Introduction

L'avortement est un acte médical qui permet de mettre fin à une grossesse. Il s’agit d’un soin de santé courant auquel des millions de personnes ont recours chaque année. L'avortement chez les jeunes filles de 10 ans est un sujet délicat et complexe, rarement abordé que dans une perspective juridique. La semaine dernière, l'histoire d'une fille de 10 ans originaire de l'Ohio, tombée enceinte après un viol, avait fait les gros titres de la presse internationale. En raison de la décision de la Cour suprême de ne plus protéger le droit à l'avortement dans son État, l'enfant avait dû rejoindre l'Indiana pour avoir accès à une IVG. Cet article explore les causes, les risques et les conséquences de l'avortement chez les jeunes filles, en mettant une attention particulière pour les jeunes femmes que pour les adultes.

Causes de l'avortement chez les jeunes filles

Plusieurs facteurs peuvent conduire à une grossesse non désirée chez une jeune fille de 10 ans, aboutissant à la considération de l'avortement.

  • Viol et agressions sexuelles: Dans de nombreux cas, les grossesses chez les jeunes filles sont le résultat de violences sexuelles. À Mexico, l'Ipas a organisé des ateliers dans trois hôpitaux pour sensibiliser les prestataires aux besoins des victimes et lancé une campagne médiatique pour encourager les femmes qui avaient été violées à faire une déclaration à la police. En 2001, Lara et al. ont mené une étude dans un hôpital de Mexico, révélant que parmi les patientes ayant subi un avortement, 41 % avaient été victimes de viol (21 % avaient entre 10 et 12 ans, 28 % entre 13 et 15 ans et 31 % entre 16 et 19 ans). Il y a lieu de dispenser une formation aux prestataires sur la violence aux mains d'un partenaire, le viol et les agressions.
  • Manque d'accès à la contraception : Le manque d'accès aux services de contraception est l'une des raisons à l'origine de l'accroissement du taux d'avortement parmi les jeunes femmes. A Hanoï, 90% des 259 femmes ayant fait l'objet d'une étude avaient subi un avortement entre l'âge de 15 et 24 ans. A la question de savoir pourquoi elles n'avaient pas eu recours à la contraception, des Vietnamiennes ont expliqué qu'elles étaient censées être vierges au moment du mariage; or on saurait qu'elles étaient sexuellement actives si elles recherchaient des services de planification familiale.
  • Pressions familiales et sociales : En Guinée et en Côte d'Ivoire, les participantes à l'étude ont dit qu'une jeune fille pouvait se faire avorter pour ne pas faire honte à sa famille. Au Sénégal, les jeunes femmes qui deviennent enceintes risquent d'être mises à l'index par leurs parents et obligées de quitter le foyer familial. Loin d'être solidaires de la jeune fille, a dit un adolescent aux chercheurs, les parents «la bannissent ou la chassent de la maison».
  • Facteurs socio-économiques : En Guinée et en Côte d'Ivoire, des jeunes ont expliqué à des chercheurs de FHI qu'une fille enceinte se demanderait si elle aurait assez d'argent pour les visites médicales à l'hôpital, les médicaments et l'achat d'aliments de meilleure qualité, en sus des coûts à long terme associés à l'éducation d'un enfant et à supposer que le père accepte d'assumer sa responsabilité financière. Si elle opte pour l'I.V.G., c'est le coût qui détermine la méthode choisie.

Risques et complications médicales

L'avortement chez une jeune fille de 10 ans présente des risques médicaux accrus en raison de son développement physique immature.

  • Risques physiques : Comme l'explique le docteur Ashok Dyalchand, qui a travaillé pendant plus de quarante ans avec des adolescentes enceintes dans des communautés pauvres d'Inde, le bassin d'une jeune fille est encore bien trop étroit pour le passage d'un fœtus, aussi petit soit-il. Le fait est que c'est une enfant et [qu'elle] ne peut pas mettre au monde un enfant, elle n'est pas prête», défend le docteur Shershah Syed, gynécologue et spécialiste de la mortalité maternelle au Pakistan. Pour Marie Bass Gomez, sage-femme et infirmière au Bundung Maternal and Child Health Hospital en Gambie, le constat est similaire. «Lorsqu'une enfant arrive enceinte dans notre centre, c'est vraiment traumatisant pour elle», confie-t-elle. Les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) viennent par ailleurs confirmer ce taux de mortalité particulièrement élevé. Les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions peuvent entraîner une hémorragie et une infection, des coupures ou des brûlures, dues à l'emploi de produits chimiques, au niveau des organes génitaux ou de l'appareil reproducteur. Les séquelles à long terme regroupent les algies chroniques, la grossesse extra-utérine et la stérilité consécutive aux infections des voies génitales supérieures.
  • Risques psychologiques : Pour exprimer le traumatisme de l’IVG, le Docteur Pissochet parle de « rupture du cheminement naturel maternel » : « Il s’agit du triste constat d’une chair meurtrie dans une maternité qui n’intègre plus dans son corps le petit corps qui habitait ses entrailles. Oui, une chair qui finit par souffrir, non seulement du geste traumatique de l’avortement, mais aussi du vide abyssal laissé par le départ de son enfant. » C’est parfois des années après l’acte que des femmes se retrouvent totalement effondrées psychologiquement. Des études montrent que les femmes ayant déjà avorté ont 37 % de risques en plus d’accoucher plus tard d’enfants prématurés, et 64 % de risques en plus d’accoucher d’un grand prématuré, à moins de 32 semaines de grossesse.

Conséquences de l'avortement chez les jeunes filles

Les conséquences de l'avortement chez les jeunes filles peuvent être multiples et profondes, touchant à la fois leur santé physique et mentale, ainsi que leur bien-être social.

  • Impact sur la santé mentale : Comme la fausse couche, l’avortement est la perte d’un enfant, et entraîne un deuil. Les femmes ayant avorté présentent un risque d’être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l’accouchement ou l’avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est de 37 % plus élevé (ou de 65 %, selon une autre étude). Sans antécédents psychiatriques, les risques d’auto-mutilation sont de 70 % plus élevés pour les femmes ayant mis fin à leur grossesse que pour les femmes qui ont accouché. Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes (155 % plus), tandis que celles qui ont accouché d’un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes.
  • Conséquences sociales : L'infécondité peut s'accompagner de lourdes conséquences socio-économiques pour les femmes, qui risquent d'être abandonnées par leur partenaire ou frappées d'ostracisme dans la communauté. Les femmes stériles n'arrivent pas toujours à se marier et, en dehors du mariage, il y a peu de chances qu'elles soient à l'aise sur le plan financier ou qu'elles soient respectées par leurs pairs.
  • Répercussions sur les relations futures : Il n’est pas étonnant que les blessures psychiques des femmes ayant avorté aient des répercussions sur leur vie de couple et leurs relations avec leur conjoint, le père de l’enfant avorté ou un autre. En effet, ce sont des relations avec un homme qui sont à l’origine de l’évènement traumatisant. On peut supposer que les conséquences relationnelles varient selon que l’homme avec qui la femme est en couple est le père de l’enfant avorté ou non. Suite à leur avortement, certaines femmes peuvent ressentir de la haine envers leur conjoint, un dégoût de la sexualité, voire un rejet envers tous les hommes. Des dysfonctionnement sexuels se produisent chez 31 % des femmes ayant avorté et chez 18 % de leurs conjoints.

Prévention et prise en charge

La prévention des grossesses non désirées chez les jeunes filles est essentielle pour réduire le nombre d'avortements.

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  • Éducation sexuelle complète : Si elle était améliorée, l'éducation à la vie familiale offerte à l'école pourrait aider les jeunes à retarder l'activité sexuelle et à mieux utiliser la contraception le moment venu.
  • Accès à la contraception : «Pour prévenir l'avortement, il faut aussi envisager le droit à l'éducation, à l'information et aux services de planification familiale et de santé reproductive dans leur ensemble», affirme Luisa Cabal, avocate au Center for Reproductive Law and Policy aux Etats-Unis. «Nous devons élaborer des principes d'action et établir des dispensaires qui soient sensibles aux besoins des adolescents, ouverts à des heures commodes, bien situés et qui offrent des services à un prix abordable», signale A. Montague, de l'Ipas.
  • Soutien psychologique : L’Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. En réalité, ce qui s’est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l’espérance. C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant.

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