Chaque année, le diabète gestationnel touche entre 8 et 15 % des femmes enceintes en France, selon les dernières données de Santé publique France. Souvent discret, parfois complètement silencieux, ce trouble de la régulation du sucre apparaît le plus fréquemment au cours du 2e ou 3e trimestre de grossesse. Pourtant, ses conséquences peuvent aller bien au-delà de la naissance, tant pour la maman que pour l’enfant. Il est donc essentiel de comprendre les liens entre le diabète gestationnel, les envies fréquentes d'uriner et les mesures à prendre pour une grossesse sereine.
Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel se définit par une élévation du taux de sucre (glycémie) dans le sang, qui apparaît ou est diagnostiquée pour la première fois pendant la grossesse. Pendant la grossesse, certaines hormones (comme le lactogène placentaire) augmentent naturellement la résistance à l’insuline, l’hormone qui permet l’entrée du glucose dans les cellules. Or chez certaines femmes, le pancréas ne parvient pas à répondre à la demande plus élevée d’insuline. Le glucose commence alors à s’accumuler dans le sang, et les cellules qui en ont besoin s’affaiblissent.
Symptômes et dépistage
Il est fréquent que le diabète gestationnel ne provoque aucun symptôme perceptible. Beaucoup de femmes affirment être “en pleine forme” alors que leur glycémie dépasse déjà les seuils recommandés. C’est pourquoi en France, un dépistage systématique est proposé selon certains critères (antécédents, risque élevé).
Si nombre de femmes ne ressentent rien, d’autres peuvent tout de même percevoir quelques indices, souvent discrets. Parmi les signes les plus fréquents, on retrouve :
- Soif intense et fréquente (polydipsie)
- Besoin d’uriner très souvent, même la nuit (polyurie)
- Fatigue importante
- Infections génitales à répétition (mycoses, irritations)
Dès l’apparition de l’un ou plusieurs de ces symptômes, parlez-en à votre sage-femme ou médecin. Un simple test de glycémie capillaire, voire une prise de sang à jeun, suffit souvent à orienter le diagnostic.
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Le diagnostic du diabète gestationnel est posé lorsque la prise de sang révèle que :
- la mesure en glycémie à jeun est égale ou supérieure à 0.92g/L et si pathologique pour la surveillance mais < 1.20g/L deux heures après chaque repas
- la mesure en glycémie après charge en sucre se trouve à 1.80g/L après 1 heure et 1.53g/L au bout de 2 heures
Un dépistage, recommandé si la maman est jugée « à risque » selon les critères cités ci-dessus, a lieu entre la 24e et la 28e semaine de grossesse. Il se fait avec absorption de sucre et 3 prises de sang : la première à jeun, la 2e une heure après la prise de sucre et la 3e, deux heures après. Si la glycémie est supérieure ou égale à 0,92 g / litre avant absorption du sucre, supérieur à 1,80 g par litre après deux heures et supérieure à 1,53 g / litre après deux heures, il y a diabète. Cette méthode est recommandée depuis 2010.
Envies fréquentes d'uriner : un symptôme à surveiller
Les envies fréquentes d'uriner sont un symptôme courant pendant la grossesse. Lorsque l’utérus grossit, il pèse sur la vessie et les canaux urinaires ce qui entraîne des envies d’uriner plus fréquentes. Paradoxalement, il est fréquent que les femmes enceintes n’arrivent pas à vider complètement leur vessie, car les hormones de la grossesse diminuent le tonus de la vessie.
Cependant, ce symptôme peut être accentué en cas de diabète gestationnel. L'excès de glucose dans le sang est éliminé par les reins, ce qui augmente le volume des urines et, par conséquent, la fréquence des mictions. De plus, la glycosurie (présence de glucose dans les urines) peut révéler une hyperglycémie. En effet, lorsque le taux de sucre dans le sang augmente de manière trop importante, les reins ne sont plus en capacité de filtrer le glucose qui, par conséquent, passe dans les urines.
Il est donc important de ne pas négliger les envies fréquentes d'uriner pendant la grossesse et d'en parler à votre médecin, surtout si elles sont accompagnées d'autres symptômes tels que la soif intense, la fatigue ou les infections urinaires.
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Infections urinaires et diabète gestationnel
Les infections urinaires sont fréquentes au cours de la grossesse, mais elles ne sont pas toujours faciles à identifier. De plus, un diabète transitoire (diabète gestationnel) est parfois observé au cours de la grossesse. La première complication d’une cystite non traitée pour la femme enceinte est la survenue d’une infection des reins (pyélonéphrite). Une infection urinaire non traitée peut également être à l’origine d’un accouchement prématuré, d’un retard de croissance du fœtus ou, parfois, d’une infection du fœtus.
Outre les conseils habituels (boire au moins deux litres d’eau par jour et limiter la consommation de café ou d’épices qui peuvent irriter la vessie), pendant la grossesse, il est recommandé de surveiller régulièrement les urines avec des bandelettes urinaires. Le dépistage consiste dans la recherche dans les urines de la présence de leucocytes (globules blancs) et/ou de nitrites. En cas de réponse positive ou douteuse à deux reprises, un avis médical est nécessaire.
Les risques du diabète gestationnel
Le diabète gestationnel peut potentiellement provoquer des risques pour la mère et l'enfant.
Pour la mère :
- une prise de poids
- des œdèmes
- de l’hypertension artérielle
- une naissance prématurée
- des problèmes rénaux
- un risque plus élevé d’accouchement par césarienne
- la survenue d’une prééclampsie, c’est-à-dire une toxémie gravidique pouvant associer prise de poids, œdèmes et hypertension artérielle.
- un facteur de risque potentiel de développer du diabète après l’accouchement.
Pour l’enfant :
- le glucose en excès est stocké dans les organes du fœtus provoquant une croissance et un poids à la naissance souvent supérieur à 4Kg rendant l’accouchement difficile pour la mère et l’enfant (dystocie des épaules).
- Après les informations que nous vous avons fournies, peut-être vous demandez-vous comment s’épanouir au quotidien lorsqu’on est diabétique ?
Prise en charge et traitement du diabète gestationnel
La prise en charge du diabète gestationnel repose sur l’autosurveillance glycémique et les mesures hygiéno-diététiques.
Diététique: La diététique est un point important de la prise en charge. Un diététicien peut aider la future maman à adopter une alimentation équilibrée. Les apports en glucides seront fractionnés en 3 repas et 2 ou 3 collations afin d’éviter une montée importante du taux de sucre dans le sang. Il est important de privilégier les aliments à faible indice glycémique (IG).
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Activité physique: L’activité physique régulière est conseillée chez la femme enceinte en l’absence de contre-indications.
Traitement par insuline: Un traitement par insuline peut s’avérer nécessaire si, 10 jours environ après la mise en place des règles hygiéno-diététiques, la glycémie demeure élevée. Le médecin adapte toujours son traitement en fonction de l'évolution de la maladie. Si l'on vous propose de l’insuline, c’est parce que votre corps n’en produit plus assez pour réguler votre glycémie et subvenir à vos besoins. L’insuline est une hormone vitale, indispensable à l’équilibre du diabète.
Conseils pour bien vivre avec le diabète gestationnel
En suivant quelques recommandations, la vie mène son cours !
Adopter une alimentation IG bas: Manger IG bas aura des conséquences positives sur votre courbe de glycémie, qui se stabilisera alors et ce pour votre plus grand bien ! Pour le diabète gestationnel, adopter une alimentation IG bas en complément, bien évidemment, de repas variés et équilibrés agit contre l’hyperglycémie. Cela permet de réduire significativement les risques endossés par le bébé et par la maman. Si durant une grossesse avec diabète gestationnel l’alimentation n’est pas surveillée, alors le bébé pourrait prendre trop de poids (ce qui compliquerait l’accouchement) et développer de plus grandes chances de contracter un diabète dans sa future vie. A la naissance, il se pourrait également qu’il soit en hypoglycémie néonatale et connaisse une détresse respiratoire. Pour ce qui est de la maman, celle-ci pourrait accoucher prématurément et par césarienne, ainsi que contracter un diabète de type 2 après sa grossesse. Manger des aliments à indice glycémique faible viendra atténuer ces risques. Ce rythme de vie est aussi recommandé pour une femme enceinte chez qui aucun diabète gestationnel n’a été dépisté. Cela permet, comme dit précédemment, de prévenir tout risque d’apparition d’un diabète qui pourrait se révéler ennuyeux pour vous et votre bébé.
Limiter les boissons sucrées et les sucreries: Les boissons sucrées et les sucreries sont à éviter.
Fractionner les apports en glucides: L’alimentation de la future maman sera adaptée : les apports en glucides seront fractionnés en 3 repas et 2 ou 3 collations afin d’éviter une montée importante du taux de sucre dans le sang.
Privilégier les féculents à base de farine complète: Les féculents, à base de farine complète, ont un indice glycémique plus faible et sont donc à privilégier.
Peut-on guérir du diabète gestationnel ?
Le diabète gestationnel est une anomalie dite transitoire, c’est-à-dire qu’elle débute pendant la grossesse (généralement entre la 24e et la 28e semaine) et disparaît après l’accouchement. Néanmoins, il reste un facteur de risque potentiel pour la mère de développer du diabète après l’accouchement.
Avoir un diabète gestationnel n’entraîne pas automatiquement un diabète chez l’enfant. Cependant, cela peut augmenter légèrement le risque qu’il développe un surpoids ou un diabète de type 2 à l’âge adulte, surtout si l’environnement familial est peu favorable. Un suivi médical régulier et de bonnes habitudes de vie dès l’enfance permettent de limiter ce risque.
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