La colique néphrétique est une affection douloureuse aiguë, souvent causée par un calcul dans les voies urinaires. La prise en charge de la douleur est primordiale, et l'ibuprofène est souvent utilisé. Cet article explore l'utilisation de l'ibuprofène 400 dans le traitement de la colique néphrétique, en détaillant la posologie, l'efficacité, les précautions d'emploi et les alternatives thérapeutiques.

Qu'est-ce qu'une colique néphrétique ?

Une colique néphrétique lithiasique est une douleur aiguë provoquée par l'obstruction d'une voie urinaire haute, le plus souvent par un calcul. Les symptômes sont fréquemment assez caractéristiques pour qu'un traitement soit instauré rapidement. Elle se manifeste le plus souvent par une douleur soudaine et intense dans le dos, puis dans le bas du ventre, au niveau des organes génitaux. Vous pouvez aussi remarquer la présence de sang dans les urines. La douleur, intense, se manifeste fréquemment d'une manière brutale, localisée d'abord derrière, au niveau des dernières côtes, d'un seul côté, celui où la petite pierre (calcul rénal ou lithiase) est en train de migrer. Puis, elle peut migrer vers l'abdomen et irradier vers les organes génitaux externes. Cette douleur parfois violente, évoluant par crise, s'accompagne souvent d'envies fréquentes d'uriner, de nausées et vomissements, d'une constipation, d'une anxiété et d'une agitation. Il peut y avoir du sang dans les urines. Mais, il n'y a habituellement pas de fièvre. Lorsqu'elle est accompagnée de fièvre, une infection urinaire associée doit être recherchée.

Ibuprofène 400 : Un Anti-Inflammatoire Non Stéroïdien (AINS) de Premier Choix

L'ibuprofène, comme le naproxène, est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) souvent considéré comme médicament de premier choix pour soulager la douleur liée à une colique néphrétique lithiasique. Il agit en bloquant la formation des prostaglandines, les substances responsables de l’inflammation et de la douleur.

Posologie

La posologie usuelle d'ibuprofène 400 pour un adulte est d'un comprimé à 400 mg par prise, à renouveler si besoin au bout de 6 à 8 heures. Si un patient n’est pas soulagé après la première dose, une seconde dose ne doit pas être prise au cours de la même crise. Chez les sujets âgés, l'âge ne modifiant pas la cinétique de l'ibuprofène, la posologie ne devrait pas avoir à être modifiée en fonction de ce paramètre. En cas d’altération de la fonction rénale ou hépatique, la posologie devra être adaptée individuellement. Pour permettre une action plus rapide, IBUPROFENE TEVA 400 mg, comprimé pelliculé peut être pris à jeun. Pour les patients présentant une sensibilité gastrique, IBUPROFENE TEVA 400 mg, comprimé pelliculé est à prendre de préférence au cours d’un repas. Les prises systématiques permettent d'éviter les oscillations de douleur ou de fièvre.

Efficacité

L'ibuprofène est efficace pour limiter la douleur liée à une colique néphrétique lithiasique. L'application d'un dispositif source de chaleur aux alentours de 40 °C dans la région douloureuse semble également limiter la douleur, l'anxiété et les nausées liées à une colique néphrétique.

Lire aussi: Précautions : Ibuprofène et grossesse

Précautions d'emploi et Contre-indications

L'ibuprofène, bien qu'efficace, présente des contre-indications et nécessite des précautions d'emploi :

  • Grossesse : A partir du début du 6ème mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée), toute prise d'ibuprofène, même ponctuelle, est contre-indiquée. Sauf nécessité absolue, il ne doit pas être prescrit chez une femme qui envisage une grossesse ou au cours des 5 premiers mois de grossesse (avant 24 semaines d’aménorrhée).
  • Risque gastro-intestinal : Le risque d'hémorragie, d'ulcération ou de perforation gastro-intestinale augmente avec la dose utilisée chez les patients présentant des antécédents d'ulcère, en particulier en cas de complication à type d'hémorragie ou de perforation, ainsi que chez le sujet âgé. Chez ces patients, le traitement doit être débuté à la posologie la plus faible possible.
  • Risque cardiovasculaire : Des études cliniques suggèrent que l'utilisation de l'ibuprofène, notamment à forte dose (2400 mg par jour), peut être associée à une légère augmentation du risque de thrombose artérielle par exemple, infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral.
  • Réactions cutanées sévères : Des réactions indésirables cutanées sévères (SCAR), telles que la dermatite exfoliative, l’érythème polymorphe, le syndrome de Stevens-Johnson (SJS), la nécrolyse épidermique toxique (TEN ou le syndrome de Lyell), la réaction médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (DRESS ou syndrome d'hypersensibilité) et la pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG), qui peuvent engager le pronostic vital ou être fatales, ont été rapportées en association avec l’utilisation d’ibuprofène. En cas d'apparition de signes et de symptômes évocateurs de ces réactions, la prise d’ibuprofène doit être immédiatement interrompue et un autre traitement doit être envisagé (le cas échéant).
  • Infections : L’ibuprofène peut masquer les symptômes d’une infection, ce qui peut retarder la mise en place d’un traitement adéquat et ainsi aggraver l’évolution de l’infection.

Interactions Médicamenteuses

L'ibuprofène peut interagir avec de nombreux médicaments, notamment :

  • Autres AINS : Majoration du risque ulcérogène et hémorragique digestif.
  • Anticoagulants oraux : Augmentation du risque hémorragique.
  • Diurétiques, inhibiteurs de l'enzyme de conversion, inhibiteurs de l'angiotensine II : Risque d'addition des effets néphrotoxiques, notamment chez le sujet âgé.
  • Acide acétylsalicylique (aspirine) : Des données expérimentales suggèrent que l'ibuprofène peut inhiber de façon compétitive l'effet antiagrégant plaquettaire d'une faible dose d'acide acétylsalicylique lorsqu'ils sont pris de façon concomitante.

Effets Indésirables Possibles

Les effets indésirables les plus fréquemment observés sont de nature gastro-intestinale : nausées, vomissements, diarrhées, flatulences, constipation, dyspepsie, stomatite ulcérative, douleur abdominale, melæna, hématémèse, colite, exacerbation d'une rectocolite ou d'une maladie de Crohn.

Alternatives Thérapeutiques

Si l'ibuprofène est contre-indiqué ou inefficace, d'autres options thérapeutiques peuvent être envisagées :

  • Naproxène : Un autre AINS efficace pour soulager la douleur.
  • Antalgiques : Le paracétamol peut être utilisé, bien qu'il soit généralement moins efficace que les AINS pour les douleurs intenses de la colique néphrétique. Dans le cas de colique néphrétique provoquant une douleur intense, le médecin pourra vous prescrire des analgésiques plus puissants que le paracétamol et l'ibuprofène.
  • Antispasmodiques : Bien que leur efficacité ne soit pas démontrée dans le traitement des coliques néphrétiques lithiasiques, ils peuvent être utilisés pour diminuer les nausées et les vomissements. Le phloroglucinol, un antispasmodique, n'a pas d'efficacité démontrée dans le traitement des coliques néphrétiques lithiasiques.
  • Lithotritie : Le traitement de la colique néphrétique vise à favoriser l’élimination du calcul par les voies naturelles soit en modifiant la composition des urines pour dissoudre le calcul, soit par effet physique pour les disloquer. C’est la lithotritie qui repose sur l’usage d’ultrasons pour générer des ondes de choc qui vont désintégrer les calculs. Cette procédure est indolore et ne nécessite habituellement pas d’hospitalisation. Elle est contre-indiquée chez les femmes enceintes, les personnes obèses, celles qui portent un stimulateur cardiaque (pacemaker) ou celles qui prennent des traitements anticoagulants.
  • Intervention chirurgicale : Les calculs peuvent être éliminés ou fragmentés en passant par les voies naturelles (urétéroscopie) ou en faisant une petite incision de la peau (néphrolithotomie percutanée, pour les très gros calculs).

Conseils et Prévention

En attendant le médecin, il faut boire le moins possible pour ne pas aggraver les douleurs. Prendre des analgésiques tels que le paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens soulage la douleur des coliques néphrétiques dans l'attente du traitement.

Lire aussi: Précautions Ibuprofène IVG

Pour prévenir les récidives, il est important d'identifier la nature des calculs urinaires par une analyse chimique des calculs, une prise de sang et un examen des urines. Recueillir leurs urines dans un bocal, puis de les tamiser à l'aide d'un grand filtre à café ou d’une petite passoire (passette). Prendre sa température tous les matins. Attention, si vous suspectez un début de colique néphrétique, ne buvez pas de grandes quantités de liquides en espérant chasser le calcul ! L'accumulation d'urine dans le canal bouché ne ferait qu'aggraver la douleur.

Le risque de souffrir de coliques néphrétiques augmente à la suite de modifications dans notre alimentation et nos habitudes de vie, notamment :

  • Avoir une alimentation riche en nutriments favorisant la formation de calculs, comme les protéines.
  • Avoir des antécédents familiaux ou médicaux de calculs.
  • Souffrir de déshydratation due au fait de ne pas boire suffisamment ou de perdre trop de liquide par la transpiration (par exemple en cas de travail dans une ambiance surchauffée), les vomissements ou la diarrhée.
  • Être en surcharge pondérale.
  • Souffrir de troubles métaboliques pouvant augmenter la quantité de substances produisant des calculs.
  • Avoir des infections urinaires.

Lire aussi: Ibuprofène Nourrissons

tags: #ibuprofène #400 #colique #néphrétique #posologie

Articles populaires: