Cet article explore la définition de la gynécologie-obstétrique dans le contexte européen, en mettant un accent particulier sur le Développement Professionnel Continu (DPC) et son importance pour les gynécologues-obstétriciens. De plus, nous aborderons des aspects cruciaux de la pratique gynécologique, tels que le diagnostic des affections ovariennes et les obligations de formation continue pour les médecins en Europe.
Introduction
La gynécologie-obstétrique est une spécialité médicale qui englobe la santé reproductive de la femme, la grossesse, l'accouchement et les affections de l'appareil génital féminin. En Europe, comme ailleurs, cette discipline est en constante évolution, nécessitant une mise à jour continue des connaissances et des compétences des praticiens. Le Développement Professionnel Continu (DPC) joue un rôle essentiel dans ce processus.
Le Développement Professionnel Continu (DPC) : Un Pilier de la Gynécologie-Obstétrique Moderne
Le Développement Professionnel Continu (DPC) est un dispositif de formation continue instauré par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) du 21 juillet 2009, et aménagé par la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016. Il s’adresse à tous les professionnels de santé, dont les médecins. Son concept s’inspire du « Continuing Professional Development » (CPD) qui existe en Europe pour les praticiens. Il réunit deux méthodes de formation : la formation continue et l’évaluation des pratiques professionnelles.
Objectifs et Obligations du DPC
Le DPC est un outil d’actualisation et de mise à jour des connaissances et des compétences des médecins. Le code de déontologie médicale exige du médecin qu'il donne des soins "conformes aux données acquises de la science" : le médecin a le devoir de s’informer des progrès de la médecine nécessaires à son activité (article 11 du code de déontologie médicale). Suite à la parution du décret du 9 janvier 2019, l’organisation du Développement Professionnel Continu (DPC) des médecins évolue avec la mise en place de parcours pluriannuels de DPC par les Conseils Nationaux Professionnels.
Le DPC constitue une obligation triennale pour les médecins. Chaque médecin doit justifier, sur une période de trois ans, de son engagement dans une démarche de DPC comportant des actions de formation continue, d’analyse, d’évaluation et d’amélioration de ses pratiques et de gestion des risques. Le DPC doit répondre à des orientations nationales définies par spécialité sur la base des propositions des CNP. soit justifier d’une démarche de DPC comportant des actions de formation, d’évaluation et d’amélioration des pratiques et de gestion des risques. Les formations suivies à l’université (par exemple, un DU) peuvent être prises en compte dans le cadre du DPC, de même que la participation à des congrès de sociétés savantes reconnus par le CNP. Un document électronique de traçabilité, élaboré par chaque CNP, permet au médecin de conserver l’ensemble des actions réalisées au titre de son obligation de DPC en fonction de sa spécialité.
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Rôle des Conseils Nationaux Professionnels (CNP)
L’ANDPC des professionnels de santé de France a été créée par l’article 114 de la loi de modernisation de notre système de santé. Il s’agit d’un groupement d’intérêt public (GIP), constitué paritairement entre l’État et l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam). Le décret du 9 janvier 2019 précise leur composition et leurs missions : « Les CNP regroupent, pour chaque profession de santé ou, le cas échéant, pour chaque spécialité, les sociétés savantes et les organismes professionnels. » Le décret précise également leurs missions liées au DPC : les CNP peuvent proposer des experts « dans les domaines scientifique et opérationnel liés à l’organisation et à l’exercice de la profession ou de la spécialité » et contribuer « à analyser et à accompagner l’évolution des métiers et des compétences des professionnels de santé à travers notamment la définition de référentiels métiers et de recommandations professionnelles ». Les CNP peuvent enfin « participer à la mise en place de registres épidémiologiques pour la surveillance des événements de santé et de registres professionnels d’observation des pratiques ». Chaque CNP a conclu une convention avec l’État pour représenter sa spécialité.
Diagnostic des Affections Ovariennes : Un Défi Constant
Le diagnostic des affections ovariennes, en particulier le cancer de l'ovaire, représente un défi majeur en gynécologie. En Allemagne, une femme sur 72 développe un cancer de l’ovaire (1). L’âge moyen au moment du diagnostic est de 69 ans, mais la fréquence augmente jusqu’à l’âge de 85 ans (1). En France, le nombre de nouveaux cas de cancer de l´ovaire se situe aux alentours de 4600 cas par an. Histologiquement, la plupart (90 %) des cancers ovariens sont des adénocarcinomes (1, 2, 3). Le vieillissement constitue le risque majeur du cancer de l’ovaire (1). D’autres facteurs de risques sont la nulliparité, l’infertilité et les cancers héréditaires comme les mutations BRCA1, BRCA2, et Lynch II (3). Le traitement hormonal après la ménopause ainsi que l’endométriose, augmentent le risque d’un cancer ovarien.
Importance d'un Diagnostic Précoce et Précis
L’objectif du diagnostic est d’éviter une opération inutile, d’identifier un processus malin et de mettre en place un traitement oncologique adéquat. En Allemagne, le taux d’ovariectomies pour des kystes fonctionnels est de 4 000 à 5 000 cas par an. Ceci inclut 21,08 % des opérations avec annexectomie (4).
Le diagnostic échographique d’un kyste ovarien permet de différencier un kyste fonctionnel d‘un blastome. Une analyse précise peut éviter une intervention inutile ou identifier un malignome qui exigerait un traitement oncologique.
Méthodes de Diagnostic
Dans le diagnostic du cancer de l’ovaire, l’échographie endo-vaginale continue à être la technique de choix. Elle constitue aussi la méthode la plus sensible comparée aux antigènes tumoraux, l´IRM et la tomodensitométrie. Son coût représente un grand avantage par rapport aux autres méthodes de diagnostic. Les résultats sont fortement liés à l’expérience de l’échographiste. Dans le but d’homogénéiser et de faciliter le diagnostic échographique, Timmerman, et al. Une publication de 2016 par ce groupe précise les données à long terme de ces règles simples. L’examen de premier choix du diagnostic du kyste ovarien est l’échographie endo-vaginale. Grâce aux « règles simples » de Timmerman, l’analyse est simplifiée pour l’échographiste.
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L’IRM pelvienne est un examen de seconde intention. Les indications pour cet examen sont limitées. Une IRM se justifie uniquement dans le cas d’une exploration plus élaborée des masses annexielles complexes/indéterminées ou d’une masse kystique pure uniloculaire > 7cm. Le but de l’examen est de diagnostiquer une lésion bénigne ne nécessitant pas d’exploration chirurgicale (8). Quand le kyste demande une exploration plus poussée, un examen avec IRM permet de poser plus précisément l’indication opératoire. Par exemple, un kyste fonctionnel nécessite un traitement médicamenteux. Un blastome bénin nécessite une exploration coelioscopique. Une image peut également présenter une tumeur avec une grande probabilité de malignité.
Dépistage du Cancer de l'Ovaire
La plupart des tumeurs de l’ovaire ne sont diagnostiquées qu’à un stade avancé. Actuellement, il n´existe pas de dépistage du cancer de l´ovaire. Selon Jacobs, et al, le dépistage échographique combiné à la détermination de l’antigène tumoral CA125 pourrait toutefois permettre de diagnostiquer un cancer de l’ovaire à un stade plus précoce de son évolution (9). C’est seulement dans le cas où le kyste est complexe à évaluer échographiquement ou si le kyste uniloculaire a un diamètre de plus de 7 cm que le diagnostic doit être complété par une IRM. Un dépistage combinant l’échographie endo-vaginale et la recherche de l’antigène tumoral CA125 permet un diagnostic précoce du cancer de l’ovaire.
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