Les crèches, en tant que lieux de collectivité où les jeunes enfants partagent des espaces de jeux et d'apprentissage, doivent faire face à la nécessité de gérer les risques de maladies contagieuses. Les tout-petits, surtout en collectivité, sont sujets aux virus et aux maladies saisonnières. En hiver, rares sont les jeunes enfants qui échappent aux traditionnelles infections saisonnières telles que les rhumes, rhinopharyngites, angines ou encore gastro-entérites. Et ceux qui sont gardés en collectivité, parce qu’ils sont en contact permanent avec d’autres enfants dans un espace restreint, sont encore plus vulnérables. Au cas par cas, les structures d’accueil peuvent demander aux parents de garder leur enfant à la maison, afin de se rétablir et d’éviter les contaminations. Reconnaître les signes d'alerte avant d'emmener votre enfant à la crèche est essentiel pour sa santé et celle des autres.

Maladies à Éviction : Panorama Général

Les maladies à éviction comprennent un éventail de conditions qui peuvent être contagieuses et se propager rapidement parmi les enfants. Celles-ci englobent des infections respiratoires, des maladies éruptives, des infections gastro-intestinales, et d'autres. L'objectif principal de l'éviction en crèche est de prévenir la propagation des infections. Les enfants en bas âge ont un système immunitaire en plein développement, les rendant plus vulnérables aux maladies. Lorsqu'un enfant est atteint d'une maladie contagieuse, l'éviction temporaire de la crèche permet de réduire le risque de transmission à d'autres enfants.

Il existe pourtant plusieurs maladies qui entraînent une éviction en crèche. Savez-vous que 11 maladies et évictions en crèche sont obligatoires en France ? La décision d'une éviction temporaire dépend à la fois de l'état clinique de votre enfant et du risque infectieux pour les autres enfants de la crèche.

Liste des Infections Impliquant une Éviction Obligatoire

Au total, 11 infections impliquent une éviction de la crèche. Ces mesures ont été fixées par l’Assurance maladie. L’éviction ainsi que le retour à la crèche se font sur avis médical. L’ordonnance d’antibiotiques ne suffit pas à permettre le retour de l’enfant en collectivité. En effet, même sous traitement antibiotique, l’enfant peut encore être contagieux. Les antibiotiques mettent quelques jours pour agir, dans le cas d’une infection bactérienne.

L’Assurance maladie a déterminé 11 infections dont l’éviction est obligatoire, notamment :

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  • L’angine à streptocoque du groupe A
  • La coqueluche
  • L’impétigo
  • La rougeole
  • La scarlatine
  • L’hépatite A
  • La tuberculose
  • Les oreillons
  • Les infections invasives à méningocoque
  • La gastro-entérite à Escherichia coli entéro-hémorragique (EHEC)
  • La gastro-entérite à Shigella sonnei.

Détails sur Certaines Maladies à Éviction

  • Angine à Streptocoque : Contrairement à l’angine classique qui est virale, l’angine à streptocoque est bactérienne. L’enfant reste contagieux jusqu’à 2 jours après le début des antibiotiques. Cette maladie est relativement rare avant 3 ans (25 à 40% des angines).
  • Coqueluche : La coqueluche est une infection bactérienne respiratoire. Elle peut être très dangereuse chez les nourrissons de moins de 6 ans, qui ne sont pas encore totalement protégés par le vaccin obligatoire. Cette maladie causée par une bactérie est très contagieuse et peut affecter les voies respiratoires, provoquant une toux sévère. La coqueluche est particulièrement dangereuse chez les nourrissons et les jeunes enfants et elle peut entraîner des complications graves, voire mortelles. La vaccination est obligatoire chez les nourrissons depuis 2018 mais seulement recommandée chez les enfants nés auparavant. Durée d’éviction : 30 jours après le début des symptômes.
  • Hépatite A : Cette maladie aiguë du foie est causée par un virus qui entraîne la destruction des cellules hépatiques (cellules du foie). L’hépatite A provoque l’apparition d’un ictère (teint jaune) chez l’enfant qui en est atteint. Elle se transmet par contact direct avec des eaux et des aliments souillés et par contact féco-oral. Cette infection virale est relativement rare et son évolution est favorable. L’hépatite A est une infection virale du foie. Elle se contracte généralement par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par les matières fécales d’une personne infectée, et provoque douleurs abdominales, vomissements, fièvre, fatigue, voire jaunisse. La vaccination est le moyen le plus efficace de la prévenir mais elle n’est pas obligatoire. Durée de l’éviction : jusqu’à disparition des symptômes.
  • Impétigo : L’impétigo est une infection bactérienne moyennement contagieuse. Il s’agit d’une infection de la peau et des muqueuses qui se traduit par la formation de petites ampoules et de croûtes entraînant des lésions cutanées. L’impétigo se transmet par contact direct avec les lésions, avec du matériel contaminé ou avec les mains souillées. Durée de l’éviction : 72 heures après le début de l’antibiothérapie. L‘impétigo est une infection cutanée bactérienne très contagieuse qui affecte principalement la couche superficielle de la peau, provoquant lésions et démangeaisons. Durée de l’éviction : jusqu’à disparition des symptômes.
  • Infections Invasives à Méningocoque (IIM) : Parmi ces infections invasives à méningocoque (IIM), on distingue les méningites et les septicémies à méningocoques. La vaccination contre les infections à méningocoques C est obligatoire. Le diagnostic de ces infections est difficile. La méningite à méningocoque est une infection bactérienne invasive grave qui provoque une inflammation des méninges (les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière) et peut entraîner une septicémie (infection généralisée dans le sang). Souvent fulgurante, la maladie doit être prise en charge en urgence car elle est mortelle. La vaccination contre les méningites du groupe C est obligatoire chez les nourrissons depuis 2018. Celle contre les méningites du groupe B est recommandée. Durée d’éviction : jusqu’à la disparition des symptômes
  • Oreillons : Les oreillons sont une infection virale qui se traduit par le gonflement d’une ou des glandes parotides (glandes salivaires), de la fièvre, des oreilles douloureuses, une grande fatigue et des maux de tête. Ils se transmettent par la salive. Parfois, les oreillons passent inaperçus. Cette infection virale se caractérise par l’inflammation d’une ou des deux glandes salivaires parotides, situées près des oreilles. Les oreillons sont généralement une maladie de l’enfance, mais ils peuvent également affecter les adolescents et les adultes. Certaines formes graves peuvent entraîner une orchite (infection des testicules), une méningite ou une pancréatite (infection du pancréas). La vaccination des nourrissons contre les oreillons est obligatoire en France depuis 2018 et recommandée pour les enfants et adultes nés auparavant. Durée d’éviction : jusqu’à la disparition des symptômes.
  • Rougeole : La rougeole est une infection virale contagieuse. Elle se traduit par l’apparition de petites taches rouges surmontées d’un point blanc. Elle s’accompagne de fièvre, d’une rhinopharyngite, d’une conjonctivite et de fatigue. Cette maladie hautement contagieuse est causée par un virus. Elle peut entraîner des complications graves et, dans certains cas, être mortelle. La rougeole se propage facilement d’une personne à l’autre par les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux ou des éternuements. La vaccination des nourrissons contre la rougeole est obligatoire en France depuis 2018 et recommandée pour les enfants et adultes nés auparavant. Durée d’éviction : jusqu’à la disparition des symptômes.
  • Scarlatine : La scarlatine est une maladie infectieuse cutanée due à une bactérie (streptocoque A). Les signes évocateurs sont l’apparition d’un érythème cutané rouge, accompagné d’une fièvre élevée et d’éventuels vomissements et douleurs abdominales. Il existe plusieurs types d’infections causées par des streptocoques du groupe A. Les plus courantes sont les angines, mais l’impétigo ou la scarlatine en font également partie. Souvent sans gravité, elles peuvent tout de même entraîner des complications. Durée de l’éviction : l’enfant ne pourra retourner à l’école que s’il présente un certificat médical attestant qu’il a été soigné avec un traitement antibiotique approprié.
  • Tuberculose : Cette infection bactérienne qui touche les poumons entraîne une toux et une fièvre persistantes, des sueurs nocturnes, une grande fatigue et une perte de poids. On peut également retrouver des émissions de sang lors de la toux. Elle se transmet par les sécrétions respiratoires. Elle est très contagieuse lorsque l’examen microscopique décèle la présence d’un bacille tuberculeux dans la salive. L’enfant n’est que très rarement porteur de ce bacille. La vaccination est obligatoire pour l’entrée en collectivité. Cette maladie infectieuse est provoquée par une bactérie. Elle affecte généralement les poumons, mais peut également se propager à d’autres parties du corps, comme les reins, la colonne vertébrale et le cerveau. La tuberculose se transmet principalement par les gouttelettes de salive ou mucus projetées dans l’air par une personne infectée. De gravité variable, cette maladie se soigne relativement bien, mais le traitement antibiotique est long : trois à six mois minimum. Le vaccin contre la tuberculose (BCG) n’est aujourd’hui plus obligatoire. Il reste fortement recommandé. Durée d’éviction : l’enfant ne peut retourner à l’école que lorsqu’il présentera un certificat médical attestant de l’absence d’agent pathogène dans ses expectorations.
  • Gastro-entérite à Escherichia Coli et à Shigella : La gastro-entérite à Escherichia Coli est une gastro-entérite bactérienne. Elle se traduit par une diarrhée aiguë, voire des atteintes rénales. Cette gastro-entérite est due à une bactérie digestive appelée Shigella donnei. Elle se traduit par une diarrhée liquide accompagnée de fièvre, de douleurs abdominales et de vomissements. La transmission de la bactérie se fait par voie féco-orale et par contact direct avec des surfaces ou des objets souillés. En cas de gastro-entérite, les enfants ne peuvent donc être accueillis dans une structure de petite enfance qu’après disparition des symptômes.

Autres Affections et Recommandations

Pour d'autres affections ne nécessitant pas d'éviction obligatoire, la fréquentation de la collectivité reste déconseillée pendant la phase aiguë de la maladie. Pour les maladies ne nécessitant pas d'éviction obligatoire, comme la varicelle, la fréquentation reste néanmoins déconseillée durant la phase aiguë. Cette décision appartient au responsable de la structure et doit tenir compte du confort de l'enfant, particulièrement si les symptômes sont sévères.

Signes d'Alerte et Prévention

Reconnaître les Signes d'Alerte

La fièvre constitue le premier indicateur à surveiller. Si votre enfant présente une température supérieure à 38°C, il est généralement préférable de le garder à la maison. Soyez particulièrement vigilant si votre enfant montre des signes d'altération de l'état général : fatigue excessive, irritabilité inhabituelle, pleurs inconsolables, pâleur, ou difficulté à se réveiller. Les problèmes digestifs méritent également attention. Les vomissements répétés ou la diarrhée aiguë sont des motifs d'éviction temporaire, notamment en raison du risque de déshydratation et de forte contagiosité. En outre, les symptômes respiratoires sévères comme une toux importante, une respiration sifflante ou des difficultés respiratoires doivent vous alerter.

Mesures de Prévention en Crèche

Pour limiter le risque de contagion, les crèches ont mis en place des protocoles d’hygiène très strictes. La prévention des maladies à éviction en crèche commence par des gestes d'hygiène simples mais efficaces.

  • Hygiène Individuelle : En premier lieu, figure le lavage des mains des enfants comme des professionnels. Les professionnels doivent nettoyer leurs mains avec un savon liquide ou une solution hydro alcoolique plusieurs fois dans la journée, avant et après chaque repas et change. Idem pour les enfants qui sont invités à se nettoyer les mains avant chaque repas et après être allés aux toilettes.
  • Hygiène des Locaux et du Matériel : La prévention des infections passe aussi par une hygiène des locaux irréprochable. Une bonne raison de nettoyer plutôt deux fois qu’une les jouets, peluches et autres matériels qui sont en contact direct avec les enfants. Il en est de même pour le linge qui peut véhiculer des germes : bavoirs, serviettes ou gants, sont individuels et le linge de lit des enfants est changé aussi souvent que nécessaire. Il ne faut pas oublier non plus certains endroits comme les robinets, les poignées de porte, les loquets ou encore les chasses d’eau. Certaines communes ou groupement de crèches ont mis en place des règles spécifiques dans tous leurs établissements, mais la plupart du temps, la gestion de l’entretien des locaux est laissée à l’initiative de chaque directrice de crèche.
  • Aération et Température : Important : pour limiter la propagation des maladies, il ne faut pas surchauffer les locaux, limiter température de la structure à 18-20°C maximum, aérer régulièrement, deux fois par jour, les pièces accueillant des enfants (exceptés les jours de haut niveau de pollution dans les zones sensibles).
  • Protocoles Renforcés en Cas d’Épidémie : Dès qu’une maladie est identifiée chez plusieurs enfants (à partir de 3) dans l’établissement, la vigilance est accrue. Les professionnels renforcent les mesures d’hygiène afin d’interrompre la chaîne de transmission et minimiser le risque de développement d’une épidémie. Le lavage des mains est pratiqué encore plus fréquemment, après s’être occupé d’un enfant. En cas de diarrhées, pour éviter la contamination, l’aire de change est désinfectée après chaque passage d’enfant. Tout objet ou vêtement souillé par les selles doivent impérativement être manipulés avec des gants jetables et placés dans des sacs fermés afin qu’ils soient lavés. Les meubles, structures et jouets présents dans les lieux fréquentés par l’enfant malade sont lavés avec soin chaque jour. Dans le cas de pathologies dues à une contamination par les sécrétions respiratoires, comme le rhume ou la bronchiolite, le nez est nettoyé aussi souvent que nécessaire avec des mouchoirs en papier à usage unique. Pour limiter le risque de contagion, de nombreuses crèches évitent l’admission de bébés de moins de 6 mois entre novembre et décembre car c’est la période où l’épidémie de bronchiolite est la plus forte. A cet âge, le système immunitaire du tout petit est encore totalement immature, un simple rhume peut facilement dégénérer en bronchiolite.
  • Vaccination : Par ailleurs, le respect du calendrier vaccinal constitue une protection collective fondamentale.

Rôle des Parents

Face aux nombreuses maladies et évictions en crèche, la vigilance parentale reste votre meilleur allié. Certes, seules onze pathologies nécessitent une éviction obligatoire selon la réglementation française, mais cela ne signifie pas que vous devriez envoyer votre enfant en collectivité dès que ses symptômes s'atténuent. Rappelez-vous également que les antibiotiques ne garantissent pas une fin immédiate de la contagiosité. Ainsi, même avec un traitement en cours, votre enfant peut encore transmettre certaines infections pendant quelques jours.

Finalement, la communication transparente avec l'équipe de la crèche s'avère primordiale. Informez rapidement les professionnels en cas de maladie diagnostiquée chez votre enfant. Cette démarche responsable permet à la structure d'accueil de mettre en place les mesures nécessaires pour protéger tous les enfants.

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