La question de la grossesse non désirée est un sujet complexe et sensible, particulièrement dans le contexte de l'Islam. Cet article explore les divers avis et perspectives islamiques sur l'avortement, en tenant compte des différents courants et interprétations de la loi islamique (charia), ainsi que des réalités sociopolitiques contemporaines.
L'Avortement en Islam : Divergences et Contextes
Les femmes sont descendues massivement dans les rues du monde entier le 28 septembre, Journée mondiale du droit à l’avortement, pour réclamer la gratuité, la sécurité et la légalité de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour toutes. Le droit à l’avortement est menacé dans de nombreux pays, des États-Unis à la Pologne en passant par l’Argentine et l’Irlande, où les femmes se battent toujours pour l’obtenir. La religion, notamment le catholicisme, est souvent désignée comme le principal obstacle au contrôle des naissances et à l’IVG. Le fait est qu’un certain nombre de pays à majorité catholique ont une législation stricte sur la question. Parmi ceux-ci, l’Andorre, la République Dominicaine, le Salvador, Malte, le Nicaragua et le Vatican se distinguent même par une interdiction totale de l’avortement. Mais qu’en est-il des pays musulmans ? Près de 80 % des femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord vivent dans des pays où le droit à l’avortement est restreint. Voire, pour 55 % d’entre elles, dans des pays où l’IVG n’est autorisée que pour sauver la vie de la mère ou - pour 24 % - uniquement pour préserver sa santé physique ou mentale. Aujourd’hui, seules la Turquie et la Tunisie autorisent les avortements volontaires (sur demande de la mère). Bien qu’aucun de ces pays n’interdise totalement l’IVG, ces restrictions rendent plus difficile pour les femmes d’avorter en toute sécurité. Comme partout ailleurs, dans les pays à majorité musulmane, l’avortement est un sujet controversé, notamment au regard de la loi islamique. Même dans les pays où l’IVG est légale, comme en Turquie, ce droit est constamment remis en question par des opposants politiques et religieux. De même, en Tunisie, en dépit de la loi qui les y autorise, les femmes qui décident d’avorter doivent souvent faire face au jugement négatif du personnel médical et de la société.
En général, les autorités religieuses musulmanes considèrent que l’avortement interfère avec la volonté d’Allah (Dieu) qui, seul, a droit de vie et de mort. Cependant, les différents courants de l’islam n’ont pas tous le même point de vue sur la question. Dans le dogme hanafite, majoritaire au Moyen-Orient, en Turquie et en Asie centrale, et qui faisait loi sous l’Empire ottoman, l’avortement est évoqué sous les termes ıskât-ı cenîn, qui peuvent se traduire par « expulsion du fœtus ». D’entrée de jeu, cette terminologie paraît peu claire, puisqu’elle ne fait aucune distinction entre les fausses-couches et les avortements. Plus précisément, le hanafisme considère ıskât-ı cenîn comme mekrouh (indésirable, non souhaitable) plutôt que haram (interdit) à moins de 120 jours de grossesse, étant donné que jusqu’alors le fœtus n’a pas d’âme. Pourtant, même considérée comme mekrouh, la décision de mettre un terme à la grossesse est laissée à la discrétion du mari et ne constitue pas un droit ni un choix pour la femme.
Dans le même temps, d’autres courants islamiques expriment une opinion différente. Le chafiisme, qui domine en Asie du Sud-Est et dans certaines régions d’Afrique, autorise les IVG jusqu’à 40 jours de grossesse et les avis divergent au sein même de ce mouvement quant au stade de développement du fœtus. Certains imams chafiistes tolèrent l’avortement jusqu’au 120e jour. Bien que le courant hanbaliste, majoritaire en Arabie saoudite et aux Émirats Arabes Unis, n’ait pas d’opinion tranchée sur la question, certains chefs religieux autorisent également l’avortement jusqu’au quatrième mois. Enfin, le malikisme, qui prédomine en Afrique du Nord, considère le fœtus comme un être vivant en devenir et interdit totalement l’avortement. En fait, tous les dogmes islamiques estiment qu’à compter de 120 jours après sa conception, le fœtus a une âme, et aucun n’autorise l’avortement après cette date.
Interprétations Juridiques et Évolution Historique
Dans nombre de pays à majorité musulmane, la jurisprudence islamique a influencé la législation relative à l’avortement. Toutefois, au fil du temps, de nouvelles préoccupations sociopolitiques ont émergé, et cette législation a été remaniée. Dans le cas de l’Empire ottoman, la relative « liberté de choix » offerte par le hanafisme a été contrecarrée par une nouvelle politique nataliste et moderniste à la fin du XVIIIe siècle.
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Face au déclin de l’Empire, la modernisation et la croissance démographique étaient envisagées comme un remède propre à assurer sa stabilité militaire, économique et politique. Inspirés par l’Europe, les Ottomans aspiraient à des avancées similaires via un vaste programme de réformes et de lois.
En 1858, le Code pénal de l’Empire ottoman - rédigé d’après le code pénal français de 1810 - est adopté. Il interdit et criminalise l’avortement, harmonisant la législation française et le dogme islamique. A partir de cette date, l’avortement est légalement déclaré haram dans tous les territoires sous domination ottomane. Néanmoins, dans la jurisprudence, il n’est envisagé que comme un phénomène social. Les poursuites intentées après l’entrée en vigueur de ce nouveau code illustrent bien cette vision des choses, puisque les accusés sont des médecins, des infirmiers, des pharmaciens, etc., plutôt que les femmes elles-mêmes.
Suite à cette réforme, beaucoup d’ex-membres de l’Empire mettent en place des lois restrictives sur l’avortement. Cependant, lorsqu’on observe les pays à majorité musulmane, on constate que ces lois sont assez diverses, dans le sens où elles autorisent et interdisent l’avortement pour différentes raisons. Aujourd’hui, dans beaucoup de ces pays, il n’est souvent autorisé que lorsque la vie de la femme est en danger, quand le fœtus est malformé ou quand la grossesse résulte d’un acte criminel, comme un viol. Mais, même si ces principes permettent à quelques femmes d’y avoir recours, ils renforcent la supervision médicale et les procédures légales, et ne laissent aucune place aux avortements volontaires.
Les Conséquences des Restrictions et les Alternatives Modernes
Il est scientifiquement prouvé que restreindre l’accès à l’avortement ne fait pas disparaître cette pratique. Au contraire, elle devient clandestine et dangereuse. En utilisant des méthodes peu sûres pour mettre un terme à leur grossesse non désirée, les femmes risquent leur santé, leur fertilité et même leur vie. Chaque année, 47 000 femmes meurent de complications liées à un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions. Après l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont la région du monde où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé.
De plus, les restrictions du droit d’accès à l’avortement affectent davantage les femmes les plus pauvres. Souvent, celles qui en ont les moyens se rendent à l’étranger pour avorter en toute sécurité. Certaines parviennent à négocier avec des professionnels de santé dans leur propre pays pour obtenir ce service. Pour les autres, le marché noir est la seule option. Beaucoup sont victimes de charlatans qui leur vendent de fausses pilules abortives à des prix très élevés. Même lorsqu’elles ont accès à une structure médicale ou des pilules fiables, elles restent mal informées et mal suivies. Cela accentue leur sentiment d’isolement et aggrave leur souffrance.
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Malgré tout, grâce à l’avortement médicamenteux et à la télémédecine, des alternatives sûres se multiplient hors du cadre légal. Un grand nombre de femmes vivant dans des pays à majorité musulmane, ou dans d’autres pays qui limitent l’accès à l’avortement, consultent des services de médecine en ligne pour demander de l’aide et recevoir des informations sur la façon de s’auto-administrer les pilules abortives obtenues par ce biais.
Des études prouvent que l’avortement télémédicalisé est sûr et efficace en début de grossesse. Women on Web (WoW), l’un de ces services en ligne, aide environ 60 000 femmes chaque année. Le contenu du site est traduit en 16 langues, dont l’arabe, le farsi et le turc. Néanmoins, dans certains pays comme l’Arabie saoudite et la Turquie, l’accès au site est prohibé. Pour contourner la censure, les femmes utilisent une application sur leur smartphone.
Aujourd’hui, il semble que l’IVG soit haram, illégale et clandestine dans la majeure partie du monde musulman. En dépit de cela, les femmes continuent à défier le statu quo et les lois archaïques par leurs pratiques quotidiennes et leur militantisme. En 2012, en réaction à un projet de loi visant à restreindre l’accès à l’avortement en Turquie, des centaines de femmes ont manifesté à Istanbul pour défendre la liberté de choix. Elles sont descendues dans les rues pour clamer leur droit d’avorter en toute sécurité et de disposer librement de leur corps : « L’avortement est un droit. La décision d’avorter appartient aux femmes.
Perspectives Islamiques sur la Contraception
Le sujet de la contraception en Islam pose problème à beaucoup de couples musulmans. Comme pour le hadith sur le voile de la femme, c’est un sujet controversé qui a suscité certaines disparités dans les pays du monde arabo-musulmans et d’ailleurs. En raison du rapport à la question des mœurs et de la liberté de la femme, certaines personnes voient l’accès à la contraception d’un mauvais œil. Pourtant, la question des mesures contraceptives a été largement étudiée et commentée par les érudits contemporains, qui ont rendu un avis juste et concordant. Allah Tout Puissant a agréé le mariage pour Ses serviteurs. Ainsi, le mariage est une adoration et un engagement pris vis-à-vis de l’époux/épouse mais aussi vis-à-vis d’Allah Exalté Soit-Il. Et, parmi les bénéfices et objectifs du mariage, il y a la procréation. Le mariage constitue donc un moyen licite pour un homme et une femme d’avoir une progéniture, puisque les relation hors mariages sont proscrites. Également, un couple marié qui décide de bâtir un foyer et d’avoir une descendance, participe en réalité, à l’émergence de la communauté musulmane, à son accroissement et garantit avec l’aide d’Allah, la pérennisation de l’Islam.
La Sounnah du Messager d’Allah ﷺ vante les mérites de la femme féconde, c’est-à-dire celle qui enfante beaucoup, qui est fertile. D’après Abou Adhina Al Sadafi (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Les meilleures de vos femmes sont celles qui sont aimantes, fécondes et obéissantes si elles pratiquent la taqwa d’Allah. Et les plus mauvaises de vos femmes sont les moutabarijat orgueilleuses, ce sont elles les hypocrites. La femme féconde a beaucoup de mérites car avoir une communauté nombreuse est un souhait formulé par le Messager d’Allah ﷺ. Par conséquent, l’accroissement de la communauté passe par l’augmentation de la progéniture chez les familles musulmanes. Aussi, comme expliqué par les savants, le fait d’avoir une communauté importante comporte des bénéfices. D’abord, par son accroissement, cela la rend plus puissante et plus respectée par les autres nations. « Ensuite, Nous vous donnâmes la revanche sur eux ; et Nous vous renforçâmes en biens et en enfants. Également, nous savons que par l’augmentation des naissances, les musulmans se trouvent dans l’obéissance envers Allah Pureté à Lui et Son prophète ﷺ. Certes, le prophète Mohammed ﷺ sera fier des musulmans et de leur grand nombre le Jour du jugement !
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Les jurisconsultes musulmans ont répondu à la question de savoir s’il est licite ou illicite d’avoir recours pour les femmes musulmanes, aux méthodes de contraception. Ce qui a été rendu comme jugement, est que cela reste permis (sous réserve de conditions) néanmoins, cela demeure détestable, c’est-à-dire pas souhaitable. Ainsi, les savants comme Al Outheymine, Al Albani (qu’Allah leur fasse miséricorde), et d’autres encore expliquent qu’il est permis d’avoir recours aux moyens de contraception pour espacer les naissances et non pas pour limiter le nombre d’enfant à un chiffre précis comme font certaines femmes au moyen de la contraception définitive. De cette manière, pour les femmes ayant déjà eu des enfants et dont une grossesse supplémentaire serait source de difficultés et de risque pour leur santé, alors, ils expliquent que c’est autorisé. Ce recours à la contraception ne peut se faire qu’après consultation d’un spécialiste du domaine comme une sage-femme ou un gynécologue. En revanche, ils mentionnent toutefois qu’il est interdit d’avoir recours à la pilule contraceptive, et autres dispositifs hormonaux pour les couples craignant la pauvreté, car l’enfant lorsqu’il vient au monde, vient avec sa subsistance. Et certes, les naissances n’entrainent pas la pauvreté des parents, au contraire, elles sont un moyen de gagner en subsistance. « Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; c’est Nous qui attribuons leur subsistance ; tout comme à vous. De même, la question de l’avortement en Islam est claire en ce qui concerne son caractère licite ou non. Ne fait pas partie des habitudes et des coutumes des couples mariés musulmans que d’avoir recours à l’IVG sans causes médicales graves. C’est une chose blâmable et dont il est demandé aux vertueux croyants et croyantes de délaisser. Le choix du type de contraception dépend de la femme et de sa réaction aux différents dispositifs. Ainsi, on distingue une catégorie de contraception dite « méthodes naturelles » et une autre catégorie de contraception hormonale. Le dispositif intra-utérin, plus couramment appelé le « stérilet ». On distingue le stérilet en cuivre au stérilet hormonal (dit hormonal). Celui au cuivre a la particularité de ne pas diffuser d’hormones dans le corps. Il existe différentes méthodes de contraception, néanmoins certaines sont à éviter plus que d’autres en raison des effets indésirables qu’elles produisent sur les patientes. Il peut être bon de souligner que pour les musulmans, le recours à un moyen de contraception n’est qu’une cause permettant à la femme d’éviter de tomber enceinte. Toutefois, une grossesse non désirée ne peut en aucun cas aboutir à un avortement (IVG) car cela s’est produit par la permission d’Allah Le Très Haut. Enfin, la « planification familiale » ou « le planning des grossesses » est permis en Islam, par miséricorde pour la femme. Le mode de contraception devra être étudié et pris sans le moindre risque pour la santé.
Avis de Cheikhs et Savants Musulmans
Voici une compilation d’avis juridiques de grands savants contemporains traitant de la contraception :
- Shaykh Ibn Baz (رحمه الله) dit : « Ce problème est un problème contemporain et de nombreuses personnes s'interrogent dessus. Cette question à déjà été étudié lors d'une assise par une assemblée des principaux savants, lors d'une session précédente, et nous avons pris une décision concernant ce problème d'après ce que nous en avons constaté, et nous avons conclu qu'il n'était pas permis d'utiliser les pilules contraceptives. En effet Allah (عز وجل) a légiféré dans Son adoration de réunir les causes qui mènent à la procréation et ainsi d'agrandir la communauté. Et le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Épousez la féconde et affectueuse. Certes, je surpasserais [en nombre] les autres communautés par vous au Jour de la Résurrection » (Hadith Sahih rapporté par Ahmad, Abû Dawud, An-Nassaï, Ibn Hibban, At-Tabarani et d'autres) Et dans une autre version : « Je surpasserais [en nombre] les Prophètes au Jour de la Résurrection » En effet la communauté a besoin d'être augmentée (en nombre) afin qu'elle puisse adorer Allah, combattre dans Son sentier et défendre les musulmans - Par La Permission d'Allah et Sa réussite- contre les ruses de leurs ennemis. (…) »
- Shaykh Al-‘Uthaymin (رحمه الله) dit : « Les musulmans doivent accroître leur progéniture selon leurs capacités, car c'est ce qui a été ordonné par le Prophète (صلى الله عليه وسلم) dans sa parole : « Épousez la féconde et affectueuse. Certes, je surpasserais [en nombre] par vous … » En effet, plus il y a de naissance et plus la communauté s'agrandit, et plus la communauté s'agrandit et plus c'est un honneur pour elle, comme Le Très Haut a dit s'adressant aux Bani-Israïl : { وَجَعَلْنَاكُمْ أَكْثَرَ نَفِيرًا }- Et Nous vous fîmes un peuple plus nombreux. (S.17 v.6) Et Shu'aïb (عليه سلام) a dit à son peuple : { وَاذْكُرُوا إِذْ كُنتُمْ قَلِيلًا فَكَثَّرَكُمْ }- Rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux et qu'Il vous a multipliés en grand nombre. (S.7 v.86) Et personne ne peut nier que plus la communauté est grande et plus son honneur et sa puissance sont grands ; Contrairement à ce que prétendent les gens de la mauvaise pensée qui croient qu'une grande communauté est une cause de pauvreté et de famine. Lorsque la communauté est nombreuse et qu'elle s'en remet à Allah, et croit en Sa promesse qui se trouve dans Sa parole … { وَمَا مِن دَابَّةٍ فِي الْأَرْضِ إِلَّا عَلَى اللَّـهِ رِزْقُهَا }- Il n'y a pas une bête sur terre dont la subsistance n'incombe à Allah. (S.11 v.6) … Alors Allah lui facilite ses affaires et l'enrichit par Sa générosité. (…) »
- Le Shaykh dit aussi : « (…) Il est obligatoire pour chacun de savoir qu'en réalité le contrôle des naissances est quelque chose d'impossible. Car le fait qu'une femme tombe enceinte ou non, tout ceci est entre Les Mains d'Allah (عز وجل). Si une personne voulait limiter ses enfants à un nombre précis, il se peut très bien qu'elle atteigne ce nombre puis ensuite les perdre (tous en même temps) à cause d'une épidémie dans une même année, et par conséquent il ne lui restera plus aucun enfant et plus de descendance. Et le fait de limiter une chose, ceci n'est pas admissible dans la loi Islamique (Shari'a). (…) »
- Le Shaykh dit aussi dans un autre avis : « L’empêchement d’une grossesse est de 2 sortes : 1) L’empêchement définitif : Cela est interdit car la descendance serait restreinte en nombre est cela est contraire a la religion qui nous incite a rendre nombreuse la communauté musulmane… de plus rien ne garantit le décès prématuré des enfants au point de demeurer sans enfants. 2) L’empêchement provisoire : Pour la femme qui par exemple se trouve épuiser par un nombre trop élevé de grossesse et qui désire les organiser en les espaçant de 2 années par exemple, et ceci est permis avec l’accord du mari et que le moyen de contraception en question ne soit néfaste pour l’épouse. La preuve en cela est que les Sahabas (رضي الله عنهم) pratiquaient al 'Azl afin que leurs femmes ne tombent pas enceintes et le Prophète (صلى الله عليه وسلم) ne leur a pas interdit de le faire.
- Shaykh Muqbil (رحمه الله) dit : « Ceci (le contrôle des naissances) n'est pas permis et s’il est absolument nécessaire (d’essayer d'empêcher la grossesse) alors al 'Azl (coït interrompu) doit être pratiqué. Concernant ce qui est appelé contrôle des naissance et autre que cela, Allah (سبحانه و تعالى) dit : { وَلَا تَقْتُلُوا أَوْلَادَكُم مِّنْ إِمْلَاقٍ ۖ نَّحْنُ نَرْزُقُكُمْ وَإِيَّاهُمْ }- Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme eux. (S.6 v.151) Et le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Mariez-vous et augmentez votre nombre, car en vérité je rivaliserai avec les autres nations par vous tous (c'est-à-dire votre nombre) le Jour de la Résurrection. ». Et il (صلى الله عليه وسلم) a dit, ou plutôt il a invoqué pour qu’Allah donne à Anas Ibn Malik (رضي الله عنه) une abondance de richesse et d’enfants. »
- Shaykh 'Ubayd Al-Jabiri (حفظه الله) dit : « (…) L’organisation des grossesses est permise si la femme s’avère être très féconde, et ce, elle le sait par expérience… dans ce cas il lui est permis de pratiquer le ‘Azl ou d’autres moyens avec un commun accord entre les deux époux, pour organiser ses grossesses de sorte à laisser une marge entre les deux naissances. Par exemple trois ans, et trois suffisent pour que la femme puisse éduquer l’enfant précédent… Et nous différencions le fait d’organiser ses grossesses et le fait d’empêcher les grossesses. Empêcher une grossesse n’est pas permis sauf si elle est sûre que cela lui est nuisible et représente un danger pour sa santé comme après plusieurs césarienne, et qu’elle ai peur pour sa vie (…) »
Facteurs Influant sur la Décision d'Avortement
Dans le contexte islamique, plusieurs facteurs peuvent influencer la décision d'une femme face à une grossesse non désirée. Ces facteurs peuvent être regroupés en trois catégories principales :
- Les facteurs liés au fœtus : Cela inclut la détection de malformations, de déficiences importantes, ou le risque élevé de maladies génétiques graves héritées des parents. Cependant, il est crucial que la décision d'interrompre la grossesse soit basée sur un diagnostic médical fiable et non sur de simples suppositions.
- Les facteurs liés à la mère : Ces facteurs comprennent les risques pour la vie ou la santé mentale de la mère, l'incapacité physique ou mentale de la mère à élever correctement l'enfant sans aide familiale, et les grossesses résultant d'un viol.
- Les facteurs socio-économiques : Bien que la crainte de la pauvreté ne soit généralement pas considérée comme une justification suffisante pour l'avortement, les difficultés économiques extrêmes peuvent influencer la décision, surtout si elles mettent en péril la santé et le bien-être de la mère et des autres enfants.
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