Les problèmes gynécologiques englobent un large éventail de conditions affectant l'appareil génital féminin. Cet article explore en profondeur deux de ces problèmes : l'aménorrhée et l'inflammation du col de l'utérus, en détaillant leurs causes, leurs liens potentiels et les approches de traitement possibles.
Problèmes Gynécologiques : Un Aperçu
Un problème gynécologique fait référence à une maladie pouvant toucher l’appareil génital féminin, comprenant le vagin, l’utérus, la vulve, les ovaires et les trompes de Fallope. Il est recommandé de procéder à un examen gynécologique au moins une fois par an. Cet examen est l’occasion de s’assurer que l’appareil génital féminin est en bonne santé mais également de répondre aux questions sur le corps, la vie intime, la sexualité et la contraception. La première consultation peut avoir lieu à tout âge si son besoin se fait sentir. Ensuite, un suivi médical régulier, tout au long de la vie, est conseillé.
Symptômes Alarmants
Plusieurs symptômes doivent inciter à consulter un gynécologue :
- Des règles ou saignements vaginaux anormaux
- Des douleurs pelviennes
- Des pertes vaginales suspectes
- Des démangeaisons au niveau du vagin
- Des douleurs lors de rapports sexuels
- Des lésions cutanées au niveau vulvaire ou vaginales.
Aménorrhée : Absence de Menstruations
L’aménorrhée est le terme médical désignant l'absence de menstruations. Elle peut être primaire, si les règles n'ont jamais commencé, ou secondaire, si les règles s'arrêtent après avoir été régulières.
Causes de l'Aménorrhée
L'aménorrhée peut survenir pour divers motifs, certains naturels, comme pendant la grossesse ou la pré-ménopause. Cependant, elle peut également signaler des enjeux de santé plus sérieux.
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- Aménorrhée Primaire : Un retard de puberté génétique ou provoqué par une maladie comme l’anorexie ou l’obésité pourraient être la cause d’une aménorrhée primaire. Il peut également y avoir des anomalies congénitales comme le syndrome de Swyer et le syndrome de Turner qui peuvent aussi provoquer une absence de règles. Puis, dans des cas bénins, l’hymen peut obstruer l’écoulement.
- Aménorrhée Secondaire : Cela peut avoir plusieurs causes : l’arrêt de la contraception, les conséquences d’un avortement, d’une grossesse, du stress, les effets de l’accouchement ou de l’allaitement prolongé, mais aussi une préménopause. Ces causes sont tout à fait normales dans la vie d’une femme. La présence d’un adénome à prolactine, une tumeur bénigne qui se développe dans l’hypophyse et produit une quantité excessive de prolactine. Il est courant que les cycles menstruels soient perturbés en cas de grossesse ou de périménopause, également au tout début de la puberté.
Quand s'inquiéter ?
Au cours de sa vie, une femme peut connaitre des dérèglements menstruels sans gravité. Mais parfois, l’aménorrhée peut être le signe d’une problématique de santé plus grave. Dans les cas suivants, il serait préférable de consulter pour établir la situation.
Inflammation du Col de l'Utérus : Cervicite
L'inflammation du col de l'utérus, ou cervicite, est une condition fréquente qui peut être causée par diverses infections ou irritations.
Causes de la Cervicite
- Infections Sexuellement Transmissibles (IST) : La chlamydiose et l'herpès génital sont des IST courantes qui peuvent provoquer une inflammation du col de l'utérus. La chlamydiose, causée par la bactérie Chlamydia trachomatis, est l'une des IST les plus répandues, touchant surtout les jeunes adultes. L’infection se transmet principalement lors des rapports sexuels non protégés (génitaux, anaux ou buccaux). « Les sécrétions vaginales et le sperme d’une personne infectée peuvent contenir la bactérie », explique le groupement d’hôpitaux privés Elsan. La Chlamydia trachomatis peut être transmise de la mère à l’enfant pendant l’accouchement, lorsqu’elle a été infectée enceinte et qu’elle accouche par voie basse. L'herpès génital est une affection gynécologique fréquente, causée par un virus, réparti en deux catégories : le type 1 (HSV-1) et le type 2 (HSV-2).
- Vaginose Bactérienne : La vaginose bactérienne est une affection féminine qui peut toucher jusqu’à 29 % des femmes en âge de procréer dans le monde. Il est question ici d’un déséquilibre de la flore vaginale, c’est-à-dire une baisse des micro-organismes protecteurs bénéfiques et la prolifération en conséquence de ceux qui sont plus nuisibles - « généralement [les] bactéries vaginales Gardnerella vaginalis », précise le groupe d’hôpitaux privés Elsan. Ce déséquilibre peut être causé par une hygiène excessive ou inadaptée, un changement récent de partenaire sexuel, ou encore une prise récente de médicaments antibiotiques.
- Irritations Non Infectieuses : Des irritations chimiques dues à des douches vaginales, des spermicides ou des dispositifs intra-utérins (DIU) peuvent également provoquer une inflammation.
Symptômes de la Cervicite
Les symptômes de la cervicite peuvent inclure :
- Des pertes vaginales anormales
- Des saignements entre les règles
- Des douleurs pendant les rapports sexuels
- Des douleurs pelviennes
Diagnostic et Traitement de la Cervicite
Le diagnostic de la cervicite est établi par un examen gynécologique, comprenant un test appelé « état frais ». Le gynécologue introduit un spéculum pour ouvrir le vagin et observer l’intérieur. Il est possible de ressentir une légère pression, mais cet examen n’est habituellement pas douloureux. Un coton-tige est ensuite utilisé pour prélever un échantillon du liquide provenant de la paroi vaginale. Un deuxième coton-tige peut être utilisé pour prélèvement d’un échantillon de cellules au niveau du col de l’utérus si votre médecin soupçonne la présence de la gonorrhée ou une infection à chlamydia.
Le traitement de la vaginite dépend de sa cause. La vaginose bactérienne est une pathologie courante qui se guérit si elle est traitée correctement. Enfin, pour éviter toute récidive, il est conseillé de renoncer à une hygiène excessive au niveau vaginal (laver à l’eau claire, pas au savon), de se protéger lors des changements de partenaires sexuels. Il vaut mieux aussi privilégier les sous-vêtements en coton et laisser les sous-vêtements synthétiques qui vont « macérer ».
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Lien Potentiel entre Aménorrhée et Inflammation du Col de l'Utérus
Bien que l'aménorrhée et l'inflammation du col de l'utérus soient des conditions distinctes, elles peuvent parfois être liées. Par exemple, une IST non traitée peut entraîner une inflammation chronique du col de l'utérus et perturber les cycles menstruels, conduisant à une aménorrhée secondaire. De plus, certaines conditions hormonales peuvent causer à la fois une aménorrhée et une vulnérabilité accrue aux infections vaginales, augmentant ainsi le risque d'inflammation du col de l'utérus.
Autres Problèmes Gynécologiques Courants
Outre l'aménorrhée et la cervicite, il existe de nombreuses autres affections gynécologiques courantes, notamment :
- Bartholinite : La bartholinite est une pathologie gynécologique affectant une seule ou les deux glandes de Bartholin situées dans la région vulvaire. Elle peut entraîner des douleurs et un gonflement.
- Dysménorrhée : Beaucoup de femmes souffrent de règles douloureuses, appelées dysménorrhées. Les dysménorrhées sont de deux types : primaire et secondaire. La dysménorrhée primaire commence peu de temps après la puberté et diminue généralement à partir de 20 ans ou après le premier accouchement. La dysménorrhée secondaire peut débuter à tout âge, mais le plus souvent après 25 ans.
- Endométriose : L’endométriose est une maladie complexe dont les symptômes peuvent varier d'une femme à l'autre. Il en va de même pour les conséquences de cette maladie sur la vie personnelle, conjugale, professionnelle et sociale des personnes qui en sont atteintes. L’endométriose concerne une femme sur 10 en âge de procréer en France, « parfois dès la puberté », précise l’Inserm. Plus de deux tiers des cas (68,3 %, la grande majorité, donc) sont des femmes de 25 à 49 ans. Cette maladie se caractérise par « la présence, en dehors de la cavité utérine, de tissu semblable à la muqueuse utérine [on parle d’endomètre, NDLR.] », explique l’Association française de lutte contre l’endométriose EndoFrance. Si l’endométriose peut s’avérer indolore - ce qui la rend d’ailleurs souvent indétectable, elle peut aussi causer des douleurs pelviennes ou abdominales parfois très aiguës. Celles-ci surviennent surtout au moment des règles (puisqu’elles sont sensibles au cycle hormonal), mais aussi lors des rapports sexuels ou lors du passage aux toilettes. Autre conséquence de l’endométriose : l’infertilité. Il se pourrait donc que l’utérus des patientes présente des caractéristiques défavorables à l’implantation d’un embryon. Bien qu’elle touche plus de deux millions de femmes en France, l’endométriose est difficilement détectable : poser le diagnostic met en moyenne sept ans.Il n’existe pas non plus de dépistage en population générale. Une situation à laquelle le ministère de la Santé veut d’ailleurs remédier en généralisant le dépistage via un test salivaire.
- Syndrome de Congestion Pelvienne (SCP) : Le SCP est généralement synonyme de douleurs pelviennes chroniques plus ou moins intenses et plus ou moins invalidantes, « depuis au moins six mois », détaille Emilie Schmitt, la présidente de SCP France. Le SCP étant pluridisciplinaire, les signes cliniques sont par conséquent multiples. Il faut surveiller d’abord des douleurs dans le bas-ventre, permanentes ou affectées par le cycle menstruel, sur l’un ou les deux côtés de la zone. Les douleurs sont surtout « vives en fin de journée, que l’on soit debout ou assis, avec la sensation que ça fuite dans le dos, les cuisses, parfois la vulve ». Une envie pressante et fréquente d’uriner ou le fait d’avoir une cystite « récidivante et sans germe » peut aussi être le signe d’un SCP. Maladie encore peu connue (et donc sous-diagnostiquée) bien qu’il affecte des centaines de milliers de femmes en France, le SCP peut prendre plusieurs années à être mis en lumière.
- Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) : Le syndrome des ovaires polykystiques (connu aussi sous l’acronyme « SOPK ») est la maladie hormonale la plus fréquente chez la femme en âge de procréer et la première cause d’infertilité féminine, annonce l’Inserm. Cette pathologie concerne 10 % des femmes mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la grande majorité (jusqu’à 70 %) n’a toujours pas été diagnostiquée. Parler de SOPK signifie parler d’anomalies hormonales d’origine ovarienne et/ou du cerveau. Les signes cliniques du SOPK varient d’une femme à l’autre, de même que leur intensité (de légère à handicapante). De même, on peut souffrir du SOPK sans présenter toutes les symptômes - à l’instar du syndrome de congestion pelvienne. Il y a deux principaux symptômes associés à ce syndrome, listés par l’Assurance maladie. Le premier est un cycle menstruel perturbé, qui se traduit par des cycles irréguliers de plus de 35 à 40 jours, voire par une absence totale des règles (on parle alors d’aménorrhée), ainsi qu’une ovulation rare ou absente. Le deuxième est l’hyperandrogénie, c’est-à-dire la sécrétion de trop d’androgènes (dont la testostérone, normalement associée à l’homme).
- Fibromes Utérins : La maladie est causée par des déséquilibres hormonaux (œstrogènes et progestérone). Une partie des femmes présentant un fibrome ne présente pas de symptômes (20 à 50 %, selon l’Assurance maladie), le fait de poser un diagnostic est donc souvent le fruit d’un hasard, lors d’un examen gynéco de routine, une échographie dans le cadre d’une grossesse ou encore un bilan d’anémie.
- Kystes Ovariens : Présenter un ou des kystes ovariens compte parmi les pathologies gynécologiques les plus fréquentes. Il est question d’une petite grosseur contenant du liquide, qui se forme dans l’un ou dans les deux ovaires. « Le kyste ovarien est le plus souvent bénin, mais sa présence à cet endroit est anormale », note l’Assurance maladie. Il existe deux principaux types de kystes ovariens : Kyste fonctionnel de l’ovaire (90 % des cas de kyste ovarien) : ils sont causés par un dérèglement hormonal et finissent par régresser tous seuls en quelques semaines. Kyste organique de l’ovaire : ils se développent à partir d’un tissu ovarien, sans que l’on ne sache précisément leur origine.
- Adénomyose : Le terme d’adénomyose se réfère à une série des modifications survenues strictement à l’intérieur de l’utérus, qui conduisent à la présence de la muqueuse utérine (endomètre) à l’intérieur de la couche musculaire de l’utérus (myomètre). Pour cette raison, l’adénomyose est appelée de manière impropre « endométriose interne ». Lorsqu’elle survient chez les femmes de plus de 40 ans, l’adénomyose peut être assimilée à un processus de vieillissement de l’utérus.
Grossesse et Douleurs Vaginales
La grossesse est une période de bouleversements pour le corps d’une femme. Si bien qu’il est parfois difficile d’en décrypter tous les changements. Enceinte, cette future maman se demande comment interpréter les douleurs vaginales qu’elle ressent depuis plusieurs jours, alors qu'elle n'est qu'en début de grossesse : « Je viens d'apprendre que je suis enceinte d'environ 5 semaines d’aménorrhée. Depuis quelques jours, je ressens comme une sorte de gêne à l'intérieur de mon vagin, au niveau du col de l'utérus je pense. Est-ce normal ? J’ai fait une fausse couche l’an dernier à la même période et cela m’inquiète beaucoup. « Vous êtes inquiète et cela se ressent. Habituellement, cela arrive plutôt à partir du deuxième trimestre de grossesse (4e-5e mois de grossesse). Certaines patientes décrivent alors l’impression que le bébé a « mis sa main dans le vagin », ce qui engendre des gênes, voire des douleurs vaginales. En effet, sachez que votre vagin s'assouplit pendant la grossesse : il s'étire et s'allonge un peu avant l'accouchement, afin de laisser passer la tête du bébé. Dans votre cas,il peut être utile de consulter un professionnel de santé (sage-femme ou médecin gynécologue), qui fera le point avec vous et éventuellement, pratiquera une échographie pour vous rassurer sur l’évolution de votre grossesse.
Si des douleurs au vagin peuvent être ressenties, c'est notamment parce que ce dernier connait d'importants changements nécessaires à la croissance du foetus. A l'instar de l'ensemble du corps, il fait ainsi face à une augmentation du flux sanguin. De fait, le vagin présente une vascularisation plus importante. Plus gorgé de sang qu'à l'ordinaire, il est plus sensible. Et comme il subit une pression lié au développement de l'utérus qui accompagne celui du futur bébé, des sensations douloureuses ou désagréables peuvent être ressenties.
Face à la douleur, grossesse ou non, chaque personne perçoit des ressentis différents. L'intensité n'est jamais éprouvée pareillement. Certaines peuvent encaisser, d'autres non. Pour autant, pas question de négliger les sources de douleur, surtout lorsqu'une femme attend un enfant. de douleurs à la vessie et l'intestin. de douleur à l'utérus. Et plus précisément des ligaments et muscles qui le soutiennent. de douleur à l'aine. Les semaines de grossesse passent et l'utérus, en se développant tirent sur deux ligaments qui le maintiennent de chaque côté du ventre (abdomen), vers l'avant. C'est cet étirement qui peut être douloureux au niveau de l’aine. Toutefois les douleurs ligamentaires de grossesse ne concernent pas que cette zone du corps. des douleurs au bassin. de douleurs au pubis. En cas d'inflammation du pubis, on parle de pubalgie. Pendant la grossesse, ce phénomène est lié à la pression des muscles au niveau du bas-ventre. de douleurs de la symphyse pubienne. de douleurs aux ovaires. Plusieurs causes peuvent en être à l'origine : en début de grossesse, c'est souvent lié à l'étirement de l'utérus, rien d'inquiétant donc. Mais parfois, il peut aussi s'agir d'un kyste ovarien qui rompt ou se tord, d'un fibrome utérin qui grossit voire, d'une grossesse extra-utérine ou d'une fausse couche. Cette liste est non exhaustive. N'hésitez jamais à consulter un professionnel de santé (médecin généraliste ou médecin gynécologue) en cas de maux douloureux durant la grossesse. Car si certains ne sont pas à craindre, d'autres peuvent être le signe d'une infection à traiter sans attendre. Parfois, la douleur peut aussi provenir du futur bébé (lorsque la grossesse est avancée) qui, de par sa position, va prendre appui ou donner des coups difficiles à encaisser pour sa maman. Ne faites pas d'auto-diagnostic, cela pourrait vous faire peur et causer un stress important. Faites confiance à vos docteurs. La vaginose n'est généralement pas source de douleurs. Toutefois, lorsqu'elle est décelée, elle nécessite un traitement particulier. Sa découverte est faite au premier trimestre ? Alors le suivi de grossesse sera adapté, car cela peut avoir des conséquences sur la suite (prise de poids insuffisante du foetus ou menace d'accouchement prématuré, par exemple).
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Pour apaiser des douleurs vaginales (ou mêmes pelviennes), il nécessaire de chercher la cause. Et pour cela, consulter un professionnel de santé est indispensable. Surtout, ne prenez pas de médicaments sans indication médicale. Enceinte, l'automédication peut mener à des conséquences graves. Même des anti-douleurs bien connus, utilisés d'ordinaire contre des douleurs au ventre (lors des règles par exemple), en cas de douleurs musculaires ou même de maux de tête, ne sont pas compatibles avec la grossesse. En attendant le rendez-vous chez votre médecin ou sage-femme, veillez à ne pas porter de sous-vêtements ni habits trop serrés, à bien changer tous les jours de lingerie et à utiliser des produits d'hygiène sans savon ni parfum.
Face aux douleurs du vagin, certaines futures mamans sont plutôt sereines quand d'autres envisagent le pire : la fausse couche. Tout d’abord il est important de préciser que les symptômes de la fausse couche ne sont pas systématiques. Mais la plupart du temps, la fausse couche se manifeste par l’apparition de saignements plus ou moins importants (dans le cas d’une fausse couche complète ou d’une fausse couche hémorragique). Mais pas seulement. Toutefois, même s’ils ne sont pas systématiquement liés à une fausse couche, les saignements pendant la grossesse ne doivent pas être pris à la légère.
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