L'ibuprofène est un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) couramment utilisé pour soulager la douleur, réduire l'inflammation et faire baisser la fièvre. De nombreuses femmes qui allaitent se demandent si la prise d'ibuprofène est sans danger pour leur bébé. Cet article examine en détail les risques potentiels, les effets secondaires et les recommandations concernant l'utilisation de l'ibuprofène pendant l'allaitement.
Qu'est-ce que l'ibuprofène ?
L'ibuprofène est un antidouleur qui appartient à la classe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Il est connu depuis le début des années 1960 et est largement prescrit comme médicament antidouleur. Il agit en inhibant la production de prostaglandines, des substances responsables de la douleur, de l'inflammation et de la fièvre. L'ibuprofène est disponible sous différents noms commerciaux, tels que Advil, Nurofen et Spifen, et peut être délivré sans ordonnance en pharmacie.
Pourquoi prendre de l'ibuprofène pendant l'allaitement ?
Les gynécologues prescrivent souvent l'ibuprofène aux femmes qui allaitent en cas de douleurs, notamment en post-partum immédiat. Il peut être utilisé pour traiter les douleurs liées à une épisiotomie ou à une déchirure périnéale. L'ibuprofène agit sur l'œdème et l'inflammation, ce qui en fait un choix courant pour soulager ces douleurs.
L'ibuprofène peut également être prescrit en cas de mastite, un engorgement du sein par le lait qui cause une douleur et une inflammation forte pendant l'allaitement. Dans ce cas, l'ibuprofène peut aider à calmer la douleur et à réduire l'inflammation.
Comment prendre l'ibuprofène 400 mg pendant l'allaitement ?
Bien que l'ibuprofène puisse être délivré sans ordonnance, il est préférable qu'il soit prescrit par un médecin. Le médecin pourra évaluer la situation et déterminer le dosage approprié. Généralement, la dose recommandée est de 400 milligrammes.
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Pour les femmes qui viennent d'accoucher à la maternité, l'ibuprofène est généralement administré pendant 72 heures, à la demande, selon les douleurs. La posologie classique est de trois comprimés par jour maximum, espacés de six heures, soit un à chaque repas environ, sans dépasser 5 jours. Les comprimés doivent être avalés avec un grand verre d'eau.
Quels sont les dangers de l'ibuprofène 400 mg pendant l'allaitement ?
L'ibuprofène passe très peu dans le lait maternel. On estime que cela peut concerner environ 1 % de la dose prise, ce qui est très faible. Par conséquent, il n'y a quasiment pas de risques pour l'enfant avec ce médicament. Pour une femme qui allaite et qui a besoin d'ibuprofène, il n'est généralement pas contre-indiqué.
Cependant, il est important de noter que certains médicaments peuvent déclencher des troubles digestifs banals de type constipation ou diarrhée chez le nourrisson. Dans de rares cas, des troubles plus graves, voire une intoxication, peuvent survenir. Les risques de toxicité pour le nouveau-né sont plus importants chez les prématurés et les nourrissons qui souffrent de maladies du rein ou du foie.
Ibuprofène et grossesse : une contre-indication
S'il est possible de prendre de l'ibuprofène en période d'allaitement, ce médicament est en revanche strictement interdit chez la femme enceinte, surtout à partir du 6e mois de grossesse. Pendant la grossesse, l'ibuprofène peut provoquer une fermeture prématurée du canal artériel, ce qui peut entraîner une insuffisance cardiaque pour le fœtus, et même entraîner la mort du bébé in utero.
Alternatives à l'ibuprofène pendant la grossesse
Compte tenu de la dangerosité de l'ibuprofène pour une femme enceinte, il est plus judicieux de s'orienter vers d'autres médicaments. Le paracétamol est un des médicaments antidouleurs que vous pourrez prendre pendant les 9 mois de grossesse. La prise ne devant pas dépasser 3 grammes par jour, il est conseillé de ne prendre ce dispositif médical qu'en cas de besoin.
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Outre l'usage de médicaments, d'autres pratiques peuvent soulager les douleurs. Vous pouvez par exemple faire de la méditation, de l'étirement ou de la relaxation.
Interactions médicamenteuses et précautions d'emploi
L'ibuprofène peut interagir avec d'autres médicaments, notamment :
- L'aspirine et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : risque d'augmentation des effets indésirables.
- Les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires (PLAVIX…) : augmentation du risque hémorragique.
- Le lithium (TÉRALITHE) : augmentation du taux de lithium dans le sang.
- Le méthotrexate.
Il est important d'informer votre médecin ou votre pharmacien de tous les médicaments que vous prenez, y compris les médicaments en vente libre, les compléments alimentaires et les produits à base de plantes.
Des précautions sont nécessaires chez la personne âgée ou en cas d'antécédent d'ulcère de l'estomac ou du duodénum ou de risque hémorragique, notamment digestif (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).
Des études cliniques suggèrent que l'utilisation de l'ibuprofène, surtout en prises prolongées à forte dose, pourrait être associée à un risque accru de thrombose artérielle (tel qu'un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral). Néanmoins, cette augmentation du risque cardiovasculaire n'a pas été retrouvée pour des posologies inférieures à 1200 mg par jour (3 comprimés à 400 mg ou 6 comprimés à 200 mg par jour). Votre médecin peut être amené à prendre en compte certaines situations : problèmes cardiaques, antécédent d'accident vasculaire cérébral, hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol dans le sang ou tabagisme.
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Les AINS ont un effet inhibiteur sur l'ovulation et sont susceptibles de diminuer la fertilité chez la femme. Cet effet est réversible à l'arrêt du traitement.
Effets secondaires potentiels
Les effets indésirables les plus fréquemment observés avec l'ibuprofène sont de nature gastro-intestinale, tels que :
- Ulcères peptiques, perforations ou hémorragies gastro-intestinales
- Nausées, vomissements, diarrhée
- Constipation
D'autres effets secondaires possibles incluent :
- Réactions d'hypersensibilité (éruption cutanée, démangeaisons, urticaire)
- Maux de tête, vertiges
- Troubles de la vue
- Hypertension artérielle
- Insuffisance rénale
- Atteinte hépatique
- Anomalies sanguines (anémie, leucopénie, thrombocytopénie)
Si vous ressentez des effets secondaires, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
Médicaments et allaitement : prudence !
Si certains médicaments peuvent avoir un impact non négligeable sur la grossesse, la prudence est également de mise pendant l’allaitement. Le lait maternel est bénéfique pour les nourrissons. Ce n’est pas un hasard si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande d’allaiter son enfant au moins pendant ses six premiers mois de vie. « Le lait maternel est l’aliment idéal. Il est sûr, propre et contient des anticorps qui le protègent de beaucoup de maladies infantiles courantes. Cependant, si l’allaitement est bénéfique, les substances (médicaments, alcool, etc.) que la maman ingère peuvent se retrouver dans le lait et affecter le bébé.
Pour des raisons éthiques évidentes, il existe très peu d’études cliniques évaluant la toxicité d’un médicament pendant l’allaitement. Néanmoins, nous connaissons mieux aujourd’hui les mécanismes de transfert des médicaments de la mère à l’enfant. Ainsi, nous savons par exemple que plus la molécule est petite et plus celle-ci aura tendance à passer dans le lait. On évalue également la liposolubilité, c’est-à-dire la capacité du médicament à se dissoudre dans les graisses.
De nombreuses spécialités médicamenteuses sont contre-indiquées pendant l’allaitement. En cas de doute, parlez-en avec un professionnel de santé.
Alternatives à l'ibuprofène pendant l'allaitement
Le paracétamol est l'antalgique et l'antipyrétique de choix chez la femme enceinte et la femme allaitante. Il permet de soulager les maux de tête, les douleurs dentaires et de faire baisser la fièvre.
Les antalgiques non opiacés tels que le paracétamol, et les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène ou encore le diclofénac sont autorisés pendant l’allaitement. En revanche, la codéine, un dérivé de la morphine, utilisée pour soulager la douleur ou la toux ne doit pas être utilisée.
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