Le post-partum est une période à la fois fantastique et potentiellement difficile pour les nouvelles mamans. Souvent qualifié de "quatrième trimestre de grossesse", il s'étend de l'accouchement au retour des règles, soit en moyenne entre 6 et 12 semaines, bien que cette durée puisse varier. Cette période est marquée par d'importantes fluctuations hormonales qui affectent la femme tant au niveau physique que psychique. Il est donc primordial d'informer les mères sur ce qui se passe dans leur corps après la naissance de leur enfant.

Le 4ème trimestre de grossesse : une période de transition

Le 4ème trimestre de grossesse désigne la période de post-partum, c'est-à-dire après l'accouchement. C'est une phase de transition où le corps de la femme revient progressivement à son état pré-gestationnel. Ce processus est largement influencé par les hormones, dont les niveaux fluctuent considérablement après l'expulsion du placenta.

Les hormones clés et leurs variations après l'accouchement

La prolactine

La prolactine est une hormone essentielle qui augmente progressivement pendant la grossesse pour atteindre un pic au moment de la naissance. Elle joue un rôle crucial non seulement dans la lactation, mais aussi dans le lien mère-enfant.

Au-delà de la lactation, la prolactine a d'autres fonctions importantes. Elle favorise l'endormissement et le sommeil profond chez la mère, ce qui est vital pour récupérer après l'accouchement et gérer les exigences de la maternité. La sécrétion de prolactine est stimulée par la succion simultanée des deux mamelons. Ainsi, lorsqu'une mère tire son lait, il est recommandé de pratiquer un double tirage pour maximiser la production de prolactine et, par conséquent, de lait. En termes de timing, la sécrétion de prolactine commence à augmenter environ 10 à 30 minutes après le début de la mise au sein. Cette réponse rapide permet d'assurer une alimentation continue et suffisante pour le bébé. En soutenant ces processus, la prolactine joue un rôle indispensable dans la santé et le bien-être de la mère et de l'enfant pendant la période post-partum.

Chez la femme non allaitante, la prolactine disparaît au bout de 10 à 12 jours.

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La progestérone

La progestérone, une hormone cruciale pendant la grossesse, augmente constamment jusqu'à l'accouchement. Cette hormone est principalement produite par le placenta et joue un rôle vital dans le maintien de la grossesse en préparant l'utérus à accueillir et à nourrir l'embryon. À la naissance, avec le décollement et l'expulsion du placenta, les niveaux de progestérone chutent rapidement. Cette baisse soudaine marque un changement hormonal significatif pour la mère.

Le déclin de la progestérone après l'accouchement a également des implications sur l'humeur et le bien-être de la mère. La chute hormonale rapide peut contribuer à des sentiments de fatigue, de tristesse, voire à la dépression post-partum chez certaines femmes. En résumé, la progestérone joue un rôle déterminant pendant la grossesse, mais son déclin rapide post-partum est crucial pour l'initiation de la lactation et le retour du corps à son état pré-gestationnel. Comprendre ces fluctuations hormonales permet de mieux appréhender les défis du post-partum et de soutenir efficacement les nouvelles mères.

La mélatonine

La mélatonine joue un rôle crucial pendant la grossesse. Son taux augmente durant cette période et elle est principalement sécrétée la nuit, atteignant un pic entre 2 et 4 heures du matin. Pendant la journée, la lumière inhibe sa production. La mélatonine est également impliquée dans le processus de l'accouchement. Après la naissance, la sécrétion de mélatonine chez la mère diminue. Cependant, chez le nouveau-né, la production de mélatonine est quasi inexistante. Le nourrisson dépend donc de la mélatonine de sa mère, qui est transmise à travers le lait maternel.

Le cortisol

Le cortisol, souvent appelé l'hormone du stress, joue un rôle vital pendant la grossesse et le post-partum. Pendant la grossesse, les niveaux de cortisol augmentent progressivement pour aider à préparer le corps à l'accouchement. Après la naissance, les niveaux de cortisol chez la mère connaissent une fluctuation significative. Le cortisol aide à mobiliser l'énergie nécessaire pour répondre aux nouvelles exigences de la maternité, comme l'allaitement et les soins au nouveau-né.

Chez le nouveau-né, le cortisol joue également un rôle important dans l'adaptation à la vie extra-utérine. Le bébé naît avec des niveaux de cortisol relativement élevés, qui aident à activer ses systèmes respiratoire, circulatoire et métabolique. La gestion du stress et la régulation du cortisol en post-partum sont cruciales pour la santé de la mère et du bébé. Il est recommandé aux nouvelles mères de pratiquer des techniques de relaxation, de maintenir un rythme de sommeil régulier et de chercher du soutien social pour aider à modérer les niveaux de cortisol. Une approche équilibrée permet de favoriser un rétablissement optimal et de soutenir le bien-être global pendant cette période de transition.

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L'ocytocine

L'ocytocine, produite en grande quantité au moment de l'accouchement, permet les contractions et le travail. Puis, en post-partum, sa quantité oscille comme la prolactine au fur et à mesure de l'allaitement. L'ocytocine est produite pendant le post-partum grâce aux stimulations suivantes :

  • Stimulations des mamelons : manuel, tire-lait
  • Odeur du bébé
  • Regarder son bébé
  • Le peau à peau
  • Les bruits et pleurs du bébé

Autres hormones

  • Bêta-HCG (Hormone Chorionique Gonadotrope) : Communément appelée « l’hormone de grossesse », elle est détectée par les tests de grossesse dès neuf jours après la fécondation. Elle sert principalement à maintenir le corps jaune situé à l’intérieur de l’ovaire en charge de la sécrétion de progestérone et d’œstrogènes lors du premier trimestre de la grossesse. Après cela, elle stagnera puis baissera en fin de la grossesse. Elle diminue également très vite après la naissance, pour disparaître complètement en une à deux semaines. Elle marque en quelque sorte la fin de l’état hormonal de grossesse.
  • Œstrogènes : Tout comme la progestérone, les œstrogènes sont produits par le corps jaune, puis le placenta. Cette hormone permet l’augmentation du volume sanguin nécessaire à l’alimentation de bébé en nutriments et en oxygène. Elle booste également la production de mélanine favorisant le développement de nouvelles cellules du placenta, de la peau ou encore des cheveux. Les œstrogènes permettent d’assouplir les ligaments et les tendons de la mère pour qu’ils puissent s’étirer pendant la croissance du fœtus, elle agit aussi sur la glande mammaire de la maman en vue de l’allaitement. Après l’accouchement, les œstrogènes chutent rapidement. Ils jouaient un rôle important pendant la grossesse, notamment dans le maintien de l’utérus et l’équilibre émotionnel. Leur baisse peut entraîner une fatigue inhabituelle, des variations d’humeur, une sécheresse de la peau ou une chute de cheveux.
  • Hormone Lactogène Placentaire (HLP) : Pendant la grossesse, les alvéoles mammaires prolifèrent sous l’action de l’Hormone Lactogène Placentaire (HLP) avec une prolifération intense des canaux galactophores et des acinis.
  • Relaxine : Produite pour assouplir les ligaments et faciliter l’accouchement, elle baisse elle aussi, ce qui peut laisser une sensation de raideur ou de faiblesse dans les articulations.

Impact des fluctuations hormonales sur le corps et l'esprit

La chute des hormones de grossesse après l'accouchement peut entraîner divers symptômes physiques et émotionnels, communément appelés "baby blues" ou, dans les cas plus graves, dépression post-partum.

Les bouleversements émotionnels

Après l’euphorie provoquée par les endorphines juste après l’accouchement vient le fameux bouleversement hormonal (chute des œstrogènes dont est imbibée la future mère) et son flot d’émotions qui l’accompagne : passage du rire aux larmes, fatigue, fragilité et même parfois mal-être. Il est très fréquent (mais pas systématique) de se sentir fatiguée voire un peu déprimée après un accouchement. Le bouleversement hormonal y est pour quelque chose mais n’oublions pas que l’arrivée d’un bébé, aussi merveilleuse soit-elle, est aussi un grand changement dans une vie et parfois une prise de conscience soudaine nous submerge. Rassurez-vous, cet état ne dure normalement que quelques jours.

Le déséquilibre hormonal induit par la chute brutale des hormones de grossesse peut provoquer une dépression post-partum caractérisée par divers symptômes tels que :

  • une tristesse intense et persistante, souvent accompagnée de pleurs fréquents ;
  • une fatigue chronique, parfois disproportionnée par rapport à l’activité physique ;
  • des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie) ;
  • une perte d’intérêt pour les activités sociales ou personnelles ;
  • un sentiment de culpabilité associé à une perte d’estime de soi ;
  • un sentiment d’échec dans le rôle de mère ;
  • des pensées suicidaires avec un risque de passage à l’acte ;
  • un rejet du bébé ou des difficultés à nouer un lien mère/bébé…

Ces symptômes doivent alerter la jeune maman ainsi que son entourage. Un suivi par les sages-femmes, les médecins ou des professionnels spécialisés en santé mentale est primordial pour prévenir toute aggravation.

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Les changements physiques

  • Suites de couches (SDC) : Le terme Suites De Couches (SDC) caractérise la période qui s’étend de la délivrance au retour de couches (ou retour de la menstruation).
  • Involution utérine : L’utérus se rétracte, se contracte et involue rapidement après la délivrance. Cette involution sera favorisée par la lactation immédiate après l’accouchement grâce aux taux circulants élevés d’ocytocine. Son volume diminue rapidement ainsi que son poids (d’1,5 kg après l’accouchement à 70 g au 8ème jour, c’est-à-dire la taille d’une orange). L’involution est très rapide les deux premières semaines, puis beaucoup plus lente. Durant l’involution, le segment inférieur disparaît et le col se reconstitue pour retrouver sa consistance et sa longueur en une semaine environ.
  • Retour des règles : En l’absence de lactation, elle peut s’observer à partir du 45ème jour. Le retour des règles après l’accouchement dépend de facteurs hormonaux. La reprise du cycle menstruel est en effet liée à l’arrêt de la sécrétion de la prolactine, une hormone produite en quantité croissante tout au long de la grossesse pour préparer la lactation (la montée de lait qui suit l’accouchement). Cette hormone a pour effet de bloquer l’ovulation au moins pendant les 28 jours qui suivent la naissance. Or, cette hormone est stimulée par la succion du bébé : en cas d’allaitement, la prolactine peut ainsi maintenir la suspension de l’ovulation et donc retarder d’autant la reprise des règles. Cet effet « anovulatoire » de la prolactine peut ainsi se perpétuer jusqu’aux 6 mois de l’enfant !
  • Vulve et périnée : La vulve peut rester béante quelques jours mais reprend sa tonicité et perd son aspect congestif dès le 2ème jour. Les muscles périnéaux et les releveurs reprennent leur tonus en six à huit semaines s’ils n’ont pas été lésés pendant l’accouchement.
  • Cheveux et poils : On observe un passage en phase télogène dans le post-partum se produisant 1 à 5 mois après l’accouchement entraînant une chute diffuse des cheveux pouvant durer plusieurs mois. La récupération est quasi-complète en 1 à 2 ans. L’hyperpilosité des poils sexuels, des jambes, des bras, de la lèvre supérieure, de la ligne médiane abdominale diminue progressivement et partiellement.
  • Troubles urinaires : Une crise urinaire est fréquente dans les premiers jours avec une diurèse pouvant atteindre 2 l à 2,5 l/24 h ; cependant, du fait de l’atonie vésicale et de l’éventuel traumatisme dû à l’accouchement, une possible rétention urinaire doit être recherchée d’autant plus qu’elle est souvent latente et indolore et pourra entraîner une mauvaise rétraction utérine.
  • Lochies : Par l’observation et l’odorat, la qualité et la quantité des lochies sont appréciées. Les saignements qui surviennent après l’accouchement sont très différents de ceux liés aux règles menstruelles. Très abondants et souvent accompagnés de caillots et de membranes, ils nécessitent des serviettes hautement protectrices. Les lochies perdurent généralement tout au long de la période du post-partum et sont souvent suivies de contractions.
  • Diastasis recti : Pendant la grossesse, le « grand droit », un muscle situé à l’avant de l’abdomen est étiré et distendu puis s’écarte pour laisser l’utérus grandir (pendant la grossesse votre utérus passe de la taille d’une figue à une grosse pastèque). On remarque alors au niveau du ventre deux saillies verticales séparées par un creux lorsque le ventre est contracté. Dans les jours qui suivent l’accouchement cet écartement peut être d’une largeur de deux doigts. Pour réduire le diastasis, il faut renforcer les muscles profonds.
  • Problèmes de peau : Après l’accouchement, la carence hormonale a tendance à ternir le teint et la peau à s’assécher. L’augmentation de la production de certaines hormones de grossesse peut être à l’origine de différentes modifications de l’aspect de la peau, qui le plus souvent disparaissent après l’arrivée de bébé. L’hyperpigmentation de certaines parties du corps (aisselles, aréoles des seins, ligne entre le pubis et le sternum…) est due à l’augmentation de la production de mélanine par les cellules de la peau, sous l’action des hormones de la grossesse. Cette hyperpigmentation peut aussi se traduire par l’apparition de taches brunes irrégulières sur les zones du visage les plus exposées au soleil : nez, joues et front. Il s’agit du masque de grossesse, appelé aussi chloasma ou mélasma. Certaines hormones de grossesse produites en grande quantité fragilisent aussi les fibres de la peau qui perdent de leur élasticité. Au niveau des zones plus riches en tissu graisseux, comme l’abdomen, les cuisses, les fesses et les seins, les fibres du derme peuvent se fissurer et laisser des cicatrices rosées d’abord, blanchissant ensuite : les vergetures. Enfin, la forte sécrétion d’hormones peut aussi être responsable de poussées d’acné, par hyperactivité des glandes sébacées qui fabriquent davantage de sébum. Produit en excès, il a tendance à boucher les pores de la peau, favorisant ainsi l’apparition de comédons et kystes.
  • Douleurs : Après l’accouchement, différentes douleurs plus ou moins importantes selon les femmes peuvent être ressenties au niveau des seins. Ce sont des douleurs de contractions liées à l'utérus qui reprend forme et qui peuvent faire extrêmement mal durant les premiers jours. Elles sont généralement plus intenses après un deuxième ou un troisième enfant. La cicatrisation de l'épisiotomie, des déchirures ou d'une césarienne, entraîne des douleurs, des brûlures, des picotements, des tiraillements, "durant une quinzaine de jours", précise la sage-femme. Par la suite, les douleurs peuvent persister, ainsi qu'une sensation de lourdeur, lorsque l'on marche ou que l'on porte une charge. Si la cicatrice externe de la césarienne se fait en dix ou quinze jours, celle, interne, demande un mois.

Combien de temps faut-il pour que les hormones reviennent à la normale ?

« Normalement, la chute des hormones se déroule approximativement trois jours après l’accouchement », explique la praticienne. C’est le moment du fameux baby blues ou post-partum. Toutes les hormones ne disparaissent pas après l’accouchement. « En cas d’allaitement, la prolactine et l’HPL se mettent en route lors de la chute des autres hormones.

Lorsque le placenta est expulsé en fin d'accouchement, les hormones de grossesse sont éliminées progressivement, selon que l'on allaite ou non. "Si ce n'est pas le cas, elles se rééquilibrent entre trois et six semaines environ. Une femme qui allaite troque un état hormonal pour un autre, mais les bouleversements hormonaux existent", indique la sage-femme.

Il faut en moyenne un an, pour que le corps retrouve son état précédant la grossesse.

Conseils pour mieux vivre le post-partum

  • Se reposer : Il est impératif de se reposer, de trouver du temps pour dormir. Pour se préparer idéalement à l'après-accouchement, le mieux est de ne pas attendre la naissance pour enfin se poser. Il est vraiment crucial que la femme ne se surmène pas durant sa grossesse.
  • Rechercher du soutien : L'accompagnement des mères est essentiel. La présence du second parent est aussi indispensable.
  • Allonger le congé paternité : Il est inconcevable que les femmes se retrouvent au travail deux mois et demi après avoir accouché, c'est tout juste ce qu'il faut pour se remettre physiquement.
  • Bien s’hydrater : Pensez à boire suffisamment au quotidien.
  • Consulter un professionnel de santé : En cas de persistance des symptômes de baby blues ou d’apparition de signes de gravité (perte d’appétit, sommeil très perturbé, fatigue intense, idées noires) il faudra rapidement consulter son médecin. La dépression du post-partum est un sujet tabou, dont on ne parle pas suffisamment. Il est normal qu’un tel bouleversement de vie représenté par la venue au monde d’un enfant puisse nécessiter un accompagnement spécifique, auprès de professionnels de l’écoute.
  • Mobilisation précoce : On recommande de plus en plus une mobilisation précoce dès le premier jour après l’accouchement. Cela permet de reprendre conscience de cette zone qui a été fortement étirée lors du passage du bébé. L’exercice de contraction/décontraction est alors recommandé.
  • Protection de la peau : Pensez également à protéger votre visage du soleil (même en ville) pour éviter l’apparition du masque de grossesse.

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