L'œuvre d'Albert Cohen explore les tensions entre les mythes personnels et la condition du "Juif moderne", délivrant un message éthique basé sur ces tensions. Uwe Johnson, à travers le personnage de Gesine Cresspahl, met en lumière les complexités de l'identité allemande et les cicatrices laissées par l'histoire. Cet article examine comment la bénédiction maternelle, à travers les figures de Gesine et d'autres mères emblématiques, se manifeste comme une force de résilience face aux défis historiques et existentiels.
L'Œuvre d'Albert Cohen : Une Dialectique de l'Identité
Albert Cohen, exilé à Genève, utilise sa position de neutralité pour questionner les valeurs occidentales et orientales. Son œuvre romanesque oppose deux univers : l'Occident européen (France, Suisse, Angleterre, Allemagne, Italie) et Céphalonie, l'île grecque où vivent les Solal, Juifs sépharades. Pour Cohen, la Grèce est une terre orientale, mais aussi occidentale par ses mythes omniprésents. Cette dialectique du même et de l'autre cerne une identité déchirée par une double appartenance problématique, représentée par le "Juif moderne", Solal.
L'Universalisme Occidental et ses Failles
Cohen critique l'universalisme occidental pour avoir failli à sa mission dans les domaines du savoir, de la concorde et de l'amour. Les Valeureux, personnages comiques de son œuvre, dénoncent les institutions européennes (Université et Société des Nations) comme des anti-modèles. L'Université Supérieure et Philosophique de Céphalonie, fondée par Mangeclous, est une anti-université où le savoir est asservi à des intérêts individuels. La Société des Nations, appelée "Sottise des Nations" par Michaël, se révèle "d'essence babélienne", un labyrinthe où règne la loi du plus fort.
La Régression Païenne et l'Héritage Judéo-Chrétien
Cohen attribue la régression de l'Europe à une régression païenne, en particulier en Allemagne, qui renie son héritage judéo-chrétien. L'Europe est tentée de se donner aux "cornes du Minotaure", oubliant ses fondations. Cohen veut rappeler à l'Europe son héritage judéo-chrétien et redonner sens au christianisme en lui rappelant ses fondations.
Le "Saint-Germanique" : Une Tension entre Moyen Âge et Renaissance
Saltiel nomme le château de Saint-Germain "Saint-Germanique", révélant une tension entre l'Occident et son origine. Ce bâtiment, datant du XVIe siècle après Jésus-Christ, renvoie au Moyen Âge, dessinant une bipolarité entre Moyen Âge et Renaissance, où Israël, la Chrétienté et la Germanie sont les principaux personnages. Le Juif est le refoulé de l'Occident depuis le Moyen Âge chrétien, tandis que Cohen détruit le mythe de la "conspiration juive", montrant que les Juifs se cachent parce qu'ils sont rejetés.
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Gesine Cresspahl : Une Mère Face à l'Histoire Allemande
À travers le personnage de Gesine Cresspahl, Uwe Johnson explore l'histoire allemande et les complexités de l'identité. Gesine, Allemande célibataire travaillant à New York, raconte à sa fille Marie l'histoire de sa famille et de la micro-société de Jerichow depuis 1933. Les camps de concentration communistes succèdent aux camps nazis, et le spectre de la frontière hante l'œuvre de Johnson.
Une Germanité Problématique et une Universalité Inaboutie
Johnson questionne ce qu'est être allemand (ou américain), ce qu'est être homme. La brutalité sociale aux États-Unis, la guerre du Vietnam, la RDA stalinienne, la RFA amnésique et le Proche-Orient ensanglanté sont autant de facettes d'une histoire peu ragoûtante.
Jeanne d'Arc : Une Figure Maternelle et Emblématique
Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, est une figure emblématique de l'histoire de France. Sa piété, sa foi et son rôle dans la guerre de Cent Ans en font une figure maternelle qui protège et guide son peuple.
Une Jeune Femme Pieuse et Déterminée
Jeanne entend des voix lui confier la tâche de sauver le royaume et de bouter les Anglais hors du royaume. Elle contribue à mener les troupes françaises contre l'envahisseur anglais, mais elle est capturée et mise au bûcher après un procès en hérésie.
Une Stratège Militaire et un Symbole National
Jeanne est à la fois une stratège militaire et un symbole national. Elle fixe les buts de la campagne, conduit le roi à Reims pour y recevoir le sacre et entreprend une "campagne de pacification". Son épée, sa bannière et son armure sont autant de symboles de sa mission divine.
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La Bénédiction Maternelle au Moyen Âge : Foi, Famille et Accouchement
Au Moyen Âge, la naissance d'un enfant était considérée comme un don de Dieu. Les enfants étaient accueillis avec bienveillance, et les familles nombreuses étaient fréquentes, surtout dans les campagnes.
Des Regards Différents sur la Grossesse et le Fœtus
Les parents médiévaux considéraient le bébé en développement comme un être conscient, capable d'éprouver des sentiments. Les médecins estimaient qu'il méritait le nom d'enfant dès qu'il prenait forme humaine et qu'une âme lui était infusée. Les juristes, quant à eux, ne donnaient le nom d'enfant qu'après la naissance, mais reconnaissaient au fœtus certains droits.
La Naissance avec l'Aide et le Soutien de Femmes Expérimentées
La femme accouchait généralement dans sa maison, entourée de sa mère, de la matrone ou sage-femme, et de quelques voisines ou amies. L'accouchement était une affaire de femmes, et la sage-femme jouait un rôle essentiel en guidant la parturiente et en favorisant une naissance heureuse.
Baptême du Nouveau-Né et Bénédiction de la Mère
Le baptême de l'enfant était une cérémonie très importante, et la mère était également bénie après l'accouchement. La religion jouait un rôle central dans la vie des familles médiévales, et la naissance d'un enfant était considérée comme une bénédiction divine.
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