Les fluctuations hormonales du cycle menstruel peuvent entraîner divers symptômes physiques et émotionnels, notamment des douleurs ostéo-musculaires. Cet article explore le lien entre les hormones du cycle menstruel et les douleurs, en mettant en évidence les causes possibles, les symptômes associés et les approches thérapeutiques, notamment l'ostéopathie.
Douleurs menstruelles (dysménorrhées)
Les règles douloureuses, ou dysménorrhées, sont un problème courant chez de nombreuses femmes pendant leur cycle menstruel. Elles se caractérisent par des douleurs pelviennes, parfois associées à d'autres symptômes, qui altèrent considérablement la qualité de vie des femmes qui en souffrent.
Types de dysménorrhées
On distingue deux catégories de dysménorrhées : primaires et secondaires.
- Dysménorrhée primaire : elle n'est pas causée par une pathologie organique identifiable. Elle est liée à la sécrétion de l'hormone prostaglandine, qui est responsable des contractions utérines. Ces contractions favorisent l'expulsion de la muqueuse utérine.
- Dysménorrhée secondaire : elle est due à une cause organique sous-jacente, le plus souvent l'endométriose ou l'adénomyose. Le traitement ostéopathique des dysménorrhées secondaires, en présence d'examens complémentaires récents, peut grandement contribuer à diminuer les douleurs liées à l'endométriose ou à l'adénomyose.
Intensité et durée
L'intensité des dysménorrhées est variable d'une femme à l'autre, tant par leur durée que par leur évolution au fil des ans. Elles surviennent le plus souvent 1 à 2 jours avant l'apparition des règles et peuvent durer de quelques heures à plusieurs jours. De la même façon, un changement dans l'intensité des douleurs en cas de contraception par stérilet (DIU) cuivre ou hormonal, doit motiver un avis médical rapide.
Gestion de la douleur
La gestion médicamenteuse de la douleur des dysménorrhées primaires peut se faire avec des anti-douleurs ou des anti-inflammatoires, ou encore des contraceptifs oraux pour réguler le cycle menstruel et la sécrétion hormonale. Une fois les causes pathologiques écartées, on peut vous proposer des antispasmodiques comme le SPASFON. Le but de ces médicaments est de diminuer l’intensité des contractions utérines. Dans un deuxième temps, on peut vous proposer des anti-inflammatoire non stéroïdiens (tout ce qui finit en -fène). Ces AINS ont pour objectif de diminuer le taux de prostaglandines présentes dans l’environnement utérin.
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Syndrome prémenstruel (SPM)
Le Syndrome Prémenstruel (SPM) regroupe un ensemble de symptômes, à la fois physiques et émotionnels, qui se manifestent chez la femme en période prémenstruelle, c'est-à-dire dans les jours précédant les règles. Ces manifestations peuvent varier d'une femme à l'autre en termes d'intensité et de durée, pouvant parfois affecter considérablement la qualité de vie.
Causes du SPM
La cause principale du Syndrome Prémenstruel est encore mal comprise et on lui considère des origines probablement multifactorielles. Cependant, plusieurs études suggèrent que le SPM est étroitement lié aux fluctuations hormonales qui se produisent au cours du cycle menstruel.
Le cycle menstruel, qui dure environ 28 jours en moyenne, est sous le contrôle complexe de deux hormones principales : l'œstrogène et la progestérone. Au début du cycle, les taux d'œstrogène augmentent, ce qui prépare l'utérus à l'implantation d'un ovule fécondé. En milieu de cycle, l'ovulation se produit lorsque l'ovaire libère un ovule mature. Après l'ovulation, la production de progestérone augmente pour soutenir une éventuelle grossesse.
C'est au cours de la phase prémenstruelle, qui survient dans les jours précédant les règles, que le SPM se manifeste. À ce stade, si la fécondation n'a pas eu lieu, les taux d'œstrogène et de progestérone diminuent de manière significative. C'est cette chute hormonale qui déclenche les symptômes du SPM.
Ces fluctuations hormonales peuvent affecter divers systèmes du corps. Par exemple, la baisse de progestérone peut entraîner une rétention d'eau et une inflammation dans le corps, provoquant des douleurs abdominales et des crampes. Les changements hormonaux peuvent également influencer le système nerveux central, ce qui explique les sautes d'humeur, l'irritabilité et la fatigue fréquemment associées au SPM.
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De plus, le système sérotoninergique du cerveau, impliqué dans la régulation de l'humeur, peut être perturbé pendant la phase prémenstruelle. Cela peut entraîner des symptômes de type dépressif, de l'anxiété, et des troubles du sommeil chez certaines femmes.
La sensibilité individuelle à ces fluctuations hormonales varie, expliquant pourquoi certains femmes souffrent de symptômes plus sévères que d'autres. De plus, des facteurs génétiques, des antécédents médicaux et des facteurs de risque, tels que le tabagisme ou le stress chronique, peuvent influencer la gravité des symptômes.
Symptômes du SPM
Les symptômes du SPM varient d'une femme à l'autre, ce qui peut rendre le diagnostic complexe. Ils apparaissent généralement pendant l'ovulation et disparaissent peu après les règles. Certains symptômes peuvent cependant persister tout au long du cycle menstruel… Les manifestations les plus courantes incluent :
- Irritabilité et sautes d'humeur. Les changements hormonaux peuvent affecter l'humeur, conduisant à l'irritabilité, de fortes colères ou à la dépression.
- Fatigue. La fatigue est un symptôme courant qui peut être accompagné d'une sensation de faiblesse ou de somnolences.
- Troubles digestifs. Les changements hormonaux peuvent également affecter le système digestif, causant des ballonnements, des constipations et des modifications de l'appetit.
- Douleurs mammaires. Les seins peuvent devenir sensibles ou douloureux au toucher.
- Maux de tête et douleurs abdominales. Les maux de tête et les crampes abdominales sont également des symptômes courants du SPM.
- Douleurs lombaires et dorsales. Les tensions des organes du petit bassin (ovaires et utérus) peuvent déclencher des douleurs musculaires au niveau du dos.
On retrouve une grande variabilité de ces symptômes en terme d'intensité et de retentissement sur le quotidien.
Rôle de l'ostéopathie dans le traitement des douleurs menstruelles et du SPM
L’ostéopathie peut être un allié dans le traitement de ces troubles, en aidant à rééquilibrer le corps et à soulager les tensions qui peuvent perturber le cycle. Une séance d’ostéopathie commence par un entretien avec le patient pour comprendre ses troubles et les causes possibles. L’ostéopathe effectue ensuite un examen physique pour détecter les tensions et les déséquilibres du corps. Il utilise ensuite des techniques manuelles pour libérer les tensions et rétablir l’équilibre corporel. La durée et le nombre de séances varient en fonction de chaque patient et de la nature des troubles.
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Un premier temps travail est dédié sur la zone spécifique puis sur tout le corps, dont 3 zones qui sont essentielles pour moi :
- Zone pelvienne à organes uro-gynéco, système digestive, le système ligamentaire, le plancher pelvien (muscles du bassin)
- Cadre osseux = bassin mais aussi la colonne vertébrale , sacrum, coccyx
- Thorax, diaphragme
- Crâne à lien avec les hormones produites par l’axe hypothalamo-hypophysaire
Le but de l’ostéopathe est de faire un travail globale sur la mécanique, sur le système vasculaire et nerveux. Nous allons redonner de la mobilité au corps en libérant les restrictions de mobilité.
Comment l’ostéopathie peut-elle vous aider avec vos douleurs menstruelles ?
Puis il s’agit de vérifier l’état de votre système hormonal qui a un grand impact sur votre cycle et donc sur vos règles : comment est votre sommeil ? A combien coteriez-vous votre état de forme sur 10 ? Ce travail peut s’articuler sur 1 à 3 séances selon les patients, puis un suivi périodique est envisageable.
Traitement ostéopathique du syndrome prémenstruel
Grâce à un examen global de votre corps, votre ostéopathe va repérer les zones en souffrance à travailler pouvant être à l’origine de vos troubles et douleurs. En fonction de vos symptômes, de l’ancienneté de leur apparition et de leur intensité, votre ostéopathe va établir le traitement le plus adapté à votre état en vue de vous soulager au plus vite.
- Les viscères et la sphère intime : C’est la région au cœur du syndrome prémenstruel qui sera manipulée en priorité par votre ostéopathe. À l’aide de techniques spécifiques, il va vérifier avec douceur et précaution le bon fonctionnement de vos glandes hormonales et de votre système digestif, et ainsi agir directement sur vos troubles.
- La tête et les cervicales : Votre ostéopathe va libérer votre tête, votre nuque, votre mâchoire, de toutes tensions et possibles blocages, en rendant leur mobilité à chaque élément. Grâce à ces manipulations ciblées, votre ostéopathe va soulager efficacement vos migraines et céphalées.
- La colonne vertébrale et les articulations : Des douleurs musculaires et articulaires apparaissent souvent lors du syndrome prémenstruel, vous êtes tendue, stressée, et les blocages s’accumulent. Votre ostéopathe va travailler le long de votre dos du bassin aux cervicales, afin de rétablir votre mobilité et équilibre général, et ainsi soulager vos douleurs.
Ligaments utérins et tensions
Les ligaments utérins maintiennent l’utérus en position centrale dans le petit bassin osseux. Lors des contractions utérines, une contrainte est appliquée via ces ligaments à la structure osseuse qui devrait être libre de ces mouvements. Les adhérences viscérales issues d’une chirurgie, d’une infection gynécologique ou d’une endométriose vont être mises sous contrainte lors de ces contractions utérines. Soit la contraction utérine est trop forte et comprime les petits vaisseaux sanguins qui assurent la nutrition et la respiration de cellules musculaires : on parle d’hypoxie tissulaire. Soit il y a déjà un terrain de congestion vasculaire du petit bassin avec des symptômes de type jambes lourdes et/ou hémorroïdes. Il se peut que cela s’accompagne d’une congestion pelvienne veineuse voire de varices pelviennes. Cette congestion du petit bassin est alors augmentée mécaniquement par l’utérus qui est « gros » en fin de cycle et avant les règles.
Conseils supplémentaires
- Application de chaleur : Le premier conseil que je donne à mes patientes, est l’application d’une bouillotte lors des pics de douleur. On limite cette application de chaud qui détend les muscles à 10 minutes car ça augmente les saignements et l’inflammation s’il y en a une.
- Tisane de feuilles de framboisier : Le deuxième conseil est la tisane de feuilles de framboisier. Elle aide à de nombreuses fonctions féminines ! C’est LA tisane à avoir à la maison. Et donc vous pouvez en prendre dès que vous sentez que les règles vous advenir et pendant toutes leur durée. Cette plante est un tonique pour l'utérus : elle détend les utérus trop spasmé et booste les utérus qui ont du mal à se mobiliser.
- Huile essentielle d’estragon : Ensuite, j’utilise de l’huile essentielle d’estragon : 1 goutte sur la peau au niveau de la douleur.
- Exercices doux : On peut proposer aussi des exercices doux tels que la marche, des étirements ou du yoga pour diminuer les congestions pelviennes.
Autres facteurs influençant les douleurs menstruelles
Facteurs hormonaux
« Deux hormones principales interviennent pendant le cycle, l’œstrogène et la progestérone. Les femmes qui connaissent des douleurs au moment de leurs règles ont souvent trop d’œstrogène et pas assez de progestérone. L’oestrogène augmente les oedèmes et la rétention d’eau. On va gonfler des seins, au niveau de l’utérus et les nerfs vont être sensibilisés, » explique l’ostéopathe.
Facteurs biomécaniques
« Du point de vue bio-mécanique, il faut savoir que l’utérus, qui a la taille d’une figue, est attaché dans le bassin par des ligaments, deux devant, deux derrière et deux sur le côté. Si le bassin est tordu, l’utérus aussi est déséquilibré, la vascularisation de cette zone se fait moins bien. Une fracture du coccyx peut créer des tensions ligamentaires sur l’utérus, un accouchement difficile aussi peut avoir des impacts à long terme. L’utérus est un muscle. En ostéopathie, on dit que « la règle de l’artère est suprême ». C’est à dire que lorsque c’est bien vascularisé, l’organe fonctionne bien, il bouge bien. S’il perd en mobilité, il perd aussi en fonctionnalité. Pour que l’utérus puisse bien fonctionner, il faut que le bassin bouge bien et qu’il soit droit.
Importance de la mobilité du bassin
Aujourd’hui, on est beaucoup assis au bureau, dans la voiture, dans le canapé. On porte parfois des vêtements trop serrés. Tout ça va participer à figer le bassin, et donc à entraver la mobilité de l’utérus, et donc son fonctionnement. Il faut travailler la souplesse pour gagner de la mobilité dans le bassin, et permettre une meilleure vascularisation de l’utérus.
Position accroupie
Sur le bassin, la position accroupie talons au sol est très intéressante. Elle entraîne une bascule au niveau du bassin. Pour retrouver cette position, il faut juste s’entraîner, les muscles s’adaptent très vite. Par ailleurs, et on le sait, il faudrait marcher davantage pour que le bassin retrouve sa souplesse naturelle.
Exercice physique
Il est important de transpirer, au moins 2 fois par semaine, pour evacuer les toxines. Le plus est le mieux. Pratiquer un exercice physique une fois tous les deux jours permet aussi de faire remonter le taux de sérotonine. L’idéal serait de marcher 1h chaque jour. On sait que la sédentarité nuit gravement à la santé. Il a été prouvé que si on reste assis 6h par jour, ça a des impacts directs sur la production d’hormones, le poids ou encore la circulation sanguine, détaille la spécialiste. Etre assis en tailleur, c’est la meilleure solution. Il existe aussi des bureaux modulables qui permettent de travailler debout ou assis.
Flore intestinale
« La flore intestinale joue aussi sur le cycle ! Le microbiote est fondamental pour le bon fonctionnement des organes. Si on souffre pendant les règles, consulter un ostéopathe peut vraiment aider.
Vitamines et minéraux
Généralement, dans un cycle qui tourne rond, les règles durent entre 2 et 3 jours, et permettent d’évacuer 70 ml de sang, soit une tasse à café. Si la durée ou les pertes sont plus importantes, pensez à la vitamine D. Elle permet d’améliorer le volume et la durée des règles, et de réduire les fibromes. On est souvent carencés car nous ne voyons pas assez le soleil. On peut faire une prise de sang pour voir si on est carencé, mais il ne faut pas hésiter à se complémenter. Le magnésium aussi joue sur les contractions musculaires. Et les omégas 3 permettent de calmer les inflammations. Ponctuellement, ils améliorent les douleurs, mais il ne faut pas les oublier au quotidien. Le Nigari, chlorure de magnésium marin, se dilue dans l’eau. C’est mauvais en goût mais très efficace, » note l’ostéopathe.
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