La fausse couche est une expérience difficile et malheureusement fréquente. Bien que la plupart des fausses couches ne soient pas compliquées, il est essentiel d'être conscient des risques potentiels, y compris la fausse couche septique. Cet article vise à fournir des informations complètes sur les causes, les symptômes et le traitement de la fausse couche septique, ainsi que sur la fausse couche en général.
Qu'est-ce qu'une fausse couche ?
Une fausse couche spontanée est l’arrêt d’une grossesse antérieurement évolutive. On l’appelle fausse couche spontanée précoce si elle survient avant la 14ème semaine d'aménorrhée (3ème mois de grossesse). On l’appelle avortement spontané tardif si elle survient entre la 14ème et la 22ème semaine d'aménorrhée (5ème mois de grossesse). Si l'arrêt de la grossesse survient après 22 semaines d'aménorrhée, on ne parle plus de fausse couche mais de mort fœtale.
Selon les estimations, 15 à 20 % des grossesses confirmées entraînent des fausses couches. Le nombre réel est probablement beaucoup plus élevé parce que de nombreuses fausses couches surviennent avant même qu’une femme sache qu’elle est enceinte. La plupart des fausses couches (environ 80 %) surviennent au cours des trois premiers mois de la grossesse.
Causes d'une fausse couche
Dans la grande majorité des cas, la fausse couche spontanée est un arrêt naturel de la grossesse car l'embryon ou le fœtus n'est pas viable en raison d'une anomalie de son développement. Le plus souvent, cette anomalie est due à une altération des chromosomes apparue au moment de la fécondation ou lors des premières divisions de cellules. Les anomalies chromosomiques représentent 50 à 65 % de toutes les fausses couches.
Les fausses couches peuvent également être causées par divers facteurs liés à la santé de la mère. Les facteurs maternels peuvent être aigus (soudains et de courte durée) ou chroniques (de longue durée).
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Facteurs chroniques de santé maternelle :
- Hypertension artérielle grave (hypertension)
- Maladie rénale
- Maladie de la thyroïde
- Problèmes hormonaux
- Problèmes avec l’utérus ou le col de l’utérus
- Lupus érythémateux disséminé
- Diabète non traité
- Syndrome des ovaires polykystiques
Facteurs aigus de santé maternelle :
- Infections, p. ex. rubéole, cytomégalovirus (CMV), infections à mycoplasmes ou à listeria
- Traumatisme physique ou blessure grave
- Choc émotionnel grave
L’environnement peut aussi favoriser une fausse couche. En effet, une infection sévère avec fièvre ou la toxoplasmose, le cytomégalovirus (CMV) et la listériose augmentent le risque d'arrêt de grossesse.
Facteurs de risque d’une fausse couche
Une multitudes de styles de vie et d’autres facteurs peuvent augmenter le risque de fausse couche, notamment :
- Augmentation de l’âge (un âge maternel à 35 ans, un âge paternel supérieur à 45 ans)
- Fausses couches antérieures
- Exposition à des toxines ou à des rayonnements dans l’environnement ou sur le lieu de travail
- Fumer
- Abus d’alcool et de drogues à des fins récréatives
- Consommation excessive de caféine
- L’insuffisance ou le surpoids (un IMC supérieur à 25)
- Certains médicaments, comme l’isotrétinoïne, qui est utilisée pour traiter l’acné
- Le fait de vivre seule ou de ne pas être mariée
- La privation de sommeil
- Antécédents d'interruption volontaire de grossesse ou d'accouchement prématuré
- Malformations de l'utérus
- Vaginoses bactériennes (infection du vagin par une bactérie)
Il n’existe aucune preuve concluante que le travail, l’exercice physique ou les rapports sexuels causent une fausse couche.
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Signes et symptômes d'une fausse couche
Une fausse couche peut se traduire par des saignements par voie vaginale (métrorragies) plus ou moins abondants, de couleur rouge vif ou marron, mais aussi par l'expulsion de caillots de sang ou de tissus brunâtres. A ces saignements s'ajoutent des douleurs du bas ventre (douleurs pelviennes) ou du dos. Elles peuvent mimer les douleurs de règles. Les signes de grossesse tels que les nausées ou la tension au niveau des seins disparaissent souvent au décours de l'épisode.
Les symptômes d’une fausse couche peuvent inclure :
- Saignements vaginaux, qui varient de légers saignements à des saignements abondants.
- Fluide, caillots sanguins ou tissus passant par le vagin
- Douleurs ou crampes abdominales
- Douleurs lombaires
Fausse couche septique : Une complication rare mais grave
Plus rarement, une fausse couche septique est possible. A distance de la fausse couche, des résidus d’embryon ou de placenta restés à l'intérieur de l'utérus peuvent provoquer une infection.
Des symptômes comme la fièvre ou des frissons peuvent être des signes de fausse couche septique, qui est une fausse couche spontanée compliquée par une infection pelvienne.
Causes d'une fausse couche septique
La fausse couche septique est généralement causée par une infection bactérienne de l'utérus après une fausse couche. Les bactéries peuvent pénétrer dans l'utérus si des tissus de la grossesse restent dans l'utérus après la fausse couche. Les procédures invasives telles que le curetage peuvent également augmenter le risque d'infection si les protocoles d'asepsie ne sont pas strictement suivis.
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L’endométrite est une infection bactérienne qui touche la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, c’est-à-dire l’endomètre. Elle fait souvent suite à un accouchement. Cette inflammation de la muqueuse est due à une contamination par un germe. Il peut s’agir de germes sexuellement transmissibles, mais aussi de germes divers liés à l’accouchement, à une interruption de grossesse ou à un stérilet changé trop tard ou inadapté.
Symptômes d'une fausse couche septique
Les symptômes évocateurs d'une fausse couche septique sont :
- Fièvre
- Frissons
- Douleurs locales
- Pertes vaginales malodorantes
Dans le cas d’une endométrite, les symptômes sont caractéristiques de ceux d’une infection : la femme manifeste des douleurs abdominales accompagnées de sécrétions malodorantes, des saignements, avec un état fiévreux. Une fièvre puerpérale peut être ressentie par les jeunes mamans (puisque par définition, elle peut toucher les femmes après un accouchement ou une fausse couche). Mais il arrive aussi que le tableau clinique soit moins franc « avec des troubles du cycle, des pertes foncées malodorantes irrégulières et des difficultés à tomber enceinte.
Diagnostic d'une fausse couche septique
Une fausse couche doit être évoquée devant des saignements vaginaux et des douleurs du bas ventre. En cas de saignements vaginaux ou de douleurs anormales du bas ventre en cours de grossesse, une consultation médicale avec un gynécologue est nécessaire dans la journée.
Quand la femme manifeste des signes évocateurs de l’endométrite, un examen clinique est nécessaire pour réaliser un diagnostic. Ce dernier se fait par un prélèvement utérin identifiant les germes mis en cause. Cet examen gynécologique est complété d’un bilan sanguin témoignant de l’état d’infection. Quant à la forme tardive qui devient alors chronique, l’interrogatoire et l’examen gynécologique seront complétés par un frottis vaginal, un prélèvement vaginal et une échographie recherchant une salpingite, infection d’une ou des deux trompes.
Un examen pelvien et une échographie seront effectués pour confirmer une fausse couche. Le médecin prendra les antécédents y compris la date des dernières règles, le nombre de serviettes ou de tampons utilisés, la durée estimative de la gestation, les troubles de saignement et les avortements antérieurs (planifiés), qu’il s’agisse de fausses couches ou d’avortements volontaires. S’il y a eu beaucoup de perte de sang, votre tension artérielle sera mesurée. Des échantillons de sang peuvent être prélevés pour déterminer la quantité de sang perdue et s’il y a anémie, vérifier s’il y a des signes d’infection et mesurer les taux d’hormones.
Traitement d'une fausse couche septique
La fausse couche septique nécessite une intervention médicale rapide. Le traitement comprend généralement :
- Antibiothérapie intraveineuse : Pour combattre l'infection. L’endométrite se soigne avec un traitement antibiotique spécifique au germe et des ovules sur une durée variant de 10 jours à 3 semaines. Dans ce cas, le partenaire est également traité par antibiothérapie.
- Évacuation des tissus retenus : Si des tissus de la grossesse sont restés dans l'utérus, ils doivent être retirés par aspiration ou curetage pour éliminer la source de l'infection. Si l’endométrite fait suite à une interruption de grossesse ou un accouchement, le curetage est programmé pour retirer les débris placentaires qui persistaient et qui étaient responsables de l’infection.
- Surveillance étroite : La patiente doit être surveillée de près pour détecter tout signe de complications telles qu'un choc septique.
Traitements médicaux pour une fausse couche non compliquée
Aucun traitement n’est requis si la fausse couche est complète. Cependant, il arrive parfois que l’utérus ne se vide pas complètement (fausse couche incomplète) et qu’une procédure de dilatation et curetage (D&C) soit nécessaire. Le D&C est une intervention chirurgicale qui consiste à dilater (ouvrir) le col de l’utérus et à retirer tout tissu fœtal ou placentaire restant dans l’utérus.
Une alternative à la procédure D&C est l’utilisation d’un médicament, tel que le misoprostol et l’ocytocine, pour induire l’organisme à expulser le contenu de l’utérus.
Trois types de prise en charge sont possibles en cas de fausse couche spontanée :
- L'abstention thérapeutique consiste à attendre l'évolution naturelle, c'est-à-dire l'expulsion sans traitement de la totalité des tissus embryonnaires. Le délai est de quelques jours à deux semaines.
- Le traitement médicamenteux consiste à prendre des comprimés de misoprostol, une molécule ayant pour but de provoquer des contractions de l'utérus pour l'expulsion en quelques heures des tissus embryonnaires. Les saignements peuvent parfois durer quelques jours après.
- Le traitement chirurgical est une aspiration endo-utérine. Elle consiste en l'aspiration du contenu de l'utérus à l'aide d'une canule introduite par les voies naturelles (vagin et col de l'utérus), sous anesthésie régionale ou générale. L'intervention dure environ 20 minutes.
En cas d'abstention thérapeutique, le risque principal est l'échec du traitement, avec une absence d'expulsion ou une expulsion incomplète. Il est alors nécessaire d'avoir recours au traitement médicamenteux ou chirurgical. Après la prise du traitement médicamenteux, différents effets secondaires peuvent apparaître : nausées, vomissements, diarrhées, fièvre ou frissons. Les saignements peuvent parfois être abondants et durer jusque 15 jours. Lors du traitement chirurgical, une perforation de l'utérus ou une infection locale (endométrite) sont possibles mais restent rares. Il existe aussi les risques liés à l'anesthésie comme lors de toute intervention chirurgicale. A plus long terme, des adhérences au sein de l'utérus, appelées synéchies, sont possibles mais sont plutôt retrouvées en cas d'opérations répétées ou d'infection associée.
Prévention de l'endométrite
La prévention de l'endométrite passe notamment par des mesures d'hygiène strictes, mais pas seulement. Quant aux femmes donnant naissance par césarienne, il y est indiqué que "le badigeonnage vaginal avec un antiseptique (…) avant césarienne diminue le risque d’endométrite du post-partum chez les femmes en travail".
La grossesse extra-utérine
La grossesse extra-utérine est une implantation de l’œuf en dehors de l'utérus, le plus souvent dans la trompe qui relie l'utérus aux ovaires. Ce type de grossesse n'est pas viable et présente des risques graves pour la femme, la trompe peut se rompre et provoquer une grave hémorragie. Les symptômes peuvent être proches de ceux de la fausse couche. Cependant, les douleurs abdominales sont souvent plus importantes et peuvent irradier dans l'épaule, les saignements sont peu abondants et la femme peut ressentir une forme de faiblesse ou un malaise. Au moindre doute, il est nécessaire de consulter en urgence un médecin gynécologue.
Impact psychologique d'une fausse couche
La fausse couche peut également se compliquer sur le plan psychologique. Elle constitue une épreuve difficile à vivre, ainsi elle peut provoquer de l'anxiété ou une dépression dans les mois qui suivent ou au cours de grossesses ultérieures. La perte de grossesse précoce, aussi fréquente soit-elle, reste une épreuve intime, invisible et souvent profondément marquante. Il est essentiel de pouvoir parler de ce qui a été vécu, à son rythme. Reconnaître cette diversité de réactions permet de mieux accompagner chaque parcours. Ce soutien peut inclure une orientation vers un professionnel formé à l’écoute du deuil périnatal, ou l’accès à des groupes de parole. Chaque parcours est unique. Certaines personnes choisissent de se recentrer sur leur quotidien, tandis que d’autres ont besoin de temps avant d’envisager une nouvelle grossesse. Au sein du couple, l’homme et la femme peuvent aussi réagir différemment.
Grossesses ultérieures après une fausse couche
Après une perte de grossesse précoce, de nombreuses interrogations subsistent. Il est naturel de se demander si une nouvelle grossesse est possible. Il est aussi fréquent de ressentir de la culpabilité. Pourtant, dans l’immense majorité des cas, la perte de grossesse précoce est un événement indépendant de toute action ou décision de la mère.
Dans la majorité des cas, la perte de grossesse précoce est sans conséquence pour la santé et la fertilité future. La très grande majorité des femmes ayant fait une fausse couche n'auront pas de difficultés à tomber de nouveau enceintes et à mener une grossesse à terme.
Comment réduire le risque de fausse couche ?
Dans la majorité des cas, les fausses couches spontanées précoces sont dues à des anomalies génétiques rendant l'embryon ou le fœtus non viable. Cependant, il est possible de diminuer leur survenue en jouant sur les facteurs favorisant les fausses couches. Ainsi, un arrêt complet du tabac, de l'alcool et des drogues augmente les chances que la grossesse arrive à terme et sans complications. Diminuer la consommation de café pourrait aussi réduire les risques. Il est aussi recommandé de ne pas prendre de médicaments, même à base de plantes, sans les conseils d'un professionnel.
Cependant, certains facteurs de mode de vie peuvent contribuer à réduire ce risque.
Quand consulter un médecin ?
Si vous pensez que vous faites une fausse couche, vous devriez communiquer immédiatement avec votre clinique d’obstétrique ou votre médecin généraliste ou vous rendre au service des urgences le plus proche.
En cas de saignements vaginaux ou de douleurs anormales du bas ventre en cours de grossesse, une consultation médicale avec un gynécologue est nécessaire dans la journée.
Des douleurs pelviennes très intenses, des saignements abondants ou persistants, une sensation de malaise ou de faiblesse inhabituelle peuvent être les signes d’une perte de grossesse précoce en cours, ou d’une autre urgence obstétricale.
Après une fausse couche, un contrôle par échographie pelvienne, voire par hystéroscopie diagnostique, est réalisé pour s’assurer de l’évacuation complète de la fausse couche.
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