La fièvre chez le nourrisson est un sujet de préoccupation majeure pour de nombreux parents. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, une température supérieure à 38°C est couramment considérée comme indicative de fièvre. Il est crucial de savoir quand agir pour le bien-être et la santé de l’enfant et du nourrisson.

Comprendre la Fièvre

La fièvre est généralement une réaction du corps face à des micro-organismes qui s’y sont introduits. Elle est une réaction normale de l’organisme, permettant à celui-ci de lutter contre les infections ou les inflammations. C’est donc un symptôme utile. La fièvre correspond à l’élévation temporaire de la température corporelle au-dessus de la normale, c’est-à-dire à partir de 38 degrés et au-delà. Si la fièvre dépasse les 38,5 degrés, un traitement devient alors nécessaire, surtout chez les jeunes enfants.

La fièvre n’est pas une maladie en soi, mais une manifestation signalant une réaction de l’organisme, le plus souvent face à une infection. La fièvre est un symptôme très fréquent chez l’enfant. Elle est souvent suspectée par les parents à la palpation du front, mais chiffrer la température s’avère indispensable.

Fièvre Aiguë vs. Fièvre Prolongée

En pédiatrie, une fièvre est dite aiguë lorsqu’elle évolue depuis moins de 5 jours chez le nourrisson, et moins de 1 semaine chez l’enfant plus âgé. Au-delà, on parle de fièvre prolongée. La fièvre dite aiguë dure moins de 5 jours chez le nourrisson et moins d’une semaine chez l’enfant plus âgé. Au-delà, on parle de fièvre prolongée.

Comment Mesurer la Température ?

Il s’agit d’une étape cruciale pour identifier une fièvre. Cela peut sembler simple, mais il est essentiel d’avoir la bonne méthode pour garantir l’exactitude des résultats. La méthode de référence (Haute Autorité de santé [HAS]) pour mesurer la température corporelle est le thermomètre électronique flexible par voie rectale. Cette méthode est à la portée de tous. Toutefois, il est important de noter qu’une mesure quotidienne de la température rectale n’est pas recommandée (risque de microtraumatisme de la muqueuse rectale).

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La meilleure façon de mesurer la température d’un enfant est d’utiliser un thermomètre électronique par voie rectale (par l’anus). La méthode rectale est considérée comme plus précise et plus fiable pour mesurer la température chez les bébés et les enfants de moins de 2 ans.

En pratique, il existe également les thermomètres électroniques par voie buccale ou axillaire (qui présentent l’inconvénient d’un temps de prise plus long et d’une sous-estimation de la température centrale ; il faut rajouter 0,5 °C) ou le thermomètre à infrarouge par voie auriculaire (à partir de 2 ans) dont le temps de prise est très rapide et fiable.

  • Préparation : Assurez-vous que le thermomètre est propre et désinfecté.
  • Thermomètres auriculaires : La mesure se fait au niveau de l’oreille ce qui peut fournir des résultats rapides.
  • Choix du thermomètre : Optez pour un thermomètre conçu spécifiquement pour les jeunes enfants.
  • Fréquence des mesures : En cas de fièvre, mesurez la température toutes les 4 à 6 heures pour suivre l’évolution.

Seuil d'Alerte

La fièvre est définie par une élévation de la température centrale au-dessus de 38 °C en l’absence d’activité physique intense, chez un enfant normalement couvert, dans une température ambiante tempérée (HAS). En pratique, chez les nourrissons de plus de 3 mois, il est recommandé de consulter pour des températures supérieures à 38,5 °C.

  • Pour les nourrissons de moins de trois mois: Une température rectale de 38°C ou plus est considérée comme élevée et nécessite une consultation médicale immédiate, même si l'enfant ne présente aucun autre symptôme. Les bébés de moins de trois mois sont plus vulnérables aux infections graves et une fièvre peut être le seul signe de maladie grave.
  • Pour les nourrissons de plus de trois mois et les enfants: Une température rectale de 38,5°C ou plus est généralement considérée comme élevée et peut indiquer une infection ou une autre maladie. Consultez un médecin si la fièvre persiste et plus rapidement si d'autres symptômes inquiétants apparaissent, tels que des convulsions, une respiration rapide ou des signes de déshydratation.

Causes de la Fièvre Aiguë chez le Nourrisson

La plupart du temps, chez l’enfant, la fièvre est provoquée par une infection virale ou bactérienne : otite, gastro-entérite, angine, infection urinaire, bronchiolite, par exemple. La fièvre peut également être due à un coup de chaleur ou un coup de soleil. Parfois, elle apparaît de manière temporaire après une vaccination. Les causes de la fièvre chez l’enfant peuvent être diverses. L’origine peut être une infection due à un virus comme le rhume ou la gastro-entérite, ou une infection bactérienne, telles que les otites, les pneumonies ou les infections urinaires. Au-delà des infections, la vaccination est une cause bien connue de fièvre temporaire chez l’enfant, résultant de la réponse immunitaire de l’organisme à l’administration du vaccin.

Infections Virales et Bactériennes

Les jeunes enfants sont plus susceptibles de développer de la fièvre à cause des infections virales ou bactériennes. Voici les causes de fièvre les plus courantes pour les enfants.

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  • Rhume: Les rhumes, ou rhinopharyngites, correspondent à une infection virale des voies respiratoires. Les enfants et les bébés sont plus fragiles, du fait de leur système immunitaire plus faible. Aussi, une fièvre modérée peut communément avoir lieu en cas de rhume chez les jeunes enfants.
  • Grippe: La grippe est une infection virale plus sévère que le rhume. Elle est causée par le virus de l’influenza. En cas de grippe, les enfants et les nourrissons peuvent subir un état de fièvre élevée, des maux de tête, des frissons, des courbatures, ou encore une fatigue importante. Dans de rares cas, la grippe peut entraîner des complications graves chez les jeunes enfants.
  • Otites: Les otites sont des infections bactériennes ou virales de l’oreille, très courantes chez les jeunes enfants et les nourrissons, du fait de l’anatomie de leur système auditif. La fièvre est un symptôme courant en cas d’otite chez l’enfant.
  • Infections urinaires: Les infections urinaires sont généralement causées par une infection bactérienne. Les enfants sont plus à risque face aux infections urinaires. La fièvre est un symptôme courant de l’infection urinaire chez l’enfant. Elle est souvent associée à des mictions douloureuses et fréquentes, des pleurs durant les mictions, une odeur inhabituelle et un état d’irritabilité.
  • Infections gastro-intestinales: Les infections bactériennes ou virales de l’estomac et des intestins peuvent engendrer un état de fièvre chez les enfants et les bébés. La fièvre est associée à des douleurs abdominales, des vomissements et des diarrhées.
  • Infections Pulmonaires, Angines, et Maladies Infantiles: Les infections pulmonaires, telles que la bronchite ou la pneumonie, sont également des causes fréquentes de fièvre chez les jeunes enfants et les nourrissons. Ces infections peuvent être d'origine virale ou bactérienne et nécessitent souvent une prise en charge médicale pour prévenir les complications. Les angines, qu'elles soient virales ou bactériennes, provoquent une inflammation des amygdales et peuvent également causer de la fièvre, accompagnée de maux de gorge et de difficultés à avaler. Quant aux maladies infantiles, telles que la rougeole, la varicelle, la scarlatine ou la roséole, elles représentent une autre catégorie de maladies pouvant entraîner de la fièvre chez l'enfant. Ces maladies sont caractérisées par d'autres symptômes spécifiques, tels que des éruptions cutanées ou des boutons, et la plupart sont hautement contagieuses.

Symptômes Associés à la Fièvre

Quand un enfant ou un bébé a de la fièvre, il faut surveiller les autres symptômes. En effet, ces derniers peuvent indiquer la présence d’une maladie sous-jacente et de potentielles complications. Il est donc important d’identifier les symptômes liés à l’état de fièvre afin de mieux comprendre l’état de son enfant :

  • Irritabilité: Un enfant peut devenir irritable lorsqu'il ne se sent pas bien. Il peut pleurer facilement, être grincheux ou avoir des sautes d'humeur inhabituelles.
  • État léthargique: Si un enfant est léthargique, il peut sembler mou, somnolent ou avoir moins d'énergie que d'habitude. Il peut être difficile de le réveiller ou de le faire participer à des activités. Cela peut demander une prise en charge médicale urgente.
  • Refus de s'alimenter: Un enfant malade peut perdre l'appétit et refuser de manger ou de boire comme d'habitude. Cela peut entraîner une déshydratation si cela persiste, surtout si la fièvre est accompagnée de vomissements ou de diarrhée. Cela peut demander une prise en charge médicale urgente.
  • Pleurs excessifs: Les bébés et les jeunes enfants peuvent pleurer plus que d'habitude lorsqu'ils sont malades. Les pleurs excessifs peuvent être un signe de douleur, de malaise ou de frustration due à la maladie.
  • Perturbations du sommeil: Un enfant malade peut avoir des difficultés à s'endormir ou à rester endormi. Il peut aussi faire des siestes plus longues que d'habitude ou avoir un sommeil agité.

Traitement et Gestion de la Fièvre

Il n’est pas nécessaire de traiter celle-ci lorsqu’elle reste inférieure à 38,5 °C. En cas de fièvre légère à modérée, il est possible de traiter la fièvre à domicile, avec des médicaments et des gestes à mettre en place.

Traitements à Domicile et Médicamenteux

  • Assurer l’hydratation de votre enfant: Un jeune enfant doit rester bien hydraté en cas de fièvre. Son corps étant plus petit, il risque la déshydratation plus rapidement : Il faut donc lui proposer fréquemment du lait maternel ou infantile si c’est un nourrisson. S’il s’agit d’un enfant, vous pouvez lui donner de l’eau. C’est particulièrement nécessaire si la fièvre s’accompagne de transpirations et de vomissements.
  • Faire baisser la température de votre enfant: Vous pouvez faire légèrement baisser la température de votre enfant pour tenter de faire baisser la fièvre. Pour ce faire, vous pouvez :
    • Appliquer des compresses d’eau tiède sur le front de votre enfant.
    • Ne pas surcouvrir votre bébé.
    • Hydrater votre enfant.
    • Ne pas faire prendre de bain trop chaud ou trop longtemps à votre enfant pour éviter de faire augmenter sa température.
  • Veiller au repos de votre enfant: Un autre remède naturel pour soulager la fièvre, c’est le repos. Vous devez vous assurer que votre bébé ou votre enfant dorme suffisamment. En effet, le sommeil favorise la récupération et aide l’organisme à mieux lutter contre l’infection responsable de la fièvre.

Médicaments Utilisés en Cas de Fièvre

Généralement, le paracétamol est l’option la plus couramment recommandée pour les bébés et les jeunes enfants. Veillez à suivre les instructions du médecin, en prenant soin de respecter les dosages appropriés en fonction de l’âge et du poids du bébé. Il est tout aussi important de connaître les traitements à éviter.

Deux types de médicaments peuvent être utilisés en cas de fièvre, en suivant toujours les recommandations du pédiatre ou du pharmacien.

  • Le paracétamol: Ce médicament permet de réduire la fièvre chez l’adulte, l’enfant et le bébé. Cependant, il faut s’assurer de suivre les instructions de dosage en fonction du poids de son bébé. Il ne faut pas dépasser la dose recommandée. La voie orale est la règle. Sa posologie est de 60 mg/kg par jour à répartir en 4 ou 6 prises (délai minimal de 4 heures entre deux prises). Ses effets indésirables sont rares.
  • L’ibuprofène: UNIQUEMENT APRÈS UN AVIS MÉDICAL, car ce médicament est un anti-inflammatoire qui peut aggraver une infection. Ce médicament peut également être utilisé par les enfants à partir de six mois. Il faut également suivre les instructions de dosage selon le poids de l’enfant. Deux AINS sont cités dans les recommandations de la HAS pour le traitement des affections fébriles : l’ibuprofène après 3 mois, le kétoprofène après 6 mois. L’ibuprofène est la molécule prescrite en pratique. L’aspirine (acide acétylsalicylique) n’est pas indiquée pour le traitement de confort de l’enfant fébrile.

Bien que ces médicaments puissent aider votre enfant à soulager ses symptômes et l’inconfort provoqué par la fièvre, ils ne traitent pas la cause de cette dernière. Aussi, si la fièvre dure plus de 5 jours pour un nourrisson ou plus d’une semaine pour un enfant de plus de 6 mois, il est vivement recommandé de consulter un médecin.

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Quand Consulter un Médecin ?

Pour les bébé d’un âge plus avancé, une fièvre isolée et bien tolérée , ne constitue pas une urgence médicale, mais nécessite une surveillance et une consultation si elle persiste au-delà de 48 heures. Dans le doute, vous pouvez prendre rendez-vous en téléconsultation avec un pédiatre pour obtenir une consultation, le plus rapidement possible.

Si la fièvre n’excède pas les 38 degrés ou les 38,5 degrés, vous pouvez consulter un médecin si la fièvre est persistante. Si cette dernière dure moins de temps et qu’elle disparaît d’elle-même, grâce aux gestes mis en place à la maison, ce n’est pas nécessaire.

Signes de Complications

En revanche, si votre enfant présente des signes de complications, il est indispensable de consulter un médecin le plus rapidement possible, surtout si votre bébé a moins de 3 mois. Voici les signes de complications :

  • Fièvre chez les nourrissons de moins de 3 mois : Tout bébé de moins de 3 mois présentant de la fièvre de 38°C ou plus (température rectale) doit être évalué par un médecin immédiatement, même s'il ne présente aucun autre symptôme. Les nourrissons de cet âge sont plus vulnérables aux infections graves, et la fièvre peut être le seul signe de maladie grave.
  • Fièvre persistante : Si la fièvre de votre bébé persiste pendant plus de 24 heures malgré les mesures de traitement à domicile, cela peut indiquer une infection plus sérieuse ou d'autres problèmes de santé sous-jacents. Consultez un médecin pour obtenir une évaluation appropriée.
  • Fièvre élevée : Si la température rectale de votre bébé dépasse 38,5°C, en particulier s'il est très jeune, cela peut indiquer une infection ou une autre maladie nécessitant une évaluation médicale. Une fièvre élevée peut également être associée à des convulsions fébriles chez certains enfants, ce qui nécessite une attention médicale.
  • Symptômes sévères : Si votre bébé présente d'autres symptômes graves en plus de la fièvre, tels que des difficultés respiratoires, une respiration rapide, des signes de déshydratation (par exemple, une bouche sèche, une diminution des urines), une léthargie excessive, une irritabilité extrême ou des convulsions, il est nécessaire de consulter immédiatement un médecin.
  • Autres signes de complication : Si votre bébé présente des symptômes spécifiques associés à certaines maladies, tels qu'un écoulement de l'oreille accompagné de douleur (signe d'otite), des vomissements persistants, une diarrhée sévère, une éruption cutanée inhabituelle ou des marbrures sur la peau, ou des signes de détresse respiratoire, une consultation médicale est nécessaire et ce, le plus rapidement possible.

Diagnostiquer la Cause

La principale crainte devant un état fébrile aigu est l’infection bactérienne sévère. Avant l’âge de 3 mois, l’examen clinique n’est pas suffisant et toute fièvre isolée est a priori suspecte d’infection bactérienne. L’attitude généralement admise est d’explorer, de surveiller en milieu hospitalier les plus jeunes (avant l’âge de 6 semaines) et de prescrire le plus souvent une antibiothérapie probabiliste, notamment aux nouveau-nés, en attendant d’avoir éliminé une cause bactérienne. Après l’âge de 3 mois, les infections virales prédominent très largement.

Prévention et Conseils pour les Parents

La prévention joue un rôle crucial dans le maintien de la santé du bébé, réduisant significativement le risque de fièvre et d’infections.

Mesures Préventives

  • Vaccination: Le meilleur moyen de prévenir la fièvre, c’est la vaccination. Bien sûr, il n’existe pas de vaccin contre la fièvre ! Cependant, il est important de faire vacciner son bébé et son enfant en fonction du calendrier vaccinal recommandé par les autorités sanitaires. En effet, les vaccins permettent de protéger les bébés contre de nombreuses maladies infectieuses provoquant la fièvre comme la grippe, la rougeole, la coqueluche, etc. En faisant vacciner son bébé, puis son enfant, et en réalisant les rappels, on réduit donc drastiquement les risques de fièvre !
  • Hygiène: L’hygiène au quotidien permet également de réduire le risque d’infections chez l’enfant et le bébé. Pour ce faire, il est important d’adopter les bons gestes et les bonnes habitudes hygiéniques au quotidien :
    • Se laver les mains régulièrement : Lavez-vous soigneusement les mains avec de l'eau et du savon pendant au moins 20 secondes avant de manipuler votre bébé, avant de préparer ses repas et après avoir changé ses couches. Encouragez également les membres de la famille et les visiteurs à se laver les mains avant de manipuler le bébé.
    • Éviter les contacts avec des personnes malades : Limitez l'exposition de votre bébé aux personnes malades, en particulier pendant les sai…

Complications et Situations d'Urgence

Les complications viennent le plus souvent de la maladie ayant causé la fièvre. Chez les enfants qui y sont prédisposés, une poussée brutale de fièvre peut déclencher des convulsions. Le corps de l’enfant se raidit brusquement, l’enfant roule des yeux et présente des spasmes des bras et des jambes, parfois du corps tout entier. Les convulsions fébriles apparaissent habituellement entre l’âge de 6 mois et 5 ans en cas de forte fièvre chez des enfants génétiquement prédisposés. Elles touchent entre 3 et 5 % des enfants âgés de moins de 5 ans. Elles sont généralement sans gravité mais peuvent récidiver. On estime le risque de récidive à 50 % avant l’âge de 1 an et 30 % après cet âge. Le risque de récidive est plus élevé chez les enfants qui ont fait un premier épisode de convulsions avant l’âge de 1 an, ceux qui ont fait un deuxième épisode et ceux qui ont des antécédents familiaux d’épilepsie. Si elles ne sont pas une forme d’épilepsie, l’existence de convulsions fébriles chez un petit enfant peut indiquer un risque plus élevé de souffrir d’épilepsie plus tard. En cas de convulsions chez un enfant fébrile, il est nécessaire d’appeler le 15 ou de consulter un service d’urgence au plus vite.

En pratique, les complications liées à la fièvre sont rares et l’obtention de l’apyrexie à tout prix n’est pas justifiée. Toutefois la fièvre peut être à l’origine de situation nécessitant une consultation aux urgences.

  • Fièvre mal tolérée : Sont alors décrits des frissons, une cyanose péri-buccale, un état de léthargie, des marbrures, un malaise lors des poussées de fièvre. Cette description clinique nécessite un bilan sanguin : numération formule sanguine (NFS), protéine C créative (CRP), procalcitonine (PCT), hémocultures, bandelette urinaire (BU) +/- radiographie de thorax, afin d’éliminer une étiologie bactérienne. Si l’état de l’enfant au moment de l’examen clinique et le bilan biologique sont rassurants, il n’y a pas d’indication systématique à l’hospitaliser. Le diagnostic et le traitement antipyrétique devront bien être expliqués. Ainsi que les consignes de surveillance et de nouvelle consultation.
  • Crise convulsive hyperthermique : Chez les enfants âgés de 9 mois à 5 ans, il peut se manifester une crise convulsive hyperthermique au moment d’une poussée de fièvre. Cela représente entre 2 et 7 % des enfants de cette tranche d’âge. La crise convulsive hyperthermique simple est la forme la plus fréquente, répondant à tous les critères suivants : de durée brève (1-5 min), tonique ou tonico-clonique, bilatérale et symétrique, sans déficit neurologique, suivie d’une phase post-critique brève. Elle ne représente pas un critère de gravité en soi, mais un médecin doit examiner l’enfant au décours, afin d’éliminer un diagnostic différentiel, notamment une méningite ou méningo-encéphalite. L’examen clinique s’attardera sur l’examen neurologique et la recherche d’un foyer infectieux. Si la crise convulsive hyperthermique est simple et l’examen clinique rassurant, il n’y pas lieu de réaliser un bilan sanguin ou d’hospitaliser l’enfant. S’il existe un foyer infectieux bactérien, une antibiothérapie adaptée permettra l’obtention de l’apyrexie. Il n’existe pas de séquelle de crise convulsive hyperthermique simple, cependant l’enfant présentera un risque de récurrence entre 25 et 50 %. Il est donc indispensable d’informer les parents et de les éduquer en cas de récidive de crise. En pratique, aucun traitement antipyrétique n’a démontré son efficacité dans la prévention des récidives de crises. En cas de récidive, un traitement anticonvulsivant sera administré si celle-ci dure plus de 5 minutes. Il existe 2 médicaments : diazépam (Valium) 0,5 mg/kg par voie intrarectale ou midazolam solution buccale en seringue préremplie (Buccolam), dont la posologie est fonction du poids, par voie intrajugale.
  • Fièvre prolongée (plus de 5 jours) : En cas de fièvre persistante, depuis plus de 5 jours, il faut examiner l’enfant et éliminer en priorité une origine bactérienne ou la maladie de Kawasaki. Un bilan sanguin devra être pratiqué.
  • Infections bactériennes sévères : Pleuropneumopathie, méningite bactérienne, diarrhée invasive, infection ostéo-articulaire, dermohypodermites, ethmoïdite, angine phlegmoneuse, bactériémie occulte (bactériémie sans point d’appel infectieux) : toutes ces étiologies sont sévères. Il existe une urgence diagnostique et thérapeutique. Une infection bactérienne sévère nécessite fréquemment une hospitalisation d’au moins 48 heures, pour un traitement intraveineux initial.
  • Maladie de Kawasaki : Le critère diagnostique des formes typiques est une fièvre de durée supérieure ou égale à 5 jours (critère constant indispensable) et au moins 4 critères parmi 5 autres critères majeurs : conjonctivite bilatérale, non exsudative et indolore ; atteinte buccopharyngée : chéilite, stomatite, pharyngite ; éruption cutanée variable : maculopapuleuse, atteinte du siège avec desquamation dès J5 ; atteinte des extrémités : érythème des paumes et plantes, œdème, desquamation tardive après J10 ; adénopathies cervicales supérieures ou égales à 1,5 cm. Le diagnostic de la maladie de Kawasaki est un challenge diagnostique et thérapeutique. Une prise en charge rapide par des immunoglobulines polyvalentes par voie intraveineuse et l’aspirine à dose anti-inflammatoire permet dans une grande partie des cas de contrôler le syndrome inflammatoire et de prévenir les complications cardiaques, qui signent le pronostic de la maladie. À court terme : myocardite, péricardite et à long terme les anévrismes coronariens.
  • Âge : Une fièvre chez le nourrisson de moins de 3 mois nécessite une consultation aux urgences. C’est une infection néonatale bactérienne jusqu’à preuve du contraire. Les deux principaux germes incriminés sont le streptocoque du groupe B et l’Escherichia coli. Il est nécessaire de réaliser un bilan sanguin qui comprend : NFS, CRP, PCT, hémoculture, ponction lombaire, examen cytobactériologique des urines (ECBU), ± radiographie de thorax. Chez le nourrisson de 6 semaines à 3 mois, il reste nécessaire de réaliser les examens complémentaires. La ponction lombaire (notamment après 6 semaines) est réalisée au cas par cas, en fonction de l’examen clinique de l’enfant.
  • Immunodépression : Tout enfant immunodéprimé qui présente une fièvre nécessite une consultation aux urgences afin de réaliser un bilan sanguin. Il ne faut jamais négliger une fièvre dans ce contexte (déficit immunitaire, traitement immunosuppresseur, drépanocytose majeure, chimiothérapie, asplénie…).
  • Insuffisance surrénale : Les fièvres chez les enfants présentant une insuffisance surrénale d’origine centrale ou périphérique sont à risque de décompensation aiguë. Il est nécessaire de les examiner et d’adapter leur traitement de fond.

Situations Imposant l'Hospitalisation

Les situations imposant l’hospitalisation sont souvent proches des situations d’urgence. Une fois l’enfant examiné et le diagnostic établi, se posera la question du retour au domicile ou d’une prise en charge hospitalière. Cette décision devra être prise au cas par cas, mais il existe des situations où il est nécessaire d’hospitaliser l’enfant. Chez le nourrisson de moins de 3 mois fébrile, une fois le bilan sanguin réalisé, le praticien devra poser l’indication ou non de débuter une antibiothérapie.

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