Catherine Nay, née à Tours en 1943, est une figure emblématique du journalisme et de la littérature française. Connue pour sa grande liberté de ton et son analyse perspicace de la vie politique française, elle a marqué de son empreinte le paysage médiatique et littéraire. Son parcours, riche et diversifié, témoigne d'un engagement constant envers la vérité et d'une passion pour l'observation des dynamiques du pouvoir.
Une jeunesse marquée par le gaullisme et les valeurs familiales
Catherine Nay grandit à Périgueux, au sein d'une famille gaulliste et catholique. Elle est la seule fille d’une fratrie de cinq enfants. Son père, ingénieur principal à la SNCF, sa mère, femme au foyer, et sa grand-mère maternelle forment une « trinité aimante ». Elle perd un de ses frères, Pierre, dans un accident de voiture, en 1970, un événement tragique qui bouleverse la famille.
Cette éducation, ancrée dans les valeurs traditionnelles, forge sa vision du monde et son intérêt pour la politique. Elle se forge l’idée optimiste que l’homme politique peut faire énormément pour son pays, s’il le veut et "s'il est servi par les circonstances." Elle souhaite admirer. Sa vision de journaliste sera toujours plus romanesque qu’idéologique. Sa mère rêvait d’être pianiste. Elle n’a pas pu assouvir son rêve. Elle voulait donc que chacun de ses cinq enfants puisse faire ce qu’il rêvait de faire. Catherine Nay a la certitude qu’elle sera journaliste et souhaite gagner sa vie pour faire des cadeaux à sa mère.
Une carrière journalistique au cœur du pouvoir
Après des débuts au Nouveau Candide, Catherine Nay intègre L'Express en 1967, où elle est chargée de suivre la droite politique. Avec Michèle Cotta, chargée de la gauche, les deux « Express Girls » rencontrent un fort succès auprès des hommes politiques. « On ramenait des informations, raconte Catherine Nay dans Sexus Politicus (Albin Michel, 2006). Envoyer des filles pas trop bêtes et pas trop laides, ça raccourcissait les distances ».
Elle quitte L'Express en 1975 pour rejoindre Europe 1, où elle gravit rapidement les échelons, devenant rédacteur en chef du service politique en 1988, puis éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction en 1995. Depuis 2005, elle est conseiller du président et tient une chronique politique hebdomadaire. Elle participe également à l’émission dominicale « Il n’y en a pas deux comme Elle ». Elle livre une « Carte blanche » chaque vendredi dans la matinale.
Lire aussi: Catherine Laborde et la maladie
Tout au long de sa carrière, Catherine Nay côtoie les plus grands hommes politiques, tissant des liens privilégiés avec certains d'entre eux. Sa proximité avec le pouvoir lui permet de décrypter les enjeux et les coulisses de la vie politique française avec une acuité rare. Elle est proche de Rachida Dati et fut l’une des premières à la visiter à maternité au moment de son accouchement. En effet c’est Albin Chalandon et Catherine Nay qui ont chapeauté la future Garde des Sceaux à ses débuts dans la vie politique.
Une plume acérée au service de l'analyse politique
Catherine Nay est reconnue pour son style d'écriture incisif, direct et souvent teinté d'humour. Elle n'hésite pas à bousculer les codes et à remettre en question les idées reçues, ce qui lui vaut parfois des critiques, mais aussi une grande admiration. Elle a toujours dit ce qu'elle pensait, en bousculant les codes de son monde et d'une petite société politico-médiatique dans laquelle elle évolue sans complaisance.
Ses analyses politiques, toujours pertinentes et documentées, sont appréciées pour leur clarté et leur capacité à rendre compte de la complexité du monde politique. Elle s'intéresse particulièrement à la psychologie des acteurs politiques, cherchant à comprendre leurs motivations et leurs stratégies. Catherine Nay n’a jamais prétendu être une idéologue, ou une analyste historique, ou économique. Elle a un style de journalisme bien à elle, personnel, elle a toujours fait ça : essayer d’étudier la psychologie des politiques.
L'écriture comme prolongement de son engagement
Parallèlement à sa carrière de journaliste, Catherine Nay est l'auteure de plusieurs ouvrages d'analyse politique et de mémoires, qui rencontrent un grand succès auprès du public et de la critique. Parmi ses œuvres les plus marquantes, on peut citer Le Noir et le Rouge ou l’Histoire d’une ambition (1984), L’Impétueux : Tourments, tourmentes, crises et tempêtes (2012), et ses mémoires, Souvenirs, souvenirs… Tome 1 (2019) et Tu le sais bien, le temps passe. Souvenirs, Souvenirs 2 (2021).
Dans ses livres, Catherine Nay dévoile les coulisses du pouvoir, brosse des portraits saisissants des personnalités politiques qu'elle a côtoyées, et livre une analyse sans concession de la société française. Elle y aborde des thèmes variés, tels que l'ambition, la corruption, les relations hommes-femmes, et l'évolution de la politique française au fil des décennies.
Lire aussi: Catherine Alric : une artiste aux multiples talents
Une vie privée marquée par l'amour et le deuil
La vie privée de Catherine Nay est marquée par sa relation de longue date avec Albin Chalandon, figure emblématique du gaullisme. Ils se sont rencontrés à la fin des années 1960 et ont vécu une relation passionnée pendant près de 30 ans avant de se marier en 2016, après le décès de la première épouse de Chalandon.
Albin Chalandon, ancien résistant, député UDR de la deuxième circonscription des Hauts-de-Seine (Asnières-Colombes) puis RPR, qui fut Ministre de l’Industrie dans le gouvernement de Georges Pompidou en 1968, Ministre de l’Équipement et du Logement de Maurice Couve de Murville et de Jacques Chaban-Delmas et Garde des Sceaux de Jacques Chirac pendant la première cohabitation de la présidence Mitterrand (1986).
Leur relation est une source de soutien mutuel et d'inspiration. Albin, ce grand séducteur rencontré en 1967, l’a initiée à tout, formée à l’économie, plongée dans son biotope, entre les politiques et les riches industriels, les Bolloré, les Dassault, Jean-Luc Lagardère, qui fut un protecteur fidèle. Drôle d’existence, à deux la semaine, lui le dimanche chez l’épouse, jusqu’à ce que le veuvage l’autorise, en 2016, à demander sa main.
Le décès d'Albin Chalandon en 2020, à l'âge de 100 ans, est une épreuve douloureuse pour Catherine Nay. Elle lui rend hommage dans ses mémoires, décrivant leur relation avec tendresse et admiration. Chez elle, sous le regard de son mari, disparu le 29 juillet 2020, à l’âge de 100 ans. Les obsèques du résistant furent célébrées dans une église des Yvelines en présence du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, après un gentil coup de fil des Macron, mais c’est Nicolas Sarkozy qui prit la parole lors de l’hommage national aux Invalides.
Catherine Nay n'a pas eu d'enfants. Catherine Nay dit que c’est l’une des raisons pour lesquelles elle a renoncé à avoir des enfants : " S’il m’arrivait une chose pareille, je n’y survivrai pas. " Elle confie qu’à Noël elle s’est souvent acheté des peluches, entassées là, dans sa bibliothèque.
Lire aussi: L'éducation et la famille selon Catherine Bozorgan
tags: #catherine #nay #enfants
