Les infections respiratoires hautes sont fréquentes chez les enfants, en particulier chez les nourrissons. Cet article aborde les causes, les symptômes et les traitements de ces infections en pédiatrie.
Introduction
Les infections respiratoires sont courantes chez les enfants et les nourrissons, plus fréquemment que chez les adultes. Cela est dû au fait que leur système immunitaire n'est pas encore mature et que le développement de leur appareil respiratoire est incomplet, ne se terminant qu'à partir de l'âge de 7 ans. Ces infections peuvent provoquer une inflammation et une sécrétion de mucus, entraînant des difficultés respiratoires parfois spectaculaires.
Causes des infections respiratoires chez l'enfant
Plusieurs facteurs peuvent favoriser les infections respiratoires chez l'enfant :
- Immaturité du système immunitaire: Le système immunitaire des enfants est encore en développement, ce qui les rend plus vulnérables aux infections.
- Développement incomplet de l'appareil respiratoire: L'appareil respiratoire des enfants n'est pas complètement développé avant l'âge de 7 ans, ce qui peut rendre la respiration plus difficile en cas d'infection.
- Tabagisme passif: L'exposition au tabagisme passif, même pendant la grossesse, est un facteur de risque important pour les infections respiratoires chez l'enfant. Il est responsable d'une augmentation des cas d'asthme et d'une aggravation de l'asthme de l'enfant exposé.
- Pollution de l'air: La pollution de l'air peut également augmenter le risque d'infections respiratoires chez l'enfant.
- Virus: De nombreux virus (près de 2000) peuvent être à l’origine d’une rhinopharyngite, l'infection la plus répandue chez l’enfant.
Types d'infections respiratoires courantes chez l'enfant
Bronchiolite du nourrisson
La bronchiolite est une infection virale qui affecte les nourrissons de moins de 12 mois. Elle se manifeste par une gêne respiratoire causée par une infection virale. Elle commence généralement par une rhinite (inflammation du nez) et évolue ensuite vers des signes respiratoires tels que la toux, des sifflements ou des crépitements à l'auscultation, et parfois des signes de lutte respiratoire. Le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) est une cause fréquente.
Pneumonies de l'enfant
Les pneumonies peuvent être d'origine virale ou bactérienne, mais les pneumonies virales sont les plus courantes. Les pneumonies bactériennes sont plus redoutées car elles peuvent être sévères et compliquées. Les virus les plus courants sont le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) et le virus de la grippe, qui peut occasionner des pneumonies virales sévères. La pneumonie aiguë communautaire est une infection aiguë du parenchyme pulmonaire, qui englobe les alvéoles et les bronchioles acquises en dehors du contexte hospitalier. Chez l’enfant, l’étiologie des pneumonies varie en fonction de l’âge, il s’agit d’une infection fréquente souvent virale ou à déclenchement viral. Avant 4 ans la cause bactérienne la plus fréquente est le pneumocoque.
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Rhinopharyngite (Rhume)
La rhinopharyngite, communément appelée rhume, est une infection virale sans gravité de la muqueuse tapissant l’intérieur du nez et le pharynx. C’est l’infection la plus répandue chez l’enfant. Elle se traduit par une fièvre modérée, des douleurs au niveau de la gorge, une obstruction nasale avec des sécrétions claires au début qui deviennent épaisses et jaunâtres, les muqueuses du nez et de la gorge sont congestionnées et on peut sentir à la palpation des adénopathies ou « ganglions » cervicaux.
Angine
Une angine est une inflammation des amygdales, d’origine virale (majoritairement) ou bactérienne. On parle souvent d’angine rouge ou blanche en fonction de l’aspect des amygdales. La maladie est le plus souvent bénigne et se traduit par de la fièvre et un mal de gorge entraînant des difficultés pour avaler. D’autres symptômes comme un rhume ou une toux peuvent être associés.
Otite moyenne aiguë
Une otite moyenne aiguë est une infection se développant au niveau de l’oreille moyenne. C’est l’infection bactérienne la plus fréquente chez l’enfant. Chaque année, elle touche près de 20% des enfants. L’infection peut être causée soit par une bactérie dans 60 à 70% des cas, soit par un virus.
Sinusite
Une sinusite est une inflammation des sinus de la face provoquée par un virus ou une bactérie. Les sinus sont de petites cavités creusées dans les os de la face débouchant sur les cavités nasales. Leur rôle est de produire le mucus évacué par les fosses nasales (ou narines). Ce mucus contient des substances antivirales et antibactériennes permettant de lutter contre les infections. L’infection est généralement consécutive à une rhinopharyngite et touche plus volontiers le sinus maxillaire (localisé au niveau des pommettes du visage).
Laryngite
Une laryngite est une inflammation du larynx provoquée le plus souvent par un virus. C’est une infection très fréquente en automne et en hiver. Elle fait généralement suite à une rhinopharyngite. Il ne faut pas confondre une laryngite avec une épiglottite qui est une infection rare et grave.
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Bronchite
Une bronchite est une infection des bronches d’origine essentiellement virale. On compte chaque année environ 10 millions de cas de bronchites en France. Elle se manifeste généralement à la suite d’un rhume ou d’une rhino-pharyngite et débute par une toux sèche (elle se transforme par la suite en tout grasse).
Signes d'alerte d'une infection respiratoire chez l'enfant
Il est important de consulter un médecin si vous observez les signes suivants chez votre enfant :
- Comportement inhabituel: Le bébé a un comportement inhabituel, il est plus fatigué que d’habitude, geint de façon intermittente.
- Respiration rapide: Sa fréquence respiratoire est augmentée, cela creuse son thorax (le tirage).
- Difficulté à s'alimenter: Il boit moins bien : 3 repas consécutifs avec moins de 50 % des apports habituels (le bébé a du mal à manger car respirer lui demande trop d’effort).
- Fièvre: Lorsque l’enfant présente une fièvre plus ou moins bien tolérée, une tachypnée (respiration très rapide) et des signes de lutte respiratoire.
Lorsque l’enfant présente une fièvre plus ou moins bien tolérée, une tachypnée (respiration très rapide) et des signes de lutte respiratoire, un examen de l’enfant par le médecin est primordial.
Tension artérielle : considérer le chiffre en dessous du 5ème percentile pour la pression artérielle systolique (PAS) et pour la pression artérielle moyenne (PAM).
Diagnostic des infections respiratoires aiguës
Le diagnostic d’une infection respiratoire aiguë repose sur l’examen clinique, au cours d’une consultation chez le médecin généraliste. Les symptômes et l’observation des lésions permettent de poser le diagnostic. La CRP en micro-méthode (mesure automatisée ou bandelette) peut contribuer à différencier l’étiologie bactérienne de l’étiologie virale : si la CRP > 100 mg/L l’étiologie bactérienne est hautement probable ; si la CRP < 40 mg/L, l’étiologie virale est fortement probable. En cas d’absence d’amélioration des symptômes, il convient de rechercher une éventuelle complication (radiographie pulmonaire ou échographie thoracique) et d’envisager un traitement adapté à Mycoplasma pneumoniae. En cas d’aggravation clinique, il convient d’hospitaliser.
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Traitements des infections respiratoires chez l'enfant
Les traitements de première intention dans les infections respiratoires aiguë sont symptomatiques afin de soulager le patient le temps de la guérison.
Traitement de la bronchiolite du nourrisson
Le traitement de la bronchiolite du nourrisson consiste essentiellement à traiter les symptômes :
- Laver le nez avec du sérum physiologique ou un mouche-bébé afin de les désencombrer.
- Veiller à faire baisser la fièvre si elle est mal tolérée.
Traitement de la pneumonie
Le traitement de la pneumonie diffère selon que celle-ci soit virale ou bactérienne. Si la pneumonie est d’origine virale, le traitement consiste à faire baisser la fièvre, à administrer de l’oxygène si besoin en hospitalisant l’enfant.
Utilisation des antibiotiques
Malgré la baisse substantielle de leur consommation depuis le début des années 2000, la France reste l’un des pays les plus gros consommateurs d’antibiotiques. Les infections ORL en sont le principal motif de prescription.
La surconsommation d’antibiotiques est responsable de l’émergence croissante d’entérobactéries digestives productrices de bêtalactamases à spectre étendu (BLSE) dont la diffusion actuelle en milieu communautaire constitue un grave problème de santé publique. Elles sont désormais parfois retrouvées au cours des infections urinaires communautaires (E.
En pratique, l’antibiogramme est effectué par la méthode des disques qui mesure les diamètres d’inhibition de la croissance bactérienne, diamètres qui sont inversement proportionnels à la concentration d’antibiotique qui diffuse à partir du disque. La mesure de la CMI par bandelettes E-test® est plus précise et plus rapide.
Les paramètres PK/PD intègrent les caractéristiques microbiologiques (CMI), pharmacocinétiques (concentration des antibiotiques en fonction du temps) et pharmacodynamiques (bactéricidie en fonction des concentrations antibiotiques). Pour certains antibiotiques, certaines bactéries et certaines situations cliniques (septicémie, pneumonies, pyélonéphrites, otites), une corrélation a pu être démontrée entre des critères PK/PD sériques (chiffre seuil défini atteint par le paramètre PK/PD étudié) et la guérison clinique. Pour les bêtalactamines (céphalosporines et pénicillines), le paramètre PK/PD qui est le mieux corrélé à une efficacité in vivo, est le pourcentage de temps pendant lequel la concentration sérique est supérieure à la CMI (T > CMI24h). Ces antibiotiques sont dits « temps-dépendants ». Pour des infections non sévères (par exemple otite), le critère PK/PD prédictif d’efficacité est un T > CMI24h supérieur à 40 %. Pour des infections plus sévères (comme les méningites), un T > CMI égal à 100 % doit être obtenu. La juste répartition des doses sur 24 heures améliore le T > CMI des bêtalactamines (intervalle de 6 heures pour les infections sévères).Pour les aminosides, l’efficacité n’est pas « temps-dépendante » mais « dose-dépendante ». Le paramètre PK/PD considéré est donc ici le quotient inhibiteur (QI) qui correspond au rapport entre la concentration sérique maximale obtenue au pic et la CMI du germe. Dans certaines situations, un antibiotique déclaré sensible vis-à-vis d’un germe à l’antibiogramme pourra être inefficace in vivo si les critères PK/PD ne sont pas atteints. Ainsi, E.
La durée d’un traitement antibiotique est extrêmement variable selon le germe, la localisation infectieuse et le traitement.
Infections bactériennes courantes et antibiotiques associés
- digestifs : E.
- cutanées : S.
- I. A. 1. diplocoques et chaînettes streptocoques de groupe A (S. pyogenes), de groupe B (S. diplocoques et amas staphylocoques : Staphylococcus aureus (doré) et S.
- S. pneumoniae et résistance aux bêtalactamines : modification quantitative et qualitative des protéines de liaison aux pénicillines (PLP), d’affinité diminuée aux bêtalactamines. S. S. S.
Stratégies alternatives : macrolides
Early Administration of Azithromycin and Prevention of Severe Lower Respiratory Tract Illnesses in Preschool Children With a History of Such Illnesses- A Randomized Clinical Trial, Leonard B. Bacharier, Theresa W. Guilbert, David T. Afin de tester cette hypothèse, Léonard Bacharier et coll. ont donc mené un essai clinique randomisé avec des enfants de 12 à 71 mois dans 9 centres de référence du réseau Asthmanet américain. En conséquence, le nombre d'infections respiratoires à traiter (NIT) pour prévenir un épisode sévère dans la population ciblée décroît avec chaque épisode supplémentaire traité : NIT à 33 pour un seul épisode traité, puis 14 pour deux infections traitées et 7 pour trois infections traitées. La mise sous macrolide n'a pas diminué non plus le recours aux urgences, ni les hospitalisations. Des souches bactériennes résistantes à l'azithromycine ont été identifiées au début de l'étude, chez 5 des 41 enfants traités par azithromycine (12,2 %) et chez 4 des 45 enfants sous placebo (8,9 %). En cours d'étude, davantage d'enfants sous macrolide ont acquis des souches résistantes (6 sur 36 contre 4 sur 37). A la fin de l'étude, 8 enfants sous macrolide sur 40 (20 %) en présentaient, contre 7sur 41 sous placebo (17 %). Cet effectif est bien sûr insuffisant pour affirmer l'acquisition ciblée de résistances sous azithromycine, d'autant plus qu'elle se produit aussi dans le groupe placebo. Par ailleurs, il faut se rappeler qu'en vie réelle les prescriptions sont moins souvent suivies jusqu'à leur terme qu'au cours d'une telle étude. A noter que les auteurs ont également fait procéder à des prélèvements nasaux pour identifier le virus en cause dans les infections initiales, hautes. Faut-il inclure une telle stratégie dans les recommandations ?
Prévention
Certaines infections respiratoires peuvent être prévenues par la vaccination. Il convient donc de se renseigner auprès de son médecin.
Certaines pathologies font l’objet d’une durée imposée d’éviction. Le HCSP a révisé en 2012 le guide des maladies transmissibles en collectivité. Tableau 28.1. GEA à E.
Information importante
Il est recommandé de délivrer une information sur la nécessité de réévaluer dans les 48 à 72h après le début du traitement en cas de non-amélioration (fièvre, état général).
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