Introduction

L'infirmier en pédiatrie joue un rôle essentiel dans le système de santé, assurant des soins spécialisés aux enfants de tous âges. Cet article explore le cadre réglementaire qui encadre la profession d'infirmier en pédiatrie, en mettant en lumière les connaissances, les compétences et les responsabilités qui lui incombent. Il aborde également les évolutions récentes en matière de soins critiques pédiatriques et leur impact sur la pratique infirmière.

Connaissances et Compétences de l'Infirmier en Pédiatrie

L'infirmier en pédiatrie doit posséder un ensemble de connaissances et de compétences spécifiques pour prodiguer des soins de qualité aux enfants. Ces connaissances se situent à différents niveaux :

  • Connaissances détaillées, pratiques et théoriques : Elles concernent un champ ou un domaine particulier, incluant la connaissance des processus, des techniques et procédés, des matériaux, des instruments, de l’équipement, de la terminologie et de quelques idées théoriques. Ces connaissances sont contextualisées.
  • Connaissances générales propres à un champ : L’étendue des connaissances concernées est limitée à des faits et des idées principales.
  • Connaissances des notions de base : Elles portent sur les principaux termes et sont souvent fragmentaires et peu contextualisées.
  • Connaissances théoriques et pratiques approfondies : Elles concernent un champ donné, avec une maîtrise des principes fondamentaux du domaine, permettant la modélisation. Une partie de ces connaissances sont des connaissances avancées ou de pointe.

Ces connaissances permettent à l'infirmier en pédiatrie de comprendre les besoins spécifiques de chaque enfant, d'adapter les soins en conséquence et de collaborer efficacement avec les autres professionnels de santé.

Évolution des Soins Critiques Pédiatriques : Un Nouveau Cadre

En avril 2022, deux décrets relatifs à l’activité de soins critiques ont été publiés au Journal Officiel, marquant une étape importante dans l'organisation des soins aux enfants gravement malades. Ces décrets sont l’aboutissement d’un travail initié en 2018 par la Direction Générale de l’Offre de Soins avec les représentants de spécialités médicales et des fédérations hospitalières et conférences. L’objectif est de placer sous un même régime national des autorisations l’ensemble de l’activité de soins critiques, de moderniser les obligations et de définir une gradation claire entre les différents niveaux de soins.

Niveaux de soins critiques

Il existe dorénavant deux niveaux de soins critiques adultes : réanimation et soins intensifs (SI). Les SI d’organes (cardiologie, neuro-vasculaire, hématologie) assurent la prise en charge des patients qui présentent ou sont susceptibles de présenter une défaillance aiguë liée à la pathologie de l’organe de la spécialité concernée. Les patients de moins de 18 ans sont pris en charge dans les unités de soins critiques pédiatriques. Le terme « réanimation pédiatrique de recours » remplace le terme « réanimation pédiatrique spécialisée » du décret de 2006 ; elles prennent en charge les enfants dont « l’affection peut requérir des avis et des soins particuliers, du fait de sa rareté ou sa complexité ». Les réanimations pédiatriques et pédiatriques de recours doivent justifier d’un volume d’activité de 200 et 400 enfants par an respectivement (nouveau-nés exclus).

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Organisation des unités de soins critiques pédiatriques

Le décret stipule que les unités de soins intensifs et de réanimation, qu'elles soient pour adultes ou pour enfants, doivent s’organiser en plateau technique de soins critiques comprenant au moins une unité de réanimation et au moins une unité de SIP contiguë. Cette organisation favorise les regroupements tant sur le plan architectural que fonctionnel, pour permettre la permanence des soins avec des médecins spécialistes des soins critiques.

  • SIP adulte : 6 lits, et 8 en cas de création d’une nouvelle unité.
  • SIP ou d’hématologie pédiatrique : 4 lits.

Un plan de flexibilité de l’organisation du capacitaire et des ressources humaines doit être élaboré par les structures hospitalières disposant d’un plateau de soins critiques.

Équipe médicale et paramédicale

L’équipe médicale du plateau technique de soins critiques pédiatriques est composée de pédiatres, de MAR ou de MIR justifiant de compétences en soins critiques pédiatriques assure la permanence des soins. Le coordonnateur de l’unité de réanimation pédiatrique et de réanimation pédiatrique de recours doit être qualifié en réanimation pédiatrique.

L'équipe paramédicale d'une unité de réanimation pédiatrique ou pédiatrique spécialisée comprend au minimum un aide-soignant ou un auxiliaire de puériculture pour quatre patients. Cette équipe est dirigée par un cadre de santé de la filière infirmière affecté, pour tout ou partie, à l'unité de réanimation pédiatrique ou pédiatrique spécialisée.

Toute unité de réanimation pédiatrique ou pédiatrique spécialisée doit être en mesure de faire intervenir en permanence un masseur-kinésithérapeute justifiant d'une expérience attestée en réanimation. Elle doit par ailleurs organiser le recours à un psychiatre ou à un psychologue, un orthophoniste, un psychomotricien et un assistant social.

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L'équipe paramédicale d'une unité de réanimation pédiatrique comporte au minimum deux infirmiers diplômés d'État pour cinq patients ; ils sont, dans la mesure du possible, diplômés en puériculture. Elle comprend au moins une puéricultrice. L'équipe paramédicale d'une unité de réanimation pédiatrique spécialisée comporte au minimum un infirmier diplômé d'État, dans la mesure du possible diplômé en puériculture, pour deux patients. L'équipe comprend au moins une puéricultrice.

Implications pour les infirmiers

Le décret introduit le concept de soins critiques regroupant réanimation, soins intensifs polyvalents et d’organes. Les soins intensifs polyvalents, anciennement désignés unités de surveillance continue, doivent pouvoir être converties en réanimation en cas de nécessité, tant sur le plan matériel qu’humain.

Ce décret répond également partiellement à la préoccupation des professionnels des soins critiques en termes de reconnaissance des compétences des infirmiers de réanimation. En effet, il valide la nécessité d’une durée de formation d’adaptation à l’emploi de ces derniers de huit semaines. Par ailleurs, il faut souligner l’orientation vers un travail en réseau, d’abord au sein de plateaux techniques de soins critiques et au niveau régional en utilisant des moyens d’expertise incluant la télémédecine.

Personnel dans le secteur de naissance

Le personnel intervenant dans le secteur de naissance ne peut être inférieur, à tout instant, aux effectifs suivants :

1° En ce qui concerne les sages-femmes :

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  • Pour toute unité d'obstétrique réalisant moins de 1 000 naissances par an, une sage-femme est présente et affectée en permanence dans le secteur de naissance.
  • Au-delà de 1 000 naissances par an, l'effectif global des sages-femmes du secteur de naissance est majoré d'un poste temps plein de sage-femme pour 200 naissances supplémentaires. Les sages-femmes affectées au secteur de naissance ne peuvent avoir d'autres tâches concomitantes dans un autre secteur ou une autre unité. Toutefois, si l'unité d'obstétrique réalise moins de 500 naissances par an, la sage-femme peut également, en l'absence de parturiente dans le secteur de naissance, assurer les soins aux mères et aux nouveau-nés en secteur de soins et d'hébergement.
  • Au-delà de 2 500 naissances par an, une sage-femme supplémentaire, ayant une fonction de surveillante du secteur, coordonne les soins le jour.

2° En ce qui concerne les médecins :

Quel que soit le nombre de naissances constatées dans un établissement de santé, celui-ci organise la continuité obstétricale et chirurgicale des soins tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans l'unité d'obstétrique. Cette continuité est assurée :

  • soit par un gynécologue-obstétricien ayant la qualification chirurgicale ;

  • soit, lorsque l'établissement ne peut disposer que d'un praticien ayant seulement une compétence obstétricale, à la fois par cet obstétricien et par un praticien de chirurgie générale ou viscérale de l'établissement.

    • Pour les unités réalisant moins de 1 500 naissances par an, la présence des médecins spécialistes est assurée par :
      • un gynécologue-obstétricien, sur place ou en astreinte opérationnelle exclusive, tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pour l'unité ou les unités d'obstétrique du même site. Le gynécologue-obstétricien intervient, sur appel, en cas de situation à risque pour la mère ou l'enfant dans des délais compatibles avec l'impératif de sécurité ;
      • un anesthésiste-réanimateur, sur place ou d'astreinte opérationnelle permanente et exclusive pour le site dont le délai d'arrivée est compatible avec l'impératif de sécurité ;
      • un pédiatre présent dans l'établissement de santé ou disponible tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dont le délai d'arrivée est compatible avec l'impératif de sécurité.
    • Pour les unités réalisant plus de 1 500 naissances par an, la présence médicale est assurée par :
      • un gynécologue-obstétricien présent tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans l'unité d'obstétrique ;
      • un anesthésiste-réanimateur présent tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans l'établissement de santé, sur le même site, en mesure d'intervenir dans l'unité d'obstétrique dans des délais compatibles avec l'impératif de sécurité ; si l'unité réalise plus de 2 000 naissances par an, l'anesthésiste-réanimateur est présent tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans l'unité d'obstétrique ;
      • un pédiatre, présent sur le site de l'établissement de santé ou en astreinte opérationnelle, pouvant intervenir en urgence, tous les jours de l'année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans un délai compatible avec l'impératif de sécurité.

3° En ce qui concerne les autres catégories de personnel, dans toute unité, le personnel paramédical est affecté au secteur de naissance et ne peut jamais être inférieur à une aide-soignante ou une auxiliaire de puériculture, présente en permanence.

Défis et Perspectives d'Avenir

Néanmoins, la publication des décrets ne gèle pas les discussions avec les tutelles sur l’évolution des soins critiques. Cette perspective est inscrite dans la « feuille de route des soins critiques ». En premier lieu, la transition vers un IDE pour 2 lits de réanimation ouverts devrait intervenir après une « évaluation de la charge en soins » qui sera difficile à mettre en œuvre car il n’existe pas à ce jour d’outil permettant de comparer la charge en soins des secteurs d’hospitalisation conventionnelle à celle des secteurs de soins critiques.

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