L'induction de l'avortement chez la brebis est une pratique qui peut être envisagée dans diverses situations. Cet article explore les causes potentielles nécessitant une telle intervention, ainsi que les considérations importantes à prendre en compte.

Composition du médicament vétérinaire à base de cloprosténol

Le médicament vétérinaire utilisé pour l'induction de l'avortement contient du cloprosténol comme substance active. Voici la composition détaillée :

  • Substance active : Cloprosténol 250 microgrammes par mL (équivalent à 263 microgrammes de cloprosténol sodique).
  • Excipients : Alcool benzylique (E1519) 20,00 mg, acide citrique, citrate de sodium dihydraté, chlorure de sodium, eau pour préparations injectables.

La solution est claire et incolore, pratiquement exempte de particules.

Indications d'utilisation du cloprosténol chez différentes espèces

Le cloprosténol a diverses indications d'utilisation chez différentes espèces animales, notamment :

  • Bovins (vaches et génisses) : Induction et synchronisation de l’œstrus, traitement de l’endométrite, traitement des kystes lutéaux ovariens, induction de la parturition et induction de l’avortement jusqu’à 150 jours de gestation.
  • Caprins (chèvres) : Induction et synchronisation de l’œstrus.
  • Chevaux (juments) : Induction et synchronisation de l’œstrus, interruption de gestation précoce entre le 5ème et le 120ème jour de gestation.
  • Ânes (ânesses) : Induction de l’œstrus.
  • Porcins (truies et cochettes) : Induction de la mise bas un ou deux jours avant la date estimée de la parturition.

Posologie et voie d'administration du cloprosténol

La voie d'administration est intramusculaire. Les doses varient selon l'espèce :

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  • Bovins : 2 mL par animal (500 microgrammes de cloprosténol).
  • Caprins : 0,4 à 0,5 mL par animal (100 à 125 microgrammes de cloprosténol).
  • Chevaux : 0,5 à 2 mL par animal (125 à 500 microgrammes de cloprosténol) selon le poids.
  • Ânes : 0,5 à 1 mL par animal (125 à 250 microgrammes de cloprosténol), avec une dose plus faible possible pour les petites ânesses.
  • Porcins : 0,7 mL par animal (175 microgrammes de cloprosténol).

Chez les porcins, l’injection doit être intramusculaire profonde à l’aide d’une aiguille d’au moins 4 cm de longueur.

Temps d'attente après administration du cloprosténol

Les temps d'attente sont les suivants :

  • Bovins : Viande et abats : 1 jour. Lait : zéro heure.
  • Caprins, chevaux, ânes : Viande et abats : 2 jours. Lait : 24 heures.
  • Porcins : Viande et abats : 1 jour.

Contre-indications à l'utilisation du cloprosténol

Le cloprosténol est contre-indiqué dans les cas suivants :

  • Femelles gestantes chez lesquelles l’induction de l’avortement ou de la parturition n’est pas désirée.
  • Animaux chez lesquels une dystocie due à une obstruction mécanique ou à une position, une présentation et/ou une posture anormales du fœtus est suspectée.
  • Animaux présentant une fonction cardiovasculaire compromise, un bronchospasme ou une dysmotilité gastro-intestinale.
  • Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients.

Mises en garde et précautions d'emploi

Il existe une période réfractaire de plusieurs jours après l'ovulation pendant laquelle les femelles sont insensibles à l'effet lutéolytique des prostaglandines.

Pour l’interruption de la gestation chez les bovins, les meilleurs résultats sont obtenus avant 100 jours de gestation.

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La réponse des truies et des cochettes à l'induction de la parturition peut être influencée par l'état physiologique et le moment du traitement.

Pour réduire le risque d’infections anaérobies dues à la vasoconstriction au site d’injection, les injections à travers une zone de peau contaminée doivent être évitées.

Tous les animaux doivent bénéficier d’une surveillance adéquate après le traitement.

L’induction de la parturition ou de l’avortement peut provoquer une dystocie, une mortinatalité et/ou une métrite.

Le cloprosténol peut provoquer des effets liés à l’activité de la prostaglandine F2α dans les muscles lisses.

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Les femmes enceintes, les femmes en âge de procréer, les asthmatiques et les personnes atteintes d’autres maladies des voies respiratoires doivent éviter tout contact lors de la manipulation de ce médicament vétérinaire. Un équipement de protection individuelle doit être porté lors de la manipulation du médicament vétérinaire.

Interactions médicamenteuses

L’utilisation concomitante d’ocytocine et de cloprosténol augmente les effets sur l’utérus.

L’utilisation concomitante de progestatifs diminue l’effet du cloprosténol.

Ne pas administrer avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) car ils inhibent la synthèse endogène des prostaglandines.

Utilisation pendant la gestation, la lactation et la fertilité

Ne pas administrer aux femelles gestantes chez lesquelles l’induction de l’avortement ou de la parturition n’est pas désirée.

Le produit peut être utilisé pendant la lactation.

Le cloprosténol a une marge de sécurité élevée et n’a pas d’effet négatif sur la fertilité des bovins.

Effets indésirables

Les effets indésirables possibles incluent :

  • Infection au site d’injection.
  • Anaphylaxie.
  • Augmentation de la fréquence respiratoire et cardiaque.
  • Douleur abdominale, diarrhée.
  • Incoordination.
  • Position couchée.
  • Rétention placentaire, métrite, dystocie, mortinatalité.
  • Agitation, mictions fréquentes.
  • Œstrus anormal (chez les juments).
  • Augmentation de la transpiration (chez les chevaux et les ânes).
  • Colique (chez les chevaux et les ânes).
  • Diminution de la température corporelle (chez les ânes).
  • Anorexie (chez les ânes).

Causes d'induction de l'avortement chez la brebis

Plusieurs raisons peuvent justifier l'induction de l'avortement chez la brebis :

Gestion de la reproduction

  • Erreurs de reproduction : Si une brebis est accidentellement inséminée ou fécondée par un bélier de qualité génétique inférieure à celle souhaitée, l'éleveur peut choisir d'interrompre la gestation pour éviter de propager des gènes indésirables dans son troupeau.
  • Synchronisation des agnelages : Dans certains systèmes d'élevage, il est préférable de synchroniser les agnelages pour faciliter la gestion du troupeau. L'induction de l'avortement peut être utilisée pour ramener une brebis dans le cycle de reproduction et la synchroniser avec le reste du troupeau.

Santé de la brebis

  • Grossesse toxémique : Cette condition, également connue sous le nom de "maladie de la gestation", survient généralement dans les dernières semaines de gestation, lorsque les besoins énergétiques de la brebis sont très élevés. Elle est causée par une incapacité de la brebis à répondre à ces besoins, entraînant une mobilisation excessive des réserves de graisse et une accumulation de corps cétoniques toxiques dans le sang. Les symptômes incluent une perte d'appétit, une léthargie, une incoordination et, dans les cas graves, la mort. L'induction de l'avortement peut être nécessaire pour sauver la vie de la brebis.
  • Autres complications de gestation : Diverses autres complications peuvent survenir pendant la gestation, mettant en danger la santé de la brebis. Dans certains cas, l'induction de l'avortement peut être la meilleure option pour préserver la vie de la mère.

Facteurs environnementaux et toxiques

  • Exposition au bisphénol A (BPA) : Le BPA est un perturbateur endocrinien présent dans certains plastiques et résines époxy. Des études ont montré que l'exposition au BPA pendant la gestation peut entraîner des anomalies de développement chez les agneaux, ainsi que des problèmes de reproduction chez les brebis. Dans certains cas, l'induction de l'avortement peut être envisagée si une brebis est exposée à des niveaux élevés de BPA pendant la gestation.

Effets du bisphénol A (BPA) sur la reproduction

Le bisphénol A (BPA) est un perturbateur endocrinien capable de passer la barrière placentaire et d’atteindre le fœtus au cours de la gestation. Des niveaux détectables de BPA ont été trouvés dans le placenta, le liquide amniotique et le fœtus. L'exposition pré- et postnatale au BPA a été associée à une variété d’anomalies de fonctionnement des tissus reproducteurs femelles, telles que :

  • L’ouverture précoce du vagin.
  • L’avancement de l’âge de la puberté.
  • L’altération des cycles œstriens.
  • La modification des niveaux plasmatiques de LH (hormone lutéinisante).
  • L’altération de l’histologie de l’utérus, du vagin, de la glande mammaire.
  • Une modification de la morphologie ovarienne.

Des études sur des brebis gestantes traitées avec du BPA ont montré des niveaux de LH augmentés pendant les deux premiers mois de vie postnatale, et une diminution de l’amplitude de la décharge de LH à l’âge adulte.

Considerations sur la gestation toxémique

La gestation toxémique est une maladie métabolique qui affecte les brebis, surtout celles qui portent plusieurs agneaux, dans les dernières semaines de la gestation. Elle est due à un déficit énergétique qui provoque une cétose.

Causes

Les causes de la gestation toxémique sont multiples :

  • Besoins énergétiques élevés : En fin de gestation, les besoins énergétiques de la brebis augmentent considérablement pour soutenir la croissance des fœtus.
  • Apport alimentaire insuffisant : Si l'apport alimentaire ne suffit pas à couvrir ces besoins, la brebis commence à mobiliser ses réserves de graisse.
  • Mobilisation des graisses : La mobilisation des graisses libère des acides gras qui sont transformés en corps cétoniques (acétone, acide acéto-acétique, acide ß-hydroxybutyrique).
  • Acidose : L'accumulation de corps cétoniques provoque une acidose qui a un effet toxique sur le système nerveux.

Symptômes

Les symptômes de la gestation toxémique sont :

  • Dépression : La brebis devient léthargique et perd son appétit.
  • Incoordination : Elle peut avoir des difficultés à se déplacer et à se tenir debout.
  • Cécité : Dans les cas graves, la brebis peut devenir aveugle.
  • Coma : Finalement, la brebis peut tomber dans le coma et mourir.

Diagnostic

Le diagnostic de la gestation toxémique repose sur l'examen clinique et la mesure des corps cétoniques dans le sang ou l'urine.

Traitement

Le traitement de la gestation toxémique vise à rétablir l'équilibre énergétique de la brebis :

  • Apport de glucose : L'administration de glucose par voie intraveineuse permet de fournir de l'énergie directement à la brebis.
  • Induction de la parturition : Si la brebis est proche du terme, l'induction de la parturition peut permettre de diminuer les besoins énergétiques en éliminant les fœtus.

Prévention

La prévention de la gestation toxémique repose sur une alimentation adéquate de la brebis pendant la gestation, en particulier pendant les dernières semaines. Il est important de fournir une alimentation riche en énergie et en protéines.

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