Introduction

La Fécondation In Vitro (FIV) représente une avancée majeure dans le domaine de la médecine reproductive, offrant une solution aux couples confrontés à des problèmes d'infertilité. Cet article explore l'histoire de la FIV, en mettant en lumière les dates clés et les développements qui ont façonné cette technique révolutionnaire. De ses débuts expérimentaux aux enjeux éthiques contemporains, nous examinerons l'évolution de la FIV et son impact sur la société.

Les Prémices de l'Assistance Médicale à la Procréation

L'idée d'assister médicalement la procréation ne date pas d'hier. Dès la fin du XVIIIe siècle, des interventions médicales rudimentaires ont été réalisées. John Hunter, par exemple, conseilla à un homme souffrant d'hypospadias de recueillir son sperme et de l'introduire dans le vagin de sa femme, marquant ainsi une séparation entre l'acte sexuel et la procréation. Au XIXe siècle, l'insémination artificielle s'est développée, souvent pour pallier des difficultés sexuelles.

La Naissance de la FIV et Louise Brown

Une étape cruciale a été franchie dans la seconde moitié du XXe siècle avec la réalisation des premières fécondations in vitro (FIV) par Robert Edwards et Patrick Steptoe. La naissance de Louise Brown en 1978, premier enfant conçu grâce à cette technique, a marqué une révolution. Jusqu'alors, les femmes ayant les trompes de Fallope bloquées étaient considérées comme stériles. La FIV offrait un nouvel espoir, mais les premières applications cliniques furent lentes à se mettre en place. Des équipes pionnières au Royaume-Uni, en Australie, en France et aux États-Unis ont développé des procédures standardisées et efficaces.

L'Amélioration des Techniques et l'ICSI

L'amélioration des connaissances biologiques et des techniques médicales a permis en 1978 la première naissance viable d'un enfant conçu par FIV. La maîtrise des traitements inducteurs d'ovulation a permis d'obtenir un nombre élevé d'ovocytes matures et fécondables, améliorant ainsi les taux de grossesse. Cependant, la FIV ne permettait pas de résoudre tous les problèmes de stérilité, car elle exigeait un nombre relativement important de spermatozoïdes fonctionnels. En 1992, l'équipe d'André Van Steirteghem a démontré que la micro-injection d'un spermatozoïde directement dans l'ovocyte (ICSI) permettait d'activer ce dernier, d'obtenir des embryons se développant normalement et la naissance d'enfants avec la même efficacité que la FIV habituelle. Cette technique a été à l'origine d'un bond extraordinaire pour la prise en charge de la stérilité masculine.

La Cryoconservation : Une Révolution Supplémentaire

Les premières expériences de congélation de spermatozoïdes humains datent de 1938, mais la technique n'était pas très efficace. En 1949, Ernest John Christopher Polge et ses collaborateurs ont découvert que le glycérol possédait des propriétés cryoprotectrices très intéressantes pour préserver la fonction des spermatozoïdes congelés. La première naissance consécutive à une insémination avec spermatozoïdes préalablement congelés fut rapportée en 1953. La congélation du sperme a permis de rationaliser la pratique des inséminations artificielles avec sperme de donneur.

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Dès 1972, il a été démontré qu'il était possible d'obtenir la naissance de souriceaux après transfert d'embryons qui avaient été préalablement congelés. La congélation ovocytaire a été plus complexe à réaliser. En 1977, la naissance de souriceaux à partir d'ovocytes congelés a été obtenue et, dans l'espèce humaine, le premier enfant conçu dans les mêmes conditions est né en 1987.

Manipulations et Analyses en Laboratoire

Disposant des gamètes et des embryons au laboratoire, il est envisageable de les analyser et/ou d’agir sur eux pour améliorer les chances de conception et de développement, pour identifier des pathologies dont on ne souhaite pas la transmission ou pour corriger des dysfonctionnements afin de permettre la naissance d’enfants en bonne santé. Quand la FIV a été mise au point avec des ovocytes humains, très vite on a cherché à la réaliser à partir d’ovocytes maturés in-vitro comme dans d’autres espèces. En 1990, il a été démontré qu’il était possible de prélever des blastomères sur l’embryon au troisième jour de son développement sans altérer ses capacités de développement ultérieur. L’analyse chromosomique ou génique des blastomères prélevés permet de réaliser un diagnostic préimplantatoire afin d’éviter le transfert et le développement d’embryons atteints de pathologies graves.

La Situation Actuelle en France

En France, en 2019, 3,7% des enfants ont été conçus par PMA (procréation médicalement assistée), incluant 2,9% par FIV et 0,8% par insémination artificielle. Autrement dit, en moyenne, parmi un groupe de 27 enfants nés en 2020, l’un de ces enfants a été conçu par PMA. Le phénomène de naissances multiples (jumeaux, triplés…) associé aux FIV n’est plus autant d’actualité. En effet, sur 100 accouchements résultant d’une FIV, il naissait 130 enfants dans les années 1990 en France, quand aujourd’hui il en naît 107.

Évolution Législative et Débats Éthiques

C'est la promulgation de la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de même sexe qui modifie les termes du débat autour de la PMA. La loi ouvre l’adoption aux couples homosexuels et reconnaît ainsi qu’un enfant peut avoir deux parents du même sexe. En revanche, le recours à la PMA reste impossible pour ces couples.

En 2015, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) publie un avis recommandant au gouvernement et au Parlement d’étendre l’accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, au nom de l’égalité des droits entre tous et toutes. Lors des états généraux de la bioéthique, organisés de janvier à mai 2018, dans le cadre de la nouvelle révision de la loi de bioéthique, les personnes favorables à l’ouverture de la PMA font valoir une demande d’égalité. À l’opposé, les personnes qui y sont défavorables mettent en avant "la notion de nature" et les droits des enfants ainsi que leur crainte qu’une évolution législative sur la PMA n’ouvre la voie à la gestation pour autrui (GPA) pour les couples d’hommes. Le 25 septembre 2018, le CCNE remet son avis sur les priorités qui pourraient figurer dans la future loi de bioéthique. Il se déclare de nouveau favorable à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules.

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Enjeux Contemporains et Perspectives d'Avenir

Aujourd'hui, l'AMP ne se limite plus à pallier l'infertilité. Elle permet aussi d'éviter la naissance d'enfants atteints de pathologies. Les nouvelles possibilités techniques augmentent la variété et la complexité des options offertes aux couples infertiles, mais elles sont aussi utilisées pour répondre à des indications sociales, par exemple l'aide à la procréation de femmes seules ou de couples homosexuels. Si les nouvelles possibilités techniques augmentent la variété et la complexité des options offertes aux couples infertiles, elles sont quelquefois aussi utilisées pour répondre à des indications sociales, par exemple l’aide à la procréation de femmes seules ou de couples homosexuels, comme c’est le cas dans certains pays alors que d’autres restent réservés sur cette extension du champ de l’AMP.

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