Le torticolis congénital, souvent appelé fibromatose colli du nourrisson, est une condition relativement courante chez les nouveau-nés, caractérisée principalement par une difficulté à tourner la tête. Cette affection, d'origine musculaire dans la majorité des cas, se manifeste généralement au cours des premières semaines de la vie du bébé. Il est crucial de comprendre les aspects de cette condition, de son diagnostic à ses diverses options de traitement, pour assurer une prise en charge efficace et précoce.
Comprendre le Torticolis Congénital
Le torticolis congénital se manifeste par une limitation de la mobilité de la tête du nourrisson. Dans la plupart des cas, cette condition est due à un problème musculaire. La Haute Autorité de Santé (HAS) et le Conseil National Professionnel de Pédiatrie soulignent l'importance de préserver la mobilité libre et spontanée du nourrisson, tout en respectant les recommandations de prévention de la mort inattendue du nourrisson (MIN).
Diagnostic du Torticolis Congénital
Le diagnostic du torticolis congénital repose principalement sur un examen clinique réalisé par le médecin. Cet examen permet de rechercher une malposition de la tête et du rachis cervical, ainsi que de tester la mobilité du cou. Il est essentiel de poser un diagnostic précis et rapide pour initier une prise en charge adaptée.
L'Importance du Diagnostic Précoce
Le diagnostic du torticolis du nourrisson est d’une importance capitale. Un diagnostic précoce permet d'initier rapidement un traitement conservateur, tel que la kinésithérapie, et d'éviter ainsi des complications potentielles à long terme.
Traitement Kinésithérapique : Une Approche Conservatrice
Dans la majorité des cas, le médecin prescrit des séances de kinésithérapie, à effectuer le plus précocement possible. Le traitement kinésithérapique est recommandé dans la majorité des cas de torticolis congénital. Cette approche conservatrice vise à améliorer la mobilité du cou et à corriger la posture de la tête.
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Déroulement des Séances de Kinésithérapie
Le traitement kinésithérapique se déroule généralement en plusieurs étapes :
Phase d’observation : Le kinésithérapeute observe la gesticulation spontanée et les attitudes préférentielles de l’enfant.
Bilan fonctionnel : Le kinésithérapeute examine le nourrisson dans différentes positions (couché à plat dos, assis, sur le ventre, et enfin en suspension latérale) pour évaluer l'amplitude des mouvements et identifier les restrictions.
Exercices de rééducation : Le kinésithérapeute réalise des mobilisations douces et des exercices d’étirement pour améliorer la souplesse du muscle sterno-cléido-mastoïdien et favoriser une meilleure mobilité du cou.
L'Éducation des Parents : Un Élément Clé du Succès
En plus des exercices pratiqués en séance, l’éducation des parents revêt une importance de taille pour lutter contre le torticolis congénital et permettre une continuité du traitement. Les parents apprennent des techniques de positionnement, des exercices à réaliser à la maison et des conseils pour encourager l'enfant à tourner la tête du côté affecté. Cette implication active des parents est essentielle pour optimiser les résultats du traitement.
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Efficacité du Traitement Kinésithérapique
S’il est réalisé suffisamment tôt, les résultats sont excellents ! En effet, pour une rééducation effectuée avant l’âge de 3 ou 4 mois, les études montrent une réussite du traitement dans quasiment 100 % des cas.
Traitement Chirurgical : Une Option dans Certains Cas
Dans certains cas, le torticolis congénital du nourrisson peut nécessiter une prise en charge chirurgicale. Cette option est généralement envisagée lorsque le traitement kinésithérapique n'a pas donné les résultats escomptés après plusieurs mois de suivi.
Types d'Interventions Chirurgicales
Deux interventions sont possibles :
La ténotomie uni ou bipolaire : Cette intervention consiste à sectionner partiellement ou totalement le muscle sterno-cléido-mastoïdien pour relâcher la tension et permettre une meilleure mobilité du cou.
La plastie en Z du muscle sterno-cléido-mastoïdien rétracté : Cette technique chirurgicale vise à allonger le muscle sterno-cléido-mastoïdien en réalisant une incision en forme de Z et en suturant les bords de manière à augmenter sa longueur.
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Plagiocéphalie et Torticolis : Une Association Fréquente
La plagiocéphalie, ou déformation crânienne positionnelle (DCP), est souvent associée au torticolis congénital. Si de rares cas sont diagnostiqués à la naissance et souvent liés à un manque de liquide amniotique durant la grossesse, la plagiocéphalie apparaît davantage dans les 7 premières semaines de la vie du bébé. Elle peut-être alors causée par une restriction de la mobilité au niveau des cervicales notamment par le fait de placer bébé dans un transat ou un siège auto où il n’est pas libre de ses mouvements.
Prévention des Déformations Crâniennes Positionnelles
La Haute Autorité de Santé (HAS) et le Conseil National Professionnel de Pédiatrie ont publié une recommandation sur la prévention des déformations crâniennes positionnelles (DCP, “tête plate”) sans augmenter le risque de mort inattendue du nourrisson. Le couchage à plat sur le dos strict pour le sommeil est recommandé pour prévenir la mort inattendue du nourrisson (MIN). Il est possible de prévenir la survenue des DCP en préservant la mobilité libre et spontanée du nourrisson, tout en respectant les recommandations de prévention de la MIN.
Impact de la Plagiocéphalie
Les conséquences de la plagiocéphalie ne sont pas qu’esthétiques. En association avec un torticolis, elle peut induire une sous-utilisation du membre supérieur qui sera moins regardé - ce qui donne l’impression d’un déficit de force musculaire d’un côté et peut troubler la construction du schéma corporel.
L'Ostéopathie Crânienne : Une Approche Controversée
Le CNOMK souhaite mettre en garde les parents contre l’ostéopathie crânienne qui, faute d’efficacité éprouvée, est susceptible d’induire un retard de soin et une perte de chance pour les nourrissons malgré les discours propagés par ses tenants et par nombre de médias. Or, comme le signale Mme Pascale Mathieu dans une interview donnée au Figaro Santé : « Les discours en faveur de ces pratiques touchent des jeunes parents qui veulent le meilleur pour leur bébé. Or, les conclusions du rapport sur l’ostéopathie crânienne du CORTECS (Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique et sciences) remis au CNOMK en janvier 2016 sont claires et ne laissent place ni au doute, ni à la demie mesure : « les thérapies du champ de l’ostéopathie crânienne sont à ce jour dépourvues de fondement scientifique » et « rien n’encourage aujourd’hui à la mise en place de ces thérapies dans le cadre d’une prise en charge raisonnée de patients. En outre, comme le stipule l’avis du conseil national de l’Ordre du 24 mars 2016 relatif à l’ostéopathie crânienne : “Le kinésithérapeute qui pratique l’ostéopathie doit veiller en toutes circonstances à respecter ses obligations déontologiques, et ne peut proposer à ses patients un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Dès lors il apparaît contraire aux règles déontologiques qui s’imposent à tous les kinésithérapeutes, de proposer des actes d’ostéopathie crânienne.
Postural
Il correspond alors une malposition transitoire de la tête. Il est alors réductible et souple.
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