La ferritine, une protéine intracellulaire de stockage du fer, joue un rôle essentiel dans le corps humain. Son dosage, prescrit lors d’un bilan sanguin, permet d’évaluer les réserves de fer et de détecter d’éventuelles anomalies, telles qu’une surcharge, une anémie ou un risque hépatique. Un taux de ferritine élevé, appelé hyperferritinémie, peut susciter des inquiétudes, notamment pendant la grossesse. Cet article se propose d’examiner les causes de l’hyperferritinémie pendant la grossesse, les démarches diagnostiques à entreprendre et les options de prise en charge.
Qu'est-ce que l'hyperferritinémie ?
L'hyperferritinémie se définit par un taux de ferritine supérieur à 200 µg/L chez la femme et 300 µg/L chez l'homme. On distingue différents degrés d'hyperferritinémie :
- Modérée : jusqu'à 500 µg/L
- Nette : de 500 à 1000 µg/L
- Majeure : au-delà de 1000 µg/L
Il est important de noter que les valeurs de référence peuvent varier en fonction des laboratoires et de différents critères tels que l'âge, le sexe ou l'effort physique.
Causes de l'hyperferritinémie
L'hyperferritinémie peut avoir de nombreuses causes, regroupées en plusieurs mécanismes :
- Surcharge en fer : due à une absorption excessive de fer par l'intestin (hémochromatose héréditaire), à des transfusions fréquentes ou à une dysérythropoïèse chronique (anomalies de la maturation des globules rouges).
- Syndrome inflammatoire : aigu ou chronique (arthrite, maladie de Crohn, Covid long, stress chronique), entraînant une augmentation de la ferritine en réponse à l'inflammation.
- Cytolyse : destruction des cellules hépatiques, musculaires ou érythrocytaires, libérant la ferritine dans le sang.
- Alcoolisme : une consommation importante d’alcool peut faire grimper les taux de ferritine.
- Syndrome métabolique : caractérisé par un excès de graisse abdominale, une hyperglycémie, une hypertension artérielle et des taux de lipides sanguins anormaux.
Dans plus de 90 % des cas, l'hyperferritinémie est liée à l'une de ces causes : inflammation, syndrome métabolique, consommation importante d'alcool ou cytolyse.
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Hyperferritinémie et grossesse
Pendant la grossesse, un taux de ferritine élevé peut être observé. Dans certains cas, il peut s'agir d'une fausse alerte, sans conséquence pour la mère ou l'enfant. Cependant, il est important de ne pas négliger cette anomalie et de rechercher la cause sous-jacente.
Une femme enceinte a témoigné avoir un taux de ferritine de 333, alors que la valeur de référence la plus haute était de 150. Sa gynécologue, après son retour de vacances, a évoqué la possibilité d'une hémochromatose, mais a précisé qu'aucun traitement n'était nécessaire pendant la grossesse et qu'un suivi serait mis en place après l'accouchement. Elle a également rassuré la patiente en indiquant qu'en cas de cancer, d'autres signes seraient présents.
Une autre femme enceinte a également rapporté un taux de ferritine à 330 lors de sa première prise de sang. Sa gynécologue lui a même dit que c'était mieux d'en avoir plus enceinte car ça évite le risque d'anémie lors de l'accouchement.
Ces témoignages soulignent l'importance de consulter un professionnel de santé pour interpréter correctement les résultats et bénéficier d'un suivi adapté.
Diagnostic de l'hyperferritinémie
Face à une hyperferritinémie, le médecin généraliste peut réaliser un bilan initial comprenant :
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- NFS (numération formule sanguine)
- CRP (protéine C-réactive)
- ASAT (aspartate aminotransférase), ALAT (alanine aminotransférase), GGT (gamma-glutamyl transférase), PAL (phosphatases alcalines), bilirubine totale
- CPK (créatine phosphokinase)
- Réticulocytes, haptoglobine
- Ferritinémie
- Glycémie à jeun
- Bilan lipidique
Si ce bilan initial est normal, il peut être complété par le coefficient de saturation de la transferrine (CST). Un CST élevé doit être confirmé par un deuxième dosage le matin à distance. Des faux positifs sont possibles en cas d'insuffisance hépatique ou de cirrhose.
Dans certains cas, une IRM hépatique peut être prescrite par un hépatologue pour évaluer la surcharge en fer.
Prise en charge de l'hyperferritinémie
La prise en charge de l'hyperferritinémie dépend de sa cause. Elle associe :
- Traitement spécialisé de la maladie causale
- Mesures d'hépatoprotection :
- Correction d'un surpoids
- Sevrage alcoolique
- Arrêt de toute automédication
- En cas de cirrhose : dépistage du carcinome hépatocellulaire
- En cas d'hémopathie ou de transfusions itératives : surveillance annuelle de la ferritine
Dans le cas spécifique de l'hémochromatose, le traitement de référence est la saignée, qui permet de réduire la surcharge en fer et de puiser dans les réserves pour fabriquer de nouveaux globules rouges.
Conseils alimentaires
En complément du traitement médical, certaines mesures diététiques peuvent être utiles pour faire baisser la ferritine :
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- Réduire la consommation de viandes rouges, d'abats et d'aliments riches en fer héminique.
- Favoriser les aliments riches en fibres et en calcium, qui limitent l'absorption du fer.
- Boire du thé vert ou du café, qui diminuent l'absorption du fer.
- Éviter de consommer de la vitamine C (acide ascorbique) en même temps que des aliments riches en fer, car elle favorise l'absorption du fer non héminique.
- Privilégier les aliments qui inhibent l’absorption du fer, comme les légumes verts et les fruits riches en fibres.
Gestion du stress
Le stress chronique peut également influencer les niveaux de ferritine. Il est donc important d'adopter des stratégies de gestion du stress :
- Pratiquer des activités physiques régulières, comme le yoga, qui combinent des postures physiques avec la respiration et la méditation.
- Apprendre à réguler sa respiration grâce à la cohérence cardiaque.
- Utiliser des techniques de relaxation, comme la sophrologie.
- Consommer des plantes adaptogènes, comme le ginseng, qui aident le corps à s'adapter aux stress physiologiques et psychologiques.
- Assurer un apport suffisant en vitamines B et en magnésium, qui jouent un rôle crucial dans la régulation de l'humeur et du stress.
Hyperferritinémie et cancer
En oncologie, la ferritine n'est pas un marqueur spécifique de cancer, mais elle peut être un signal d'alerte lorsqu'elle s'associe à d'autres anomalies. Certaines tumeurs (foie, pancréas, sein, rein, voies digestives) peuvent s'accompagner d'une hyperferritinémie liée à la destruction cellulaire, à une réponse inflammatoire ou à une atteinte hépatique. Dans les cancers hématologiques (lymphome, leucémie, myélome), l'élévation peut traduire une infiltration de la moelle osseuse ou une surcharge en fer liée aux transfusions répétées.
Chez les patients atteints d'un cancer, un suivi régulier de la ferritine permet de mieux ajuster les traitements, en particulier en cas d'anémie persistante ou de suspicion de surcharge martiale due aux transfusions répétées.
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