Peu d'actrices ont connu une ascension aussi fulgurante que celle de Gene Tierney. Son visage a fasciné les plus grands cinéastes, de Josef von Sternberg à Otto Preminger. Sa vie, marquée par des succès éclatants et des tragédies personnelles, est un récit poignant de résilience et de dignité.

Une Étoile Naît à Hollywood

Née à Brooklyn dans une famille aisée, Gene Tierney reçoit une éducation privilégiée, d'abord dans les meilleures écoles du Connecticut, puis en Suisse, à Lausanne, où elle apprend le français. Adolescente, elle se découvre une passion pour le théâtre et commence à se produire sur scène. En 1938, elle retourne aux États-Unis, étudie le jeu d'acteurs et fait ses débuts à Broadway.

Son talent et sa beauté ne passent pas inaperçus. Après quelques rôles modestes, et grâce au soutien de son père qui met en place une structure pour promouvoir sa carrière, elle signe un contrat de six mois avec la Columbia. Bien que le studio ne lui propose aucun projet intéressant, elle y rencontre Howard Hughes, qui restera un ami fidèle. Elle retourne ensuite à Broadway et remporte un succès en 1940 dans "The Male Animal".

C'est Darryl F. Zanuck, le fondateur du studio 20th Century Fox, qui la remarque et la décrit comme "la plus belle femme de l'histoire du cinéma". Il lui offre un contrat d'exclusivité, marquant le début de sa carrière hollywoodienne.

L'Ascension d'une Icône du Film Noir

Gene Tierney fait sa première apparition au cinéma dans "Le Retour de Frank James" de Fritz Lang. Sa carrière prend rapidement son envol, et elle enchaîne les collaborations prestigieuses. On se souvient d'elle dans "The Shangai Gesture" de Josef von Sternberg, "Le ciel peut attendre" d'Ernst Lubitsch, "Péché Mortel" de John Stahl, "Le Château du dragon" et "L'Aventure de Mme Muir" de Joseph L. Mankiewicz.

Lire aussi: Focus sur Gene Tierney

Elle atteint la consécration avec "Laura" (1944) d'Otto Preminger, un film noir légendaire qui immortalise sa beauté envoûtante. Son physique élégant, calme et passionné se marie à merveille avec ce genre cinématographique. Elle incarne également des rôles complexes et mémorables, comme celui d'Ellen Berent dans "Leave her to Heaven", un rôle qui la marquera profondément.

Parmi ses autres films notables, on peut citer "Mark Dixon Détective", "Whirlpool", "La Main gauche du Seigneur", "The Ghost and Mrs Muir", "Shangai gesture" et "Where the sidewalk ends". Elle a tourné avec de très grands réalisateurs : Otto Preminger, Joseph Von Stenberg, Joseph Mankiewicz, John Stahl, John Ford, Fritz Lang, Henry Hathaway, William Wellman, Jules Dassin et Michael Curtiz.

Les Ombres d'une Vie Personnelle Tourmentée

Si sa carrière est fulgurante, la vie personnelle de Gene Tierney est marquée par des épreuves douloureuses. Sa famille désapprouve son mariage avec le designer Oleg Cassini, qu'elle soupçonne de n'en vouloir qu'à son argent. Paradoxalement, ce sont ses parents qui la poursuivent en justice, lui réclamant 25% de ses cachets.

Le pire reste à venir. Pendant sa grossesse, elle contracte la rubéole après une rencontre avec une fan qui n'avait pas respecté sa quarantaine. Sa fille, Daria Cassini, naît en 1943 avec de graves problèmes de vue, de surdité et un handicap mental. Cet événement tragique la plonge dans une profonde dépression, qui marque le début d'une spirale infernale.

Cet épisode inspirera Agatha Christie pour son roman "Le miroir se brisa" (1962), où le même drame est au cœur d'une intrigue de vengeance.

Lire aussi: Vie et carrière de Gene Hackman

Après une rupture et des retrouvailles, le couple Cassini divorce définitivement en 1952. Au milieu de ce mariage tumultueux, Gene Tierney vit une brève idylle avec John Fitzgerald Kennedy. Bien qu'elle éprouve des sentiments forts pour lui, le politicien, de confession catholique, ne se résout pas à épouser une star divorcée.

Elle fréquente également Howard Hughes, qu'elle décrit comme un homme sensible mais "complètement fêlé", et Ali Khan, qui avait été marié à Rita Hayworth. Elle semble avoir une grande capacité à "tirer le mauvais numéro" avec les hommes.

La Descente aux Enfers et la Reconstruction

Gene Tierney sombre progressivement dans la dépression. Elle devient incapable de se souvenir de son texte sur le tournage de "La Main gauche du Seigneur" (1955). En 1957, elle manque de sauter du quinzième étage de son immeuble à New York.

Elle est internée à plusieurs reprises et subit des traitements aux électrochocs, qui affectent sa mémoire. Elle affirme avoir oublié une décennie de sa vie. "J'ai été invitée en 1956 à l'investiture du président Eisenhower. C'est mon seul souvenir avant de me réveiller en 1959. Je ne savais pas qui était au gouvernement, que la Russie et les États-Unis avaient envoyé des fusées dans l'espace, ni qui était Elvis Presley."

Après une période d'anonymat, elle reprend le chemin des studios, mais les rôles se font rares.

Lire aussi: Solutions pour soulager la gorge irritée de votre bébé

Le Renouveau et la Paix Retrouvée

En 1961, Gene Tierney épouse le baron du pétrole W. Howard Lee, auparavant marié à l'actrice et inventeuse Hedy Lamarr. Elle se fait plus discrète au cinéma et brise publiquement le tabou de la santé mentale.

Dans son autobiographie, "Self-Portrait" (1979), elle se dévoile avec sincérité et humilité, relatant les étapes importantes de sa vie et les épreuves qu'elle a surmontées. Elle y exprime ses regrets, notamment celui de s'être mariée contre la volonté de ses parents et d'être tombée amoureuse d'hommes avec lesquels elle n'avait aucun avenir.

Après la mort de son mari en 1981, elle mène une vie reculée et décède dix ans plus tard d'un emphysème pulmonaire.

tags: #gene #tierney #petits #enfants #biographie

Articles populaires: