Johannes Gutenberg, né Johannes Gensfleisch zum Gutenberg vers 1400 à Mayence et décédé le 3 février 1468 dans la même ville, était un entrepreneur, imprimeur et inventeur allemand. Il est mondialement connu pour son invention des caractères métalliques mobiles, une avancée décisive qui a transformé la diffusion du savoir et des connaissances en Europe au XVe siècle.
Les premières années et la formation de Gutenberg
Johannes Gensfleisch, surnommé Gutenberg d'après une maison familiale appelée «Zu Guten Bergen» (À la Bonne Montagne), est né à Mayence. Son père, un patricien, était probablement un marchand de tissus. Selon certains historiens, sa mère serait issue de la noblesse allemande et son père appartenait à l'aristocratie. Ce dernier travaillait comme orfèvre pour l'évêque de Mayence à l'institut d'impression de la monnaie ecclésiastique catholique. On ne connaît pas sa date de naissance exacte. En revanche, on sait que Gutenberg est mort à Mayence, le 3 février 1468.
On sait peu de choses sur son enfance et sa formation. Il est probable qu'il ait fait son apprentissage pour devenir orfèvre, un métier qui lui a permis d'acquérir des compétences essentielles dans le travail des métaux. Il est courant à l'époque médiévale que le nom de famille d'une personne soit tiré de la maison ou de la propriété où elle vivait plutôt que du patronyme paternel. Par conséquent, le nom de famille légal d'une personne, tel qu'il figurait dans les documents judiciaires, pouvait changer au fil du temps au fur et à mesure de ses déplacements.
L'exil à Strasbourg et les premières expériences
Dans les années 1428-1430, des troubles politiques à Mayence ont contraint de nombreux patriciens, dont Gutenberg et son frère, à s'exiler. Il est très probable que Gutenberg ait passé ces années d'exil à Strasbourg. C'est là, vers 1430, qu'il fonde une entreprise de fabrication industrielle avec quelques associés.
En 1436, il crée une première société avec trois associés, qui avait pour objectif de polir des pierres précieuses ou semi-précieuses et de fabriquer des miroirs pour les pèlerinages religieux. Son activité est axée essentiellement sur des «miroirs», des pièces de métal réfléchissantes, qui sont destinés aux dizaines de milliers de pèlerins d’Aix-la-Chapelle utilisés durant leurs processions. Gutenberg apparaît ainsi comme un ingénieur très averti des progrès récemment réalisés dans l'art du métal.
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En 1434, les livres sont manuscrits et ne circulent pas. Les gens vivent dans la crainte de Dieu. 80 % d’entre eux sont analphabètes.
Mais, en fait, il a un autre projet en tête: il donne dès 1436 à un orfèvre originaire de Francfort la somme importante de 100 florins en échange de «choses appartenant à l'imprimerie». Il travaille d'abord seul, dans le secret, mais ses associés exigent d'être parties prenantes dans ses autres «arts et entreprises». Bientôt, cependant, à la suite de la mort d'Andreas Dritzehn et des querelles opposant les frères et héritiers de celui-ci, Gutenberg dénonce son contrat. Un procès s'ensuit.
L'invention de l'imprimerie à caractères mobiles
De retour à Mayence, Gutenberg poursuit sa carrière entrepreneuriale. Pour cela, il doit devenir propriétaire d'une presse, ce qu'il fait en empruntant de l'argent à son cousin Arnold Gelthus. Il propose d'imprimer non seulement le texte, mais aussi les contours de tous les décors dont les enlumineurs et miniaturistes ornaient les plus beaux livres manuscrits de l'époque et qui rendent à ces incunables une valeur esthétique très appréciable.
Gutenberg perfectionne simultanément trois éléments clés :
- Les caractères mobiles : Des caractères en métal interchangeables et standardisés, fabriqués à partir d'un alliage de plomb, de fer, d'étain et d'antimoine, avec des matrices en cuivre. Pour fabriquer des caractères, il faut tailler (ou graver) en relief un poinçon selon la forme de chaque lettre, dans un métal très résistant. Pour cela, il faut poinçonner une masse de cuivre (appelée matrice), métal plus tendre que celui du poinçon, où la forme s’inscrit en creux et qui sera placée dans un moule. Dans ce moule, enfin, on coule le métal autant de fois qu’on souhaite obtenir d’exemplaires du même caractère. La création des caractères est un travail à la fois technique et artistique : c’est celui des orfèvres qui fabriquent des bijoux et de la monnaie. En effet, leur expérience leur permet de trouver la meilleure technique de taille pour les poinçons et l’alliage de métaux le plus approprié à la fonte des caractères.
- La presse à bras : Un dispositif permettant d'appliquer une pression uniforme sur le papier pour transférer l'encre des caractères. Son principe est le suivant: il faut poser la forme ou galée bien à plat sur le marbre puis l’enduire d’encre avec la balle. L’ouvrier place la feuille sur les caractères. Un mouvement donné à la presse fait descendre la platine contre la feuille et la serre contre la forme. L’encre donne l’empreinte des caractères sur la feuille, dont un côté se trouve donc imprimé. Il ne reste qu’à répéter l’opération pour imprimer l’autre côté.
- L'encre d'impression : Une encre spécialement conçue pour adhérer au métal et produire des impressions nettes et durables sur le papier.
Disposer de caractères mobiles ne suffit pas. Encore faut-il les assembler avec assez de rigueur et de solidité pour qu’ils ne bougent pas pendant l’impression, qu’ils restent alignés avec régularité et produisent donc une page imprimée bien nette. Pour écrire un texte, il faut aligner dans un composteur les caractères qui forment les mots, en intercalant des blancs entre les mots. Tous ces caractères sont ensuite serrés les uns contre les autres pour constituer une ligne puis les lignes sont serrées pour faire un plateau appelé galée.
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Il imprime des petits documents, des poèmes, la grammaire latine de Donat et des lettres d'indulgence pour l'Église. Mais la recherche et développement de son activité d'imprimerie est très coûteuse. Il emprunte imprudemment de grosses sommes d'argent pour ses expériences à Johannes Fust, un riche orfèvre de Mayence.
La Bible de Gutenberg et les difficultés financières
En 1455, Gutenberg achève l'impression de la Bible en 42 lignes. Cette Bible, également connue sous le nom de Bible de Gutenberg, est considérée comme l'un des premiers et des plus célèbres livres du monde occidental. Ce n'est pas la Bible qui fut son premier livre imprimé mais plutôt la Prophétie de la Sibylle, de deux ans son aînée. Durant toutes les périodes de l'histoire, l'être humain a été attiré par les prophéties et les pronostics en tous genres, notamment pour les économistes, ce que déplorait Murray Rothbard. De nombreux best-sellers sur ce thème ont assuré un succès pérenne pour de nombreux imprimeurs des temps modernes, y compris pour Gutenberg. Il est possible qu'il fut à un moment donné un entrepreneur underground, s'activant dans la zone de la contre-économie, car ces ouvrages faisaient craindre au pouvoir établi des risques de troubles sociaux.
Environ 180 exemplaires ont été imprimés, chacun comportant près de 1 300 pages réparties en deux volumes reliés, la plupart sur papier et le reste sur vélin (une sorte de peau d'animal). Il a fallu environ trois ans pour imprimer ces 180 bibles, alors qu'avant le développement de l'imprimerie, il aurait fallu trois ans à un scribe pour produire une seule bible. Les bibles ont surtout été achetées par des monastères et des universités ou leur ont été données.
Cependant, cette année-là, Gutenberg est malheureusement incapable de rembourser l'argent emprunté à Fust. Il est contraint de céder sa presse et son équipement à son créancier. Fust s'installe à Paris avec la presse et l'apprenti de Gutenberg afin d'y vendre des ouvrages de moindre ampleur. Deux ans plus tard, séparé de Gutenberg mais toujours associé à Schœffer, Fust publie le premier livre dont la date d'impression est connue avec certitude: le Psautier de Mayence.
Les dernières années et la reconnaissance posthume
Gutenberg vit dans la pauvreté, dont il ne sort qu’en 1465 par l’intermédiaire de Jean II de Nassau qui le fait gentilhomme et lui octroie une rente. Nommé gentilhomme auprès de l'archevêque de Mayence, Adolphe II de Nassau, il bénéficie alors d'une rente annuelle.
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Johannes Gutenberg meurt le 3 février 1468 à Mayence. Peu connu de ses contemporains, son invention lui a pourtant apporté la gloire et le titre d'archevêque, mais lui a aussi fait connaître de nombreux problèmes. Le 550e anniversaire de sa disparition donne lieu à la parution d’un livre de l’historien Georges Bischoff qui explore le contexte dans lequel l’imprimerie s’est développée.
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