Le désir d'influencer le sexe de son enfant à naître est une aspiration ancienne. Avec les avancées de la science et de la procréation médicalement assistée (PMA), ce rêve est devenu une réalité, soulevant des questions éthiques complexes. Cet article explore les différentes techniques existantes, leur cadre légal et les enjeux qu'elles soulèvent.

Les techniques de sélection du sexe : un aperçu

Plusieurs méthodes sont utilisées pour tenter d'influencer le sexe du bébé, allant de techniques naturelles à des interventions médicales sophistiquées.

Méthodes naturelles : alimentation et timing

Certaines méthodes dites "naturelles" visent à modifier l'environnement vaginal pour favoriser la survie des spermatozoïdes porteurs du chromosome X (fille) ou Y (garçon). Parmi celles-ci, on retrouve :

  • La méthode du Dr Papa (ou régime Papa) : Basée sur les travaux du Pr Stolkowski, elle consiste à adapter son alimentation pour modifier le pH vaginal et favoriser le passage des spermatozoïdes X ou Y.
  • La méthode du timing : S'appuyant sur les recherches du Dr Landrum Shettles, elle suggère que les spermatozoïdes Y sont plus rapides mais moins résistants que les spermatozoïdes X. Avoir des rapports sexuels proches de l'ovulation favoriserait la conception d'un garçon.
  • Les positions sexuelles : Il existe des croyances populaires selon lesquelles certaines positions sexuelles favoriseraient la conception d'un garçon ou d'une fille.

Il est important de noter que l'efficacité de ces méthodes n'est pas scientifiquement prouvée.

Tri des spermatozoïdes

Cette technique consiste à séparer les spermatozoïdes X et Y en laboratoire avant l'insémination artificielle ou la fécondation in vitro (FIV). Les spermatozoïdes X contiennent plus d'ADN et sont donc plus lourds que les spermatozoïdes Y, ce qui permet de les trier. La méthode Ericsson est une des techniques de tri. La précision de cette méthode est limitée et elle est plus efficace pour la sélection de filles. Aux États-Unis, plusieurs cliniques proposent cette méthode.

Diagnostic préimplantatoire (DPI)

Le DPI est la technique la plus fiable pour choisir le sexe du bébé (fiabilité proche de 100 %). Il consiste à réaliser une fécondation in vitro (FIV), puis à prélever une ou deux cellules de chaque embryon obtenu pour analyser leur profil génétique (XX pour une fille, XY pour un garçon). Seuls les embryons du sexe désiré sont ensuite implantés dans l'utérus de la mère.

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Législation : un paysage contrasté

La législation concernant la sélection du sexe varie considérablement d'un pays à l'autre.

  • France et Union Européenne : Le DPI est interdit, sauf en cas de risque de transmission d'une maladie génétique grave liée au sexe.
  • États-Unis : La sélection du sexe est légale et pratiquée par de nombreuses cliniques privées. Certaines études montrent que les couples américains préfèrent choisir des filles.
  • Chypre (partie turque) : Le DPI est autorisé pour des raisons de convenance et attire des couples du monde entier.
  • Inde et Chine : Bien que souvent illégale, la sélection du sexe est pratiquée, entraînant un déséquilibre démographique avec une préférence pour les garçons.
  • Autres pays : La pratique se répand dans des pays comme la Jordanie, le Liban, l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Égypte et le Brésil.

Enjeux éthiques et controverses

La sélection du sexe soulève de nombreuses questions éthiques et suscite des débats passionnés.

Risque de déséquilibre démographique

La préférence pour un sexe particulier peut entraîner un déséquilibre démographique, avec des conséquences sociales et économiques importantes. Ce phénomène est déjà observé dans certains pays d'Asie, où la préférence pour les garçons a conduit à un déficit de femmes.

Discrimination basée sur le sexe

La sélection du sexe peut être perçue comme une forme de discrimination envers le sexe non choisi. Cela peut renforcer les stéréotypes de genre et dévaloriser un sexe par rapport à l'autre.

Commercialisation de la vie

La possibilité de choisir le sexe de son enfant transforme potentiellement la vie en une marchandise, où les parents peuvent "acheter" le sexe désiré. Cela soulève des questions sur la valeur de la vie et le droit de l'enfant à naître sans être soumis à des choix basés sur des préférences.

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Conséquences psychologiques

Pour l'enfant né d'une sélection du sexe, il peut y avoir des conséquences psychologiques liées à la conscience d'avoir été choisi en fonction de son sexe. Cela peut influencer son identité et sa relation avec ses parents.

L'affaire Elon Musk : un exemple médiatisé

L'affaire Elon Musk a mis en lumière la question de la sélection du sexe. Sa fille, Vivian Jenna Wilson, l'a accusé d'avoir eu recours à des FIV sélectives pour choisir le sexe de ses enfants. Elon Musk est le père de 14 enfants, dont 11 garçons. Selon sa fille, le sexe qui lui a été assigné à la naissance était une marchandise qui a été achetée et payée. La première femme d'Elon Musk avait confié avoir eu recours aux services d'une clinique spécialisée en FIV pour tomber enceinte de Vivian Jenna Wilson et de son jumeau Griffin Musk.

Tests de grossesse précoces : une nouvelle donne

Les progrès de la génétique permettent de connaître le sexe du bébé dès la 8e semaine de grossesse grâce à une simple prise de sang maternel. Des entreprises proposent des kits à commander en ligne, permettant aux femmes de connaître le sexe de leur enfant de manière confidentielle et précoce. Cela pose la question de l'avortement sélectif, une pratique interdite en France mais autorisée dans d'autres pays.

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