De plus en plus de femmes choisissent de fonder une famille plus tardivement, l’âge moyen pour une première grossesse en Europe étant aujourd’hui de 29-30 ans. Nombreuses sont celles qui s’interrogent sur les implications d’une grossesse tardive, notamment après 40 ans. Cet article vise à explorer les risques et les chances associés à une grossesse tardive naturelle, en s’appuyant sur des données médicales et des témoignages.

Fertilité et Âge : Ce Qu'il Faut Savoir

La fertilité féminine diminue avec l'âge. Les femmes naissent avec un nombre prédéterminé d’ovules, dont la qualité se dégrade au fil du temps. Chez la femme, la tendance générale reste une fertilité spontanée qui diminue dès 30 ans et nettement après 37 ans, en raison d’une diminution du nombre et de la qualité des ovocytes. Certaines femmes tombent facilement enceintes à 40 ans, tandis que d’autres ont plus de mal dès l’âge de 30 ans.

Le risque de ne pas tomber enceinte spontanément augmente avec l'âge :

  • 4 % à 20 ans
  • 14 % à 35 ans
  • 35 % à 40 ans
  • 80 % après 45 ans

Les problèmes de fécondité peuvent aussi être liés à l’infertilité masculine, en cause à l’heure actuelle dans 30 à 50% des cas. De nombreux facteurs, tels que l'âge et le mode de vie, influent sur la diminution de la fertilité masculine. Le surpoids, l’obésité, l'exposition des testicules à une forte chaleur régulière ou encore la consommation de tabac ou de cannabis sont susceptibles de jouer un rôle négatif à chacune des étapes de la reproduction chez l’homme. En cause : l’altération de la qualité du sperme. Des dysfonctionnements sexuels, comme des troubles de l’érection ou de l’éjaculation, peuvent également être directement responsables d’infécondité ou s’ajouter aux autres causes.

Si vous essayez de concevoir depuis un à deux ans sans succès, une consultation médicale devient nécessaire. Cette consultation peut avoir lieu plus tôt, souvent après 6 mois d'essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s'il existe une maladie de l'appareil génital connue ou suspectée chez l’un des partenaires. Cette consultation médicale doit se faire en présence des deux membres du couple : vous êtes tous les deux concernés par l'exploration de l'infertilité.

Lire aussi: Suivi de grossesse gémellaire au 5ème mois

Risques pour la Mère

Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que le diabète gestationnel et l’hypertension artérielle gravidique. En l’absence de traitement, ces maladies mettent en péril la vie de la future mère et du fœtus. Elles demandent une prise en charge médicale particulièrement rigoureuse, et nécessitent plus souvent un alitement prolongé, voire une hospitalisation.

Au cours de la grossesse il y a un risque accru d’hypertension artérielle et de diabète. Ce risque est encore augmentée avec l’âge de la femme enceinte. Il faut donc tenir compte de ces risques si l’on envisage une grossesse après 40 ans. Dans le cas d’une fécondation in vitro (FIV), si le recours à un don d’ovocyte est nécessaire, ce qui est plus souvent le cas après 40 ans, le risque d’hypertension et de pré-éclampsie sera augmentée par rapport à une FIV classique.

Après 40 ans, l’accouchement par césarienne est plus fréquent. À cet âge, outre les éventuels antécédents médicaux de la mère (comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’asthme, l’obésité, les fibromes utérins), les bébés se présentent plus souvent par le siège (les fesses en avant) et sont souvent trop volumineux pour un accouchement par les voies naturelles (en cas de diabète gestationnel notamment).

Grossesse tardive ou non, il est tout à fait normal de ressentir de l’anxiété à l’idée d’accoucher. Les raisons les plus courantes de ce stress sont la crainte de la douleur ou l’idée qu’il puisse arriver quelque chose au bébé. Cette anxiété a un nom : la tokophobie. Les symptômes peuvent aller de l’angoisse modérée à une détresse sévère. La tokophobie touche 14 % des femmes dans le monde : vous n’êtes pas seule ! Toutes les femmes peuvent un jour y être confrontées et ses conséquences peuvent être importantes, mais, comme toute phobie, cette pathologie peut être traitée.

Risques pour l'Enfant

Plus la mère est âgée, plus les anomalies chromosomiques sont fréquentes. Les principaux risques pour l’enfant dans le cas d’une grossesse tardive sont l’augmentation des fausses couches et celui des anomalies chromosomiques. Ces informations peuvent être stressantes mais sont à relativiser car si le risque de fausse-couche augmente à partir de 30 ans (environ 20%), il reste très peu élevé chez les femmes de 25 à 29 ans (environ 10 %).

Lire aussi: Grossesse : Comment l'annoncer au travail ?

Par exemple, le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 lorsque la mère a 30 ans, s’élève à une naissance sur 50 chez les mères âgées de 42 ans. La future mère pourra recourir à une amniocentèse afin de déterminer si le fœtus est porteur d’une anomalie chromosomique. Toutefois, l’amniocentèse expose à une fausse couche dans un cas sur 100. Le risque accru de fausse-couche ainsi que les anomalies chromosomiques résultent de la qualité des ovules, qui est moins bonne à mesure que l’âge augmente. Des tests de dépistage vous seront systématiquement proposés pour déterminer ce risque.

Suivi Médical et Dépistage

Un bilan médical complet doit être entrepris en début de grossesse afin d’identifier les possibles facteurs de risque, notamment les troubles cardiaques, les troubles circulatoires et le diabète, en vue de les prendre en charge de façon optimale le cas échéant. Les futures mamans de plus de 40 ans devront faire suivre leur grossesse de manière particulièrement rigoureuse. Par exemple, les échographies peuvent être plus fréquentes.

En cas de grossesse tardive, il est recommandé d’être suivie dans un centre spécialisé pour les grossesses pathologiques, même quand tout se passe bien. Une surveillance attentive et un suivi régulier de la grossesse sont impératifs à partir de 40 ans. Rappelons que le dépistage comporte une échographie précoce à la 12 e SA suivie à 22 SA, d’une échographie à la recherche d’anomalies morphologiques, de la recherche des marqueurs sanguins de la trisomie entre 15 et 17 SA et d’une amniocentèse selon les cas. Le dépistage du diabète et de l’hypertension artérielle est indispensable. Comme pour toute grossesse, il faut également surveiller son poids, éviter les aliments salés et savoir se ménager (arrêt précoce de l’activité professionnelle si besoin est).

En France, toutes les femmes ont la possibilité de réaliser un dépistage de la trisomie 21 au cours de leur grossesse. Ce dépistage, pris en charge par l’Assurance Maladie, n’est pas obligatoire. Vous êtes libre de choisir si vous souhaitez ou non le réaliser, et votre consentement écrit sera demandé à chaque étape du dépistage.

Grâce à une échographie et des prises de sang, le dépistage évalue la probabilité que le fœtus ait ou non une trisomie 21. Un diagnostic par analyse des chromosomes du fœtus suite à un prélèvement à travers le ventre, ou amniocentèse, pourra ainsi être proposé uniquement aux femmes chez qui cette probabilité est très élevée.

Lire aussi: Comprendre les fibromes pendant la grossesse

Habituellement, l'amniocentèse est programmée entre 3 et 3,5 mois de grossesse (soit 15 à 17 semaines d'aménorrhée). Toutefois, on peut la réaliser jusqu'à la fin de la grossesse si nécessaire. Si un dépistage de la trisomie 21 ne vous a pas été proposé avant la fin du premier trimestre de grossesse, il pourra vous être conseillé au cours du quatrième mois.

Quels que soient les résultats de ces tests, il est primordial d’en discuter au sein du couple et avec les médecins qui suivent votre grossesse. Dans tous les cas, quelle que soit la décision prise après la détection d’une trisomie 21, votre choix sera respecté et vous serez accompagné par les professionnels qui vous entourent.

Âge Idéal et Préparation

Le pic de fertilité survient vers l’âge de 25 ans, mais il n’y a pas d’âge optimal pour avoir un bébé. En revanche, si vous avez rencontré quelqu’un avec qui vous voulez avoir des enfants, il est judicieux de parler régulièrement de ce souhait avec votre partenaire afin de vous assurer qu’il est partagé, et de ne pas trop repousser la prise de décision. On ne se sent jamais vraiment prêt à être parent, et il est tout à fait normal d’avoir des doutes à ce sujet. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Plusieurs facteurs peuvent faciliter la survenue d’une grossesse après 35 ans, à commencer par l’adoption d’un mode de vie le plus sain possible :

  • Arrêter de fumer
  • Réduire sa consommation d’alcool
  • Faire du sport et manger équilibré
  • Réduire la caféine

Si vous êtes en situation de surpoids ou d'obésité, perdre un peu de poids peut augmenter vos chances de conception et minimiser les risques une fois que vous serez enceinte. Consulter un médecin pour vérifier votre état de santé général peut aussi valoir la peine.

Dès lors que vous espérez tomber enceinte, vous pouvez prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour. Ce traitement sera poursuivi jusqu’à 12 semaines de grossesse. Il permet de réduire le risque de certains problèmes de développement du fœtus lors des premières semaines.

L’activité physique pendant la grossesse regorge de bienfaits dont la liste ne cesse de s’allonger à mesure des études réalisées sur le sujet :

  • Diminution de la prise de poids
  • Diminution des douleurs musculo-ligamentaires du dos et du pelvis
  • Amélioration de l'humeur et de l'estime de soi
  • Diminution du stress et de l'anxiété
  • Diminution des dits « petits maux » de la grossesse
  • Amélioration des troubles du sommeil
  • Diminution du risque de diabète gestationnel

En résumé, l’activité physique améliore le bien être physique et psychique de la femme enceinte. Les vertus traversent même la barrière placentaire en favorisant la croissance foetale et en facilitant le travail lors de l’accouchement.

Fertilité et PMA

L’aide et les traitements que vous proposera votre médecin dépendront de la cause de la réduction de votre fertilité. Dans certains cas, faciliter l’accès des spermatozoïdes à l’utérus suffit, et dans d’autres il faut se tourner vers la fécondation in vitro (FIV). Il est possible d’identifier la cause responsable de l’infertilité dans environ 70 % des cas.

Si les essais naturels ne fonctionnent pas une PMA peut être proposée si la réserve ovarienne le permet. Cela permettra d’optimiser le timing mais ne mettra pas à l’abri du risque d’essais infructueux ou encore de fausses couches, à moins d’avoir recours à l’analyse génétique des embryons en FIV (DPI-A = recherche d’aneuploidie*) ou du don d’ovocytes.

Aspects Psychologiques et Émotionnels

Interroger son désir d’enfant, ce n’est pas juste répondre par oui ou non. C’est plonger dans ses ambivalences, ses peurs, ses élans profonds, pour faire le tri entre ce qui vient de soi et ce qui vient de l’extérieur. L’idée, c’est de redonner du pouvoir et une capacité à faire des choix. Qu’on décide de faire un enfant, d’y renoncer, ou d’attendre encore un peu, l’essentiel c’est que ce soit un choix libre, aligné et assumé.

Quand l’enfant peine à arriver, ce n’est pas simple de vivre l’attente sereinement. Il est important de DE-CUL-PA-BI-LI-SER, de ne pas croire que c’est parce qu’elles ne pensent pas assez « positif » ou que leur arrière-grand-mère a vécu des interruptions de grossesse, qu’elles n’arrivent pas à tomber enceinte. Il est important de bien clarifier son désir d’enfant, à traverser ses peurs, à prendre conscience des conditionnements de l’enfance, à mettre le doigt sur d’éventuelles croyances limitantes. Ce travail de thérapie permet de reprendre le pouvoir sur son « parcours » bébé et de retrouver progressivement confiance en soi et dans son corps. Il est aussi important de prendre soin d’elle et à cultiver d’autres domaines de vie, deux clefs intéressantes pour vivre l’attente et tenir sur la longueur.

Faire le Deuil d'un Enfant

Faire le deuil d’un enfant qu’on n’aura pas, ce n’est pas juste renoncer à une grossesse et une maternité, c’est aussi renoncer à une version de soi, à un rôle social, à une projection de vie, à un lien fantasmé.

Quand une femme ou un couple est accompagné dans ce moment-là, il ne s'agit pas de leur faire tourner la page rapidement. Il est important d’honorer ce désir, même s’il n’aboutit pas, de mettre des mots sur ce qui est perdu, mais aussi sur ce qui est vivant et bien là dans leur vie. On travaille sur la transmission autrement, sur les formes que peut encore prendre une fécondité symbolique : créer, transmettre, nourrir le lien autrement. Et surtout, on restaure une image de soi confiante et entière, même sans maternité.

tags: #grossesse #tardive #naturelle #risques #et #chances

Articles populaires: