Cet article explore l'intersection entre l'humour, la culture web, et un sujet souvent tabou : les menstruations. Nous aborderons le phénomène des "gifs drôles menstruations" et l'utilisation du terme jamaïcain "bomboclaat" dans ce contexte, tout en considérant les aspects culturels et linguistiques.

L'Humour Face aux Règles : Un Exutoire Nécessaire ?

Les menstruations sont une réalité biologique pour la majorité des femmes, mais elles restent souvent entourées de silence et de tabous. L'humour, et en particulier les "gifs drôles menstruations," peut servir d'exutoire pour dédramatiser cette expérience et briser les tabous. Ces images animées, souvent absurdes ou exagérées, permettent d'aborder avec légèreté les désagréments et les émotions parfois intenses liés aux règles.

"Bomboclaat" : De l'Insulte au Phénomène Web

Ces dernières semaines, l'expression "bomboclaat" a proliféré sur les réseaux sociaux, souvent accompagnée d'un gif, d'une photo ou d'une courte vidéo présentant une situation absurde, cartoonnesque, un visage particulièrement expressif ou bien encore une réaction exagérée. Souvent, sans texte supplémentaire, juste avec ce nouveau hashtag. Si vous avez eu du mal à en cerner la signification, vous n’êtes pas le seul, à en croire l’explosion des recherches sur Google. Sur le modèle de « caption this », qui signifie « légende ça » en anglais, bomboclaat est une invitation à associer une situation avec l’image en question, à partager une réflexion. Avec humour bien entendu et créant, en cas de succès, des chaînes de légendes photos pour la même illustration. En France par exemple, on se délecte particulièrement des bomboclaat de Ratz, dessin animé du début des années 2000 doublé par Eric et Ramzy, qui met en scène un duo de rats grandiloquents.

Mais quelle est l'origine de ce terme ? "Bomboclaat," ou encore "bomboklaat" ou "bumboclaat," est à la base une insulte qui signifie « serviette hygiénique » dans le dialecte de l’île des Caraïbes. Elle fait référence aux menstruations considérées comme une souillure. « La société jamaïcaine traditionnelle a un large éventail de tabous liés aux menstruations. L’un d’entre eux interdisait aux femmes de laver des vêtements d’hommes dans le même bac que les leurs, ou même de les pendre sur le même fil à linge », expliquent Joseph T. Farquharson, Clive Forrester et Andrea Hollington dans The linguistics of jamaicain swearing : forms, background and adaptations (2020). Les chercheurs expliquent par ailleurs que ce juron, avec plusieurs dérivés tels que « blodklaat », « bloodclaat », « pusiklaat » ou encore « raasklat », se compose en associant un mot à connotation biologique, scatologique ou sexuelle avec « klaat » (dérivé de « clothes », vêtements en anglais). Les Jamaïcains accolent donc « klaat » avec ce qu’ils considèrent sur l’île comme le plus offensant, souvent teinté de sexisme ou d’homophobie. « Bum » ou « bumbo » ferait référence ici aux fesses, à la vulve, au vagin.

Cette soudaine viralité fait tout de même grincer des dents d’autres internautes, car cette expression a été dénuée de son sens. Bomboclaat est un juron en patwa, le créole jamaïcain. C’est « un langage dérivé de l’anglais qui s’est développé à la fin du XVIIe siècle du contact de nombreux locuteurs de langages nigéro-congolais qui furent transportés en Jamaïque comme esclaves et de locuteurs de différents dialectes de l’anglais britannique », expliquent les linguistes Joseph T. Farquharson et Byron Jones dans l’ouvrage collectif Global English Slang: Methodologies and Perspectives (2014).

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L'Évolution du Sens : De l'Offense à l'Expression Générale

Aujourd'hui, l'expression est employée dans toute une palette de circonstances : elle peut exprimer l’offense, le dégoût mais aussi la surprise ou encore l’admiration… Pour Jérémie Kroubo-Dagnini, spécialiste des musiques jamaïcaines et chercheur associé au Centre d’études politiques contemporaines à l’université d’Orléans (CEPOC), « aujourd’hui en Jamaïque, l’utilisation de cette expression est vraiment similaire à “fuck” en anglais ». Il explique : « Par exemple, en anglais, on peut dire “It’s a fucking good singer” en parlant d’un très bon chanteur. En français on dirait “c’est un putain de bon chanteur”, et en patois on peut dire “It’s a bloodclaat good singer”. »

Bomboclaat s’est répandu sur l’île dans le milieu des années 1950, probablement avec l’essor du mouvement rasta. « Ils jouent beaucoup avec les mots, leurs sonorités, s’emparent des expressions à la mode ou veulent les lancer », détaille Jérémie Kroubo-Dagnini. Sur l’île, on estime cependant que les jurons seraient hérités des usages des esclaves africains et de leur descendance, qui utilisaient ces mots comme un outil de subversion et de rebellion linguistique envers les colons. De la même façon, au XXe siècle, les Jamaïcains s’en servent pour défier l’establishment. Dans le morceau controversé de Peter Tosh, Oh Bumbo klaat (1981), « les gros mots sont une réponse cathartique à un systeme répressif et corrompu », expliquent Joseph T. Farquharson, Clive Forrester et Andrea Hollington.

Odeurs Menstruelles : Démystification et Conseils

Pendant les règles, de nombreuses femmes constatent que leur odeur vaginale est plus forte et c’est tout à fait normal. Cette perception est souvent liée aux changements hormonaux et à la présence de sang. Il est important de comprendre que chaque vagin est unique et possède sa propre odeur. Cette odeur intime, souvent légèrement acide, est plus ou moins prononcée en fonction des femmes mais aussi des périodes du cycle menstruel. Elle est ainsi plus forte pendant les règles et l’ovulation, lorsque les sécrétions vaginales sont plus abondantes. Même si l’odeur intime varie d’une personne à l’autre, ce qui est certain c’est qu’un vagin en bonne santé ne sent pas mauvais.

Le vagin contient des milliards de bactéries lactiques appelées lactobacilles. Ces bonnes bactéries composent ce que l’on appelle le microbiote vaginal ou la flore vaginale. Un déséquilibre de cette flore peut entraîner une vaginose bactérienne. Une infection sexuellement transmissible peut aussi modifier l'odeur vaginale.

L'odeur est influencée par plusieurs facteurs :

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  • Du sang menstruel: Durant les règles, le corps expulse la muqueuse utérine ( l’endomètre) sous forme de pertes sanguines et de caillots.
  • Des bactéries: Le vagin contient une flore bactérienne naturelle qui peut interagir avec le sang menstruel.
  • Des protections menstruelles: Certaines protections peuvent favoriser la prolifération bactérienne et donc influencer l'odeur.

Comment atténuer les odeurs menstruelles ?

Voici quelques conseils pour gérer les odeurs pendant les règles :

  1. Privilégier les protections hygiéniques internes comme les tampons, la coupe menstruelle ou l’éponge menstruelle.
  2. Utiliser des protections hygiéniques en coton bio et sans produits chimiques comme celles que nous fabriquons chez Jho.
  3. Faire votre toilette intime avec un produit adapté.
  4. Porter des sous-vêtements en coton qui sont plus respirants que les matières synthétiques comme le lycra et l'élasthanne.

Ce qu'il faut éviter :

  1. Utiliser un déodorant vaginal (oui ça existe et ce n'est pas franchement une bonne nouvelle).
  2. Pratiquer les douches vaginales. Le vagin est un organe autonettoyant, vouloir le décaper avec un jet d’eau est le meilleur moyen d’anéantir les bonnes bactéries de votre flore.
  3. Avoir recours à l’épilation intime. Quand on sait que les bactéries apprécient particulièrement les zones poilues pour se développer, on peut être tentée de tout raser !
  4. Utiliser des lingettes intimes. Quand on est gênée par son odeur vaginale, on peut avoir envie d’utiliser des lingettes pour se rafraîchir mais c’est une très mauvaise idée.

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