Introduction
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes, légalisé en France en 1975 grâce à Simone Veil. Des avancées juridiques successives, portées par les associations féministes, ont permis d'améliorer l'accès à ce droit, notamment avec la gratuité et le respect de l'anonymat pour les mineures, ainsi que la suppression de l'entretien obligatoire auprès d'un gynécologue. Cependant, l'accès à l'IVG reste un enjeu crucial, comme l'a souligné la récente épidémie de coronavirus, qui a mis en évidence les failles du système de santé et la nécessité d'adapter les pratiques médicales aux besoins sociaux.
L'IVG à Pertuis : Le rôle des médecins généralistes
À Pertuis, dans le Vaucluse, le Dr Christine Largillier, médecin généraliste, constate que des femmes viennent parfois de loin pour solliciter une IVG médicamenteuse. Elle se rend disponible dans les 48 heures suivant l'appel de ses patientes pour faciliter le processus et limiter les délais. Elle considère que tout ce qui assouplit les démarches concernant l'IVG médicamenteuse est une avancée.
Cependant, elle remarque également qu'elle est l'une des rares généralistes à Pertuis à pratiquer l'IVG. Elle effectue une vingtaine d'IVG par an.
La téléconsultation pour l'IVG médicamenteuse : Une solution ?
Officiellement, la téléconsultation pour le recours à l'avortement médicamenteux est censée désengorger les hôpitaux. Cependant, le Dr Largillier n'y croit pas vraiment, soulignant que cet argument était déjà avancé lors de sa formation à l'IVG en 2012. De plus, elle constate qu'aucune de ses patientes n'a jusqu'à présent demandé de téléconsultation.
Néanmoins, la possibilité de procéder à un avortement médicamenteux par téléconsultation a été pérennisée par un décret. Désormais, une simple téléconsultation peut être organisée avec un médecin ou une sage-femme, et les médicaments peuvent être retirés en pharmacie de ville.
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L'allongement du délai légal pour l'IVG chirurgicale
Un autre changement important concerne l'IVG chirurgicale (par aspiration). La loi a été modifiée pour allonger la durée légale du recours à cette méthode jusqu'à 14 semaines de grossesse, contre 12 semaines auparavant. Le texte comprend également l'extension des compétences des sages-femmes, qui pourront pratiquer des IVG chirurgicales dans un établissement de santé jusqu'à la fin de la quatorzième semaine de grossesse.
Avant cette modification, les femmes qui souhaitaient avorter au-delà de la douzième semaine de grossesse pouvaient être contraintes de se rendre au Royaume-Uni, en Espagne ou aux Pays-Bas, ce qui impliquait des coûts importants (de 1.000 à 2.500 euros) et un stress supplémentaire.
Les difficultés d'accès à l'IVG et les situations de vulnérabilité
Le Planning familial 13 souligne que durant les premières semaines de la crise sanitaire, "l'inquiétude était forte sur l'accès à l'avortement, en particulier sur le dépassement des délais légaux français". L'association est souvent confrontée à des situations complexes qui peuvent amener les femmes à prendre conscience tardivement de leur grossesse ou à retarder les démarches pour avorter. Il peut s'agir de personnes en situation de précarité économique, administrative ou victimes de violences.
Le Planning familial joue un rôle essentiel en écoutant ces femmes, en les accompagnant dans la prise de rendez-vous ou l'échographie de datation pour estimer l'avancement de la grossesse.
Les revendications des professionnels de l'IVG pendant la crise sanitaire
Face à l'épidémie de coronavirus, les professionnels de l'IVG ont réorganisé la prise en charge des femmes afin de répondre à toutes les demandes dans le délai le plus bref et en limitant au maximum tout déplacement. Ils ont souligné plusieurs difficultés :
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- Les questions de ressources humaines, avec des soignant(e)s également malades, ce qui met les équipes en tension.
- La limitation des déplacements des femmes lors de leur IVG.
- L'aggravation des situations de violences et la difficulté pour les femmes vivant dans un environnement dangereux de consulter.
Pour limiter la sollicitation des équipes hospitalières, ils ont souhaité que les avortements puissent être autorisés par voie médicamenteuse au domicile jusqu'à neuf semaines d'aménorrhée, soit sept semaines de grossesse.
Clause de conscience et refus de pratique
La question de la clause de conscience et du refus de certains médecins de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse est également soulevée. Le D Perrine Mazet, qui dirige le centre de planification et d'éducation familiale au centre hospitalier d'Avignon, et Véronique Rouveyrol, sage-femme coordinatrice, sont des acteurs clés dans ce domaine.
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