Françoise Hardy, figure emblématique de la chanson française, a marqué des générations par sa voix douce et ses mélodies mélancoliques. Née en 1944 à Paris, son enfance et sa jeunesse ont été façonnées par un contexte familial particulier et une époque en pleine mutation. Cet article explore les premières années de sa vie, de ses influences musicales à ses débuts dans l'industrie musicale, révélant les fondations de l'artiste qu'elle est devenue.

Une naissance sous les bombes et une enfance solitaire

Françoise Hardy voit le jour pendant l'occupation allemande, en 1944, rue des Martyrs à Paris, au son d'une alerte à la bombe. Cette naissance dans un climat d'incertitude et de peur semble avoir imprégné son être d'une mélancolie qui ne la quittera jamais. L'absence d'un père pleinement présent et un amour familial parfois lacunaire ont sans doute contribué à forger cette sensibilité particulière, que l'on retrouve dans ses chansons et dans son esprit.

Sa jeunesse se déroule dans un milieu modeste, élevée par sa mère après la séparation de ses parents. Avec sa sœur cadette, Michèle, Françoise vit une enfance marquée par une certaine solitude, ce qui l'incite à se plonger dans la lecture et la musique. Elle grandit rue d'Aumale dans le 9e arrondissement de Paris auprès d’une mère, aide-comptable, restée célibataire, et d’une sœur, sa cadette d’un an et demi. Son père, directeur d'une fabrique de machines à calculer, marié à une autre femme, est rarement présent et oublie souvent de payer la pension alimentaire ou les frais scolaires. Complexée et sentimentale, subissant les brimades répétées de sa grand-mère maternelle, la jeune Françoise se réfugie dans la lecture et l'écoute des chansons diffusées à la radio.

La découverte de la musique et l'éclosion d'une passion

C'est la radio qui va véritablement changer sa vie. Plus précisément, la station Radio Luxembourg lui permet de découvrir la musique d'Elvis Presley, de Brenda Lee, ou encore de Cliff Richard. Ces artistes deviennent ses premières idoles et nourrissent son rêve de devenir chanteuse. Elle est particulièrement attirée par le rythme américain, mais apprécie également des artistes français comme Claude Nougaro.

À 16 ans, pour son baccalauréat, sa mère obtient de son père qu'il lui offre une guitare. Avec une méthode d'apprentissage, elle pose quelques accords sur des mots qui traduisent ses états d'âme et tente sa chance en audition, rêvant de faire un jour un disque. Elle apprend la guitare seule, avec une méthode, et commence à composer ses propres chansons, exprimant ses émotions et ses aspirations. C'est à ce bureau d’élève modèle, dans la chambre de son enfance, que sont nés « Tous les garçons et les filles » et « C’est à l’amour auquel je pense ».

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Les premiers pas dans le monde de la musique

Après une première année d’études supérieures à la Sorbonne, une annonce dans le journal France-Soir retient toute son attention : une maison de disques souhaite auditionner de jeunes chanteurs. Françoise obtient un rendez-vous et passe un essai qui reste sans suite. Avant de contacter d’autres sociétés, elle s'inscrit au Petit Conservatoire de la chanson de Mireille (elle y restera deux ans). Elle se présente ensuite chez les disques Vogue, un label qui possède Johnny Hallyday dans son catalogue et qui souhaite trouver son pendant féminin. Intéressé par son style, le responsable des auditions l’invite à se perfectionner et lui donne des cours de solfège. Les cours prodigués par le Petit Conservatoire de la chanson font l’objet d’une émission télévisée hebdomadaire, intitulée En attendant leur carrosse ; diffusée sur l'unique chaîne en noir et blanc de la RTF, « Mademoiselle Hardy » y fait sa première apparition le 6 février 1962 avec une chanson titrée La Fille avec toi. L’enregistrement de son premier 45 tours est bouclé le 25 avril. Sur ce disque se trouve l'adaptation française d’une chanson américaine (Oh oh chéri), sur laquelle mise la production, et trois de ses propres compositions. Peu avant sa sortie chez les disquaires, la chanteuse le présente avec fierté à Mireille dans l’émission du 5 juin 1962. Les quatre titres ne tardent pas à être diffusés par la radio.

La révélation au grand public et l'ascension vers la gloire

Pour le grand public, la chanteuse se révèle dans la soirée du dimanche 28 octobre 1962. Ce soir-là, de nombreux téléspectateurs attendent les résultats du référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République : dans l’un des intermèdes musicaux, Françoise Hardy apparaît pour chanter Tous les garçons et les filles. Dès le lendemain et les jours suivants, ce titre va se démarquer des trois autres sur les ondes radios et dans les juke-boxes et devenir un « tube » incontournable. La presse s'empare du phénomène. Paris Match la met en couverture de son numéro du 5 janvier 1963 et la consacre nouvelle « idole » de la chanson. Ce succès, porté par la vague « yéyé », lui vient également de ses talents d’écriture et de composition, peu courants chez les nouveaux interprètes de ce début des sixties.

En un passage télé, elle devient une starPar Honoré BostelElle n’a pas confiance en elle, elle se tord les mains quand on lui parle. Elle se trouve « d’énormes défauts physiques ». Elle a une jupe noire, un tricot noir, des bas noirs, des cheveux blonds, des yeux verts. À 18 ans et demi, Françoise Hardy a déjà vendu 100 000 disques des chansons qu’elle compose elle-même. Une apparition de dix minutes à la télévision, à 2 heures du matin, le jour du premier tour de scrutin des élections, l’a consacrée. Dans les rues du boulevard Saint-Michel, on fredonne maintenant son refrain : « Tous les garçons et les filles de mon âge se promènent dans la rue deux par deux. Décembre 1962 : à 18 ans, elle est la créatrice d’une ritournelle que tout le monde fredonne.

L'icône d'une génération

La starification est immédiate, Philippe Bouvard la surnomme l'endive du twist et elle devient une idole, en France, en Espagne, au Japon et aux États-Unis. Ses chansons sont fredonnées partout et son amour contrarié et démesuré pour Jacques Dutronc, l'inspire pour écrire un roman, L'amour fou, paru en 2012.

Au-delà de sa musique, Françoise Hardy devient une figure de mode, une icône pour toute une génération. Son style simple et élégant, composé de minijupes, de boots blanches et d'une frange caractéristique, influence la jeunesse des années 60. Des couturiers, comme André Courrèges, Yves Saint Laurent, Paco Rabanne, qui la choisiront comme ambassadrice de mode et Marc Bohan qui réalisera pour elle une robe d'artiste à partir des dessins de Sonia Delaunay.

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Une carrière riche et diversifiée

D’autres succès suivent : Le Temps de l'amour d'André Salvet (mis en musique par Jacques Dutronc), Le Premier Bonheur du jour, Mon amie la rose, L’Amitié, La maison où j'ai grandi, Voilà, Rendez-vous d'automne, Des ronds dans l'eau{{etc}} Des chansons certes, mais l’image aussi : les minijupes, les boots blanches et le visage sous la frange des cheveux. Image qui évolue sous l’influence de son compagnon Jean-Marie Périer, photographe de la revue Salut les copains.

Elle enregistre d’autres disques et, Claude Lelouch, alors inconnu, la filme pour un des tout premiers Scopitones. Le 23 mars 1963, à Londres, elle défend les couleurs de Monaco au Concours Eurovision de la chanson avec une de ses nouvelles compositions : L’Amour s’en va (qui se classe à la {{5e}} place). Remarquée par le cinéaste Roger Vadim, celui-ci la fait débuter au cinéma dans Château en Suède, une adaptation de la pièce de théâtre homonyme écrite par Françoise Sagan. Fin 1963, le 45 tours, en tête des ventes durant onze semaines, atteint le million de disques vendus. La chanson Tous les garçons et les filles, franchit alors les frontières. Traduite par Quelli della mia età, elle connaît sensiblement le même succès en Italie. Dans une moindre mesure, L'amore va (L’Amour s’en va) est le second titre qui séduit le public italien. À la suite de ces succès, la chanteuse sera sollicitée pour participer en chanson à quelques films musicaux, genre très prisé du public italien. Sa popularité atteint l'Espagne, les Pays-Bas, le Danemark, le Canada, le Japon et les États-Unis où le magazine de mode Vogue publie un reportage de quatorze pages illustrées de photographies réalisées par William Klein.

L’année 1965 débute par une tournée française avec Hugues Aufray, où elle étrenne une tenue de scène créée par le couturier Courrèges. Cette année-là, elle conforte sa renommée en Grande-Bretagne où deux adaptations de ses compositions, However Much (Et même) et surtout All Over the World (Dans le monde entier), sont honorablement classées au Hit-parade pendant plusieurs semaines, de janvier et mars 1965. Il en est de même en Allemagne, où la chanson Frag’ den Abendwind gagne la faveur du public au lendemain d’un show télévisé qui lui est consacré fin avril. Après une courte participation dans la dernière scène du film Quoi de neuf, Pussycat ? (What's New Pussycat ?) de Clive Donner, elle se produit pendant deux semaines de juin 1965 au cabaret de l’hôtel Savoy à Londres où elle porte une variante de l’ensemble blanc de Courrèges. Suivent le tournage en Grèce d’Une balle au cœur - film réalisé par le jeune cinéaste Jean-Daniel Pollet, une tournée estivale de juillet à mi-septembre (France, Espagne, Allemagne, Suisse, Italie) et le deuxième passage à l’Olympia, en « vedette américaine » des Compagnons de la chanson, à partir du 28 octobre. L'année 1965 se clôt le 26 décembre avec un divertissement télévisé, tourné à Londres, qui lui est entièrement consacré : Piccadilly Show. Du 27 au 29 janvier 1966, elle participe au {{16e}} Festival de la chanson de San Remo puis fait une tournée en Allemagne de l'Ouest, du 27 février au 3 avril (Berlin, Munich{{etc}}). Reconnaissant en elle l’un des personnages qu'il a en tête pour son futur film, le metteur en scène John Frankenheimer l'engage sur le tournage de Grand Prix, une superproduction sur les courses automobiles. Cinq mois durant, elle est présente sur tous les circuits de Formule 1 : Monaco, Spa-Francorchamps, Zandwoort, Monza{{etc}} Pour la première projection publique du film, elle est invitée par la Metro-Goldwyn-Mayer avec la vedette française qui joue l’un des premiers rôles, Yves Montand, à se rendre à New York, le 21 décembre 1966. À cette occasion, la Warner, en accord avec Vogue, diffuse ses disques sur le marché américain. En 1967, elle crée « Asparagus », sa propre maison de production et signe un nouveau contrat avec Vogue pour la distribuer. En mars, elle chante à nouveau pendant trois semaines au cabaret du Savoy. En septembre 1967, lors d'un séjour dans la maison corse de la chanteuse en compagnie de Jacques Dutronc et sa bande de copains, le couple Dutronc-Hardy se forme, mais elle se rend compte rapidement que leurs longues séparations lui sont éprouvantes, d'autant plus qu'il a de nombreuses aventures. Femme idéaliste, elle évoque toutes ces frustrations dans ces chansons. En février 1968, Françoise Hardy se produit dans les universités britanniques : Brighton, Cambridge, Liverpool, Durham, Birmingham et Southampton. Du 26 février au 16 mars, elle effectue un périple en Afrique du Sud : Pretoria, Johannesburg, Durban, Le Cap. Devant le succès remporté à l’étranger, il est décidé d’interrompre momentanément les tournées pour enregistrer de nouvelles chansons en anglais, en italien et en allemand. Avant cela, elle honore ses derniers contrats : un gala à Kinshasa et, à partir du 22 avril, un dernier tour de chant au Savoy. Le couturier Paco Rabanne lui « façonne » pour l’occasion une impressionnante combinaison métallique qui fait sensation. Face aux « événements » qui prennent de l’ampleur, sa maison de disques lui conseille de s’éloigner de la capitale. Elle regagne alors sa maison en Corse en compagnie de Jacques Dutronc. La rumeur sur son désir de délaisser la scène au profit du disque se propage. Pour son prochain album, Serge Gainsbourg lui compose Comment te dire adieu ?. C'est un des gros succès de l'année 1969. Ce retour au sommet du hit-parade redonne un coup de fouet à sa carrière. Cependant, sa décision d'abandonner la scène est maintenant irrévocable. Elle ne donnera désormais que des prestations télévisées. Son temps libre est mis à profit pour suivre un temps, des cours de psychologie avant de se tourner vers l'astrologie traditionnelle. Ce choix est guidé par sa première expérience, faite cinq ans auparavant, où un concours de circonstances lui avait fait consulter un astrologue. Les révélations qu’il avait faites sur sa personnalité secrète l’avaient troublée et piqué sa curiosité. Son intérêt dans ce domaine est vite connu et elle reçoit rapidement des propositions de travail qu’elle accepte pour se perfectionner auprès d’astrologues confirmés. En 1970, Françoise Hardy crée une nouvelle société de production nommée Hypopotam, et confie à Sonopresse la distribution de ses productions. Pendant cette période, pas un an ne passe sans sortir de disque : Soleil, La Question, Et si je m'en vais avant toi et un un album en anglais. Un 45 tours sort également, avec un duo avec le comédien Patrick Dewaere : T’es pas poli. Un nouveau contrat est signé en 1973 avec WEA. La chanteuse, qui aspire à changer de registre, se met en quête de mélodistes. La collaboration avec l'auteur-compositeur Michel Berger, sera une étape marquante dans sa carrière. Après la naissance de son fils Thomas le 16 juin, elle entre en studio pour l'enregistrement de l'album Message personnel. Fin 1974, l’astrologue Jean-Pierre Nicola lui demande de travailler avec lui pour une revue spécialisée. Elle tracera ainsi son chemin en experte qui l’amènera à ce que Michel Bassi alors directeur de Radio Monte-Carlo, lui confie en 1980, une émission hebdomadaire qu'elle animera avec son mentor, Jean-Pierre Nicola. L’éducation de son enfant lui fait délaisser l’écriture de chansons. Chez EMI le tandem Gabriel Yared / Michel Jonasz lui concoctent trois albums aux colorations funky et jazzy. Nous sommes en 1978, en pleine période « Disco » et le succès de J'écoute de la musique saoule lui attire un plus jeune public. Le 30 mars 1981, le couple Hardy-Dutronc se marie devant le maire de Monticello en Corse. Tamalou est sur toutes les ondes. En 1982, la graphologie éveillant son intérêt depuis quelque temps, Françoise Hardy la conjugue avec l’astrologie, avec la collaboration de la graphologue Anne-Marie Simond, dans une nouvelle émission radiophonique, Entre les lignes, entre les signes. Au printemps, son album Quelqu'un qui s'en va sort, la chanson Tirez pas sur l'ambulance sort en single et en vidéo-clip à la télévision : la silhouette est inchangée mais les cheveux sont maintenant coupés plus courts. La quarantaine est proche et elle ne se voit pas chanter au-delà de cet âge. Cependant, elle reprend la plume et sort deux 45 tours : Moi vouloir toi, sur une musique de Louis Chedid en 1984, et V.I.P. en 1986, dont elle écrit les paroles sur une composition de Jean-Noël Chaléat. En 1988, au bout de vingt-six ans de carrière, Françoise Hardy arrête la chanson, en déclarant que Décalages sera son dernier album (elle en a écrit tous les textes). Tenant tout de même à garder un contact avec le milieu de la chanson, elle écrit pour Julien Clerc (Fais-moi une place), Patrick Juvet, Viktor Lazlo, Jean-Pierre Mader (En résumé, en conclusion) et Guesch Patti, puis crée des versions nouvelles pour une compilation de ses chansons. Elle participe à des disques caritatifs ou collectifs ; en 1992, elle s'investit dans la production et la promotion du premier album d'Alain Lubrano, qu'elle soutient notamment en chantant en duo le titre Si ça fait mal, dans des diverses représentations dont l’émission télévisée Taratata. Elle répond aux demandes de collaboration de Malcolm McLaren (Revenge of the Flower), en 1994, et de Damon Albarn du groupe Blur (To the End), en 1995. Stimulée par le directeur artistique Fabrice Nataf et le chanteur Étienne Daho, qui voudraient la voir enregistrer de nouveau, Françoise Hardy se met en quête de maisons de disques prêtes à l’accueillir. Son choix se porte sur la société Virgin. Le contrat est signé en décembre 1994. L’album de son retour, Le Danger, paraît en avril 1996. Il est axé sur des mélodies rock, composées par Alain Lubrano et Rodolphe Burger, et confirme que la plus grande source d’inspiration de la chanteuse a été et sera toujours la souffrance et la douleur des sentiments. Le 4 octobre 1997, Julien Clerc, qui fête ses cinquante ans au Palais des sports de Paris, invite quelques grands noms de la chanson française, dont Françoise Hardy et réussit à la faire chanter à ses côtés. En 2000, elle enregistre Clair-obscur après quatre ans de silence. Son fils, Thomas Dutronc, l'accompagne à la guitare sur quelques morceaux de cet album composé de duos et de reprises. La chanson Puisque vous partez en voyage, reprise de Mireille chantée en duo avec Jacques Dutronc, contribue à le propulser disque d'or et être nommé aux Victoires de la musique 2001, dans la catégorie « meilleur album de l’année ». En janvier 2004, Françoise Hardy se voit diagnostiquer un lymphome, mais celui-ci s'avèrera peu agressif. Néanmoins, elle reprend le chemin des studios d’enregistrement. Son fils fait à nouveau partie de l’aventure en tant que musicien et réalisateur de quelques titres. À l’automne, le disque Tant de belles choses donne l’opportunité à Françoise Hardy de faire un come-back dans les pays voisins (plus particulièrement en Allemagne) et au Canada. Dans les médias, le mot « idole » est depuis longtemps tombé en désuétude. Celui d’« icône » l’a remplacé. Françoise Hardy devient une référence reconnue et une inspiratrice revendiquée, aussi bien en France qu’en Grande-Bretagne ou au Québec{{refnec}}. Pour couronner une carrière d’auteur et d'interprète depuis plus de quarante ans, la chanteuse est reçue le 30 novembre 2006 sous la coupole de l’Institut de France pour lui remettre la Grande médaille de la chanson française, décernée par l'Académie française. À ce moment sort Parenthèses, album de chansons interprétées en duo avec Maurane, Julio Iglesias, Henri Salvador, Alain Souchon, Alain Bashung, Arthur H, Ben Christophers, Benjamin Biolay, l’acteur Alain Delon et…

Une fin de vie marquée par la maladie

Depuis 2004, la chanteuse se bat contre le cancer. Cette même année, elle annonce souffrir d'un lymphome de Malt. Depuis, sa santé va de mal en pis. Il y a huit ans, elle a été sauvée de la mort in extremis. Aujourd'hui, sa famille se demande si il n'aurait pas été mieux pour elle de la laisser partir…Depuis 2019, c'est un cancer du pharynx qui la terrasse. Depuis, l'artiste est plus silencieuse que jamais. Dans une récente interview, Thomas Dutronc annonçait qu'elle est maintenant devenue sourde d'une oreille, suite à des traitements très lourds. "Elle a un courage énorme. Le problème, c'est que les gens qui soignent cette maladie ne s'occupent pas du tout des effets indésirables. Et puis, Françoise est dure à soigner." Déplore Jacques Dutronc."Elle a eu des problèmes de santé, elle ne voulait plus se soigner en cas de récidive. Là, elle a été confrontée à un problème où son docteur nous a assuré qu'avec dix séances, ça irait mieux. Françoise Hardy a longtemps partagé son combat pour l'euthanasie, étant elle-même atteinte d'un double cancer du pharynx et du système lymphatique. Françoise Hardy inquiète de plus en plus. Sa santé lui fait défaut et, selon son fils Thomas Dutronc, "elle ne lutte plus vraiment". L'une des icônes emblématiques des sixties commencerait-elle à nous dire adieu ? On espère que non.

Malheureusement, elle nous a quittés le 11 juin 2024, des suites d’un cancer du larynx contre lequel elle se battait depuis 2019. Fin de carrière pour une chanteuse qui avait marqué toute une génération.

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Héritage et influence

Françoise Hardy reste une idole et un monument de la chanson. Elle est certainement la plus discrète des plus grandes stars. Mick Jagger a craqué pour elle… Et pourtant, la mère de Thomas Dutronc a longtemps souffert de complexes. En effet, elle se trouvait trop maigre, trop grande avec de "trop grands pieds". "Mick Jagger a déclaré que j'étais son idéal féminin. Une jeune fille sage dans son époque : Avec l’argent de son premier succès, elle vient d’acheter un studio rue du Rocher, dans le VIIIe arrondissement de Paris.

Son héritage perdurera à travers ses nombreux succès intemporels, qui continueront d’inspirer et d’émerveiller les amateurs de musique du monde entier.

Françoise Hardy et l'ère yéyé

Plus exactement, la mode jeune. Il faut se souvenir de Tous les garçons et les filles de mon âge, en 1962. Françoise Hardy n’était pas encore majeure, puisqu’elle avait dix-huit ans et qu’il fallait alors patienter trois ans de plus pour accéder à la majorité. Mais justement, nous étions au cœur des yéyés, les yéyés mouvement probablement plus important sur le plan sociologique que musical… Tous les garçons et les filles de mon âge avaient 18 ans et dans ce titre, ce qui est important c’est le “tous”, car les yéyés c’est l’invention de la mode de masse pour les jeunes. Il y eut des mouvements de mode avant les années 1960, des incroyables aux zazous. Mais avec les yéyés, ce qui apparaît, c’est une mode de masse, parce qu’à cette époque le monde devient un village global, ce qui veut dire que le village devient le monde. Les mass medias triomphent, les magazines pour jeunes proposent de nouvelles silhouettes, à la télévision. "Âge tendre et tête de bois" présenté par Albert Raisner de 1961 à 1968, fait rentrer les yéyés dans les foyers. L’existence d’une "culture jeune" contribue à atténuer les différences sociales qui existent parmi eux. La distance qui sépare jeunes urbains et jeunes ruraux s’estompe, comme le souligne Edgar Morin. Les uns et les autres écoutent la même musique, s’adonnent aux mêmes loisirs, affirment "la rupture avec l’ancien monde au profit de la mode". Dans les sixties, Morin distingue parmi les garçons ceux qui prisent les négligés à l’italienne, pantalons et lainages clairs, de ceux qui s’habillent à l’américaine, tee-shirt et éventuellement jeans. Les filles, note-t-il, possèdent des gardes robes plus semblables. Après treize ans, celles-ci, même à la campagne, portent la tenue teenager talons plats, pantalon "élastiss", chandail, cheveux courts. Cette génération est la première à être exposée aux modes de masse, en particulier le yéyé qui "déborde le divertissement et contribue à la cristallisation d’une identité adolescente". La mode jeune n’a cessé de s’étendre depuis les années 1960, jusqu’à toucher les vieux. Elle représente probablement l’un des principaux moteurs du capitalisme, et lorsque vous verrez un jeune aujourd’hui, souvenez-vous de Françoise Hardy.

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