Les fibromes utérins, également appelés myomes ou fibromyomes, sont des tumeurs bénignes qui se développent sur la paroi de l'utérus. Bien qu'ils soient fréquents, touchant environ 7 femmes sur 10 à l'âge de 45 ans, ils peuvent causer des inquiétudes, surtout après un accouchement. Cet article vise à fournir une compréhension approfondie des fibromes utérins, de leurs causes possibles, de leurs symptômes, de leur impact sur la fertilité et des options de traitement disponibles.
Qu'est-ce qu'un fibrome utérin ?
Un fibrome est une masse non cancéreuse composée de fibres musculaires et parfois de tissu conjonctif. Il se forme dans différentes parties de l’utérus : dans la paroi musculaire (fibrome interstitiel), à la surface externe (fibrome sous-séreux), ou à l’intérieur de la cavité utérine (fibrome sous-muqueux). La taille d’un fibrome peut varier de celle d’un petit pois à celle d’un melon.
Types de fibromes utérins :
- Fibromes intra-muraux ou interstitiels : Ils représentent 70 % des fibromes et se développent à partir du muscle de la paroi de l'utérus.
- Fibromes sous-séreux : Ils se développent à la surface externe de l'utérus.
- Fibromes sous-muqueux : Ils se développent à l’intérieur de la cavité utérine.
- Fibromes pédiculés : Parfois, ils sont rattachés à l’utérus par un pédicule.
Causes des fibromes après l'accouchement
Il est difficile de déterminer la cause exacte de l’apparition des fibromes utérins. Il apparaît aussi que leur croissance est favorisée par les sécrétions hormonales, et en particulier par l’œstrogène. On pense qu'une anomalie génétique pourrait se transmettre de mère en fille, programmant les cellules du muscle utérin à se multiplier de façon incontrôlable, formant des fibromes.
Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :
- Facteurs hormonaux : Le développement du fibrome est étroitement lié aux hormones, notamment aux œstrogènes et à la progestérone, ce qui explique pourquoi cette pathologie est plus fréquente pendant la période d’activité hormonale, entre 30 et 50 ans.
- Prédisposition génétique : Une anomalie génétique pourrait se transmettre de mère en fille, programmant les cellules du muscle utérin à se multiplier de façon incontrôlable, formant des fibromes.
- Autres facteurs de risque : Un excès de poids, une absence de grossesse ou un déséquilibre hormonal sont des facteurs de risque connus.
Symptômes des fibromes après l'accouchement
Chez de nombreuses patientes, les fibromes restent asymptomatiques. Cependant, dans d’autres cas, ils provoquent des manifestations invalidantes. Aussi, il convient de noter que certains symptômes du fibrome ne sont souvent pas relevés par les patientes, convaincues qu’il s’agit de processus normaux.
Lire aussi: Comprendre les fibromes pendant la grossesse
Les symptômes les plus courants incluent :
- Saignements anormaux : Règles très abondantes (ménorragies), saignements entre les règles (métrorragies). Ces saignements anormaux peuvent engendrer une fatigue mentale et physique conséquente, et se compliquer d’une anémie plus ou moins importante.
- Douleurs pelviennes : Certaines femmes ressentent une gêne pelvienne ou une sensation de pesanteur dans le bas-ventre.
- Symptômes de compression : Si le fibrome est volumineux, il peut comprimer la vessie, le rectum, voire les intestins, provoquant des envies fréquentes d’uriner, de la constipation ou des douleurs lors des rapports sexuels.
- Infertilité et complications de grossesse : Certains fibromes utérins interfèrent avec la nidation de l’embryon, obstruent les trompes de Fallope ou modifient la forme de la cavité utérine, rendant la fécondation plus difficile.
Diagnostic des fibromes après l'accouchement
En cas de symptômes évocateurs, mieux vaut consulter rapidement un médecin. Cela est d’autant plus important du fait que les fibromes sont souvent asymptomatiques. La détection d’un fibrome commence souvent lors d’un examen gynécologique de routine. Le médecin peut sentir une masse anormale ou constater une augmentation du volume de l’utérus.
Les examens complémentaires peuvent inclure :
- Échographie pelvienne : Habituellement, une échographie pelvienne est effectuée pour visualiser la masse.
- IRM pelvienne : Dans certains cas, notamment lorsque les résultats sont ambigus ou que les fibromes sont très nombreux, une IRM pelvienne est recommandée. Lorsque l’échographie ne permet pas de visualiser correctement la lésion et de la différencier d’un autre type de tumeur, une I.R.M. peut être effectuée.
- Hystéroscopie : Enfin, si l’on suspecte un fibrome sous-muqueux, une hystéroscopie peut être réalisée. Dans le cadre du diagnostic, le médecin (généraliste ou gynécologue) ou la sage-femme contrôle la forme, le volume et la consistance de l’utérus au cours d’un examen gynécologique.
Traitements des fibromes après l'accouchement
Il n’existe pas à ce jour de traitement permettant de faire disparaître les fibromes utérins. Le traitement approprié des fibromes utérins dépend des désagréments liés aux symptômes et risques associés, qui sont propres à chacune. Lorsqu’un traitement est nécessaire, la décision de choisir un traitement dépend de nombreux facteurs : l’importance des symptômes, le nombre et la localisation des fibromes, le désir de grossesse, l’âge, les préférences personnelles.
Les options de traitement varient en fonction de la taille, du nombre et de l'emplacement des fibromes, ainsi que des symptômes et du désir de grossesse de la patiente. Tous les fibromes utérins ne nécessitent pas de prise en charge médicale. Dans ce cas, le fibrome est laissé tel quel, et son évolution est surveillée par échographie pelvienne ou I.R.M.
Lire aussi: Impact des fibromes interstitiels sur la FIV
Surveillance
En cas de fibrome asymptomatique ou chez les femmes ménopausées, une simple surveillance régulière peut suffire. Ce processus, nommé « observation vigilante », permet de suivre l’évolution du fibrome afin de prévoir la survenue d’éventuelles complications et de les traiter précocement, voire avant qu’elles ne se déclarent.
Traitements médicamenteux
Aucun traitement médical ne permet de faire disparaître définitivement les fibromes.
- DIU hormonal : DIU hormonal (ex.
- Autres traitements hormonaux :
Interventions chirurgicales
Dans d’autres cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.
- Embolisation des artères utérines : Pratiquée par un radiologue interventionnel, cette technique consiste à obstruer les vaisseaux sanguins qui alimentent le fibrome grâce à un cathéter, ce qui entraîne sa nécrose. L’embolisation des fibromes peut être utilisé dans certaines cas très particuliers (non disponible au Belvédère). C’est une technique non chirurgicale de radiologie interventionnelle qui consiste à injecter des particules dans les vaisseaux nourriciers du fibrome pour le détruire. La littérature ne permet pas de recommander ou de proscrire l’embolisation artérielle du fibrome pour les patientes ayant un souhait de future grossesse.
- Myomectomie : Ablation du fibrome en conservant l’utérus. La chirurgie peut être réalisée sous anesthésie générale ou locale, selon l’intervention chirurgicale et l’état de la patiente. En France, la myomectomie fait partie des traitements les plus fréquemment proposés par les médecins spécialistes pour préserver l’utérus en cas de fibromes utérins. Elle permet de soulager efficacement les symptômes, tout en maintenant la possibilité d’une grossesse ultérieure. La myomectomie réalisée par cœlioscopie ou laparotomie (chirurgie traditionnelle à ventre ouvert) permet l’ablation des fibromes développés à l’extérieur de l’utérus (fibromes sous-séreux) et dans le muscle utérin (fibromes intra-muraux). Le chirurgien pratique une incision horizontale en bas du ventre comme pour une césarienne. L’intervention comporte une incision de la paroi de l’utérus, l’ablation du (ou des) fibrome(s) et la fermeture de la paroi de l’utérus. L’utérus étant laissé en place, les règles sont conservées ainsi que la possibilité de grossesse. Cependant, il est souhaitable de respecter un délai de cicatrisation entre l’intervention et une éventuelle grossesse. Les médecins recommandent généralement la myomectomie lorsque les fibromes entraînent des troubles importants : douleurs chroniques, règles abondantes, pression pelvienne, troubles urinaires ou digestifs, ou infertilité. La préservation de la fertilité est un enjeu essentiel de santé reproductive. C’est pourquoi les médecins spécialistes en gynécologie, dans de nombreux centres médicaux français, privilégient cette technique chez les femmes en âge de procréer. Fréquemment pratiquée en France pour les fibromes volumineux ou multiples, la myomectomie ouverte permet un retrait complet sous contrôle visuel. La grande majorité des établissements de santé, y compris dans les CHU et les cliniques spécialisées, proposent la myomectomie laparoscopique. Cette technique, courante dans les services de gynécologie hospitaliers français, est utilisée pour les fibromes intracavitaires. En cours d’opération, une hémorragie provenant de l’ouverture de la paroi de l’utérus peut se produire. Une transfusion sanguine ou de produits dérivés du sang est exceptionnellement nécessaire. Des lésions d’organes de voisinage de l’utérus peuvent se produire de manière exceptionnelle : blessure intestinale, des voies urinaires ou des vaisseaux sanguins, nécessitant une prise en charge chirurgicale spécifique. Dans les suites de l’intervention, les premières 48 heures sont souvent douloureuses et nécessitent des traitements antalgiques puissants. Parfois, un hématome ou une infection (abcès) de la cicatrice peuvent survenir, nécessitant le plus souvent de simples soins locaux. Sauf cas particulier, un traitement anticoagulant est prescrit pendant la période d’hospitalisation afin de réduire le risque de phlébite (formation d’un caillot dans une veine des jambes) ou d’une embolie pulmonaire. Ce traitement est poursuivi pendant une durée variable qui vous est précisée. Exceptionnellement, une hémorragie ou une infection sévère peut survenir dans les jours suivant l’opération et nécessiter une réintervention.
- Hystérectomie : Ablation de l’utérus.
Fibromes et désir de grossesse
La plupart du temps, la présence de fibromes n’a aucun retentissement sur la fertilité. Toutefois en fonction de leur taille, de leur emplacement et de leur nombre, ils peuvent rendre une grossesse difficile. Empêcher la fécondation de l’ovocyte par le spermatozoïde. Ainsi, les femmes atteintes de fibromes utérins accouchent plus par césarienne que la moyenne. Si vous souhaitez tomber enceinte et que vous avez des fibromes, il est important d’en parler avec votre gynécologue. La plupart du temps, une grossesse est tout à fait compatible avec des fibromes mais lorsqu’ils sont gros ou mal placés, une intervention chirurgicale peut être réalisée pour les enlever. Cette opération appelée myomectomie consiste à retirer la ou les tumeurs tout en préservant l’utérus. L’objectif est de faciliter une grossesse ultérieure. Toutefois il a été démontré que cette chirurgie peut fragiliser l'utérus et nécessiter dans certains cas un accouchement par césarienne. Parfois les fibromes sont découverts lors d’un bilan d’infertilité. Le couple vient consulter un médecin spécialiste de la fertilité car malgré des rapports sexuels réguliers sans moyen de contraception, il ne parvient pas à concevoir. En réalisant une échographie, le médecin peut alors découvrir la présence de tumeurs. Dans ce cas, la procédure consiste à identifier la nature des fibromes et à évaluer s’il s’agit de la cause de l’infertilité et s’il faut les enlever. En effet, c’est souvent en consultant pour des causes d’infertilité que les femmes découvrent la présence de fibrome qui empêcherait l’œuf fécondé de s’implanter dans l’utérus. La présence de fibromes peut aussi compliquer le déroulement de la grossesse et constitue un facteur de risque au moment de l’accouchement. Le souhait - ou non - d’une grossesse future est particulièrement important dans le choix du parcours thérapeutique de la patiente. En effet, ce choix peut influencer le déroulement d’une grossesse et de l’accouchement. Ainsi, si la myomectomie est choisie pour les patientes souhaitant conserver leur fertilité, il est préférable d’attendre la cicatrisation de l’utérus (environ 6-12 mois) après l’intervention avant d’entamer une grossesse. Le traitement des fibromes chez les femmes ayant un désir de grossesse doit être soigneusement évalué avec un gynécologue-obstétricien.
Prévention
Les fibromes utérins ne peuvent pas toujours être évités. Cependant, certaines habitudes de vie semblent avoir une influence : un excès de poids, une absence de grossesse ou un déséquilibre hormonal sont des facteurs de risque connus. Adopter une alimentation équilibrée, limiter les perturbateurs endocriniens et pratiquer une activité physique peuvent contribuer à un meilleur équilibre hormonal.
Lire aussi: Comprendre la Douleur Ovulatoire
tags: #fibrome #après #accouchement #causes #symptômes #traitement
