L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un droit pour toute femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse. La loi française permet à toute femme, majeure ou mineure, de demander l'interruption de sa grossesse à un médecin. Cet article vise à informer sur les démarches, les méthodes, les coûts et les lieux de consultation pour une IVG en France.
Cadre Légal et Délais
En France, l'IVG est autorisée jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles (16 semaines d’aménorrhée). Il est crucial d'engager les démarches rapidement après la décision de recourir à une IVG, car elles peuvent prendre du temps. La loi du 2 mars a allongé le délai maximal légal pour réaliser une IVG à 16 semaines d’aménorrhée.
Démarches et Consultations Obligatoires
La demande d’IVG se fait en deux temps :
Consultation d'information : La 1ère consultation est réalisée sur rendez-vous avec une sage-femme. Elle vous informera sur les différentes méthodes d’IVG (instrumentale et médicamenteuse), sur les lieux de réalisation et sur les risques et les troubles qui peuvent survenir lors d’une IVG. Elle peut également être réalisée auprès de votre médecin traitant, sage-femme ou gynécologue, qui vous remettra alors une attestation de première demande d’ivg, qu’il conviendra de nous rapporter pour la deuxième consultation qui pourra avoir lieu à l’hôpital. Un lien vers le dossier guide vous sera donné reprenant l’ensemble de ces informations pour que vous puissiez vous y référer à tout moment. Cette consultation est l’occasion pour vous de poser toutes les questions que vous pouvez avoir.
Remise de votre consentement écrit de demande d’avortement : Il n’existe plus de délai de réflexion minimal entre le premier et le deuxième temps. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse).
Lire aussi: Protection Maternelle Infantile (PMI)
Si vous êtes mineure, vous pouvez choisir de demander le consentement de vos parents ou de votre représentant légal qui pourra vous accompagner dans votre démarche d'IVG. Cependant, si vous souhaitez garder le secret, l'IVG est pratiquée à votre seule demande. Les mineures n’ont pas besoin d’une autorisation parentale pour avorter, mais elles doivent être accompagnées d’une personne majeure de leur choix.
Un entretien psycho-social (celui-ci est obligatoire si vous êtes mineure et doit être réalisé avant le recueil de votre consentement). Cet entretien a lieu dans un EVARS (espace vie affective, relationnelle et sexuelle), dans un centre de santé sexuelle ou dans un organisme agrée. Une conseillère conjugale peut vous accueillir et vous apporter des informations et un soutien psychologique puis constituer le dossier. Cet entretien psychosocial est proposé aux patientes majeures mais est obligatoire pour les mineures.
Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes d'IVG : médicamenteuse et instrumentale (chirurgicale). Après avoir été informée sur les différentes méthodes de réalisation de l’IVG, vous pourrez faire un choix libre et éclairé entre la méthode médicamenteuse ou chirurgicale sachant que l’IVG médicamenteuse peut se réaliser à domicile jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée, (soit 5 semaines de grossesse) ou en hospitalisation jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée (soit 7 semaines de grossesse). La technique d'avortement utilisée dépend de votre choix et du terme de votre grossesse. Ce choix peut être effectué avec l'aide du médecin ou de la sage-femme.
IVG Médicamenteuse
La technique médicamenteuse consiste à prendre 2 médicaments (le 1er servant à interrompre la grossesse et le 2nd à provoquer l'expulsion de l’œuf).
Les 2 médicaments sont délivrés par le médecin ou la sage-femme lors de la consultation ou par le pharmacien dans le cas où vous avez effectué une téléconsultation.
Lire aussi: Comprendre le sommeil de bébé
Le 1er médicament peut être pris :
- En présence du médecin ou de la sage-femme au cours d'une consultation ou d'une téléconsultation à votre domicile
- Seule à votre domicile.
La prise du 2nd médicament a lieu entre 24 et 48 heures après la prise du 1er en consultation ou à votre domicile.
Cette méthode ne nécessite donc ni anesthésie, ni intervention chirurgicale. Des médicaments antalgiques vous seront prescrits.
Dans le cadre de la téléconsultation (IVG à l'hôpital ou en ville), les médicaments sont prescrits par le médecin ou la sage-femme et délivrés par une pharmacie d'officine désignée par la femme. Cette pharmacie garantit la confidentialité.
IVG médicamenteuse : possible jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse (soit au maximum 9 semaines après le 1er jour des dernières règles ou 9 semaines d'aménorrhée). Elle est pratiquée dans un cabinet de ville auprès d’un médecin ou d’un sage-femme agréés, en établissement de santé ou dans un centre de planification et d’éducation familiale ou dans un centre de santé sexuelle. Pour des grossesses jeunes (inférieures à 7 semaines de grossesse) et sous certaines conditions précises, la méthode médicamenteuse pourra être réalisée en ambulatoire.
Lire aussi: Règles pour les visites à Mercy Maternité
La mifépristone : ce médicament favorise l’ouverture du col de l’utérus en bloquant l’action de la progestérone et peut arrêter la grossesse. Ce médicament peut être pris à domicile sous certaines conditions ou lors d’une courte hospitalisation dans le service de gynécologie.
IVG Instrumentale (Chirurgicale)
La technique instrumentale (chirurgicale) consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament.
L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale. Vous choisissez avec l'aide du professionnel de santé le mode d'anesthésie le mieux adapté à votre situation.
L'hospitalisation dure en général quelques heures, mais l'intervention en elle-même dure une dizaine de minutes. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Elle est pratiquée au bloc opératoire par un médecin et dure environ 15 minutes. Vous serez hospitalisée pour la journée dans le centre de chirurgie et anesthésie ambulatoire. Elle consiste à aspirer le contenu de l’utérus après dilatation du col. L’ouverture du col peut être facilitée par l’administration de médicaments. Elle peut se faire sous anesthésie générale (consultation d’anesthésie nécessaire) ou locale.
IVG instrumentale : possible jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles ou 16 semaines d'aménorrhée). Elle est pratiquée uniquement dans un établissement de santé.
A savoir Les sages-femmes effectuant une IVG instrumentale (chirurgicale) en établissement de santé doivent justifier de leur compétence. Cette compétence est attestée par le suivi d'une formation théorique et pratique à l'IVG instrumentale (chirurgicale) et à la conduite à tenir en cas de complications liées à l'IVG.
Prise en Charge Financière
Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.
Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).
Coûts de l'IVG
- IVG instrumentale (chirurgicale) : Le coût d'une IVG instrumentale est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire. Ce tarif est compris entre 579,06 € et 830,06 € en fonction : De l'établissement de santé (hôpital ou clinique), Du type d'anesthésie (locale ou générale) Et de la durée de l'hospitalisation.
- IVG médicamenteuse en établissement de santé : Le coût d'une IVG médicamenteuse, en établissement de santé (hôpital, clinique), est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €.
- IVG médicamenteuse en médecine de ville : Le coût d'une IVG médicamenteuse de ville (cabinet médical, centre de santé, centre de santé sexuelle appelé avant centre de planification et d'éducation familiale) est remboursé par l'Assurance maladie à 100 %, avec des tarifs fixés par arrêté à chaque étape.
Suivi Post-IVG
Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle vous permet de parler de votre situation si vous en ressentez le besoin. Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG instrumentale ou médicamenteuse. Elle permet de s'assurer qu'il n'existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue. Lors de la consultation de contrôle, le médecin ou la sage-femme s'assure que vous disposez d'un moyen contraceptif adapté à votre situation si nécessaire. Les résultats des examens réalisés vous seront rendus lors de cette consultation.
Où S'adresser ?
Vous pouvez vous adresser à différents lieux pour obtenir des informations et réaliser une IVG :
- Dans un centre de santé sexuelle
- Dans un centre de santé
- Dans un établissement de santé
- Auprès de votre médecin traitant, sage-femme ou gynécologue
Des annuaires répertoriant les structures et professionnels réalisant des IVG sont accessibles en consultant les sites internet des ARS de chaque territoire concerné.
Hôpital St-Louis : Informations Spécifiques
Le service de gynécologie de l’hôpital St-Louis assure la prise en charge des Interruptions Volontaires de Grossesses (IVG) dans le Centre d’orthogénie.
Contacts et prise de rendez-vous :
- Localisation : Hôpital St-Louis 1er étage de la maternité
- Horaires : Du lundi au vendredi 8h-16h
- Contact : 05 46 45 52 24 Laissez un message vocal avec vos coordonnées pour être rappelé.
Le centre d’orthogénie prévoit également :
- Des consultations gynécologiques
- Prescription de contraception
- Dépistage des IST
- Consultations sur la sexualité
- Des entretiens avec une conseillère conjugale
Votre prise en charge Ils peuvent intervenir dans le service :
- Psychologue : Mme Myriam GUIBERT 05 46 45 67 25
- Service social
L’équipe :
- Solene LE MELLAY Sage-femme
- Claire SIMONNEAU-BARBIN Sage-femme
- Valérie PIGEAU Sage-femme
- Myriam GUIBERT Psychologue
Contraception d'Urgence
Vous avez eu un rapport sexuel non ou mal protégé (rupture de préservatif, absence de contraception, oubli de pilule, vomissements ou diarrhées après la prise du comprimé, décollement du patch, expulsion de l’anneau vaginal ou autres accidents de méthode contraceptive) ? La contraception d’urgence existe !
2 méthodes de contraception d’urgence existent :
- La contraception d’urgence hormonale
- Le dispositif intra-utérin (DIU) en cuivre.
La contraception d’urgence HORMONALE
Il s’agit de pilules hormonales contraceptives d’urgence dites « pilules du lendemain » sous forme de comprimé unique à avaler ayant pour effet de retarder l’ovulation. Vous pouvez utiliser la contraception d’urgence hormonale dans les 3 jours ( 72 heures) à 5 jours ( 120 heures) qui suivent le rapport non protégé :
- Si vous êtes mineure : Vous pouvez l’obtenir de manière ANONYME, GRATUITE et SANS ORDONNANCE : En pharmacie, Auprès d’une infirmière scolaire, D’un centre de planification.
- Si vous êtes étudiante (majeure ou mineure) : Vous pouvez l’obtenir de manière ANONYME, GRATUITE et SANS ORDONNANCE dans les services universitaires de médecine préventive (SUMPPS).
- Si vous êtes majeure : Vous pouvez l’obtenir SANS ORDONNANCE en pharmacie. Si vous avez une ordonnance, la contraception d’urgence vous sera remboursée à 65% par l’Assurance maladie.
La contraception d’urgence hormonale ne protège que du rapport qui a eu lieu avant la prise du comprimé. Elle ne protège pas des rapports qui ont lieu après. Il est par conséquent recommandé d’utiliser des préservatifs jusqu’au retour des prochaines règles.
Si vous avez utilisé la contraception d’urgence à la suite d’un oubli de pilule contraceptive, il est indispensable de ne pas interrompre votre contraception habituelle. Toutefois, celle-ci ne vous protège plus totalement pour le cycle en cours. Il faut par conséquent utiliser en complément, des préservatifs, à chaque rapport sexuel jusqu’aux règles suivantes.
En cas de retard de règles de 5 à 7 jours, il est conseillé de faire un test de grossesse. Vous pouvez obtenir un test urinaire directement en pharmacie ou vous faire prescrire une prise de sang par votre généraliste, votre gynécologue ou votre sage-femme. Les Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) fournissent des tests gratuits pour les mineures et non assurées sociales.
Le dispositif intra-utérin (DIU) en cuivre (dît « stérilet »)
Le DIU en cuivre est une contraception régulière qui peut être également utilisé comme contraception d’urgence dans les 5 jours suivants le rapport à risque.
De la forme d’un « T » mesurant entre 2.8 et 3.8 cm de long, il est en plastique avec un ou plusieurs manchons de cuivre. Le cuivre rend les spermatozoïdes inactifs. Il agit également sur la paroi de l’endomètre pour empêcher l’implantation de l’œuf.
Le DIU peut être posé jusqu’à 5 jours après la date du rapport à risque. Il est placé dans l’utérus au cours d’une consultation par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Sa pose est très rapide (2 minutes environ).
Afin de se faire poser un DIU au cuivre, il faut préalablement consulter un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Il peut être nécessaire de vérifier, lors de la prise de rendez-vous que le professionnel pratique la pose de DIU. Précisez qu’il s’agit d’une urgence. Lors de la première consultation, après avoir vérifié l’absence de contre-indications, le professionnel vous prescrira le DIU. Vous pourrez alors l’acheter en pharmacie. Il coûte 30.50 euros et est remboursé à 65% par l’Assurance maladie. Lors de la seconde consultation, le professionnel effectuera la pose.
Vous pouvez également vous adresser à un CPEF. Il est en effet peut-être plus facile d’obtenir rapidement un rendez-vous dans ces structures. Les CPEF accueillent gratuitement en consultation les mineures et les majeures non assurées sociales.
L’avantage du DIU comme contraception d’urgence est, qu’une fois posé, il servira également de contraception régulière peu contraignante et très efficace.
En cas de retard de règles de 5 à 7 jours, il est conseillé de faire un test de grossesse. Vous pouvez obtenir un test urinaire directement en pharmacie ou vous faire prescrire une prise de sang par votre généraliste, votre gynécologue ou votre sage-femme. Les Centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) fournissent des tests gratuits pour les mineures et non assurées sociales.
En Résumé
La contraception d’urgence ne provoque pas l’interruption d’une grossesse. Une fois que l’œuf est fécondé, qu’il s’est implanté dans l’utérus et que la nidation a commencé, la contraception d’urgence devient inefficace. C’est pour cette raison qu’elle n’est possible que jusqu’à 3 à 5 jours suivant un rapport à risque.
La contraception hormonale d’urgence est une contraception à usage exceptionnel qui ne constitue pas une méthode de contraception régulière. La contraception hormonale d’urgence ne génère pas un risque de stérilité, ni d’augmentation du risque de fausse-couche spontanée ou de grossesse extra utérine.
Le DIU est considéré comme la méthode de contraception d’urgence la plus efficace en cas de rapport non ou mal protégé.
La contraception d’urgence ne permet pas de prévenir les infections sexuellement transmissibles (IS). Faites un test des IST si vous n’avez pas fait ce test avec votre partenaire.
Planning Familial
Créée en 1956 sous le nom de "La maternité heureuse", l’association réunissait des femmes et des hommes bien décidés à faire changer la loi de 1920 qui interdisait l’avortement, ainsi que l’utilisation et la diffusion de tout moyen contraceptif en France. Le Planning Familial est un mouvement militant qui prend en compte toutes les sexualités, défend le droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité. Alors que la hantise d’une grossesse non prévue inhibait la sexualité des femmes, la conquête de la contraception et du droit à l’avortement ont bouleversé la société toute entière par la possibilité de dissocier "sexualité" et "reproduction". Les femmes ont gagné le droit de choisir d’avoir ou non des enfants et de vivre une sexualité épanouie. Cap fondamental vers leur émancipation et leur implication dans la vie sociale, professionnelle et politique, ce droit n’est pas encore une réalité pour toutes les femmes.
RIMANA : Réseau d’Accompagnement à la Santé Sexuelle des Femmes en Corse
Un réseau inédit d’accompagnement à la santé sexuelle des femmes, unique en France, permet de proposer un meilleur accès à la consultation, à la contraception et à l’IVG gratuit sur tout le territoire insulaire. Chaque femme doit pouvoir accéder facilement à la contraception, à l’IVG ainsi qu’aux informations en santé sexuelle auprès d'un professionnel de santé de son choix, qu'il s'agisse d'un médecin ou d'une sage-femme en cabinet libéral, dans un centre de santé sexuelle, ou à l’hôpital, au plus près de son lieu de résidence, ceci de façon gratuite et anonyme, selon sa demande, y compris pour les femmes majeures.
Qui peut adhérer au RIMANA ?
Dans un premier temps, les professionnels de santé exerçant dans le champ de la santé sexuelle dont font partie les médecins (généralistes et gynécologues), les sage-femmes, les pharmaciens, les biologistes et laboratoires d’analyses médicales, les radiologues et centres d’échographies ainsi que les infirmier-e-s. Puis les femmes mineures et majeures, souhaitant bénéficier d’un anonymat ou non, et/ou en difficulté socio-économique ou familiale, y compris les femmes non assurées sociales, et les étudiantes. Enfin, précisons que l’adhésion est gratuite pour tous, sur simple signature d’un formulaire.
tags: #horaires #consultation #ivg
