans le cadre d’une IVG par exemple), d’une hystéroscopie (un examen radiologique de l’utérus), de la pose d’un stérilet ou d’une chirurgie de l’utérus.
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Le risque est augmenté en cas de partenaires multiples, de tabagisme féminin, d’IVG antérieure (IVG : interruption volontaire de grossesse).
Symptômes de la Salpingite
La difficulté principale est d'identifier la maladie lorsque la patiente ne présente aucun symptôme. Dans la majorité des cas, la salpingite passe inaperçue, il n’y a donc aucun symptôme et le diagnostic est plus tardif, à l’occasion notamment d’un bilan de stérilité. La salpingite étant asymptomatique dans la plupart des cas (50 à 70%), elle est très difficile à diagnostiquer. D'évolution silencieuse, la bactérie chlamydiae bouche facilement les trompes utérines.
Si des symptômes surviennent, il s'agit d’une salpingite aigüe. Lorsqu’il y a des symptômes, on parle de salpingite aiguë. Elle nécessite une prise en charge en urgence afin de limiter les risques de complications. Ce qui rend la salpingite pernicieuse, c’est qu’elle peut évoluer durant des mois voire des années sans provoquer aucun symptôme. Lorsqu’elle se manifeste, on parle de salpingite aiguë.
Les symptômes peuvent passer totalement inaperçus, et c’est là tout le problème !
Les symptômes incluent :
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- Des douleurs dans le bas-ventre, qui sont localisées sur le côté gauche et/ou droit. Douleurs pelviennes, plus précisément des douleurs des ovaires irradiant vers les cuisses et les organes génitaux. À savoir : en cas d’atteinte inflammatoire du foie, les douleurs sont présentes jusque sous les côtes, du côté droit.
- L'examen clinique réalisé par le gynécologue peut révéler des douleurs à la palpation et des leucorrhées purulentes. Une douleur provoquée à la mobilisation des annexes confirme le diagnostic.
- Ces signes peuvent être accompagnés de troubles urinaires : difficultés pour uriner, brûlures urinaires.
Diagnostic de la Salpingite
Quand on présente des symptômes évocateurs d’une salpingite, il est nécessaire de consulter un médecin rapidement afin d’obtenir un diagnostic précis. Un examen médical complet, et surtout gynécologique, est de rigueur lors de suspicion de salpingite. Lors du diagnostic, le médecin interroge sur les symptômes et examine la patiente.
Afin de diagnostiquer la salpingite, le médecin vous questionne sur vos symptômes et réalise un examen gynécologique. Ce dernier passe par un toucher vaginal, qui est souvent douloureux. L’échographie pelvienne est réalisée systématiquement en cas de suspicion d’infection gynécologique haute.
En cas de suspicion de salpingite, des analyses sanguines et des prélèvements bactériologiques au niveau du col de l’utérus doivent être réalisés. L’échographie pelvienne ne contribue pas au diagnostic positif des infections génitales hautes (IGH) non compliquées. Cependant, elle est recommandée afin de rechercher des signes d’IGH compliquée (collection d’aspect polymorphe) ou un diagnostic différentiel En cas de difficulté diagnostique, la tomodensitométrie (TDM) abdomino-pelvienne avec injection de produit de contraste est utile au diagnostic. Une cœlioscopie peut être réalisée pour confirmer le diagnostic.
S’il y a présence d’une salpingite, l’examen gynécologique révèle des douleurs de la trompe gauche ou droite ou au niveau du vagin, de l’utérus et des ovaires.
Traitement de la Salpingite
Le traitement antibiotique est indiqué dès lors que le diagnostic clinique d’infection génitale haute est probable, après réalisation des prélèvements microbiologiques. La salpingite nécessite un traitement antibiotique qui permet de traiter l’infection rapidement.
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Dans les salpingites non compliquées, on prescrit des antibiotiques et des anti-inflammatoires pendant deux à trois semaines. En cas de salpingite, le traitement privilégié est l’antibiothérapie (par voie orale ou injection intramusculaire), afin éliminer les bactéries responsables. Le plus souvent, il s’agit de la chlamydia, du gonocoque, des entérobactéries ou des bactéries anaérobies.
Dès le diagnostic confirmé, le traitement de la salpingite repose essentiellement sur la prise d’antibiotiques. Le traitement doit être débuté le plus tôt possible, sans attendre le résultat permettant d’identifier la bactérie en cause. Si besoin, une fois les résultats disponibles, le choix de l’antibiotique est adapté.
En cas d'identification d’un germe sexuellement transmissible sur les prélèvements bactériologiques, le traitement du/des partenaires sexuels est nécessaire. Dans un contexte d’infection sexuellement transmissible, des prélèvements doivent être réalisés au niveau du partenaire, afin qu’il soit traité de façon adaptée (antibiotiques).
Des médicaments sont également donnés pour soulager les symptômes, notamment la douleur et la fièvre. En plus des antibiotiques, il est courant qu’on prescrive également des antalgiques pour la douleur et la fièvre ainsi qu’un arrêt de travail si cela est nécessaire. Des antalgiques et antipyrétiques contre la douleur et la fièvre peuvent également être associés.
Les salpingites compliquées nécessitent souvent une hospitalisation pour réaliser le traitement antibiotique par voie intraveineuse et drainer les abcès par une ponction lors d’une échographie. Si le traitement médicamenteux ne soigne pas l’infection de manière efficace ou en cas de complication, une prise en charge hospitalière peut être nécessaire pour éliminer les symptômes. Parfois, on doit opérer. L’opération consiste en l’introduction d’un tube fin par une petite incision dans la paroi abdominale (cœlioscopie). Si l'infection gagne d'autres organes situés dans cette même zone ou si le gonocoque est en cause, une chirurgie par coelioscopie (petites incisions dans la paroi abdominale), souvent pratiquée sous anesthésie générale, peut être recommandée. Le drainage de l'abcès peut être réalisé par ponction, à l'aide d'une échographie.
Un suivi régulier de la personne malade pendant et après le traitement est important. Avec ou sans hospitalisation, un suivi médical post-traitement est nécessaire car il permet de s’assurer que l’infection a bien disparu et qu’il n’y a pas de récidive. Un suivi médical est nécessaire, et la patiente doit réaliser différents examens après le traitement pour s’assurer de son efficacité.
Complications Possibles
Non traitée, l’infection des trompes s’étend. Elle peut alors être source d’abcès, d’atteinte des organes de voisinage, d’infection généralisée.
Les complications d’une salpingite sont nombreuses.
Les complications précoces comme l’abcès de l’ovaire, la pelvipéritonite (inflammation du péritoine) et la phlébite pelvienne, sont rares mais sévères et représentent une urgence médicale. L'abcès pelvien est l'une des complications principales de la salpingite. Un amas de pus se forme au niveau pelvien (ovaire, trompe), localisé dans le petit bassin.
Elle peut aussi obturer les trompes. Or, ces dernières transportent les ovules fabriquées par les ovaires. C’est aussi à leur niveau qu’a lieu habituellement la rencontre entre ovule et spermatozoïde. L’imperméabilité des trompes peut donc être source de stérilité. L'évolution d'une salpingite peut abîmer les trompes de Fallope, lié à l'infiltration inflammatoire venant détruire la muqueuse par endroit ou en totalité. D'évolution silencieuse, la bactérie chlamydiae bouche facilement les trompes utérines. Or, les spermatozoïdes (gamètes mâles) se frayent un passage au niveau des trompes, tout comme l'ovule (gamète femelle), afin de réaliser l'étape de la fécondation.
Par ailleurs, la salpingite favorise l’implantation anormale de l’œuf au niveau des trompes. Aussi, la salpingite augmente le risque de grossesse extra-utérine : l'œuf fécondé est bloqué dans la trompe et ne parvient pas à migrer dans l'utérus, siège du développement fœtal.
La chlamydiose, provoquée par la bactérie Chlamydiae trachomatis et la gonorrhée, causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae sont les deux grandes infections sexuellement transmissibles pouvant être responsables de l'infertilité chez les femmes.
Prévention de la Salpingite
La prévention de la salpingite repose sur l’utilisation systématique d’un préservatif lors d’un rapport sexuel.
Salpingite chez l'homme
La salpingite étant une inflammation touchant l'appareil génitale féminin, elle n'existe pas chez l'homme. Toutefois, la transmission des germes se fait également chez les hommes.
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