Le Gers, comme de nombreux départements ruraux en France, est confronté à une pénurie croissante de médecins spécialistes, notamment de gynécologues-obstétriciens. Cette situation engendre des tensions importantes sur le système de santé local et soulève des préoccupations quant à l'accès aux soins pour les femmes. Cet article examine les causes et les conséquences de cette pénurie, ainsi que les solutions potentielles pour améliorer l'offre de soins gynécologiques et obstétriques dans le département.
Le Gers face à la désertification médicale
Les déserts médicaux se multiplient sur le territoire national, et le Gers n'est pas épargné. Le département manque cruellement de spécialistes, et la situation est sur le point de s'aggraver avec le départ à la retraite du Dr Renn, le dernier gynécologue-obstétricien d'Auch. Cette situation est d'autant plus préoccupante que près de 80 000 femmes dans le Gers ont besoin d'un suivi gynécologique régulier.
Recours aux sages-femmes : une solution partielle
Face au manque de gynécologues, les sages-femmes sont de plus en plus sollicitées pour le suivi gynécologique et de grossesse. Anne-Laure Constans, présidente du Conseil départemental de l'Ordre des sages-femmes, souligne que "dans le Gers, paradoxalement, le manque de gynécologues pousse de plus en plus de femmes à consulter des sages-femmes". Cette demande accrue met une pression supplémentaire sur les sages-femmes, qui alertent également sur le manque d'effectifs dans les hôpitaux.
Il est important de noter que, depuis 2009, les métiers de sage-femme et de gynécologue reposent sur des compétences communes. Cependant, le rôle de la sage-femme est limité à la physiologie, et elle doit orienter les patientes vers un gynécologue ou un médecin en cas de pathologie. Certaines femmes se tournent également vers des "coachs" en périnatalité, mais Anne-Laure Constans rappelle que "ce ne sont pas du tout des professionnels de santé".
Attractivité du métier : un enjeu crucial
Le métier de sage-femme devient de moins en moins attractif, en particulier en milieu rural. À l'approche de la retraite, certaines sages-femmes éprouvent des difficultés à trouver des remplaçantes et des repreneuses de patientes. Il est donc essentiel de rendre le métier plus attractif pour assurer la continuité des soins.
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Centre Hospitalier d'Auch en Gascogne : un aperçu des services
Le Centre Hospitalier d'Auch en Gascogne joue un rôle central dans l'offre de soins du département. En 2024, l'établissement a enregistré 21 036 passages aux urgences, soit une moyenne de 57 passages par jour. Il dispose également de 42 lits en chirurgie, 162 lits en médecine, 20 lits en gynécologie et obstétrique, ainsi que des services d'oncologie-cancérologie et de SSR (soins de suite et de réadaptation).
Avis sur les gynécologues : un indicateur de qualité
Les avis des patientes sur les gynécologues sont un indicateur important de la qualité des soins. Certains gynécologues sont salués pour leur gentillesse, leur douceur, leur écoute et leur professionnalisme. Ils prennent le temps d'expliquer les choses clairement, même avec des schémas, et rassurent leurs patientes. Cependant, d'autres témoignages font état de mauvaises expériences, avec des diagnostics hâtifs, un manque d'écoute ou un manque de tact.
Il est important de noter que la satisfaction des patientes contribue à améliorer l'e-réputation et le référencement des médecins.
Fermeture de maternités : une source d'inquiétude
La décision de regrouper les maternités et de fermer celle de la clinique Esquirol Saint-Hilaire d'Agen a suscité de vives inquiétudes. Le Dr Robert Nehamia, gynécologue-obstétricien pendant 40 ans, déplore le manque de concertation et les conséquences pour les patientes, qui ne veulent pas toutes accoucher à l'hôpital. Il craint une perte d'activité importante et s'interroge sur l'avenir de ses secrétaires.
Selon Lionel Combes, directeur de la clinique Esquirol Saint-Hilaire, cette décision est motivée par la difficulté de recruter du personnel médical et paramédical. L'objectif est de créer un pôle obstétrique fort, avec une maternité de niveau IIB à la pointe de la technicité, capable d'absorber 1 500 naissances par an.
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Hommage au Dr Daniel Mourlan
En novembre 2011, le Dr Daniel Mourlan, chef du service de gynécologie-obstétrique du Centre hospitalier d'Auch, est décédé à l'âge de 62 ans. Il a marqué l'établissement par sa compétence, son humanisme et sa passion pour son métier. Il a contribué à faire de la maternité auscitaine un pôle d'excellence.
Solutions pour améliorer l'offre de soins
Face à la pénurie de gynécologues-obstétriciens dans le Gers, il est impératif de mettre en place des solutions pour améliorer l'offre de soins. Parmi les pistes à explorer, on peut citer :
- Renforcer l'attractivité du métier de sage-femme, en améliorant les conditions de travail, en valorisant les compétences et en offrant des perspectives de carrière intéressantes.
- Favoriser l'installation de jeunes gynécologues-obstétriciens dans le Gers, en leur offrant des conditions d'exercice attractives, un soutien logistique et financier, et des opportunités de collaboration avec d'autres professionnels de santé.
- Développer la télémédecine, pour permettre aux femmes vivant dans les zones rurales d'accéder plus facilement à des consultations spécialisées.
- Mieux coordonner les différents acteurs de la santé, en créant des réseaux de soins et en favorisant la communication entre les gynécologues, les sages-femmes, les médecins généralistes et les autres professionnels de santé.
- Sensibiliser les femmes à l'importance du suivi gynécologique, en leur fournissant des informations claires et accessibles sur les différents types de soins disponibles et en les encourageant à consulter régulièrement un professionnel de santé.
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