L'allaitement maternel est une expérience unique et bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie du nourrisson, suivi d'un allaitement mixte (lait maternel complété par d'autres aliments) jusqu'à l'âge de deux ans. Cet article vise à fournir des recommandations et des conseils pratiques pour favoriser l'allaitement maternel, en abordant les questions fréquentes, les difficultés potentielles et les solutions adaptées.
Préparation à l'allaitement
L’allaitement suscite souvent de nombreuses interrogations chez les futures mamans. Faut-il se préparer à allaiter ? Pour préparer son allaitement, et comprendre la lactation, l’idéal est de suivre les cours de préparation à la naissance concernant l’allaitement et de rencontrer des mamans qui ont déjà allaité plusieurs mois. Vous y découvrirez la physiologie qui vous aidera à comprendre votre allaitement. Vous y apprendrez par exemple que les tétées vont être fréquentes, que la nuit du 2ème au 3ème jour, le bébé va réclamer de nombreuses fois. Et c’est tout à fait normal. « C’est justement un bon signe car cette fréquence va favoriser la stimulation et donc la lactation ».
Bienfaits de l'allaitement maternel
L'allaitement maternel offre de nombreux avantages pour le nourrisson. En plus d’apporter les nutriments nécessaires à sa croissance, la composition du lait maternel dispose de propriétés immunologiques optimales, constituant un frein naturel aux microbes. Le lait maternel a la capacité de rassasier votre bout de chou. De plus, il renforce le lien affectif entre la mère et l'enfant. Durant les tétées, votre petit bout se sentira rassuré et en confiance auprès de sa maman.
Il est important de noter que si l’allaitement peut apporter plusieurs bénéfices à un nourrisson et à sa mère sur le plan psycho-affectif, cela ne veut pas dire que les mamans qui n’allaitent pas ne pourront pas développer des liens d’attachement avec leur bout de chou.
Démarrer l'allaitement
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de commencer l’allaitement durant la première heure de vie de bébé, si possible après l’accouchement ; lors de cette première période d’éveil, le réflexe de succion du bébé est optimal et ce dernier se trouve dans un état d’hyper-vigilance - des conditions idéales pour apprendre à téter. Il ou elle est alors placé(e) contre sa mère (en contact peau-à-peau) de manière à pouvoir accéder facilement au sein.
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Ses réflexes lui permettent de se nourrir facilement, mais il est possible que certains bébés soient encore trop somnolents pour téter. Si c’est le cas, ne paniquez pas ! Ne vous faites pas non plus du mauvais sang si vous ne pouvez pas commencer l’allaitement après l’accouchement (en cas de césarienne ou de naissance prématurée, par exemple). Cela n’a pas d’incidence sur la réussite de l’allaitement.
Positions d'allaitement
Il existe par ailleurs plusieurs positions pour allaiter. Quelle que soit la position adoptée, il est indispensable que vous vous sentiez parfaitement à votre aise et que vous puissiez garantir une sécurité optimale au bébé ; pour cela, assurez-vous que son nez soit toujours parfaitement dégagé (son menton doit être situé contre le sein, et le nez au-dessus du téton) et que sa tête soit bien maintenue - son corps doit être positionné dans le même alignement que sa tête.
Par ailleurs, si vous avez du mal à trouver une bonne position, ne perdez pas espoir et continuez à chercher la position la plus confortable possible : c’est seulement en adoptant une bonne position que vous prendrez plaisir à donner le sein, premier facteur de réussite d’un allaitement maternel. Des petits tracas comme l’apparition d’une mastite ou de crevasses pourront également être réglés avec un simple changement de position. Ne sous-estimez donc jamais cette étape !
Fréquence et durée des tétées
Adopter une bonne position ne fait bien sûr pas tout. Durant les 6 premiers mois de vie de votre nouveau-né, son alimentation se fait à la demande ; vous devez alors lui donner du lait dès qu’il a faim. Il n’y a donc pas de nombre limite, ni d’intervalles de temps à respecter - on sait toutefois que le lait maternel est digéré en 1 heure, et que le sein a besoin d’1 heure pour produire une nouvelle ration de lait. La réponse la plus naturelle est donc souvent la meilleure.
En termes d’allaitement, chaque nourrisson possède d’ailleurs des besoins différents. Certains vont demander très régulièrement le sein (toutes les 2 heures, par exemple), d’autres beaucoup moins. Par ailleurs, vous ne devez jamais essayer de réduire le nombre de tétées pour tenter de faire manger bébé à votre rythme ; c’est au contraire à vous de vous adapter à son propre rythme alimentaire - ne pas respecter cette règle serait préjudiciable pour la bonne alimentation. Sachez aussi qu’il est primordial que votre bébé prenne 6 à 8 tétées minimum par jour.
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Durant les 15 premiers jours de vie (ou les deux premiers mois selon les experts et les sources), vous ne devez pas attendre que bébé soit agité pour lui donner le sein ; il est recommandé, au contraire, de le nourrir dès qu’il se trouve dans un état d’éveil calme. Cela l’aidera dans son apprentissage de l’allaitement et lui facilitera la tâche au moment de téter (un bébé qui est énervé ou qui pleure beaucoup aura plus de mal à téter, notamment au début de l’allaitement). De plus, durant ses premiers jours, un nouveau-né ne sait pas communiquer, et ne pourra donc pas vous donner de signal particulier quand il souhaite manger. Par la suite, il est important de savoir repérer les signes de faim des bébés pour ne pas manquer le moment où il sera en mesure de bien s’alimenter. Ces signes sont relativement faciles à reconnaître : il commence à s’agiter, cligne plusieurs fois des yeux, fait des mouvements de main répétés et/ou se met à pleurer. Évitez toutefois d’attendre trop longtemps !
Sur ce point, il n’y a aucune règle prédéfinie car la durée de la tétée dépend de deux facteurs propres à chaque nourrisson et chaque maman : le débit de lait proposé par la mère (dépendant de sa physiologie) et la capacité de succion. De plus, au début de l’allaitement, le bébé a besoin de davantage de temps car il ne sait pas encore tout à fait téter ; par la suite, ce temps diminue progressivement car il ou elle aura appris à se nourrir plus efficacement. Pour savoir si les tétées de votre bout de chou sont suffisamment longues, vous pouvez toutefois noter le temps moyen passé à téter puis demandez conseil auprès de votre pédiatre. Ce dernier mettra en relation la durée des tétées avec les courbes de croissance et la prise de poids; il sera alors en mesure de vous dire si ces moyennes sont suffisantes ou non. Vous n’avez pas de douleurs, ni ne constatez de crevasses ou d’engorgements répétés, qui peuvent être les signes d’une mauvaise succion.
Stimulation de la lactation
La lactation est régie par la loi de l’offre et de la demande. En d’autres termes, plus vos seins seront stimulés par les tétées, plus ils produiront du lait maternel. La première semaine, les seins produisent de très faibles quantités de colostrum, qui sera remplacé par un lait davantage translucide après 6 à 8 jours. C’est alors à ce moment-là que la quantité de lait de lait augmente (augmentation souvent qualifiée de « montée laiteuse »). La stimulation régulière du sein sera alors nécessaire pour maintenir la production de lait. Donner régulièrement le sein à votre enfant durant cette période vous permettra également de limiter les phénomènes d’engorgement (qui sont toutefois normaux lors des premières semaines de l’allaitement).
Même si votre enfant tète régulièrement, il est possible que votre production de lait diminue. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène de diminution des quantités de lait maternel : fatigue, stress, petite infection…Pour y remédier, vous allez devoir stimuler encore plus régulièrement vos seins (toutes les 1 ou 2 heures et vous reposer le plus possible - faites des siestes chaque jour et déléguez les tâches ménagères au papa ou à votre entourage, par exemple. Manger régulièrement des aliments galactogènes pourra également être un bon moyen pour relancer la lactation; les aliments galactogènes sont des aliments qui favorisent la production de lait maternel; il s’agit notamment des fruits oléagineux (noix, noisette, amande…), du fenouil, du malt d’orge, de l’anis, du cumin, de la carotte, des dattes, du fénugrec (plante), du riz brun ou de l’avoine.
Astuces supplémentaires pour stimuler la lactation
- Mettre bébé au sein fréquemment : Plus votre bébé tète, plus votre corps reçoit le signal de produire du lait. Essayez de nourrir votre bébé à la demande, de jour comme de nuit, surtout pendant les premières semaines.
- Boire suffisamment d'eau : Essayez de consommer au moins 2,5 à 3 litres de liquides par jour.
- Avoir une alimentation riche en nutriments : Consommez des aliments variés comme des fruits, des légumes, des protéines maigres, et des céréales complètes. Des aliments spécifiques, tels que l'avoine, les amandes, et les légumes verts à feuilles, peuvent être particulièrement bénéfiques pour la lactation.
- Se reposer : Le stress et la fatigue peuvent inhiber la production de lait.
- Pratiquer le contact peau à peau : Le contact peau à peau stimule le réflexe d'éjection du lait chez la mère et facilite la prise du sein par bébé.
- Consommer des plantes galactogènes : Les graines de fenugrec, le fenouil, l'anis, et l'ortie sont des plantes galactogènes naturelles que vous pouvez intégrer à votre alimentation.
- Utiliser un tire-lait : Utiliser un tire-lait peut vous aider à stimuler la production de lait, surtout si votre bébé ne tète pas assez souvent ou efficacement.
Solutions alternatives et allaitement mixte
Bien que l’allaitement exclusif soit aujourd’hui recommandé jusqu’au sixième mois des bébés, il est possible que vous ne puissiez pas allaiter selon les recommandations actuellement en vigueur. Cela peut être dû à des raisons médicales, physiologiques (vous ne produisez pas assez de lait, par exemple), psychologiques (vous ne souhaitez pas ou n’êtes pas en mesure d’allaiter) ou pratiques (vous êtes dans l’obligation de reprendre rapidement votre travail).
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Cette solution est souvent envisagée lorsque la maman doit reprendre le travail, ou qu’elle souhaite commencer le sevrage de l’allaitement en douceur. L’allaitement mixte est généralement conseillé entre les 4/6 mois des bébés. Aujourd’hui, les laits infantiles Babybio couvrent les besoins des bébés conformément à la réglementation. Sachez toutefois que pour que l’allaitement mixte soit réussi, il est important que la lactation soit déjà bien installée - car les seins, désormais moins sollicités, produiront moins de lait.
Les mamans qui doivent reprendre le travail (ou qui souhaitent déléguer par moment l’alimentation de leur bébé au papa) peuvent également faire le choix de tirer leur lait. Avec cette solution, les mamans peuvent conserver leur lait, qui sera alors donné au biberon dans un second temps. Il existe aujourd’hui plusieurs modèles de tire-laits, dont certaines gammes professionnelles particulièrement performantes peuvent être louées auprès de votre pharmacie.
Difficultés et solutions
Si allaiter peut sembler être l’acte le plus naturel du monde, donner correctement le sein n’est pourtant pas une pratique innée. Il est par ailleurs important de rappeler que l’allaitement peut souvent sembler difficile lors des premiers jours, voire des premières semaines, pour la maman comme pour le nouveau-né - un temps d’adaptation de 2/3 mois est généralement nécessaire pour trouver le bon rythme. Il s’agit avant tout d’un apprentissage dont la durée diffère selon chacun. Laissez-vous donc le temps et, surtout, ne culpabilisez pas si cela vous paraît contraignant : cela est tout à fait normal. La durée moyenne d'allaitement en France est de 4 mois selon l’institut de veille sanitaire français.
Il est fréquent que de jeunes mamans éprouvent des difficultés à allaiter lors des premiers mois, ou se sentent dépassées par cette tâche. Il est important de ne pas garder ses difficultés pour soi et d’en parler rapidement à un professionnel de santé, qui sera à même de vous conseiller et de vous donner des pistes de compréhension. Vous pouvez notamment vous adresser à votre pédiatre, ou à des professionnels spécialisés dans l’allaitement maternel, comme les sages-femmes titulaires d’un DIU Allaitement ou les conseillères en lactation IBCLC, par exemple.
Baisse de lactation : causes et solutions
Phénomène fréquent, la baisse de lactation peut être mal vécue voire provoquer un arrêt précoce et non désiré de l’allaitement, par manque de soutien et de solutions adaptées pour y faire face. Ce que l’on appelle « baisse de lactation » est une diminution de la production lactée. Cette sensation de manque de lait voire d’arrêt de production du lait est fréquente, c’est d’ailleurs la deuxième cause d’arrêt précoce de l’allaitement. En effet, le corps répond à la loi de l’offre et de la demande. Plus le sein est drainé, plus il produit du lait. Moins il est drainé, de façon régulière et efficace, moins il produit.
La maman ressent alors une diminution de sa production. Cela peut se traduire par des bébés dont la courbe de poids chute, qui s’agitent au sein ou qui ne décrochent jamais du sein. Heureusement, si la situation est prise en charge suffisamment tôt, le problème peut être temporaire et rapidement résolu. Bien souvent notre première réaction en cas de baisse de lactation est de penser que la source est tarie, que l’on n’a plus de lait… Inutile de culpabiliser, c’est inexact : le sein lactant n’est jamais réellement vide, et il est possible de refaire partir cette belle machine !
Conseils et solutions pour relancer sa lactation :
- Se reposer et rester au contact de son bébé : Mon premier conseil aux mamans qui subissent une baisse de lactation : si possible, reposez-vous au maximum ! De l’aide extérieure peut être la bienvenue pour soulager la charge mentale et/ou physique qui peut peser. En effet, le stress et la fatigue peuvent avoir un impact négatif sur la lactation : le corps produit alors moins d’ocytocine qui est une hormone indispensable au bon fonctionnement de l’allaitement. Détendez-vous et favorisez le contact physique avec votre bébé (câlins, peau à peau). Proposez-lui le sein aussi souvent que possible, partout, tout le temps, autant que bébé le souhaite, y compris la nuit. Plus le sein sera drainé, plus il produira du lait.
- Le recours au tire-lait et la méthode du Power Pumping : Pour en finir avec une baisse de lactation, on recommande de proposer des tétées fréquentes et/ou d’augmenter les stimulations à l’aide d’un tire-lait. On peut le choisir électrique et/ou à double pompage pour plus d’efficacité. L’essentiel est de trouver celui qui répond à ses besoins. On appelle “power pumping” la méthode qui consiste à booster sa lactation à l’aide d’un tire-lait.
- Soigner son alimentation : L’alimentation a un rôle important dans la vie d’une jeune maman et d’autant plus pendant la période de l’allaitement où les dépenses caloriques sont plus élevées. Ne cherchez pas à vous mettre au régime pendant cette période et misez plutôt sur une alimentation riche et variée, sans oublier la notion de plaisir, ainsi qu’une bonne hydratation qui vous aideront à récupérer et à garder la forme. On peut aussi consommer des tisanes d’allaitement (à base de fenouil, anis vert, moringa) pour soutenir la lactation en deuxième intention.
- Alterner avec des biberons de lait maternel : Si, pendant cette période de baisse de régime, à la fin d’une tétée, votre bébé ne semble pas repu ou que sa courbe de poids chute, n’hésitez pas à compléter la tétée avec un biberon du lait maternel que vous avez pu tirer. Il est possible de compléter la tétée avec du lait maternel tiré, dans un contenant qui vous convient à tous les deux (tasse, cuillère, softcup, biberon…).
Alimentation de la mère pendant l'allaitement
En fonction de leur culture, de leur mode de vie et de leurs préférences personnelles, beaucoup de femmes allaitantes se questionnent sur leur alimentation et sont parfois perdues face aux idées reçues que nous pouvons entendre. En effet, la composition du lait maternel dépend entièrement de ce que vous mangez. Mais pas d’inquiétude ! Il n’y a pas de régime à suivre en particulier.
Durant l’allaitement, certaines mamans peuvent rencontrer des petits soucis comme un manque/ une baisse de la lactation. Des gestes peuvent aider comme l’augmentation de la fréquence des tétées mais cela passe également par l’alimentation. Parmi les aliments à privilégier, les amandes, les noix de cajou, les dattes et les lentilles qui ont une influence positive. A contrario, certaines femmes souhaitent diminuer leur production de lait maternel. Les aliments dits « anti-galactogènes » vont les aider. Parmi eux, le plus connu est le persil. En effet, cette plante, riche en vitamines C et en fer est un « coupe lait » naturel ! Le chou, la sauge, l’aneth, la menthe ou encore l’oseille ont également la réputation de faire diminuer la production de lait.
Comme nous l’avons mentionné, il n’y a pas de type de régime particulier à suivre pendant l’allaitement. La maman ne devra pas manger le double de ce qu’elle a l’habitude de manger. Les huiles riches en Oméga 3 essentiels doivent être inclues dans l’alimentation de la maman. Les bébés souffrent souvent d’une carence en vitamine D essentielle pour absorber le calcium et favoriser sa croissance osseuse. Ainsi, si vous vivez dans un lieu peu exposé au soleil, il est recommandé de prendre des compléments. Rapprochez-vous de votre professionnel de santé pour plus de conseils. Chaque repas doit comporter une source de protéines. Les femmes allaitantes ont souvent plus soif que d’habitude.
La maman ne devra pas boire d’alcool durant l’allaitement. En effet, l’alcool se retrouve vite dans le lait maternel (environ 30 à 60 minutes si l’estomac est vide/ environ 90 minutes si la maman a mangé) et un abus d’alcool peut ralentir la prise de poids de bébé et nuire à son développement. Les boissons énergétiques sont à éviter et les boissons excitantes comme le café et le thé également. Il faudra se limiter à deux tasses par jour de thé, de café, de chocolat chaud ou encore de boissons gazeuses. La prise de médicaments est également fortement déconseillée. Ils sont en effet très vite absorbés par le lait maternel. L’allaitement ne doit pas être une prise de tête. Hormis les aliments à éviter cités au-dessus et tout régime, la maman peut manger de tout.
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