Alors que l'allaitement est encouragé pour ses nombreux bienfaits tant pour la mère que pour l'enfant, la question de la contraception post-partum demeure cruciale. L'objectif est d'assurer une contraception efficace avec le moins d’effets secondaires possibles pour la mère et l’enfant. Cet article explore les différentes options contraceptives compatibles avec l'allaitement, en mettant l'accent sur l'implant contraceptif et en démystifiant les idées reçues.

L'Importance de la Contraception Post-Partum

Il est essentiel de discuter de la contraception avec un professionnel de santé dès la fin de la grossesse. Bien que l'allaitement exclusif puisse être considéré comme une méthode contraceptive sous certaines conditions strictes, il ne doit pas être considéré comme un moyen contraceptif fiable à lui seul.

Le Retour de Couches et la Nécessité d'une Contraception Précoce

Le "retour de couches", qui est la réapparition des règles après l'accouchement, survient généralement six à huit semaines après la naissance du bébé. Cependant, l'ovulation qui le précède et qui permet une nouvelle grossesse peut arriver dès le 21ème jour après l’accouchement. Il est donc recommandé d’avoir recours à une méthode contraceptive fiable avant la reprise des rapports sexuels, et même avant le « retour de couches ».

Allaitement Exclusif : Un Contraceptif Naturel Sous Conditions

L'allaitement peut être envisagé comme une méthode de contraception uniquement si les quatre conditions strictes suivantes sont respectées :

  1. L’allaitement doit être exclusif : le nourrisson ne doit absorber que du lait maternel, sans autre nourriture ou boisson, pas même de l’eau.
  2. L’allaitement doit se faire au sein, à la demande, jour et nuit, sans intervalle de plus de 4 heures le jour et de plus de 6 heures la nuit entre deux tétées.
  3. Le nourrisson doit avoir moins de 6 mois.
  4. La mère ne doit pas avoir eu de « retour de couches » : les règles ne doivent pas avoir repris.

Si ces conditions ne sont pas remplies, une autre méthode de contraception doit être envisagée.

Lire aussi: Peut-on tomber enceinte avec un implant ?

Les Méthodes Contraceptives Compatibles Avec l'Allaitement

Voici les différentes méthodes contraceptives qui peuvent être utilisées pendant l’allaitement :

  • Préservatifs (internes et externes) : Ils représentent la seule méthode de contraception efficace contre les infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le SIDA. Lorsqu’ils sont utilisés correctement, les préservatifs sont efficaces à environ 98 %. Avec une utilisation « typique », ce nombre diminue à environ 82% d’efficacité.
  • Pilule microprogestative : Elle peut être prescrite à partir de trois semaines après l’accouchement, en accord avec un professionnel de santé. Elle peut être prise quatre à six semaines après l’accouchement, le temps de bien mettre en place l’allaitement, et idéalement sept jours avant la reprise des rapports sexuels.
  • Implant contraceptif : Il peut être posé dès trois semaines après l’accouchement, en accord avec un professionnel de santé. L’avantage de l’implant est qu’il sera en place et efficace quel que soit le moment où le bébé sera sevré.
  • Dispositif intra-utérin (DIU) : Vous pouvez le choisir au cuivre ou hormonal, et il peut être posé quatre semaines après un accouchement (sauf en cas de césarienne, le délai sera alors plus long). Tout comme l’implant, l’un des avantages du DIU pour les femmes allaitantes est qu’il sera en place et efficace quel que soit le moment où le bébé sera sevré. De nombreux médecins préfèrent attendre que vous guérissiez et que les saignements du post-partum immédiats s’arrêtent en deux à six semaines.

Il est important de noter que la pilule œstroprogestative est déconseillée pendant toute la durée de l’allaitement. Elle peut augmenter le risque de thromboembolie. De plus, il manque des preuves à ce jour pour affirmer que la contraception oestroprogestative n’a pas d’effet négatif sur la production de lait.

Contraception d'Urgence et Allaitement

Il est possible d’avoir recours à une contraception d’urgence si vous allaitez. La pose d’un DIU cuivre (dispositif intra-utérin) n’a pas de contre-indications. En cas d’utilisation d’une pilule Norlevo®, il est conseillé d’allaiter votre enfant avant de prendre le comprimé, puis d’éviter d’allaiter pendant au moins 8 heures après la prise. Si vous utilisez une pilule Ellaone®, l’allaitement n’est pas recommandé pendant une semaine.

L'Implant Contraceptif : Une Option Longue Durée

L'implant contraceptif est une méthode contraceptive hormonale qui se présente sous la forme d'un petit bâtonnet flexible (4 cm de long et 2 mm de diamètre) inséré sous la peau au niveau de la face interne du bras non dominant. Il est radio-opaque et non biodégradable. L'implant libère une hormone progestative, l'étonogestrel, qui bloque l'ovulation et assure une contraception efficace pendant 3 ans maximum. Il ne contient pas d'œstrogène.

Comment Fonctionne l'Implant ?

Une fois l'implant inséré sous la peau, des orifices microscopiques se dilatent à la chaleur du corps et libèrent l'étonogestrel, qui diffuse dans le sang. Le cerveau perçoit les hormones dans le sang et « croit » que cette circulation d'hormone est synonyme de grossesse. De ce fait, l'ovulation est mise en sommeil. L'implant entraîne également des modifications de la glaire cervicale, augmentant sa viscosité et gênant ainsi le passage des spermatozoïdes. Enfin, il provoque une atrophie de l'endomètre, ce qui empêche l'implantation de l'embryon.

Lire aussi: Tout savoir sur l'implant contraceptif

Pose et Retrait de l'Implant

La pose et le retrait de l'implant sont réalisés sous anesthésie locale, uniquement par un médecin ou une sage-femme familiarisé(e) avec ces techniques. La pose se fait à l'aide d'un applicateur qui contient l'implant. Les complications, essentiellement à type d'abcès, sont exceptionnelles. La présence de l'implant peut être vérifiée par palpation. L'insertion et/ou le retrait peuvent parfois entraîner des ecchymoses, plus rarement une légère irritation locale, des douleurs ou des démangeaisons. Elle laisse une petite cicatrice de 2-3 mm.

Quand l'Implant Peut-il Être Posé ?

L'implant peut être posé n'importe quand dans le cycle, à condition d'être bien sûre qu'on n'est pas enceinte. Dans ce cas, il faudra utiliser une méthode contraceptive non hormonale (préservatifs) pendant les 7 jours suivant l'insertion. La période idéale de pose dépend de la contraception précédente. Après une naissance suivie d'un allaitement, l'implant devra être inséré après la 4ème semaine suivant l'accouchement. La patiente devra être avertie qu'elle doit utiliser une méthode contraceptive non hormonale pendant les 7 jours suivant l'insertion. Si des rapports sexuels ont déjà eu lieu, une grossesse devra être exclue.

Suivi et Durée d'Efficacité de l'Implant

Une fois l'implant posé, aucune visite de contrôle n'est nécessaire. L'effet contraceptif de l'implant dure 3 ans. Il semble que l'implant soit efficace moins longtemps chez les femmes en surpoids. Chez ces utilisatrices, il est recommandé de le changer plus tôt (au bout de 2 ans 1/2 si l'IMC est supérieur à 25 et au bout de 2 ans, s'il est supérieur à 30). Au moment du retrait de l'implant, si cela est souhaité, un nouvel implant peut être inséré.

Contre-Indications et Interactions Médicamenteuses

Comme toute contraception hormonale, l'implant présente des contre-indications : accident thrombo-embolique veineux évolutif, tumeurs malignes sensibles aux hormones sexuelles, tumeurs du foie, maladie hépatique sévère, saignements génitaux non diagnostiqués, allergie à l'un des composants de l'implant.

L'efficacité contraceptive de ce médicament peut être diminuée par la prise conjointe d'un médicament inducteur enzymatique (certains antiépileptiques, antituberculeux et antifongiques) et par les produits de phytothérapie contenant du millepertuis.

Lire aussi: Témoignages : Grossesse et implant périmé

Effets Indésirables Possibles

Les effets indésirables très fréquents (plus de une femme sur 10) incluent : acné, maux de tête, prise de poids, tension des seins, règles irrégulières, diminution de l'importance ou de la durée des règles, infection vaginale. Les effets indésirables fréquents incluent : augmentation de l'appétit, humeur dépressive, irritabilité, nervosité, diminution de la libido, étourdissements, bouffées de chaleur, perte de cheveux, douleurs abdominales, nausées, ballonnements, perte de poids, règles douloureuses.

Implant et Allaitement

La quantité d'hormone qui passe dans le sang, et donc dans le lait maternel, est très faible. Cet implant peut être utilisé pendant l'allaitement.

Impact sur les Règles

En reproduisant l'état hormonal de la grossesse, l'implant met l'ovulation en sommeil. De plus il ne contient qu'un progestatif, sans œstrogène, et la diffusion est continue. L'implant est responsable d'une atrophie de l'endomètre et paradoxalement, les saignements seront d'autant plus fréquents et abondants que l'atrophie sera importante. Le schéma des saignements sous implant est forcément différent d'un cycle "normal" et variable selon chaque femme. La majorité des utilisatrices ont des saignements moins fréquents et plus irréguliers qu'en l'absence de contraception. Le plus souvent, les saignements sont peu abondants (spotting). Environ 1 femme sur 5 décrit une absence totale de règles (aménorrhée) et 1 femme sur 5 des saignements fréquents et/ou prolongés, parfois très gênants.

Implant et Prise de Poids

Comme toutes les méthodes hormonales de contraception, l'implant peut favoriser une prise de poids importante chez certaines femmes prédisposées. Les femmes les plus susceptibles de prendre du poids sous implant sont celles qui étaient déjà en surpoids et avaient tendance à prendre du poids facilement, avaient déjà pris du poids de manière marquée à l'occasion de la prise d'une pilule, ou avaient pris beaucoup de poids pendant leur(s) grossesse(s) et ne l'ont pas reperdu ensuite.

Implant et Acné

Chez les personnes qui y sont sujettes, le progestatif de l'implant peut accentuer l'acné. Il est donc important que les femmes qui choisissent l'implant le sachent avant de choisir cette méthode. L'implant n'est pas recommandé chez les patientes qui ont dû avoir recours à une pilule oestro-progestative ou un traitement par Androcur ou Roacutane pour venir à bout d'une acné sévère, ou d'un problème d'hirsutisme.

Autres Options Contraceptives à Considérer

Outre l'implant contraceptif, d'autres options contraceptives peuvent être envisagées pendant l'allaitement :

  • Dispositifs Intra-Utérins (DIU) : Les DIU sont efficaces à plus de 99 %, ce qui en fait le contraceptif le plus efficace sur le marché. Il existe deux types de DIU différents, hormonaux et non hormonaux. Les DIU hormonaux contiennent un progestatif, qui est une forme synthétique de l’hormone progestérone. Les DIU non hormonaux utilisent une petite quantité de cuivre pour interférer avec le mouvement des spermatozoïdes. Le stérilet offre jusqu’à 10 ans de protection.
  • Méthodes Barrière : Une méthode barrière empêche les spermatozoïdes de pénétrer dans l’utérus et de féconder l’ovule. Vous pouvez opter pour les méthodes barrière dès que vous êtes autorisé à avoir des rapports sexuels après la naissance de votre bébé. Les préservatifs, l’éponge, la capuche cervicale et la cape cervicale sont des exemples de méthodes barrière.
  • Méthode de Planification Familiale Naturelle (PFN) : La méthode de planification familiale naturelle (PFN) est également appelée méthode de connaissance de la fécondité. Cependant, il peut être difficile de prédire quand votre fertilité reviendra après l’accouchement. De plus, votre cycle peut être quelque peu imprévisible pendant l’allaitement.
  • Stérilisation : Si vous ne voulez pas avoir d’autres enfants, la stérilisation peut être une bonne option pour vous. La ligature des trompes n’affecte pas votre cycle menstruel.

tags: #implant #contraceptif #et #allaitement

Articles populaires: