L'ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) couramment utilisé pour soulager la douleur et réduire l'inflammation. Après l'accouchement, de nombreuses femmes peuvent ressentir des douleurs liées à l'épisiotomie, aux déchirures périnéales, aux contractions utérines ou à l'engorgement mammaire. L'ibuprofène peut être prescrit dans ces situations, mais il est essentiel de comprendre sa posologie, ses précautions d'emploi et ses alternatives, en particulier pendant l'allaitement.
Qu'est-ce que l'Ibuprofène ?
L'ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) dérivé de l'acide aryl-carboxylique et appartenant au groupe des propioniques. Il agit en inhibant la production de prostaglandines, des substances qui contribuent à la douleur et à l'inflammation. Il est largement utilisé pour traiter diverses affections, notamment les douleurs menstruelles, les maux de tête, les douleurs dentaires, les états grippaux et les courbatures.
Pourquoi Prendre de l'Ibuprofène Après l'Accouchement ?
Les gynécologues peuvent prescrire de l'ibuprofène en post-partum immédiat pour plusieurs raisons, notamment :
- Douleurs d'épisiotomie ou de déchirure périnéale : L'ibuprofène agit sur l'œdème et l'inflammation, soulageant ainsi la douleur.
- Mastite : L'ibuprofène peut calmer la douleur et l'inflammation causées par l'engorgement du ou des seins par le lait.
- Douleurs générales : Après l'accouchement, une jeune maman peut prendre de l'ibuprofène pour calmer ses douleurs.
Posologie de l'Ibuprofène 400 mg Après l'Accouchement
Généralement, il s'agit d'ibuprofène dosé à 400 milligrammes. La posologie classique est de trois comprimés par jour maximum, espacés de six heures, soit un à chaque repas environ, sans dépasser 5 jours. Les comprimés du médicament sont à avaler avec un grand verre d’eau.
"Pour les femmes qui viennent d’accoucher à la maternité, on le donne généralement pendant 72 heures, et il est pris à la demande, selon les douleurs".
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Ibuprofène et Allaitement : Risques et Précautions
Lorsqu’une femme allaite, elle se pose la question de savoir si oui ou non un médicament peut être dangereux pour son enfant. Est-ce le cas de la molécule ibuprofène, largement prescrite comme médicament antidouleur ?
« L’ibuprofène, comme le paracétamol, est une molécule ancienne que l’on connaît bien et que l’on donne assez facilement aux femmes qui allaitent », explique le Pr Deruelle.
Selon le Professeur Deruelle, « L'ibuprofène est une molécule qui passe très peu dans le lait maternel. On estime que cela peut concerner 1 % de la dose prise environ, c'est très faible, il n'y a quasiment pas de risques pour l'enfant avec ce médicament ». Donc pour une femme qui allaite et qui en a besoin, on ne s'interdit pas de lui en prescrire.
Bien que l'ibuprofène passe en très faible quantité dans le lait maternel, il est essentiel de prendre certaines précautions :
- Demander l'avis d'un médecin : Il est préférable que l'ibuprofène soit prescrit par un médecin, qui vous indiquera le bon dosage et analysera la situation et le besoin réel.
- Respecter la posologie : Ne pas dépasser la dose recommandée.
- Surveiller les effets indésirables chez le bébé : Bien que rares, surveiller l'apparition de diarrhées, de vomissements ou d'irritabilité chez le bébé.
- Privilégier la dose la plus faible possible : Pour atténuer les symptômes, la dose efficace la plus faible devra être utilisée pendant la durée la plus courte possible.
- Éviter les prises systématiques : Les prises régulières permettent d’éviter les pics de douleur ou de fièvre.
- Être prudente : PRUDENCE en cas de conduite de véhicules ou d'utilisation de machines (vertiges, troubles de la vue).
Contre-indications et Mises en Garde
L'ibuprofène est contre-indiqué dans les situations suivantes :
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- A partir du début du 6ème mois (24ème semaine d’aménorrhée) jusqu’à la fin de la grossesse, IBUPROFENE ZF 400 mg, comprimé pelliculé est contre-indiqué. Au cours de cette période, vous ne devez EN AUCUN CAS prendre ce médicament, car ses effets sur votre enfant à naître peuvent avoir des conséquences graves voire fatales. Notamment, il a été observé une toxicité pour le cur, les poumons et/ou les reins, et cela même avec une seule prise. Cela peut également avoir des répercussions sur vous et votre bébé en favorisant les saignements et entraîner un accouchement plus tardif ou plus long que prévu.
- Antécédent d'allergie ou d'asthme provoqué par la prise d'AINS, y compris l'aspirine.
- Antécédent de saignement digestif ou d'ulcère au cours d'un précédent traitement par AINS.
- Ulcère de l'estomac ou du duodénum, en cours ou récidivant.
- Hémorragie gastro-intestinale, cérébrale ou autre.
- Insuffisance hépatique grave.
- Insuffisance rénale grave.
- Insuffisance cardiaque grave.
- Lupus érythémateux disséminé.
Il est également important de prendre en compte les mises en garde suivantes :
- Risque cardiovasculaire : Les médicaments tels qu’IBUPROFENE ZF pourraient augmenter le risque de crise cardiaque («infarctus du myocarde») ou d’accident vasculaire cérébral.
- Fertilité : Si vous êtes une femme, IBUPROFENE ZF peut altérer votre fertilité. Son utilisation n'est pas recommandée chez les femmes qui souhaitent concevoir un enfant. Comme tous les AINS, l'utilisation de ce médicament peut temporairement altérer la fertilité féminine en agissant sur l'ovulation ; il est donc déconseillé chez les femmes souhaitant concevoir un enfant.
- Risque gastro-intestinal : Les sujets âgés présentent un risque plus élevé d’effets indésirables, en particulier pour les hémorragies gastro-intestinales, ulcères et perforations. Effets gastro-intestinaux Des hémorragies, ulcérations ou perforations gastro-intestinales parfois fatales, ont été rapportées avec tous les AINS, à n'importe quel moment du traitement, sans qu'il y ait eu nécessairement de signes d'alerte ou d'antécédents d'effets indésirables gastro-intestinaux graves.
- Réactions allergiques : Des signes de réaction allergique à ce médicament, y compris des problèmes respiratoires, un gonflement du visage et du cou (oedème de Quincke), des douleurs thoraciques ont été rapportés avec l’ibuprofène.
- Réactions cutanées graves : Des réactions cutanées graves, y compris la dermatite exfoliative, l’érythème polymorphe, le syndrome de Stevens-Johnson, la nécrolyse épidermique toxique, la réaction d’hypersensibilité médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (DRESS ou syndrome d’hypersensibilité), la pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG) ont été rapportées en association avec le traitement par l’IBUPROFENE ZYDUS FRANCE 400 mg, comprimé pelliculé.
Interactions Médicamenteuses
Il est essentiel d'informer votre médecin ou votre pharmacien si vous prenez, avez récemment pris ou pourriez prendre tout autre médicament. Vous ne devez pas prendre en même temps que ce médicament d’autres médicaments contenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens (y compris les inhibiteurs sélectifs de la cyclooxygénase 2) et/ou de l’acide acétylsalicylique (aspirine).
Ce médicament peut interagir avec d'autres médicaments, notamment :
- L'aspirine et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : risque d'augmentation des effets indésirables.
- Les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires (PLAVIX…) : augmentation du risque hémorragique.
- Le lithium (TÉRALITHE) : augmentation du taux de lithium dans le sang.
- Le méthotrexate.
Une attention particulière doit être portée aux patients recevant des traitements associés susceptibles d'augmenter le risque d'ulcération ou d'hémorragie, comme les corticoïdes administrés par voie orale, les anticoagulants oraux tels que la warfarine, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les antiagrégants plaquettaires comme l'acide acétylsalicylique.
Alternatives à l'Ibuprofène Après l'Accouchement
Si l'ibuprofène est contre-indiqué ou si vous préférez éviter de prendre des médicaments pendant l'allaitement, il existe des alternatives :
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- Paracétamol : Le paracétamol est un médicament antidouleur que vous pourrez prendre pendant les 9 mois de grossesse. La prise ne devant pas dépasser 3 grammes par jour, il est conseillé de ne prendre ce dispositif médical qu’en cas de besoin.
- Méthodes non médicamenteuses :
- Méditation, étirement ou relaxation.
- Application de compresses froides ou chaudes : Pour soulager la douleur et l'inflammation.
- Repos : Se reposer suffisamment pour permettre au corps de récupérer.
- Exercices de Kegel : Pour renforcer les muscles du plancher pelvien.
- Coussin d'allaitement : Pour faciliter l'allaitement et réduire la tension sur les muscles.
- Bain de siège : Pour soulager la douleur périnéale.
Ibuprofène et Grossesse
S'il est possible de prendre de l'ibuprofène en période d’allaitement, ce médicament est en revanche strictement interdit chez la femme enceinte. « Pendant la grossesse, l’ibuprofène peut provoquer une fermeture prématurée du canal artériel, et cela peut provoquer une insuffisance cardiaque pour le fœtus, et même entraîner la mort du bébé in utero », indique le Pr Philippe Deruelle.
L’Agence Nationale du Médicament (ANSM) affirme que les risques liés de l’utilisation de ce dispositif médical sont plus élevés à partir du 6e mois de grossesse. Aussi, sa prise est déconseillée à partir de cette période. Ce médicament peut entrainer par exemple une insuffisance rénale chez le fœtus. C’est un effet qui peut être réversible ou non à l’arrêt de la prise du médicament.
Selon les recommandations officielles donc, l’ibuprofène peut être utilisé chez une femme enceinte pendant les 5 premiers mois. Toutefois, l’usage se fera de manière ponctuelle et seulement sur accord médical. Selon les statistiques, 3 femmes sur 10 prennent l’anti-inflammatoire ibuprofène au cours de leur grossesse sans un avis médical.
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