Le maïs, culture de printemps sensible aux aléas climatiques, voit son développement rythmé par les températures. Un cycle complet, du semis à la récolte, s'étend sur 4 à 6 mois en France, influencé par la précocité variétale et les conditions thermiques de l'année. Comprendre les stades de développement du maïs, notamment le SLAG (stade limite d'avortement des grains), est crucial pour optimiser les interventions et anticiper les impacts des stress environnementaux.

Les stades de développement du maïs : Un repère essentiel

Pour suivre le développement du maïs, trois échelles de stades sont couramment utilisées en France : AGPM-ARVALIS, BBCH et IOWA. Ces échelles permettent de localiser les phases d'établissement du système racinaire, de la partie tige/feuille et des composantes du rendement en grain (nombre de plantes/ha, nombre de grains/plante, poids des grains). La connaissance précise de ces stades permet d'anticiper les moments clés nécessitant une attention particulière, d'analyser les facteurs limitants et de proposer des modèles de prévision du rendement.

Les trois phases du cycle du maïs

Le cycle du maïs se divise en trois phases distinctes, chacune jouant un rôle crucial dans l'élaboration du rendement :

  1. Phase végétative: Cette phase s'étend de la germination à la transition florale, marquée par l'initiation des panicules et des épis. Elle intervient lorsque la plante a émis environ 50 % de son nombre total de feuilles et correspond au début de la montaison de la tige. Lors de la levée, le coléoptile, structure protectrice de la jeune plantule, perce le sol. L'apex, situé légèrement sous la surface du sol, est le moteur de la production des feuilles et de la future panicule.

  2. Phase de formation des organes reproducteurs: Cette phase débute à la transition florale et se termine à la fin de la période de définition du nombre de grains. C'est au début de cette phase que les ovules, futurs grains, se différencient. La floraison, qui comprend la formation des épis (organe femelle) et la production de pollen par la panicule (organe mâle), est suivie par la fécondation des ovules. La survie des grains est ensuite conditionnée par les conditions environnementales jusqu'au SLAG. Durant cette phase, le nombre de grains par plante est déterminé et l'émergence des feuilles restantes est rapide.

    Lire aussi: Tout savoir sur les selles de bébé avec grains

  3. Phase de développement et de maturation des grains: Cette phase commence à la fécondation, et la viabilité des grains est assurée au SLAG. À partir de ce stade, les grains entrent dans une phase de croissance rapide.

Le SLAG : Un stade crucial pour la survie des grains

Le Stade Limite d'Avortement des Grains (SLAG) est un moment clé dans le développement du maïs. Il marque la fin de la période de sensibilité des grains aux stress environnementaux. Avant le SLAG, les grains peuvent avorter si la plante est soumise à des conditions défavorables, telles que le stress hydrique ou thermique. Après le SLAG, les grains sont considérés comme viables et entrent dans une phase de remplissage rapide.

Facteurs influençant la fécondité et l'avortement des grains

Plusieurs facteurs peuvent influencer la fécondité des grains et augmenter le risque d'avortement avant le SLAG :

  • Stress hydrique: Le manque d'eau, particulièrement pendant la floraison et le début du remplissage des grains, peut entraîner un avortement des grains. Les fortes températures accentuent ce phénomène. En cas de déficit hydrique, les feuilles peuvent s'enrouler sur elles-mêmes pour limiter la transpiration.
  • Stress thermique: Les températures élevées peuvent également affecter la fécondité des grains et augmenter le risque d'avortement.
  • Déficiences nutritionnelles: Un manque de nutriments essentiels, tels que l'azote, peut également impacter la fécondité des grains.
  • Densité de plantation: Une densité de plantation trop élevée peut entraîner une compétition entre les plantes pour les ressources, augmentant le risque de stress et d'avortement des grains.

Surveillance et adaptation face aux conditions climatiques

Face aux aléas climatiques, il est crucial de surveiller attentivement les cultures de maïs, en particulier pendant la période de floraison et de remplissage des grains. Il est important d'observer l'état des feuilles (enroulement), la présence de feuilles sèches sous l'épi et de compter le nombre d'épis par mètre carré.

Dans les situations à risque, des mesures d'adaptation peuvent être mises en place, telles que l'irrigation (si possible) et l'ajustement de la densité de plantation.

Lire aussi: Différences entre Grains de Milium et Acné

L'importance des modèles d'élaboration du rendement

Les connaissances acquises sur le maïs sont utilisées pour alimenter des modèles d'élaboration du rendement. Ces modèles permettent d'estimer le potentiel de rendement, de simuler les effets climatiques passés ou à venir, et d'évaluer l'impact des itinéraires techniques sur la plante.

Les durées du cycle du maïs et des différentes phases de développement sont exprimées en sommes de degrés-jours, calculées à partir des températures moyennes journalières supérieures à 6°C, avec un seuil maximal de 30°C.

Floraison du maïs : une étape clé

La floraison du maïs est une étape cruciale qui conditionne la fécondation et la formation des grains. La floraison mâle, qui se déroule sur 5 à 7 jours à l'échelle d'une panicule, est étalée sur 10 à 15 jours à l'échelle de la parcelle. La floraison femelle, quant à elle, se caractérise par l'apparition des soies (stigmates) sur les épis.

Lire aussi: Environnement bienveillant

tags: #grain #feconde #et #avorter #lors #du

Articles populaires: