L'infertilité est définie comme l'incapacité pour un couple hétérosexuel de concevoir un enfant après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Elle peut être primaire, lorsqu'une personne n'a jamais mené une grossesse à bien, ou secondaire, quand au moins une grossesse antérieure a abouti. Cet article se concentre sur l'infertilité secondaire, en explorant ses causes, les options de traitement disponibles, y compris la procréation médicalement assistée (PMA), et les approches de prévention.
Définition et prévalence de l'infertilité secondaire
L'infertilité secondaire se manifeste lorsqu'un couple ayant déjà conçu et mené à terme une ou plusieurs grossesses rencontre des difficultés à concevoir à nouveau. Environ 20 % des couples consultant en centres d'AMP sont concernés par ce type d'infertilité. Ce phénomène souligne que la fertilité n'est pas acquise de manière permanente après une première grossesse réussie.
Causes de l'infertilité secondaire
Les causes de l'infertilité secondaire sont multiples et peuvent être d'origine féminine, masculine ou mixte. Elles peuvent également rester inexpliquées dans 10% des cas. Il est important de noter que les causes et les traitements de l’infertilité secondaire sont proches de ceux d’une infertilité primaire.
Causes féminines
- Troubles de l'ovulation : Les troubles de l'ovulation sont l'une des causes les plus courantes d'infertilité féminine. Ils peuvent être dus à un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une insuffisance ovarienne, une insuffisance ovarienne prématurée (IOP), une hyperprolactinémie ou une insuffisance lutéale. Une anovulation ou une dysovulation, en l’absence de toute autre cause d’infertilité, peut à elle seule expliquer l’absence de survenue de grossesse spontanée.
- Anomalies tubaires : Les trompes de Fallope peuvent être obstruées ou endommagées, empêchant les spermatozoïdes de rencontrer l'ovule. Les infections sexuellement transmissibles (IST) comme la chlamydia et les gonocoques sont souvent responsables de ces obstructions. L’endométriose peut aussi causer des anomalies tubaires.
- Problèmes utérins et cervicaux : Les anomalies utérines, telles que les fibromes utérins, les polypes utérins et les anomalies congénitales, peuvent empêcher l'implantation de l'embryon ou mener à des fausses couches. Les problèmes cervicaux, comme un mucus cervical trop épais ou une sténose cervicale, peuvent également être responsables de l'infertilité.
- Endométriose : Cette maladie touche près de 10 % des femmes et peut affecter la fertilité en provoquant des altérations du profil d’expression des gènes folliculaires, une anomalie du stock de follicules ovariens et des troubles de l’implantation embryonnaire.
- Âge : La fertilité diminue naturellement avec l'âge, particulièrement après 35 ans. La période de la vie pendant laquelle les femmes sont les plus fertiles se situe entre 25 et 34 ans. A partir de 35 ans, la fertilité féminine commence à diminuer assez rapidement.
- Autres facteurs : Mode de vie (le poids, le stress, l’exposition à des toxines, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool et de drogues) et anomalies génétiques.
Causes masculines
- Anomalies de la qualité du sperme : La qualité du sperme peut être affectée par divers facteurs, notamment l'âge, les infections, les problèmes hormonaux et les facteurs environnementaux. Avec l'âge, les hommes connaissent plus de difficultés à concevoir, voient les risques génétiques augmenter tout comme ceux d'apparition de fausses-couches.
- Varicocèle : Le varicocèle est une dilatation veineuse au niveau du cordon spermatique.
- Azoospermie : L'azoospermie signifie l'absence de spermatozoïdes dans les testicules. Ce phénomène peut s'expliquer de plusieurs façons : L'azoospermie peut être liée à l'apparition de comorbidités comme le diabète par exemple. Une chimiothérapie peut aussi l'entraîner.
- Éjaculation rétrograde : Dans ce cas, l'éjaculation est inversée, c'est-à-dire que le sperme se dirige vers la vessie. Le diabète peut également être mis en cause en cas d'éjaculation rétrograde.
Diagnostic de l'infertilité secondaire
Le diagnostic de l'infertilité secondaire repose sur une évaluation complète des deux partenaires.
Chez la femme
- Examen clinique : Le médecin s'assure que le cycle menstruel est normal et que les organes reproducteurs fonctionnent correctement.
- Tests d'ovulation : Pour vérifier la bonne quantité d'hormones dans le sang de la patiente et vérifier qu’elle ovule bien.
- Test de Hühner : Pour contrôler la qualité de la glaire cervicale.
- Hystérosalpingographie : Pour visualiser l'utérus et les trompes de Fallope et détecter d'éventuelles anomalies.
- Échographie pelvienne : Pour visualiser l'utérus et détecter des anomalies de l’utérus, des trompes ou des ovaires.
- Laparoscopie : Cet examen peut également être demandé si la suspicion d'infertilité s'accompagne d'une suspicion d'endométriose.
- Tests génétiques : Pour dépister une origine génétique à l'infertilité.
Chez l'homme
- Spermogramme : Ce test analyse le sperme du partenaire pour évaluer la qualité et la quantité des spermatozoïdes.
Traitements de l'infertilité secondaire
Le traitement de l'infertilité secondaire dépend de la cause sous-jacente.
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Traitements médicaux
- Traitements médicamenteux : Pour stimuler l’ovulation ou pour corriger les déséquilibres hormonaux. L’induction de l’ovulation par le Citrate de Clomifène (CC) suivie de rapport sexuel programmé est recommandée comme traitement de première intention de l’infertilité par anovulation ou dysovulation. L’ovulation peut également être induite par des gonadotrophines notamment en alternative à la pompe à LHRH dans l’anovulation hypothalamo-hypophysaire ou en cas d’échec au CC.
- Chirurgie : Correction des anomalies utérines, traitement de l'endométriose, réparation des trompes de Fallope. En cas d’infertilité tubaire, les recommandations varient selon le type de lésions. En cas d’hydrosalpinx, il est démontré que la salpingectomie ou l’occlusion tubaire proximale améliorent les résultats en FIV, et ce d’autant plus que l’hydrosalpinx est visible à l’échographie.
Techniques de procréation assistée (PMA)
- Insémination intra-utérine (IIU) : Elle consiste à placer des spermatozoïdes lavés dans l'utérus au moment de l'ovulation pour augmenter les chances de fécondation. L’insémination artificielle peut se faire soit avec le sperme du conjoint (IAC), soit avec le sperme d’un donneur (IAD). Aucune IIU ne doit être réalisée sans avoir vérifié la perméabilité tubaire et le spermogramme. La loi de bioéthique de 2011 exige un test de survie, une spermoculture et des sérologies (HIV, hépatites B et C, syphilis) datant de moins de 3 mois avant la première IIU. La loi précise qu’il faut un nombre de spermatozoïdes mobiles après migration supérieur à 1 million, sinon le couple doit être adressé en FIV/ICSI.
- Fécondation in vitro (FIV) : C’est une technique plus complexe qui consiste à prélever des ovules matures, à les féconder par des spermatozoïdes en laboratoire, puis à transférer les embryons qui en résultent dans l'utérus de la femme. L’indication de la FIV doit être portée d’emblée si le test de migration survie retrouve moins d’1 million de spermatozoïdes mobiles.
- Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) : C’est une technique utilisée en FIV qui consiste à injecter un seul spermatozoïde directement dans un ovule mature pour favoriser la fécondation.
- Don d'ovocytes : Si une femme ne produit pas d'ovules de qualité suffisante, elle peut envisager un don d'ovocytes. Dans ce cas, les ovules d'une donneuse anonyme sont fécondés par les spermatozoïdes du partenaire masculin et les embryons qui en résultent sont transférés dans l'utérus de la receveuse.
Approches naturelles
- Ostéopathie : L'ostéopathie démontre des résultats intéressants pour traiter l'infertilité inexpliquée.
- Changements de mode de vie : Maintenir un poids santé, éviter les comportements à risque tels que le tabagisme, l'usage de drogues et la consommation excessive d'alcool, se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (utilisation de préservatifs, dépistage régulier), gérer le stress et consulter régulièrement un médecin pour des bilans de santé.
Infertilité inexpliquée
L’infertilité est appelée idiopathique ou inexpliquée lorsque les examens de première intention reviennent normaux et ne parviennent pas à apporter d’explications à l’absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels non protégés. L’infertilité inexpliquée toucherait environ 15% des couples suivis en parcours PMA. Parmi tous les couples que nous rencontrons en PMA, il est probable qu’un certain nombre d’entre eux aient des problèmes d’ordre sexuel dont ils n’osent nous faire part par pudeur ou honte. Nous allons alors étiqueter une infertilité comme inexpliquée alors qu’il peut exister un problème de vaginisme, d’éjaculation, d’érection ou de désir sexuel au sein du couple qui n’a pas été déclaré au médecin lors des consultations initiales.
En cas d’infertilité inexpliquée après la réalisation des examens de première intention précédemment décrits, votre médecin peut vous proposer plusieurs types de traitement en fonction de votre âge et de la durée de votre infertilité.
Prévention de l'infertilité féminine
La prévention de l'infertilité féminine passe par l'adoption de comportements sains et la gestion des facteurs de risque modifiables. Il est recommandé de :
- Maintenir un poids santé grâce à une alimentation équilibrée et à l'exercice régulier.
- Éviter les comportements à risque tels que le tabagisme, l'usage de drogues et la consommation excessive d'alcool.
- Se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (utilisation de préservatifs, dépistage régulier).
- Gérer le stress et consulter régulièrement un médecin pour des bilans de santé.
- Être informé des limites physiologiques de la fertilité et de l’importance de l’influence du mode de vie sur la fertilité (stress, toxiques notamment).
Impact psychologique et social
L'infertilité féminine peut être associée à une stigmatisation sociale. Certaines cultures et communautés peuvent en effet voir l'incapacité de concevoir comme un échec ou une source de honte. Cela peut entraîner un isolement social et un stress émotionnel supplémentaire. Pour gérer la stigmatisation, il est important de trouver des groupes de soutien, de partager ses expériences avec des personnes de confiance, et de consulter des professionnels de la santé mentale. Sensibiliser et éduquer son entourage sur l'infertilité peut également aider à réduire les préjugés et à promouvoir une compréhension plus empathique.
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