Dès le moment où l'on se sent prêt à accueillir un enfant dans sa vie, les questions se bousculent. Celles qui surgissent en premier lieu concernent bien souvent la validité du test de grossesse. On entend alors parler de dosage béta-hCG. Mais qu'est-ce que l'hormone hCG ? Quel est son rôle ? Quels sont les avantages du dosage sanguin ? Comment interpréter les résultats du dosage ? Et quel rôle peut-elle jouer chez une femme de 57 ans ? Cet article explore en profondeur le rôle de l'hCG, en mettant en lumière son importance à différentes étapes de la vie d'une femme.

Qu'est-ce que l'hormone béta-hCG ?

L'hormone béta-hCG, ou hormone chorionique gonadotrope humaine, est une hormone secrétée par le placenta dès l'implantation de l'embryon dans la paroi utérine, c'est-à-dire lors de la nidation. Elle est dite chorionique car c'est le chorion, une membrane qui enveloppe le fœtus, qui la façonne. Elle est dite gonadotrope parce qu'elle stimule les gonades, dans le cas présent les ovaires et particulièrement le corps jaune qui apparaît après l'ovulation. Avec cette libération d'hormone surviennent entre autres les désagréables nausées en début de grossesse. Plus le taux de l'hormone hCG est élevé, plus les nausées sont importantes.

Rôle fondamental pendant la grossesse

Le rôle de cette hormone dans la grossesse est fondamental. C'est précisément elle qui permet de confirmer une grossesse, car elle se retrouve dans le sang aux environs du dixième jour qui suit l'ovulation et quelques jours après dans les urines. C'est donc elle que les tests sanguins et urinaires ciblent spécifiquement.

C'est également à partir de l'hormone hCG qu'il est possible de mettre en évidence deux catégories de tests. Il y a les tests de diagnostic de grossesse, dits qualitatifs, qui permettent à une femme de savoir si elle est enceinte ou non. Les tests quantitatifs, quant à eux, ont pour but de mesurer le taux de béta-hCG dans l'organisme, qui fluctue de façon constante tout au cours de la grossesse.

Avantages du dosage sanguin

Nous savons qu'un test de grossesse positif ne confirme pas automatiquement la grossesse. Un dosage de l'hormone béta-hCG, effectué dans un laboratoire, apparaît comme une option plus avantageuse parce que les résultats se révèlent plus fiables et plus précis. Ils sont disponibles dans les 24 à 48 heures.

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Le dosage sanguin possède en effet une meilleure valeur pronostique, il donne des résultats beaucoup plus justes et fins que le test urinaire. Il offre la possibilité d'estimer l'âge de la grossesse avec davantage de précision et de rapidité. Qui plus est, le dosage sanguin permet de faire émerger une multitude d'éléments en lien ou non avec la grossesse. Il facilite entre autres :

  • La détection d'une fausse-couche (dans ce cas, le taux d'hCG dégringole), une grossesse môlaire ou bien extra-utérine (appelée aussi nidation ectopique; le taux d'hCG stagne alors)
  • L'évaluation, entre la quinzième et la dix-septième semaine, du risque de trisomie 21; en tout début de grossesse, un taux élevé d'hCG fait suspecter une anomalie et peut conduire à la prescription d'une amniocentèse
  • Le dépistage de certaines tumeurs, dans le cas où l'hormone hCG est secrétée de façon anormale, qui permet d'assurer sans délai le suivi thérapeutique
  • La révélation de la possibilité de grossesses multiples; on constate que dans ce cas, le taux d'hCG a tendance à être plus élevé.

Déroulement du prélèvement

En ce qui a trait au dosage sanguin, le prélèvement de sang veineux s'effectue habituellement au pli du coude. Il ne requiert pas de conditions particulières, incluant l'obligation d'être à jeun. Pour ce qui est du dosage urinaire, le prélèvement des urines se fait à partir des urines concentrées du matin.

Interprétation des résultats

Hors grossesse, le taux d'hCG se situe à moins de 5 unités internationales/litre. Un résultat de dosage inférieur à 5 UI/l dans le sang et les urines élimine donc d'emblée le diagnostic de grossesse.

L'hormone béta-hCG est détectable dans le sang maternel à compter du dixième jour environ de la phase post-ovulatoire. Le taux de sécrétion de l'hCG augmente à un rythme élevé entre la quatrième et la huitième semaine et son taux double toutes les 48 à 72 heures. Il atteint son maximum entre la sixième et la dixième semaine de grossesse. Puis, entre la quatorzième et la dix-huitième semaine, sa concentration chute progressivement et demeure en plateau - autour de 5000 UI/l - jusqu'à l'accouchement. L'hormone disparaît totalement dans les cinq jours qui suivent l'accouchement.

Les résultats du dosage sanguin sont susceptibles de varier en fonction des techniques utilisées. Il est par conséquent fortement recommandé en cas de doute de demander l'avis d'un professionnel de la santé pour les interpréter correctement.

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Il est important également de noter que le taux de béta-hCG lui aussi peut varier lors de la grossesse - et même beaucoup - d'une femme à l'autre. Il faut s'assurer de tenir compte de ce facteur lors de la consultation de données chiffrées en rapport avec le dosage sanguin.

Taux d'hCG et détection à l'échographie

En cas de dosage de bêta-HCG positif, une échographie vient toujours préciser les informations transmises par le test sanguin, dater la grossesse, mesurer son évolution et indiquer la date prévue d'accouchement.

De la même façon, si le résultat est sujet à interprétation, une seconde prise de sang est réalisée dans les jours qui suivent, accompagnée là encore d'une échographie. En effet, malgré un taux de bêta-HCG positif et évolutif, il peut s'agir d'une grossesse molaire (non viable), d'un œuf clair (un sac embryonnaire sans embryon) ou d'une grossesse récemment interrompue.

Coût du test bêta-HCG

Un test de grossesse sanguin est entièrement remboursé par l’Assurance maladie s’il a été réalisé suite à une prescription médicale provenant d’un médecin ou d’une sage-femme. Ce test doit obligatoirement être réalisé dans un laboratoire d’analyses. Dans le cas contraire, le test ne sera pas remboursé. Le test sanguin permettant de détecter une grossesse coûte 18 euros.

hCG et la femme de 57 ans : ménopause et au-delà

Après la ménopause, qui est définie comme l’arrêt des règles (ou « aménorrhée ») depuis plus d’un an, sans cause identifiée, et survenant entre 45 et 55 ans (à 51 ans en moyenne en France), les ovaires cessent de fonctionner et la production d'hormones comme l'œstrogène diminue considérablement.

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Ménopause : une phase naturelle de la vie

La ménopause est une phase naturelle de la vie de la femme qui correspond à l’arrêt du fonctionnement des ovaires et signe donc la fin de la période au cours de laquelle la femme peut se reproduire. Elle provoque une carence hormonale, notamment en estradiol (l’œstrogène physiologique de la femme) qui explique l’arrêt des règles.

La ménopause est le plus souvent précédée par une période de transition de 2 à 4 ans : au cours de cette phase dite de périménopause, les règles peuvent devenir irrégulières et différents troubles fonctionnels peuvent apparaître, notamment un syndrome prémenstruel (seins douloureux, irritabilité…) d’intensité variable dans le temps.

Si l’arrêt définitif des règles a lieu naturellement avant l’âge de 40 ans, on parlera alors d’insuffisance ovarienne prématurée, parfois appelée ménopause précoce.

hCG et tests de grossesse chez les femmes ménopausées

En pratique courante le dosage d’HCG sérique est habituellement demandé pour le diagnostic biologique de grossesse. La valeur seuil de positivité est le plus souvent fixée à 5 UI/l. Cependant, elle peut varier en fonction des trousses, d’autant plus que certaines proposent des limites de détection très basses (1 UI/l). Si ce gain de sensibilité peut être utile dans le diagnostic et le suivi de tumeurs trophoblastiques, il peut induire des fausses positivités dans le cadre du diagnostic de grossesse si la valeur seuil n’est pas ajustée à l’âge de la patiente. En effet, une étude récente a démontré que les taux d’HCG sériques avaient tendance à augmenter avec l’âge.

Une cohorte de 720 femmes non enceintes a été étudiée et divisée en 3 groupes d’égale importance : préménopausiques (18-40 ans), périménopausiques (41-55 ans) et postménopausiques (> 55 ans). Dans le premier groupe, aucune valeur > 5 n’a été retrouvée (valeur max = 4,6) contre 1,3% dans le groupe péri-ménopausique (valeur max = 7,7) et 6,7% chez les femmes ménopausées (valeur max = 13,1). Le problème diagnostique se pose donc chez les femmes en péri-ménopause, auxquelles 2 tests peuvent être proposés : soit un contrôle du taux d’HCG à 48 heures, qui exclut une grossesse évolutive s’il reste stable (doublement toutes les 48 h au minimum en cas de grossesse). Soit un dosage de FSH, un taux > 20 UI/l rendant l’hypothèse d’une grossesse très improbable dans ce groupe.

L’origine de cette sécrétion non placentaire est hypophysaire. Elle peut être confirmée par un traitement progestatif de type contraceptif durant 3 semaines qui doit négativer le taux. La persistance d’un taux détectable doit faire évoquer une cause tumorale, sachant que les tumeurs trophoblastiques secrètent de l’HCG intacte alors que les autres types de tumeurs produisent surtout des chaînes béta libres.

Traitements hormonaux et ménopause

Si la ménopause n’est pas une maladie, la carence en œstrogènes qui lui est associée peut se manifester par des symptômes qui affectent parfois la qualité de vie des femmes. C’est aussi une période où des pathologies potentiellement graves (fractures ostéoporotiques, maladies cardiovasculaires…) peuvent survenir en raison de ces changements hormonaux et du vieillissement. Un traitement hormonal est susceptible de prévenir ces complications, dans certaines conditions. Mais comme pour tout traitement, il est nécessaire de bien en évaluer la balance bénéfices/risques avant sa prescription.

Traitement hormonal de la ménopause (THM)

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) combine schématiquement un œstrogène et un progestatif. Il peut être prescrit lorsque la nature et l’importance des troubles climatériques et du risque osseux de la patiente le justifient. Ce traitement a été discrédité en 2002, suite à la publication de l’étude américaine WHI (Women Health Study) qui évoquait son association avec un sur-risque de cancer et de pathologies cardiovasculaires (infarctus, AVC, thrombose veineuse). Cependant, cette étude avait été conduite chez des femmes traitées pour la plupart plus de 10 ans après le début de leur ménopause, qui présentaient peu de symptômes mais un risque cardiovasculaire, et dans un objectif d’améliorer leur vieillissement global. De plus, les modalités du THM étudié faisaient appel à des molécules qui ne sont pas utilisées en France. Depuis, le rapport bénéfice-risque de ce traitement a été réévalué et il apparaît globalement positif, en l’absence de contre-indications et sous réserve qu’il soit prescrit dans les 10 premières années de la ménopause physiologique (ou globalement avant 60 ans).

En effet, le THM est efficace sur :

  • les troubles du climatère : il réduit les symptômes gênants de la ménopause et les troubles génito-urinaires.
  • les risques osseux : en préservant la densité et la microarchitecture osseuse, le THM est le seul réel traitement qui permet de limiter l’évolution vers l’ostéoporose. Il réduit le risque de fractures osseuses de 30 à 40 %, même chez les femmes à faible risque.
  • l’espérance de vie : il a été associé à une baisse de 30 % de la mortalité globale chez les femmes ménopausées traitées entre 50 et 60 ans, un effet avant tout liée à la baisse de la mortalité cardiovasculaire.

Mais le THM présente aussi des risques potentiels.

Sur le plan cardiovasculaire, son bénéfice apparaît contrasté selon l’âge de début du traitement. Il n’est généralement pas recommandé de le prescrire plus de 10 ans après le début de la ménopause. Il est par ailleurs contre-indiqué chez les femmes qui ont des antécédents personnels d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral. Le risque de maladies veineuses thromboemboliques (phlébite profonde, embolie pulmonaire) est multiplié par 2 chez les femmes traitées avec des œstrogènes par voie orale, mais il est inexistant lorsque ces hormones sont administrées par voie cutanée, en association avec la progestérone micronisée ou la dydrogestérone.

Concernant le risque de cancer, l’impact du THM est contrasté :

  • Les risques de cancer du sein et des ovaires sont faiblement à modérément augmentés, et cet effet serait principalement associé à des traitements maintenus plus de 10 à 15 ans. Ainsi, un risque de cancer du sein concerne en moyenne 50 femmes de 50 à 60 ans sur 1 000, mais ce chiffre passe à 52/1 000 parmi celles traitées par un THM durant 5 ans, et à 56/1 000 lorsqu’elles sont traitées 10 ans. Ce sur-risque repose surtout sur la capacité de l’œstrogène à faire croître un cancer millimétrique préexistant, et non sur sa capacité à favoriser son apparition de novo.
  • Par ailleurs, le risque de cancer de l’endomètre n’est pas majoré par le THM lorsque l’estradiol est associé à un progestatif à dose suffisante. Une augmentation du risque de ce cancer a été évoqué pour certaines modalités (utilisation de progestérone micronisées de longue durée ou œstrogènes fortement dosés), mais cela reste à confirmer.
  • Les risques de cancer colorectal, du pancréas, de l’œsophage, de l’estomac et du foie sont quant à eux faiblement à modérément réduits par le THM.

In fine, la décision de prescrire ou non un THM doit donc être prise à l’issue d’une décision partagée entre le médecin et la patiente, selon la nature et l’intensité des troubles climatériques ressentis par cette dernière et leur impact sur sa qualité de vie, ainsi qu’en fonction de son état de santé, de ses risques individuels et de ses antécédents personnels et familiaux. Avant toute prescription, un bilan médical, un examen clinique et une mammographie sont nécessaires. Le THM doit être administré aussi tôt que possible après le début de la ménopause, à une dose efficace minimale. Son intérêt est réévalué a minima tous les ans, pour ne pas être prolongé inutilement.

En France, les médecins prescrivent une association d’estradiol, préférentiellement par voie cutanée, avec de la progestérone micronisée ou de la dydrogestérone, son dérivé. Les progestatifs sont inutiles chez les femmes auxquelles on a retiré l’utérus.

Hormone anti-müllérienne (AMH) et âge ovarien

L'hormone anti-müllérienne (AMH) est le meilleur indicateur pour connaître son véritable âge ovarien et ainsi, ses chances de tomber enceinte naturellement. L'âge réel de nos ovaires ne correspondrait pas à l'âge inscrit sur notre carte d'identité, selon une étude* de l'Institut Marquès présentée au congrès de la Société Espagnole de Gynécologie et d'Obstétrique (SEGO) le 25 juin 2019. Grâce au dosage de l'hormone anti-müllérienne (AMH), il est possible de calculer son âge ovarien, d'évaluer ainsi avec précision sa fertilité et de connaître sa réserve ovarienne, c'est-à-dire sa quantité d'ovocytes disponibles.

La fertilité d'une femme diminue avec l'âge. Si elle est maximale entre 20 et 25 ans (25% de chance d'obtenir une grossesse lors de chaque cycle, selon les données de l'Agence de la Biomédecine), elle diminue de 30 à 35 ans (12% de chance d'obtenir une grossesse lors de chaque cycle), puis chute beaucoup plus rapidement après 40 ans (6% de chance d'obtenir une grossesse lors de chaque cycle). Après 45 ans, les grossesses spontanées sont exceptionnelles, nous précise le Dr Stéphane Bounan, chef de service de la Maternité de l'Hôpital Delafontaine (Saint Denis), dans un précédent article. Par ailleurs, entre 10 et 15 ans avant la ménopause, on constate une diminution de la quantité et de la qualité des ovules.

Pour connaître son âge ovarien, il suffit de faire un dosage de l'hormone anti-müllérienne (AMH), un examen normalement pratiqué dans le cadre d'un bilan d'infertilité. Chez la femme, cette hormone sert à convertir les follicules ovariens en ovocytes et permet donc l'ovulation. Le dosage de l'AMH permet d'obtenir une estimation de la réserve ovarienne et de connaître la fertilité de la femme. Plus la concentration d'hormone anti-müllérienne est élevée, plus la femme a de chances de tomber enceinte.

Le dosage de l'hormone antimüllérienne consiste en une simple prise de sang qui ne nécessite pas d'être à jeun. Les résultats du dosage sont ensuite comparés à ceux établis comme normaux selon chaque groupe d'âge. "Cependant, jusqu'à présent, les valeurs utilisées avaient été analysées suivant des résultats de femmes d'autres continents, de sorte que les résultats obtenus n'étaient pas entièrement fiables, car ils ne s'adaptaient pas à la réalité des femmes européennes", précisent les auteurs de l'étude dans un communiqué. Désormais, ces valeurs de référence d'AMH obtenues au terme de l'étude permettent aux femmes européennes d'être informées de leur réserve ovarienne réelle et de leur indice de fertilité. Après avoir suivi 10 443 femmes espagnoles âgées de 20 à 45 ans, les chercheurs ont montré une augmentation de l'âge ovarien de 1 an pour chaque baisse de 0.2 ng/ml en moyenne du taux d'AMH.

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