Introduction

L'impétigo est une infection cutanée bactérienne superficielle très fréquente, particulièrement chez les enfants. Cette affection, non folliculaire, touche principalement l'épiderme et se manifeste par des lésions vésiculo-pustuleuses évoluant en croûtes. On distingue deux formes principales : l'impétigo non bulleux, le plus courant (environ 70 % des cas), et l'impétigo bulleux, qui affecte surtout les jeunes enfants de moins de 2 ans. Une autre entité à considérer est l'impétiginisation, qui correspond à l'infection bactérienne d'une dermatose préexistante. Dans un contexte d'augmentation de l'antibiorésistance, il est crucial d'optimiser la prise en charge de l'impétigo en suivant les recommandations actuelles.

Définition et Épidémiologie

L'impétigo se caractérise par des lésions cutanées vésiculo-pustuleuses qui se transforment secondairement en croûtes. Il s'agit d'une infection superficielle de la peau, qui n'atteint pas les follicules pileux et qui touche initialement l'épiderme. L'impétigo est avant tout une pathologie pédiatrique, avec un pic d'incidence entre 0 et 10 ans, et une prédominance pendant la saison estivale.

L'impétiginisation, quant à elle, est une infection bactérienne qui se développe sur une dermatose préexistante. Les dermatoses les plus fréquemment impliquées sont celles qui altèrent l'épiderme ou qui sont particulièrement prurigineuses, telles que la pédiculose du cuir chevelu, la gale, la varicelle, le prurigo ou la dermatite atopique.

Microbiologie

L'impétigo est principalement causé par Staphylococcus aureus (SA), et parfois par Streptococcus pyogenes (Streptocoque du Groupe A - SGA). Il est important de connaître l'épidémiologie locale des souches de Staphylococcus aureus résistantes à la méthicilline (SARM), bien que cela n'influence pas le traitement probabiliste de première intention en France, où la prévalence des SARM communautaires parmi les SA est d'environ 5 à 10 %.

Diagnostic

Clinique

Le diagnostic de l'impétigo est essentiellement clinique. Il repose sur l'observation des lésions caractéristiques :

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  • Impétigo non bulleux : Lésions cutanées vésiculo-pustuleuses évoluant en croûtes.
  • Impétigo bulleux : Préférentiellement observé chez les jeunes enfants (moins de 2 ans).

Il est crucial d'identifier les formes graves d'impétigo, qui nécessitent une prise en charge plus agressive :

  • Ecthyma : Forme nécrotique creusante de l'impétigo.
  • Impétigo étendu : Surface cutanée atteinte supérieure à 2 % de la surface corporelle totale.
  • Impétigo disséminé : Présence de plus de 6 lésions.
  • Extension rapide des lésions.

Paraclinique

Dans la majorité des cas d'impétigo localisé ou peu étendu, il n'est pas nécessaire de réaliser un prélèvement bactériologique. Cependant, un prélèvement des lésions actives (pus, liquide de bulle) est recommandé dans les formes graves d'impétigo afin d'identifier l'agent pathogène et de guider l'antibiothérapie si nécessaire.

Complications

La glomérulonéphrite aiguë post-streptococcique est une complication rare de l'impétigo en France métropolitaine. En conséquence, il n'est pas recommandé de réaliser un dépistage systématique de cette complication après un impétigo.

Traitement

La prise en charge de l'impétigo repose sur des mesures d'hygiène et, dans certains cas, sur une antibiothérapie locale ou générale. L'expansion de l'antibiorésistance constitue un problème majeur de santé publique au niveau national et international. La HAS met à disposition des professionnels de santé une série de fiches synthétiques préconisant le choix et les durées d'antibiothérapie les plus courtes possibles pour les infections bactériennes courantes de ville. Les 26 fiches mémo élaborées depuis 2021 sont accessibles dans le tableau des travaux antibiothérapie sur la page principale : Choix et durées d’antibiothérapies préconisées dans les infections bactériennes courantes. céfalexine per os : 2 à 4 g par jour pendant 7 jours.

Mesures générales

  • Soins de toilette : Nettoyage quotidien ou biquotidien des lésions à l'eau et au savon, suivi d'un rinçage soigneux.
  • Éviction des antiseptiques locaux : Leur utilisation n'est pas recommandée.

Impétigo localisé ou peu étendu

  • Antibiothérapie locale : Application de mupirocine 2 à 3 fois par jour pendant 5 jours. La mupirocine est préférée à l'acide fusidique en raison de l'augmentation de la résistance à ce dernier en France.

Formes graves d'impétigo

  • Antibiothérapie orale : Indiquée pendant 7 jours, sans attendre les résultats du prélèvement bactériologique. Un exemple d'antibiotique utilisable est la céfalexine per os : 2 à 4 g par jour pendant 7 jours.
  • Applications de vaseline : Biquotidiennes après les soins de toilette pour hydrater et protéger la peau.
  • Pas d'antibiothérapie locale.
  • Pas de prise en compte du SARM pour le traitement probabiliste de première intention.

Impétiginisation

  • Traitement de la dermatose sous-jacente : En plus du traitement antibiotique (local ou général) de l'impétigo.

Mesures d'hygiène et de prévention de la transmission

  • Éviction de collectivité : Si les lésions ne peuvent être protégées par un pansement, une éviction de 3 jours est recommandée après le début du traitement antibiotique.

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