Gérard Filippelli, plus connu sous le nom de Phil, fut un membre emblématique du groupe Les Charlots, une formation musicale et humoristique qui a marqué le paysage audiovisuel français des années 1970 et 1980. Son parcours, de ses débuts musicaux à son succès au cinéma, est une illustration de l'ascension fulgurante et du déclin progressif d'un groupe devenu culte.
Jeunesse et débuts musicaux
Né le 12 décembre 1942 à Paris, Gérard Filippelli s'intéresse très tôt à la musique, en particulier à la guitare. Ses premiers pas dans le monde du spectacle se font en tant qu'ouvreur de rideaux au cinéma Rex. C'est là qu'il croise le chemin de Jean Sarrus et Gérard Rinaldi, alors à la recherche d'un régisseur de son pour leur groupe, Les Problèmes. Filippelli accepte et rejoint rapidement la formation, d'abord comme régisseur, puis comme guitariste.
En 1965, Gérard Filippelli rencontre Gérard Rinaldi et Jean Sarrus, qui viennent de fonder le groupe Les Problèmes avec Luis Rego. Ces derniers lui proposent de rejoindre le groupe comme régisseur son, puis rapidement il devient leur guitariste.
Les Problèmes, un groupe influencé par le rock et le rhythm'n'blues, se fait rapidement connaître et assure les premières parties de plusieurs chanteurs à succès de l'époque, tels que François Hardy, Johnny Hallyday, Claude François et Antoine. Ils ont même l'opportunité de jouer en première partie des Rolling Stones en 1967. Une certaine presse à l’époque les considère même comme « les meilleurs musiciens français de studio ».
La naissance des Charlots et l'ascension vers le succès
Inspirés par le groupe italien Les Brutos, Les Problèmes décident de changer de direction artistique et de se tourner vers l'humour. La troupe, composée de Gérard Rinaldi, Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner et Gérard Filippelli, se rebaptise Les Charlots et se lance dans la chanson humoristique. Ils font des reprises humoristiques de chansons d’avant-guerre.
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Un soir, en amont d’une émission de radio, on leur propose de reprendre un tube d’Antoine. Ils s’y soumettent volontiers, à une condition : pouvoir déconner. C’est ainsi qu’ils imaginent une parodie - avec l’accent berrichon - de Je dis ce que je pense, je vis comme je veux, re-titré pour l’occasion Je dis n’importe quoi, je fais tout ce qu’on me dit. Rinaldi écrit cette resucée d’une traite et commence à chanter, tandis que Phil le suit à l’accordéon. Tous s’en amusent, au point de se décider à enregistrer un disque complet sur cette lancée (Chauffe Marcel), sous le nom des Charlots, avec pour unique prétention de faire danser dans les bals ou en discothèque.
Malgré les réticences initiales de Filippelli quant à ce virage humoristique, le succès est immédiat. Les Charlots enchaînent les tubes parodiques et les chansons paillardes, telles que "Paulette, la reine des paupiettes" et "Merci patron !".
L'aventure cinématographique
Parallèlement à leur carrière musicale, Les Charlots se lancent dans le cinéma en 1970 avec le film "La Grande Java" de Philippe Clair, au côté de Francis Blanche. Le film rencontre un succès commercial, et Les Charlots deviennent rapidement des stars du grand écran.
Ils collaborent ensuite avec Claude Zidi, qui les dirige dans plusieurs comédies populaires, dont "Les Bidasses en folie" (1971), qui attire plus de sept millions de spectateurs, "Les Fous du stade" et "Le Grand Bazar". Les Charlots vont multiplier les incursions au cinéma et rencontrer un énorme succès à l’affiche de plusieurs comédies; Les Bidasses en folie, Les fous du stade, Le Grand bazar, ou encore Les Charlots font l’Espagne.
La recette de ce succès : le fait que les dialogues parlent au plus grand nombre. "C’était fou mais ce qui était le plus drôle, c’est que ça marchait dans le monde entier , car les dialogues étaient rares et simples. Du coup, faciles à traduire," confie Jean Sarrus. Et de conclure : "On a énormément voyagé, on a fait toutes les grandes villes en Inde.
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Les années difficiles et la séparation du groupe
Après une période faste dans les années 1970, la popularité des Charlots décline progressivement. Leurs films rencontrent moins de succès, et des tensions internes apparaissent au sein du groupe. En 1976, Gérard Filippelli quitte Les Charlots, avant de revenir un an plus tard.
Les années 80 sont moins prolifiques pour le groupe, et leurs films rencontrent moins de succès.
En septembre 1985, la troupe varie les registres et présente l’émission de variétés Demain c’est dimanche, le samedi soir sur France 2. Mais faute d’audience, le programme s’arrête au bout de quatre mois.
Dans les années 90, la popularité des Charlots décline encore davantage. Après le tournage d’un dernier film, Le retour des Charlots (1992), ils se séparent en 1997.
Le deuil et l'hommage
Ce mardi 30 mars, Gérard Filippelli est mort. Le guitariste et comédien, était l'un des membres fondateurs des Charlots - le groupe culte formé par Gérard Rinaldi, Louis Rego, Jean Sarrus et Jean-Guy Fechner. C'est une triste nouvelle pour les fans des Charlots. Le guitariste et l'un des membres fondateurs du groupe Gérard Filipelli est décédé à l'âge de 78 ans. C'est donc le deuxième membre iconique de la troupe à tirer sa révérance… Gérard Rinaldi, le leader, est décédé en 2012, à l'âge de 69 ans. Deux disparitions qui plongent dans le chagrin le reste de la bande, Jean Sarrus, Luis Rego et Jean-Guy Fechner.
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Jean Sarrus, l’un des complices de Filippelli à l’écran, a déclaré : « C’est une énorme page qui se tourne. On était plus qu’une bande de copains. On était une famille. On a vu grandir nos enfants. De nos 20 ans à nos 40 ans, on a connu l’insouciance totale au cinéma ou sur scène par nos chansons ».
Quelques jours après la mort de Gérard Filipelli, Jean Sarrus, dernier membre des Charlots encore en vie, a souhaité lui rendre un bel hommage. Gérard Filipelli, membre emblématique de la troupe comique Les Charlots, est mort à l'âge de 78 ans ce mardi 30 mars. Celui-ci s'est d'ailleurs confié à nos confrères du Parisien , et n'a pas caché son émotion. "On a passé cinquante ans ensemble ! Phil était un amoureux fou de la musique et un excellent guitariste," se souvient-il. Et d'ajouter : "C’était l’insouciance et la gentillesse. Jean Sarrus se souviendra donc de ces scènes partagées à travers la France, de ces tubes à l'instar de L'apérobic, parodie de l'émission Gym Tonic de Véronique et Davina, et même de leurs nombreux sketchs.
Vie privée
En 1970, Gérard Filippelli perd son épouse dans un accident de voiture, un événement tragique qui le marque profondément.
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