L'allaitement maternel est largement reconnu par les experts en nutrition et en pédiatrie comme le mode d'alimentation optimal pour le nourrisson. En France, bien que 75 % des femmes expriment le désir d'allaiter, elles sont moins nombreuses à concrétiser ce souhait. Cet article vise à fournir des recommandations et des conseils essentiels pour un allaitement réussi, en abordant les aspects pratiques, les bienfaits pour la mère et l'enfant, ainsi que les solutions pour surmonter les défis potentiels.

Les Bienfaits de l'Allaitement Maternel

Les effets bénéfiques du lait maternel pour le nourrisson sont indéniables. Il satisfait à lui seul tous les besoins nutritionnels du bébé pendant les premiers mois de sa vie. Allaiter est normal et devrait être la référence. C'est le fait de ne pas allaiter qui entraîne des inconvénients pour la femme et l'enfant.

Pour le nourrisson

Le lait maternel est parfaitement adapté à la physiologie du nourrisson, favorisant une croissance et un développement optimaux. Il contient des anticorps et des facteurs immunitaires qui protègent le bébé contre les infections et les allergies.

Pour la mère

L'allaitement est également bénéfique pour la mère. L’utérus reprend sa place plus rapidement grâce aux contractions de l’utérus provoquées par les tétées, c’est le phénomène des tranchées. De plus, il peut aider à la perte de poids après la grossesse et réduire le risque de certaines maladies chroniques.

Démarrage de l'Allaitement

Le bébé doit être mis au sein le plus tôt possible après l'accouchement, même en cas de césarienne. C'est la tétée qui favorise la montée de lait. Le personnel de la maternité peut aider à cette mise en route et prodiguer les conseils de base (installation confortable, position du bébé, etc.).

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Allaitement à la demande

Aujourd'hui, finies les tétées chronométrées. On recommande l'allaitement à la demande, sans limitation du nombre de tétées, de leur fréquence ou de leur durée. De cette façon, l'enfant est pleinement satisfait. Il faut savoir que plus il y a de tétées, plus il y a de montées de lait.

Éviter les compléments de lait infantile

Il faut donc éviter de donner des biberons de lait infantile en complément durant les 4 à 6 premières semaines car cela bloque les montées de lait et diminue donc la production de lait maternel. En effet, un biberon de plus, c'est une tétée de moins donc une stimulation moindre des montées de lait. Dès qu'un enfant commence à prendre des biberons, le risque est de le sevrer progressivement. Car il y aura moins de lait (à cause du nombre de tétées diminué) et d'autre part, l'enfant va « désapprendre » à téter le sein, ce qui demande bien plus de force que téter un biberon. Du coup, il tétera le sein moins efficacement et stimulera moins les montées de lait. Donc moins de tétées et plus de biberons correspondent à un début de sevrage.

Gérer l'Allaitement au Quotidien

Une fois que l’allaitement est bien en route, donner le sein s’intègre à notre vie quotidienne.

Hygiène et alimentation de la mère

Inutile de laver nos seins avant ou après chaque tétée. La douche quotidienne suffit tout à fait. Au contraire, nous laver trop souvent pourrait masquer l’odeur de notre peau et perturber bébé. Il risque même de refuser la tétée. Quand on allaite, il n’est pas nécessaire de suivre un régime particulier ou de manger plus. Aucun aliment n'est à éviter quand on allaite.

Consommation d'alcool et de tabac

Quand on allaite, mieux vaut éviter toute boisson alcoolisée (bière, vin, cidre, alcool fort, apéritif, etc). L’alcool passe dans le lait maternel que boit le bébé et peut aussi diminuer la production de lait. Il faut particulièrement éviter de consommer de l’alcool pendant les premières semaines de l’allaitement. Après cette période, si on veut consommer un peu d’alcool de temps en temps, c’est possible, mais cela doit rester exceptionnel. Et il est préférable de ne pas boire plus d’un verre. Le tabac est nocif pendant la grossesse mais également pendant l'allaitement. Toutefois, il est toujours préférable d'allaiter, même si la mère est fumeuse ! Les patches et autres substituts nicotiniques ne sont pas contre-indiqués durant la grossesse, ni durant l'allaitement.

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Activité physique et santé

Que l'on allaite ou non, il est conseillé de reprendre une activité physique après la naissance (la marche notamment). Bouger est toujours bon pour notre santé et notre moral ! Si on veut faire du sport, on commence en douceur, après la rééducation du périnée et avis du médecin ou de la sage-femme. Pour notre confort on peut utiliser un soutien-gorge adapté. Il est très rare qu’une maladie soit incompatible avec l’allaitement. Une grippe, un rhume, une gastro-entérite ou même une maladie chronique comme le diabète ou une maladie psychique n’empêche pas d’allaiter. Toutefois, on n’hésite pas à consulter un médecin en cas de fièvre, de douleurs ou d’autres signes inhabituels, et on pense à signaler lors de la consultation qu’on allaite son bébé. Dans tous les cas, on ne prend aucun médicament sans l’avis de notre médecin, sage-femme ou pharmacien.

Allaitement et vie sociale

L’allaitement est pratique car il peut s’intégrer parfaitement à notre vie quotidienne. On peut allaiter son enfant en tous temps et tous lieux : en balade, au restaurant, dans les transports, en visite chez des amis… Il n’y a aucun endroit où il est interdit d’allaiter son enfant. Si l'on voit des femmes qui allaitent dans les squares, les cafés, les bus…

Allaitement et Reprise du Travail

Reprendre un travail tout en allaitant est une période qui peut être difficile. Elle se prépare tant pour la mère que pour le bébé. L’allaitement (dans l’établissement ou ailleurs) est un droit pendant la première année de l’enfant. Les mères ont, pour ce faire, une heure par jour (articles L1225-30 et L225-31 du Code du travail).

Solutions pour concilier allaitement et travail

Attention ! Les tétées sont maintenues lorsque la maman est disponible. Prévoir de tirer le lait maternel et de le conserver sur place au réfrigérateur. Tire-lait manuel ou électrique auprès d’une pharmacie ou d’un fournisseur de matériel médical (appareil à louer ou à acheter). En cas de non-utilisation prévue au-delà de 48 heures, le lait peut être congelé à -18°C. Pour décongeler le lait maternel : mettre au réfrigérateur, puis réchauffer le biberon en eau tiédie sous l’eau du robinet ou au bain-marie. Au bout d’un moment, les activités à l’extérieur reprennent et beaucoup de mamans ne peuvent plus être présentes à tous les repas de bébé. Cela n’oblige pas à stopper l’allaitement, si on souhaite le poursuivre. Si on travaille à domicile ou à proximité du lieu où est gardé bébé : on peut aussi s'organiser, en accord avec notre employeur, pour nous absenter le temps de le nourrir. Sinon, on peut tirer son lait et le conserver. Il sera donné en notre absence à bébé, à la tasse ou au biberon. On peut aussi passer à un allaitement partiel. Bébé aura du "lait infantile" en notre absence, à la tasse ou au biberon selon son âge. On lui donnera le sein le reste du temps (le matin, le soir, le week-end, la nuit…).

Conservation du lait maternel

En cas d'absence de la maman, il est possible d'utiliser un tire-lait mécanique ou électrique pour préparer des biberons de lait maternel. Il se conserve 6 heures à température ambiante, jusqu'à 8 jours au réfrigérateur (il contient des cellules vivantes luttant contre les bactéries), deux semaines dans le compartiment surgelé d'un réfrigérateur, et pendant quatre mois dans le compartiment congélateur 3 étoiles. Mais il est recommandé de ne pas le réchauffer au micro-ondes car cela détruit certains de ses composants.

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Durée de l'Allaitement

Vous ne savez pas jusqu’à quel âge donner le sein ? Vous reprenez bientôt le travail et vous vous demandez si vous pouvez continuer à allaiter ? Entre les conseils de vos proches et des professionnels de santé au sujet de la durée idéale de l’allaitement, pas facile de s’y retrouver !

Recommandations officielles

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif et ​à la demande pendant les 6 premiers mois des bébés, et de le poursuivre pendant la période de diversification alimentaire, et ce, jusqu’aux 2 ans des enfants. Cette recommandation concerne des pays, et donc des mères et des enfants, aux situations très différentes. En France, le corps médical préconise d’allaiter si possible jusqu’à 6 mois, et aussi longtemps que vous le souhaiterez

Allaitement prolongé

Passé l’âge de 6 mois, il est donc tout à fait possible de poursuivre l’allaitement. Il est également envisageable, si vous le souhaitez, d’introduire les biberons de préparation infantile, soit en passant à l’allaitement mixte (qui concerne les nourrissons ayant à la fois une alimentation au biberon de préparation infantile et au sein maternel) soit en sevrant totalement votre enfant. Gardez à l’esprit que ces recommandations restent des durées « idéales » pour la santé des enfants et ne prennent pas en compte les situations spécifiques des femmes et des parents. Libre à vous de les suivre ou non. Mais les durées d’allaitement varient beaucoup d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, et bien évidemment… d’une femme à l’autre ! Il en est de même pour ce que l’on perçoit comme un allaitement « court » ou « long ». Ainsi, en France, un allaitement peut être considéré comme long par leur entourage lorsque les mères donnent encore la tétée au-delà des 6 mois de vie du bébé, alors que dans les pays scandinaves, les femmes sont encore 60% à allaiter leur bébé à l’âge d’un 1 an. Vous l’aurez compris, l’allaitement peut être poursuivi autant de temps que vous et votre enfant le souhaitez. Vous êtes entièrement libre de mener votre allaitement comme bon vous semble tant que vous et votre bébé souhaitez le poursuivre. Il n'existe pas de limite maximale d'allaitement.

Le Sevrage

Si vous optez pour un ​sevrage planifié (vous décidez d’arrêter l’allaitement sans signe particulier de votre bébé), il vaut mieux le faire progressivement et à des moments plus propices de son développement. A partir de 6 mois environ, lorsque l'allaitement continue, la diversification alimentaire débute. Pour le sevrage, il est recommandé de prendre le temps, afin qu'il soit progressif, en supprimant les tétées une par une. Idéalement, il faudrait supprimer une tétée par semaine, ce qui aboutit un sevrage d'une durée de trois semaines.

Sevrage naturel

On parle alors de « sevrage naturel »[5] : c’est l’enfant qui décide qu’il n’a plus besoin et/ou envie du sein. Soyez à l’écoute de ces signes : il tourne la tête sur le côté, se recule lorsque vous lui tendez le sein, refuse le lait maternel et « saute » des tétées .. Une étape qui peut avoir lieu à des âges et à des rythmes très différents..

Soutien professionnel

S’il n’y a pas de « mauvaises » raisons à sevrer votre bébé, sachez cependant que vous pouvez être accompagnée par un professionnel de santé (conseillère en lactation, sage-femme, …) si vous rencontrez des difficultés ou si vous n’êtes pas tout à fait prête à arrêter l’allaitement. Enfin, si vous avez décidé de sevrer votre bébé mais que vous le regrettez, il peut être possible de reprendre l’allaitement dans certaines conditions, notamment quand la lactation était bien installée.

Les Défis de l'Allaitement et Comment les Surmonter

Certaines femmes ont peur de ne pas avoir suffisamment de lait, d'avoir des seins trop petits ou de proposer un lait peu nourrissant. Toutes ces idées sont inadaptées. À partir du moment où le bébé tète régulièrement, dès la naissance, la maman aura toujours suffisamment de lait, et de bonne qualité, même si les seins sont de petite taille.

Soutien et accompagnement

Il est important d'aider et de soutenir les femmes qui n'ont pas pu allaiter leur enfant pour diverses raisons. Le fait d'apprécier l'intérêt de l'allaitement maternel doit s'associer à une aide pour les femmes décidant de ne pas allaiter leur enfant. C'est un choix personnel qui leur appartient, ainsi qu'à leur couple, et qui doit évidemment être respecté.

Ressources utiles

Enfin, pour en savoir davantage sur l’allaitement maternel, rendez vous sur La Leche League, le site de la Coordination Française pour l’Allaitement Maternel (CoFAM). Dans tous les cas, on n’hésite pas à en parler à un professionnel de santé qui pourra nous soutenir dans notre démarche, il nous donnera des conseils adaptés à notre situation et, si nécessaire, nous prescrira des substituts nicotiniques.

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