L'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), une technique de fécondation in vitro (FIV) avec micro-injection, offre une solution précieuse pour les couples confrontés à l'infertilité masculine. Cette méthode, qui consiste à injecter un seul spermatozoïde directement dans un ovocyte, a révolutionné le traitement de l'infertilité et permis à de nombreux couples de réaliser leur rêve de parentalité.

Qu'est-ce que l'ICSI ?

En anglais, ICSI signifie « intracytoplasmic sperm injection ». La FIV ICSI est donc une technique utilisée lors d’un parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA). Lors de la FIV-ICSI, un seul spermatozoïde est choisi sur des critères morphologiques. La micro-injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) consiste à introduire un seul spermatozoïde à l’intérieur d’un ovocyte mature pour obtenir sa fécondation. L’ICSI ne nécessite qu’un seul spermatozoïde par ovule, contrairement à la fécondation in vitro classique où il faut entre 50 000 et 100 000 spermatozoïdes.

La première fécondation in vitro ICSI fut expérimentée au centre de médecine de la reproduction de l’université libre néerlandophone de Bruxelles. En raison de ses taux de succès élevés et constants pour obtenir la fécondation (70-80%), la technique de l’ICSI n’a pas changé substantiellement depuis ses débuts. En Espagne, environ 80 % des cas sont résolus par FIV avec ICSI et 20 % par FIV classique. Les chances de réussite sont les mêmes que pour la FIV classique.

Indications de l'ICSI

Les indications pour la réalisation de l’ICSI doivent se baser sur une étude de fertilité exhaustive du couple. L'ICSI est particulièrement indiquée dans les cas suivants :

  • Infertilité masculine sévère :

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    • Oligozoospermie ou cryptozoospermie : diminution sévère du nombre de spermatozoïdes. Dans les cas d’oligospermie sévère, le nombre de spermatozoïdes recueillis est très faible (moins de 1 million de spermatozoïdes par millilitre de sperme).
    • Asthénozoospermie : diminution sévère de la mobilité spermatique, en incluant des échantillons avec une absence totale de mobilité. Communément appelé « syndrome du spermatozoïde paresseux », cette infertilité masculine entraîne une anomalie du sperme impactant la mobilité des spermatozoïdes pouvant compromettre la fécondation naturelle. Pour qu’une fécondation soit possible, les spermatozoïdes doivent répondre à certains critères.
    • Teratozoospermie : nombre élevé de spermatozoïdes anormaux. Cause d’infertilité masculine, la teratospermie sévère correspond à un nombre important d’anomalies morphologiques du spermatozoïde. Elle est généralement associée à un fort taux de fragmentation de l’ADN et d’anomalies chromosomiques, qui sont délétères lors de la fécondation et du développement embryonnaire.
    • Azoospermie obstructive : absence complète de spermatozoïdes dans l’éjaculat à cause d’une obstruction. Si le sperme ne contient pas de spermatozoïdes (azoospermie) et selon la cause de l’azoospermie, des spermatozoïdes peuvent être prélevés chirurgicalement dans les voies génitales masculines ou dans le testicule. Le prélèvement chirurgical peut avoir lieu le jour de la ponction (ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation (en anglais « Intra Cytoplasmic Sperm Injection »). On appelle également cette technique « micro-injection », « fécondation assistée » ou « fécondation avec micromanipulation »…. synchrone) ou préalablement à la ponction. Les spermatozoïdes sont alors congelés.
  • Faible nombre d'ovocytes : Obtention d’un faible nombre d’ovocytes dans la ponction folliculaire.

  • Échecs de fécondation antérieurs : Une FIV avec ICSI peut également être recommandée lorsque des échecs de fécondation ont résulté d’une FIV conventionnelle.

  • Maladies infectieuses : Si le partenaire masculin est atteint d’une maladie infectieuse (VIH, hépatite B ou hépatite C), la FIV ICSI permet de limiter le risque de transmission de l’infection à la femme.

Déroulement de l'ICSI

Hormis le processus de fécondation in vitro qui diffère, le parcours de FIV ICSI est en tout point similaire à celui d’une FIV classique. Les étapes à suivre sont les mêmes que pour un cycle de fécondation in vitro classique. Les étapes avant et après l’insémination sont les mêmes que pour la fécondation in vitro conventionnelle. L’objectif d’une FIV classique et d’une FIV avec ICSI est le même : obtenir un embryon. La FIV avec ICSI se déroule en plusieurs étapes.

  1. Stimulation ovarienne : Il débute par la stimulation ovarienne réalisée chez la femme pour stimuler la croissance d’un maximum d’ovocytes. Pour moi, c’était quasiment tous les jours. On nous appelle le soir en nous disant « voilà, votre taux d’hormones était à tant, donc ce soir il faut faire une piqûre de tant de millilitres », jusqu’à ce que les ovocytes soient considérés comme assez matures pour être ponctionnés.

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  2. Ponction ovocytaire : Ceux-ci sont récupérés par ponction ovocytaire. C’est comme un examen chez le gynécologue, ce n’est pas douloureux. Le recueil de ovocytes se fait environ 36 heures après l’injection de l’hormone HCG.

  3. Recueil du sperme : Parallèlement à cette ponction ovocytaire, le recueil du sperme est réalisé. Dans le cas où vos ovocytes ou vos spermatozoïdes ne seraient pas utilisables, votre médecin peut vous orienter vers le don de gamètes.

  4. Sélection et micro-injection du spermatozoïde :

    • Une micropipette permet de maintenir l’ovocyte par aspiration.
    • Parallèlement, le spermatozoïde est sélectionné et aspiré dans la pipette d’injection. Cette sélection a lieu selon des critères morphologiques et de mobilité.
    • Sous contrôle d’un microscope, le biologiste maintient l’ovocyte avec une micropipette et, avec une autre micropipette, aspire le spermatozoïdeCellule reproductrice masculine (gamète), qui possède une tête et une queue (le flagelle)…. sélectionné puis l’injecte à l’intérieur de l’ovocyte. Cette micro-injection est renouvelée pour chaque ovocyte fécondable.
    • La couronne de cellules qui entoure l’ovocyte est enlevée pour visualiser l’endroit où va se faire la micro-injection : c’est la « décoronisation ». La capacité des ovocytes à être fécondés est évaluée de manière plus précise. Seuls les ovocytes matures seront micro-injectés.
  5. Culture des embryons : Les ovocytes sont ensuite remis dans une boîte de culture dans l’incubateur à 37° C pour les étapes suivantes. Ensuite, la fécondation des ovocytes est observée et ceux qui ont été correctement fécondés sont conservés au laboratoire pour observer leur évolution.

  6. Transfert embryonnaire : Les embryons qui en résultent sont transférés dans l’utérus à l’aide d’un fin cathéter. En général, après le transfert, la patiente attend environ une heure dans la salle du centre de procréation assistée. Si votre gynécologue ne le précise pas, il n’est pas nécessaire de se reposer après le transfert. Aucune étude ne montre que le repos augmente les chances d’obtenir une grossesse.

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Équipement Nécessaire

L’équipement nécessaire se compose d’un microscope inversé, avec une optique spécifique et une plaque réchauffée à 37 °C. Ce microscope est uni aux micromanipulateurs qui nous permettent de réaliser des mouvements en trois dimensions des micropipettes qui soutiennent l’ovocyte et contiennent le spermatozoïde.

Taux de succès de l'ICSI

En 2017, selon le rapport médical et scientifique de l’Agence de Biomédecine, 7 863 accouchements ont été réalisés suite à 43 254 tentatives de la fécondation in vitro ICSI. En général, le taux de gestation est d’environ 30-40% par cycle chez les femmes de moins de 38 ans. Au-delà de 40 ans, les taux diminuent de manière significative (10-15%). Il convient de garder à l’esprit que le facteur le plus important influençant les résultats est l’âge maternel. La première grossesse par ICSI a été obtenue en 1992.

Risques et Effets Secondaires

Des effets indésirables peuvent survenir en cours de traitement. On observe généralement un taux légèrement plus élevé de poids de naissance inférieur à la normale et de naissances prématurées chez les enfants conçus par FIV. Les complications liées au geste chirurgical de ponction (hémorragie, infection, problème anesthésique…) sont rarissimes. Celles qui sont liées à une réponse excessive à la stimulation ovarienneTraitement médicamenteux à base d’hormones (injections ou comprimés), permettant de stimuler la maturation d’un ou plusieurs follicules par chacun des ovaires…., appelée hyperstimulation, sont également rares. Elles se traduisent par un gonflement et des douleurs abdominales, une prise de poids brutale, des troubles digestifs et parfois une gêne respiratoire. Concernant les risques de cancer, aucune donnée ne permet aujourd’hui de mettre en cause les traitements liés à l’Assistance Médicale à la Procréation.

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